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Régiment de Dragons

Le 1er Régiment de Dragons à été crée par Louis XIV en 1656 .Des sa naissance , Royal Dragons bénéficia d'une singulière faveur royale Louis XIV avait placé les Régiments les Officiers Généraux de la Cavalerie Légère en tête de cette Arme, leur donnant le pas sur les régiments royaux. Royal-Dragons n'en eut pas moins, à l'origine, la préséance sur colonel-Général Dragons. Cette anomalie ne s'est pas maintenue an delà de son règne, et Royal eut plus tard le troisième rang. après~ Colonel-Général et Mestre de Camp Général (en 1684), jusqu'à la fin de la Monarchie.Il ne faut pas confondre Royal-Dragons avec le Régiment des Dragons du Roi, qui est le moins ancien des vieux Régiment des Dragons, puisqu'il a été créé par ordonnance du 24 Janvier 1774, et organisé le 1er Mars suivant, avec 15 compagnies tirées des 15 régiments de dragons alors sur pied. Ce Corps, dont il faut noter au passage la belle devise : Multo rum Virtus in Uno >., devint en 1791 le 18' Dragons. En 1668, le Régiment assista à la prise de Besançon et de Dôle. Monsieur de Bonvisy, mestre de camp, qui venait de l'acheter au duc de lauzun, fut tué peu de jours avant la signature du Traité d'Aix-la-chapelle. Le Roi donna encore une fois le Régiment à Lauzun avec permission de le vendre au chevalier, depuis Maréchal de Boufflers...Royal Dragons fit partie en 1670 du Corps expéditionnaire qui occupa le duché de Lorraine il contribua à la prise d'Epinal et de Chasté. En 1672 (guerre de Hollande) il est en Hollande à la reddition de Burik, d'Arnheim, du fort de Skenke, au combat de Woerden où le marquis de Boufflers est dangereusement blessé. Il passe l'hiver à Utrecht, et sert en 1673 sous les ordres du Maréchal de Luxembourg L'année suivante il est en Allemagne sous les ordres de Turenne. A la bataille d'Ensheim, le 4 Octobre, il soutient avec un autre Régiment de Dragons tout l'effort de l'ennemi. Le Mestre de Camp de Boufflers y est encore blessé il assiste ensuite au combat de Mulhausen, et en Janvier 1675 à celui de Turkheim. Après la mort de Turenne, il bat en retraite vers le Rhin et se signale au combat d'Altenheim et à l'occupation d'Haguenau et de Saverne. Il fait en 1676 partie de la même année conmandée par le Maréchal de Luxembourg, et se trouve à l'affaire de Kokersberg.
Il est en 1677 au siège de Pisbourg, et reste en garnison dans cette place. En 1678, il combat au pont de Rheinfeld, à Sekingen, ainsi qu'aux sièges de Kehl et de Lichtenberg, Il termine cette guerre on 1670 au combat de Minden, Le Régiment de Languedoc-Dragons, réformé en 1678, y avait été incorporé. On voit Royal-Dragons au camp de la Sarre en 1681 et 1682. en 1684, il prend part au siège de Luxembourg et lève des contributions sur le pays de Gueldres En 1685, Il fait partie du camp de la Saône. Attaché à l'année de Flandre, Il est, en 1689 (guerre de la ligue d'Augsbourg) , au combat de Walcourt. Le 29 Juin 1690, Il force le passage de la Sambre et combat à Fleurus où son mestre de camp est blessé. En 1691, il débute au siège de Mons, se bat vigoureusement à Leuze et renverse un gros Corps d
' infanterie. En 1692, on le voit au siège de Namur et à la bataille de Steinkerque. Le marquis d'Alègre, qui le commandait depuis 1679, eut un bras fracassé à Steinkerque. Le Régiment sert en 1693 sur la Moselle et le Rhin, on 1694 sur les côtes, en 1695 sur la Meuse, on 1696 à l'Armée de Flandre. Il fait le siège d'Ath en 1697 et fait partie en 1698 du Camp de Compiègne. En 1701 (guerre de succession d'Espagne) il est encore à l'Armée de Flandre, il
se distingue en 1703 au combat d'Eckeren. En 1704 on le voit sur la Moselle. En 1705 il est de nouveau en Flandre, et se trouve en 1700 à la défaite de Ramillies, en 1708 à celle d'Audenarde, et en 1709 à celle de Malplaquet. En 1712 il contribue à la reprise de Douai et du Quesnoy, en 1713 à celle de Landau et de Fribourg. En 1727, Royal Dragons est au Camp de Stenay. De 1733 à 1734, il séjourne en Bretagne. Dans la guerre de la succession de Pologne il figure au siège de Philipsbourg et au combat de Klausen. Il prend en 1736 ses quartiers à Maubeuge. En 1741 (guerre de succession d'Autriche), il part pour la Bohème, contribue à l'occupation de Prague, se trouve aux affaires de Piseik, Sahay et Frauemberg, défend Prague, se distingue à la sortie du 22 Août, et prend part à toutes les misères de la retraite. Revenu en Lorraine on Février 1743, il partage encore la disgrâce de Dettingen. En 1744, Il est en Flandre, aux sièges de Menin, d'Ypres