Suite d'articles parus dans nos bulletins n° 82, 83, 84 et 85 de novembre 1998 à juin 1999

La fumure des légumes

Amendements et
engrais verts

d’après un article de Philippe Delwich

Les apports
Les éléments fertilisants

L’apport d’azote
L'apport de chaux
L'apport d'humus

L'apport de phosphore
L'apport de potasse
L'apport des oligo-éléments

Les sols

Les terres argileuses
Les terres siliceuses

Les terres calcaires
Les terres humifères

La fumure, légume par légume

Ail
Betterave
Cardon (aussi courgette)
Carotte
Céleri
Chicorée scarole
Chou de Bruxelles
Chou-fleur
Chou pommé
Concombre
Echalote
Endive
Epinard

Fève
Fraisier
Haricot
Laitue
Mâche
Navet
Oignon
Poireau
Pois
Pomme de terre
Radis
Salsifis, scorsonère
Tomate

Les apports

En culture biologique, la fertilisation est principalement réalisée avec le compost ménager, les fumiers et les engrais verts. Ces apports sont les seuls à permettre une amélioration de la vie du sol et du taux d’humus. Celui-ci draine, aère, réchauffe le sol (couleur noire). Il augmente les réserves d’eau et les éléments nutritifs.

La fertilisation biologique, ce n’est pas nourrir directement les plantes avec des engrais mais amener le sol dans un état optimum de fertilité

Bien qu’il soit constamment perturbé par l’homme, le sol peut héberger en surface et en profondeur une nombreuse flore: bactéries, champignons microscopiques, nématodes, vers de terre, insectes. Ils ont tous leur rôle et leur place et travaillent directement ou indirectement à l’enrichissement en humus et en éléments fertilisants.

Les fertilisants biologiques sont donc confiés à la flore du sol qui restitue aux plantes les éléments nécessaires en quantités bien dosées.

Les éléments fertilisants

La plante est un être vivant. Elle doit trouver sur place, dans le potager les éléments nécessaires à sa croissance.

Les éléments plastiques représentent 99 % de la plante. Ce sont principalement le carbone, l’oxygène, le potassium, le calcium, le soufre, le magnésium.

Les oligo-éléments sont, malgré les petites quantités nécessaires, tout aussi indispensables à la croissance et à l’équilibre des plantes.

Tout potager qui, après analyse de son sol ou après observation des légumes qu’il produit, révèle une carence, doit être amendé.

L’apport d’azote

La "faim d'azote" se remarque sur les plantes par un jaunissement prématuré des feuilles et leur chute précoce, un manque de vigueur et la couleur vert pâle du feuillage.

Produits

Apport d’azote

1 tonne fumier de ferme

1 tonne compost ménager

1 tonne fiente pigeons

Poudre de sang

Poudre de corne

Poudre d’os

Guano

5 kg

3 kg

25 à 35 kg

10 à 15 %

10 à 15 %

4 %

14 %

Produits

Quantité à apporter

Chaux magnésienne

Lithothame

15 à 20 kg/are

15 à 50 kg/are

La chaux n’est jamais apportée en même temps que le fumier ou le compost.
Jamais de chaux avant une culture de pomme de terre.

 

L'apport de chaux

Une carence en chaux se remarque sur les sols où croissent renoncules, carex, fougères, genêts, bruyères, digitales, prêles, ajoncs, pissenlits, oseilles sauvages, ravenelles, matricaires.

Le manque de chaux se remarquera également par la culture difficile des légumineuses (pois chétifs, haricots peu productifs, luzerne malade) et des crucifères (navets creux et durs, choux malingres et malades...).

L'apport de chaux améliore les propriétés physiques et la vie biologique du soi. En corrigeant l'acidité des terres, il permet la mobilisation des réserves des éléments fertilisants.

Lors du, travail de la terre, le manque de chaux peut se remarquer par certains signes : soi difficile à travailler et qui se ressuie mal ainsi que la mauvaise absorption des fumiers et composts (mauvaise décomposition)

L'apport d'humus

L'humus est une matière noire, spongieuse provenant de la décomposition des matières organiques.

Il ameublit les terres fortes et donne du corps aux terres légères. il  facilite le réchauffement des sols et améliore leur fertilité.

L'apport de phosphore

Les signes du manque de phosphore, difficiles à cerner, pourront être néanmoins observés: floraison défectueuse des légumineuses (pois, haricots, fèves), mauvaise fructification des arbres fruitiers, chétivité des fanes de pomme de terre.

Produits

Apport phosphore

1 tonne fumier ferme

Poudre d’os

Guano

Cendres de bois

Phosphate naturel (Afrique Nord)

Phospal (Phosphate nat Sénégal)

3 kg acide phosphorique

20 %

11 %

3 à 10 %

25 à 30 %

32 à 34 %.

L'apport de potasse

Les carences en potasse se signalent par des tiges et des feuilles flasques. Les fanes de pomme de terre brunissent trop tôt. Les légumes se conservent mal. Les arbres fruitiers se dégarnissent trop précocement de leurs feuilles en commençant par le sommet de l'arbre.

Les sols calcaires et sablonneux sont généralement pauvres en potassium.

Produits

Apport potasse

1 tonne fumier ferme

Guano

Cendres de bois

Patent kali (*)

6 kg de potasse

3 %

10 à 30 %

28 %

(*)Le patent kali est un produit naturel mais soluble dans l'eau et donc directement assimilable par les plantes. Il ne sera donc utilisé qu'en cas de fortes carences et toujours avec parcimonie.

L'apport des oligo-éléments

Il y a rarement carence d'oligo-éléments en culture biologique car les composts et fumiers en apportent beaucoup. Une tonne de fumier contient 40 gr de manganèse, 2 gr de cuivre, 3 gr de bore, des traces de cobalt, de molybdène...

Il peut cependant être intéressant d'appliquer des oligo-éléments dans les terres de pépinières et les terreaux de repiquage. On pourra ajouter à ceux-ci des algues marines, des poudres de roches ou de la poudre de lave riches en oligo-éléments.

Les sols

Les terres argileuses
25 à 45% d'argile

Grâce à des amendements humiques (le fumier de cheval est idéal pour ces sols) et calcaires, certaines cultures seront très satisfaisantes artichauts,  betteraves, carottes, fèves, cardons, choux et oseilles. Les arbres fruitiers à pépins se plaisent sur ces sols.

Les terres siliceuses
60 à 80% de sable

Ici aussi, les amendements humiques sont indispensables (le fumier de vache apportera une bonne structure à ces sols). Bien amendés, ces sols conviennent parfaitement aux cultures de primeurs, asperges, carottes, laitues, chicorées, pois, haricots, pomme de terre. Ici, les amendements seront légers mais fréquents.

Les terres calcaires
15 à 30% de calcaire

Les amendements humiques seront importants et fréquents : fumier, compost, engrais verts. Certains légumes auront une préférence pour ce type de sol . choux, navets, haricots, mais, pomme de terre, betteraves et la vigne.

Les terres humifères
8 à 15% d'humus

Ces terres sont souvent acides et pour peu qu'on leur apporte des amendements calcaires et magnésiens, elles deviennent le paradis des légumes. La fertilité et le taux d'humus doivent être maintenus par des apports de compost ou de fumier. Les quantités à apporter peuvent être correctement calculées grâce à une analyse de sol.

Tous les légumes se plaisent dans ce type de sol mais il y aura réussite particulière pour les choux-fleurs, les céleris, les poireaux, les laitues, les oignons, les fraisiers, les choux de Bruxelles et les endives.

D'autres types de sol constitués d'éléments en proportions variables peuvent être rencontrés (terres d'alluvions, de remblai).

La fumure légume par légume

L'ail

L'ail craint l'excès d'humidité favorable aux maladies et les, terres riches en humus qui contribuent à le faire pourrir.