et de Furnes. Après avoir passé l'hiver au camp de Courtrai, il combat à Fontenoy et devant Tournai, Audenarde, Termonde et Ath. En 1746 il est à l'occupation de Bruxelles et d'Anvers, et à la bataille de Raucoux . L'année suivante, il est employé activement au siège de Berg-op-Zoom, et en 1748 à celui de Maestricht. Envoyé à Metz à la fin de 1748, puis à Ornans et Salins. il est à Vaucouleurs en 1751, à Rouen en 1752, à Lille en 1754, et fait partie en 1755, du camp d'Aimeries sur la Sambre, après lequel il se rend à Auch. Pendant les quatre premières campagnes de la guerre de Sept Ans, Il sert sur les côtes de Flandre et d'Artois. Envoyé en Allemagne en 1760, il se distingue, en compagnie de Thianges-Dragons et des Chasseurs de Fischer en culbutant, le 22 Août près de Zieremberg, un Corps considérable ennemi. Le Régiment se trouve encore aux affaires de Corbach, de Warbourg et de Clostercamps. Il rentre en France en 1762, et se repose à Lille. Pour la première fois, 30 années vont s'écouler avant qu'il ne reparte en campagne. Réorganisé le 20 Mars 1763 à Sens, on voit Royal-Dragons la même année à Rennes, Nantes et Redon, en 1764 à Valenciennes, en 1767 à Abbeville, puis à Avesnes, en 1769 à Joinville, en 1770 à Metz, puis à Neuf Brisach et Albi, en 1772 à Niort, en 1774 à Sarrelouis, en 1776 à Vaucouleurs et Neuf-château, en 1777 à Ardres et Guise, en 1778 au camp de Vaussieux, puis à Ardres et à Calais, en 1779 à Pontivy et Lamballe, en 1780 à Lille, en 1781 à Maubeuge, en 1782 à Saint-Mihiel, en 1787 à Aire, on 1788 au camp de Saint-Omer, à Troyes en Juillet 1789, puis à Commercy, et en 1791 à Strasbourg et Haguenau. En 1776, les légions de troupes légères, corps mixtes d'Infanterie et de Cavalerie créés pendant la guerre de Sept Ans sont dissous et répartis dans les Régiments. Le 1er Dragons recoit le 3eme Escadron de Chasseurs de la Légion Royale. Trois ans plus tard, cet escadron lui est retiré pour concourir à la formation du 1er Régiment de Chasseurs à Cheval, devenu 7eme Chasseurs à Cheval en 1788, par suite de la transformation des 6 derniers Régiments de Dragons en Chasseurs à Cheval. En 1791, les Régiments perdent leurs noms pour prendre des numéros. Royal-Dragons, qui n'avait depuis 1715 que le troisième rang dans les Dragons, derrière Colonel-Général et Mestre de Camp Général, reprend la première place que lui avait attribuée son fondateur le Roi Soleil, et devient 1er Dragons le 1er Janvier 1791 . 1792 voit le commencement d'une guerre qui allait durer 23 ans, et fournir au Régiment d'innombrables occasions de s'illustrer. A la déclaration de guerre, le 1er Dragons fut envoyé à l'Armée du Rhin ; Passé ensuite à l'Armée du Centre depuis la Moselle, le Régiment est à la bataille de Valmy, le 20 Septembre ; les 14 et 15 Décembre suivants, pendant l'expédition de Trêves, à Bibel-Hausen et Wavren, il contribue à la prise de redoutes défendues par un ennemi supérieur en nombre, le charge jusqu'au pont de Consaarbruck et lui prend une pièce de canon. En 1793, à l'Armée de la Moselle (Général Delaage), le 1er Régiment de Dragons prend part aux affaires du 26 Avril, près de Lembach et Hombourg, où le Sous-Lieutenant Jacot, étant à la découverte, fut blessé ; du 16 Mai près de Neukirchen. Le 12 Août, à celle de Lembach, il chargea contre l'ennemi avec succès ; il soutint la retraite, le 29 Septembre, près de Saint-Imbert le Maréchal-des-Logis Nicolas (Pierre) fut blessé dans cette journée ; le 17 Novembre, à Bliscastel, chargeant sur la Cavalerie prussienne, il la chassa des hauteurs qu'elle occupait, malgré le feu de son artillerie, et contribua à la prise de la ville ; le 28 Novembre, à la bataille de Kaiserlautern, le Régiment prend une pièce de canon à l'ennemi. Le Dragon Vaudeville, depuis Adjudant-Major, blessé à cette affaire, y est nommé Brigadier-Fourrier. Les 27, 28, 29 Décembre, il contribue au déblocus de Landau. En 1794, à l'Armée de la Moselle (Général Jourdan), le 1er Régiment de Dragons, suivant le mouvement de 4 Divisions de l'Armée de la Moselle sur la Sambre, concourut, le 16 Avril, à la prise d'Arlon ; Dans la campagne de 1797, à l'Armée de Sambre et Meuse (Général Hoche), le Régiment passe le Rhin à Dusseldorf, le 14 Avril. A Ukerath, le 18,11 charge l'ennemi sur les hauteurs, lui tue beaucoup de monde, le met en déroute, lui prend 104 chevaux, ainsi qu'un grand nombre de hussards, et le poursuit jusqu'à Altenkirchen. On dut ce succès au Chef de Brigade Viallannes, qui, à la tête du 1er de Dragons, tourna la gauche des Autrichiens et coupa une Division de hussards.