Il faut des sols très travaillés en surface et en profondeur sans semelles de labours.

Eviter les précédents, ail, échalote, oignon, poireau.

Le soufre et le sel sont appréciés en petites quantités (500 gr/m) Le soufre sera distribué quelques mois avant la plantation.

La betterave

Elle aime les sols sans excès d'humidité mais frais et profonds pour que sa racine pivote bien.

Pas d'apport de compost ou de fumier car cela développe le feuillage au détriment de la racine. Il faut tenir compte de l'importante demande en potasse de la plante et apporter par exemple des cendres de bois.

Si la maladie du cœur creux apparaît, pulvériser 200 gr de borax à l'are et éviter de chauler avant le semis des betteraves à cause de l'antagonisme chaux-bore.

Les levées rapides donnent une meilleure qualité: attendre un bon réchauffement du sol, veiller à une humidité constante, tremper les graines quelques heures dans de l'eau tiède et tasser le sol afin d'assurer une bonne adhérence entre terre et graines.

Le cardon

Il craint l'excès d'humidité mais aussi la sécheresse. Il est friand de fumures organiques.

Si le sol du jardin n'est pas humifère et profond, l'idéal est de planter en poquets nutritifs: réaliser un trou de 50/50 cm et remplir de compost bien mûr. Utiliser la terre excédentaire pour réaliser une digue autour du plan.

La carotte

Il faut éviter les terres trop compactes ou trop caillouteuses qui produisent des racines fourchues. Le sol sera finement préparé. La carotte aime les fumures organiques anciennes (terreau de fumier ou de compost). Les fumures fraîches font des racines fourchues et attirent la mouche de la carotte.

La carotte est un légume épuisant avec des, besoins importants en potasse.

Un à deux mois avant le semis, apporter 300 à 400 kilos de terreau à l'are et 2 à 3 kilos de poudre de sang juste avant le semis pour les carottes hâtives.

Le céleri

Le céleri se plaît dans des sols riches en matières organiques, sinon, il aime les apports importants de vieux compost ou de vieux fumier. Cette fumure sera apportée le plus tôt. Dès l'automne, si possible, la terre sera ameublie en profondeur car le céleri a un système radiculaire important: à 6 semaines, les racines occupent un volume de terre de 40 cm de largeur et 30 cm de profondeur. A 9 semaines, la largeur est de 70 cm. Il faut donc éviter les semelles de labour. Suite, à ces observations, on a constaté qu'un écartement 40 cm/40 cm donne les meilleurs résultats qualitatifs et quantitatifs.

L'exigence du céleri en eau est considérable. Il utilise d'abord l'eau située dans la zone en dessous du collet puis après quelques semaines (6), dans un zone de 20, à 30 cm et ensuite 1 m à l'âge adulte. Le manque d'eau entraîne le flétrissement et la montée en graines et son excès réduit la précocité, la qualité et pollue par lessivage des éléments fertilisants.

Le céleri est une plante à dominante potasse.

Il faut se préoccuper d'apporter de la magnésie en cas de faiblesse du sol.

La chicorée scarole

La chicorée scarole redoute les terres compactes, trop sèches ou trop calcaires Le facteur humus, essentiel, conditionne vigueur et qualité culinaire.

Peu exigeante, elle peut venir en cultures dérobées après haricots, pois, pomme de terre.

La fumure ne se fera qu'en sol pauvre avec 200 kg/are de vieux compost.

Après le semis, maintenir le sol humide afin de favoriser une levée rapide garante de plants ne montant pas en graine.

Ne jamais mouiller l'intérieur de la scarole pendant le blanchiment.

Le chou de Bruxelles

Il se plaît en terre franche ou argilo-calcaire, riche mais sans excès afin d'éviter l'éclatement des rosettes. Il ne lui faut pas d'excès d'humus donc jamais de fumier ni de compost si possible depuis plusieurs années (jusqu'à 6 ou 7 ans).

Il faut semer clair, des graines de qualité afin d'obtenir de beaux plants.

Le chou-fleur

Peu difficile sur le type de sol, il préférera cependant les sols légers pour les primeurs et les sols plus lourds pour les variétés tardives. Il craint les excès hydriques et thermiques.

Il est friand de fumure organique: fumier bien composté ou compost (300 à 400 kg/are). La pomme se formant en une quinzaine de jours, on peut apporter en sol peu fertile, un peu de guano additionné de cendre de bois, et ce, un mois après le repiquage.

Le choix du plant (pas plus d'un mois ou six feuilles maximum), sa préparation et sa reprise rapide (arroser copieusement) sont des facteurs supplémentaires de réussite.

Le chou pommé

Il aime les terres argilo-humifères ou argileuses. Fumiers ou composts seront indispensables dans les autres terres: 400 à 500 kg/are.

Les plants seront choisis jeunes (1 mois maximum ou six feuilles) et auront été produits dans un sol pauvre. Une reprise rapide et des irrigations fréquentes sont des facteurs importants de réussite.

Le concombre

Il aime les terres humifères, bien drainées et ayant une bonne capacité de rétention en l'eau. Attention en serre, à la concentration saline qu'il n'apprécie guère. Il craint la sécheresse qui empêche le bon développement des racines. Il faut préférer de grosses irrigations tous les 10 à 15 jours à de petits arrosages réguliers et ce avec des eaux à température ambiante. Le concombre est une plante très gourmande, surtout en potasse.

On pourra apporter une tonne de fumier composté à l'are.

La courgette

(voir technique du cardon)

L'échalote

L'échalote apprécie les, sols siliceux et argilo-siliceux.

Il faut éviter les apports de matières organiques fraîches.

Comme pour l'ail, un léger apport de sel (500gr/are) semble être un facteur favorable. Les sols trop calcaires ne donnent pas des échalotes de bonne conservation. En sols trop humides, planter sur planches surélevées.

En début de végétation, (jusqu'à 1 1/2 mois après la plantation), les besoins sont importants en azote. En sol pauvre ou si le temps est froid, apporter à la plantation un engrais assez soluble comme de la poudre de sang (2 kg /are).

La fumure de fond sera, si possible apportée à l'automne (150 kg/are de compost ménager bien décomposé).

L'endive

Les produits de grande qualité ne seront obtenus que dans les terres lourdes, profondes, fraîches, pas trop riches en humus et exemptes de cailloux et de vieilles racines.

L'endive redoute par dessus tout les terrains secs et trop légers.

Les terrains acides sont quant à eux propices au développement du sclérotinia.

Il est inutile d'apporter de l'humus sous quelque forme que ce soit.

La fumure sera nulle, si le sol n'est pas carencé en potasse.

Il faut absolument éviter l'apport d'azote qui favorise le développement des feuilles et des maladies cryptogamiques.

Si le sol est carencé en potasse, on apportera du patentkali: 8 à 10 kg/are ou des cendres de bois 30 à 50 kg/are.

Les autres engrais riches en azote et en phosphore sont à proscrire.

Le sol sera ameubli profondément par un bêchage d'automne. Travailler légèrement le sol au croc quinze jours, avant. le semis et ne semer que lorsque la terre est bien réchauffée (il faut une levée rapide) . Il ne faut apporter aucune fumure lors du forçage des endives.

L'épinard

La réussite de la culture de l'épinard est étroitement liée à la date des semis (durée du jour), à l'humidité du sol et à sa préparation soignée. La croissance rapide des plantes exige une grande disponibilité des éléments nutritifs mais sa capacité à absorber de grandes quantités d'azote sous forme de nitrate exige une fertilisation raisonnée.

L'idéal est de semer sur des parcelles ayant reçu de grosses quantités de fumier ou de compost pour la culture précédente (par exemple pomme de terre).