En 1799, le 1er Régiment de Dragons fait partie de l'Armée du Danube (Général Jourdan), 2eme Division (Général Souham) et s'y conduit avec sa valeur habituelle au combat d'Ostrach, le 21 Mars, un de ses escadrons charge, près du village de Kalkreut, sur un Corps de cavalerie ennemi, qui manoeuvrait pour couper la communication de Phullendorf, lui tue une trentaine d'hommes et prend plusieurs chevaux. Le Capitaine Rouzeau fut démonté dans cette action. Le 26, le Régiment soutient jusqu'à la nuit la retraite de la Division et parvint à contenir l'ennemi, vainqueur la veille à Stockam. Le 3 Avril, l'avant-garde autrichienne ayant pénétré entre l'aile droite et le centre, des partis ayant. enlevé Peterzell et Saint-Georges et menacé par Tryberg le flanc des Divisions Soult et Souham, pendant que d'autres têtes de colonne se montraient du côté de Schiltach, le Général Ernouf fit replier l'Armée dans la nuit. Le 1er de Dragons suivant le mouvement de la Division sur Gegenbach, prit position dans le Prental, à 12 kilomètres en avant d'Herlach, et assura la communication avec Horneberg. A Delfincheim, le 15, le Régiment eut un engagement dans lequel le Sous-Lieutenant Baissieux fut au nombre des blessés. Le 19 Mai, à Verdemberg, il exécuta avec succès une charge sur un parti considérable de Cavalerie. Le 28, Il s'empara du village de Fundenn et s'y maintint. Le Lieutenant Lavigne fut blessé dans cette affaire. Au combat de Frauenfel (25 Mai), où le Général Oudinot écrasa la Division Petrasch, plusieurs Officiers et Dragons se distinguèrent parmi eux le Capitaine Rouzeau et le Sous-Lieutenant Bracq eurent leurs chevaux tués sous eux le Dragon Priant, depuis Sous-Lieutenant, étant en tirailleur avec 5 de ses camarades, prit un obusier ; A la bataille de Zurich, les 25 et 26 Septembre, le Régiment se signala de nouveau, en contribuant de tous ses efforts à la victoire remportée par l'Armée du Danube sur celle des Russes. Partagé entre la 2 Division (Général Lecourbe) et la 4 ° (Générai Mortier) .Il fit une centaine de prisonniers. Parmi les Officiers et Dragons qui se firent remarquer, le Lieutenant Watrin mérita le grade de Capitaine ,le Fourrier Vaudeville et le Dragon Lejeune, dit Mechin, se distingùèrent particulièrement. La poursuite de l'ennemi fut encore une occasion de gloire pour le Régiment à Muttenthal, le 2 Octpbre, la colonne d'arrière-garde (Division Rosemberg) , reçut le choc avec une fermeté inébranlable, serrée en masse dans le fond de la vallée attaqua à son tour les troupes françaises ; le combat fut très sanglant. La Division Mortier et la Brigade Loison de la Division Lecourbe combattirent avec une bravoure remarquable. Le 1er de Dragons joignait ses efforts à ceux des autres Corps son Chef de Brigade Viallanes ,dont le cheval venait d'être tué sous lui, se trouvait serré par les Russes et fort exposé.
Le 1er Régiment de Dragons, déjà réduit à 238 hommes avant la bataille de Zurich, reçut l'ordre de rentrer en France pour se refaire.