Pour obtenir des plantes moins riches en nitrates, il faut récolter après une journée ensoleillée. La consommation sera immédiate, si l'on veut conserver au légume toutes ses qualités gustatives et nutritives.

La fève

Originaire des marais, la fève aime les terres lourdes et humides.

Elle redoute les terres siliceuses et calcaires.

Capable de fixer l'azote atmosphérique, c'est une plante à dominante phospho-potassique.

On peut épandre à l'automne 100 kg/are de terreau de fumier ou de compost.

La fève craignant la sécheresse, il faut enterrer les graines à 4 ou 5 cm et butter dès que possible.

En pinçant l'extrémité des tiges (que l'on peut consommer), on favorise le développement des gousses.

Le fraisier

Le fraisier peut être cultivé en tous sols s'ils ne sont pas trop calcaires. Il préfère cependant les terres humifères ou silico-argileuses. Il apprécie les apports de matières organiques bien décomposées.

C'est une plante à dominante phospho-potassique. Le phosphore favorise la floraison et la fécondation, la potasse donne des fruits de qualité et savoureux.

A la plantation, on peut apporter 600 kg de fumier composté ou 200 à 300 kg de terreau de fumier ou de compost. La fumure d'entretien sera de 100 kg/are et sera apportée après la récolte afin que la plante constitue des réserves.

En période de sécheresse, arroser rarement mais abondamment.

Le haricot

Aucune fumure avant et au moment du semis. La terre idéale ne sera ni trop sèche, ni trop humide, ni trop calcaire, ni trop lourde.

Les sols sableux et silico-argileux lui conviennent.

Le sol sera finement travaillé en profondeur. Cela conditionne une alimentation régulière du haricot. Le bêchage, d'hiver permet d'obtenir une terre bien rassise.

Contrairement à certaines idées reçues, le haricot aime les composts et fumiers anciens (100 kg/are).

Il ne faut pas récolter lorsque le feuillage est humide (propagation des maladies).

Les binages sont déconseillés car les outils sectionnent les racines superficielles.

La laitue

La laitue est peu difficile sur les sols à une exception près : il lui faut un minimum de 4 à 5 % d'humus dans le sol (5 à 8 % en serre).

Elle résiste difficilement à une période de sécheresse, si courte soit elle. Cela est dû au fait que sa durée de culture, relativement brève ne lui permet pas de développer un système radiculaire puissant, alors que son feuillage développé permet une importante évaporation.

La laitue demande un sol tassé qui ne pourra être obtenu qu'avec un labour précoce. Les fumiers pailleux seront évités pour les mêmes raisons: ils créent dans le sol une structure discontinue.

La fumure de fond sera 100 à 200 kg/are de vieux compost

Au printemps, par temps froid une fumure azotée "coup de fouet" pourra être apportée ( 2 kg/are de poudre de sang).

La mâche

Peu exigeante sur le, sol, elle demande surtout une terre fraîche et ferme.

Peu exigeante en élément fertilisant, elle viendra bien en culture dérobée après, par exemple le haricot, qui est un bon précédent.

Il faut semer à partir du, 15 août, de la graine de 2 ans.

Semer sur sol fortement plombé. Maintenir humide jusqu'à la levée des plantules.

Le navet

Il se plaît en terre argilo-siliceuse et humifère. Il n'aime pas les terres trop légères ou trop calcaires. Il aime les sols frais et une atmosphère humide.

Il craint sécheresse et excès d'eau.

Ses besoins en potasse sont importants et une carence en soufre peut nuire à son développement.

On apportera 200 à 300 kg/are de fumier bien décomposé. Un apport de matière organique trop fibreuse est propice à l'apparition de pourriture ainsi que des racines fourchues.

Les meilleurs navets seront semés en juillet et en août car un développement rapide fourni des racines tendres et non fibreuses. Les semis de printemps sont généralement décevants.

L'oignon

L'oignon aime les sols argilo-siliceux et silico-argileux. Il se développe mal en sol calcaire et ne se conserve pas bien s'il s'est développé en sol trop humifère.

Le travail de la terre sera profond en veillant à casser la semelle de labour. Un bêchage d'automne sera préférable afin d'éviter les creux.

Les besoins les plus importants sont les besoins d'azote et de potasse.

Les besoins de l'oignon varient selon la période végétative: la plante à besoin d'azote pendant la période de croissance foliaire.. Cet élément sera apporté sous forme de poudre de sang (2 kg/are) surtout si le semis ou la plantation se font très tôt ou si le printemps est froid.

Lorsque le bulbe se forme, les besoins en azote diminuent et la plante augmente sa consommation de potasse. Les arrosages éventuels sont arrêtés dès jaunissement des feuilles afin d'accélérer la maturité et améliorer la conservation.

Le poireau

Il aime les sols profonds, frais, argileux ou humifères. Sa préférence va au sol limoneux ou d'origine alluviale.

Il craint les sols légers ou trop calcaires. Il aime les composts et fumiers, mais seulement sous la forme de terreau.

Les arrosages ou mieux, les arrosages au purin de consoude augmente le rendement mais surtout, la qualité du poireau.

Le pois

Il demande un sol profond, frais, sain, argilo-calcaire ou argilo-siliceux.

Peu exigeant, il se passera volontiers de fertilisation, il faut éviter à tout prix fumier et compost qui pousseraient au développement du feuillage.

Le pois est une légumineuse et fixe donc l'azote atmosphérique. Si les semis se font très tôt (mi-février à mi-mars), on pourra cependant apporter une légère fumure azotée (500 gr/are de poudre de sang avant le semis). Cette fumure permettra une croissance rapide en début de végétation garante d'un futur bon développement.

Il faut semer tôt, maintenir le sol propre par de fréquents binages et respecter un intervalle minimum de 4 ans avant de recultiver des pois.

La pomme de terre

Les sols préférés seront composés de bons limons ou de terres légères. Il ne faut pas essayer cette culture en sol trop compact ou trop calcaire.

Un travail du sol trop poussé à la moto bêche est déconseillé car il faut un terrain motteux, creux et soufflé. La pomme de terre est sensible à un léger apport de soufre (500 gr/are) friande de compost et de fumier (400 à 500 kg/are), elle craint les chaulages récents.

Le radis

Il faut planter le plus tôt possible car c'est une plante de jour court. Les plants seront prégermés. Biner le plus tôt et le plus souvent possible, sauf en périodes de gel.

Le salsifis, la scorsonère

Il lui faut des terres humifères et fraîches. Les autres terres seront toujours enrichies d'un peu de terreau de fumier (100kg/are).

C'est une plante à croissance rapide, on apportera donc, pour les semis précoces, une fumure assez soluble (1 kg guano/are)

Le semis se fera sur sol bien tassé. Les arrosages fréquents éloignent les altises et donnent des radis succulents.

La tomate

Les sols humifères, profonds, frais, apporteront une récolte de qualité. Il ne faut jamais de fumier frais. Les composts ou les fumiers seront apportés en automne ou lors de la culture précédente (300 kg/are).

Semer quand la terre est bien réchauffée et maintenir le sol humide jusqu'à la germination par des arrosages ou un léger mulch d'herbe (1/2 cm).

Les variétés modernes F l permettent de cultiver la tomate dans les sols les plus variés. Elle préfère cependant les terres humifères ou limoneuses fraîches et profondes.

Les besoins en eau sont énormes et sont estimés à 2 litres par jour dès l'apparition du premier bouquet. Soit environ 180 litres par plante entre fin juin et septembre. Le dosage est important car les arrosages trop abondants entraînent la coulure des fleurs, la pourriture ou l'éclatement des fruits.

Si l'eau manque, les fruits avortent et une alimentation irrégulière déclenche la maladie du cul noir et l'enroulement des feuilles.

Les besoins en éléments fertilisants sont faibles en début de croissance et vont en augmentant jusqu'au ler jour de récolte.

La fertilisation avec du compost ou du fumier composté pourra donc se faire a la plantation ou juste un peu avant (400 à 500 kg/are).

CONCLUSION

La fertilisation est importante et permet l'obtention de fruits et légumes sains.

Apportée en excès, elle fournira des légumes surchargés en nitrates ou carencés en oligo-éléments (l'excès de fumure azotée peut engendrer des carences en cuivre responsables de malformations osseuses pour ne citer qu'un exemple). Une fertilisation insuffisante donnera des légumes chétifs ou avortant avant maturité.

Les engrais

Engrais organiques

Poudre de sang

Poudre de corne

Guano de poisson

Poudre d'os

Guano

Cendres de bois

Purins

Azote N

10 à 15 %

10 à 15 %

2,5 %

4 %

14 %

   

Phosphore

4 %

20 %

11 %

3 à 10 %

   

Potasse K

3 %

10 à 30 %

4 kg/m3

Divers

Calcium

Magnésium

Soufre

Oligo-éléments

Commentaires

A utiliser comme engrais coup de fouet très soluble

Eviter en sol calcaire

Très soluble;
Ne pas utiliser avec excès

Ne pas laisser en surface;
Fait croûter le sol

Ne peut être apporté au sol qu'après une fermentation aérobie

Engrais minéraux

Patenkali

Phosphate naturel Afrique du Nord

Phosphal.

Phosphate naturel du Sénégal

Dolomie

Sulfate de magnésie

Lithothamne Maërl (Algues)

Phosphore P

25 à 30 %

32 à 34 %

Potasse K

28 %

Divers

8 % magnésium

 

16 à 20 % magnésie + calcaire

20 à 26 % magnésie

Carbonate de chaux, Magnésium,
Oligo-éléments

Commentaires

A n'employer qu'en cas de forte carence du sol. Autorisé sur dérogation au cahier des charge.

Eviter en sol neutre

Pour sol neutre ou calcaire. DANGEUREUX en sol fort acide.

EVITER en sol neutre et calcaire

Pour sol calcaire

Pour sol neutre (avec parcimonie) et acide

Les semis

Périodes semis

Périodes enfouissement

Dose à l’are

Sol

Remarques

Avoine (graminée)

2,5 kg

Colza (Crucifère)

Epinard (Chenopodiacée)

avril à septembre

toute l’année

Frais non calcaire

Evite le lessivage des éléments nutritifs pendant la période hivernale

Féverole (légumineuse)

         

Lupin (légumineuse)

         

Luzerne (légumineuse)

       

Récupération des éléments en voie de lessivage par les racines profondes. Espèce fourragère. Vivace (2 à 4 ans)

Moutarde (crucifère)

mars à septembre

juin à novembre

300 g

Pauvre en humus, même calcaire

Développement rapide. Eviter dans les cas de maladies chez les choux (hernie …)

Navette (crucifère)

         

Pelouse et jachère

       

Meilleure façon de régénérer un sol de jardin et de l’enrichir en humus

Phacélie

mai à août

octobre à janvier

100 à 150 g

Pauvre en humus

Grosse production de matière organique. Mellifère plus ou moins détruite par le gel

Pois fourrager (légumineuse)

mars à mai

juin à novembre

2,5 kg

   

Radis fourrager (crucifère)

         

Ray-grass (graminée)

         

Sainfoin (légumineuse)

     

Sol calcaire

Sarrasin

     

Pauvre

Engrais vert au plus gros pouvoir désherbant

Seigle (graminée)

août à mi-novembre

février à mars

2 kg

Etouffe les mauvaises herbes. C’est l’engrais vert pouvant être semé le plus tard

Trèfle incarnat (légumineuse)

août

mars

250 g

Préfère les sols légers et acides

Trèfle blanc (légumineuse)

Résistante au froid et décomposition rapide

Vesce de Cerdagne d’hiver (légumineuse)

jusqu’au 15 octobre

mars – avril

2,5 kg

 

 

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