1800

En 1800, il fut désigné pour faire partie de l'Armée de réserve (Général Berthfer), corps de cavalerie (Général Murat), brigade du Général Champeaux, armée qui allait bientôt se couvrir de gloire en Italie sous Bonaparte. Il prit une grande part à la célèbre victoire de Marengo, le 14 Juin. Malgré le feu le plus vif de l'ennemi, Il chargea un gros de cavalerie autrichienne qui s'avançait pour couper la communication de Marengo à Ban Gluliano, l'arrêta et protégea ainsi la marche de l'Infanterie française. Envoyé ensuite à la droite de l'Armée, il contint la gauche de l'ennemi pendant la retraite, marchant par pelotons, au pas, exécutant fréquemment des demi-tours, arrêtant et repoussant les Corps autrichiens qui pressaient les bataillons français, et donnant à ceux-ci le temps de se rallier. L'un de ses pelotons, réuni à la brigade du Général Kellerman, qui était réduit à 150 chevaux, suivit les mouvements de cette brigade et participa à toutes ses actions jusqu'à la fin de la bataille. Plusieurs Officiers et Dragons du Régiment trouvèrent une mort glorieuse dans cette mémorable journée ; d'autres y reçurent d'honorables blessures ou furent démontés, presque tous s'y distinguèrent le Chef de Brigade, grièvement blessé dès le commencement de l'action, son cheval frappé de quatre balles et d'un boulet, ne lui firent point quitter le champ de bataille .Il ne cessa d'être à la tête du Régiment.

C'est pendant les guerres de la Révolution (1804-1811) que fut appliqué en grand pour la première fois le système divisionnaire imaginé par Guibert : chaque Armée était formée de plusieurs divisions, chacune de celles-ci comprenant deux ou trois brigades d'Infanterie, de l'Artillerie et un nombre variable de Régiments de Cavalerie, de Dragons, de Hussards ou de Chasseurs à cheval. C'est Bonaparte qui créa la réserve de Cavalerie pendant sa deuxième Campagne d'Italie, celle de Marengo , en regroupant des Régiments de troupes à cheval sous un commandement spécialisé. Lorsque l'Empereur organisa la Grande Armée, en 1804, il créa le Corps d'Armée, échelon Intermédiaire entre l'Armée et les Divisions, devenues trop nombreuses. la Cavalerie divisionnaire disparut, pour être regroupée au Corps d'Armée.Il y eut donc, d'une part, des Brigades, parfois des Divisions de Cavalerie légère rattachées à chaque Corps d'Armée d'autre part, une Réserve de Cavalerie, organisée en Divisions homogènes de Grosse Cavalerie (Carabiniers et Cuirassiers), de Dragons, de Cavalerie Légère ( hussards et Chasseurs à cheval) . Le Corps de Cavalerie n'apparut que pour la campagne de 1812. En 1805, les 30 Régiments de Dragons forment 5 Divisions de 6 Régiments (3 Brigades) , sur lesquelles 4 sont affectées à la Réserve de Cavalerie, où elles s'ajoutent à 3 Divisions de Grosse Cavalerie. La cinquième est à l'Armée d'Italie.

C'est ainsi qu'à l'ouverture de la campagne, le 1er Dragons appartient à la 1ere Division de Dragons (Général Klein) de la Réserve de Cavalerie, commandée par le Prince Murat. Dès le début des hostilités, Il se couvre de gloire au combat de Wertingen, le 8 Octobre, où il a toute la gloire du succès. Le Colonel Arrighi, depuis Général de Division, duc de Padoue, qui le commandait, et qui ce jour-là avait aussi le 2eme Dragons sous ses ordres, fait mettre pied à terre, et enlève le village à la baïonnette. Remonté à cheval, il se porte sur les arrières de l'ennemi, charge deux régiments de cuirassiers autrichiens, qu'il culbute, fait mettre bas les armes à un bataillon de grenadiers hongrois et prend six pièces de canon. Ainsi, le 1er Dragons commençait les guerres de l'Empire par une double action, à pied et à cheval, dans les meilleures traditions de l'Arme. Le Colonel Arrighi reçut plusieurs blessures dans cette affaire, eut deux chevaux tués sous lui, mais ne consentit à quitter le champ de bataille qu'après avoir vu l'ennemi en complète déroute. Devant Ulm, les 14 et 15 Octobre, le Régiment concourt au soutien des troupes du VI Corps (Maréchal Ney), et arrête toutes les tentatives de la Cavalerie ennemie . Le 18, à Neresheim, à la poursuite de l'archiduc Ferdinand, qui s'est échappé d'Ulm, le 1er de Dragons contribue à faire mettre bas les armes à l'infanterie du prince. Le Capitaine Watrin termine là sa glorieuse carrière. A la mémorable bataille d'Austerlltz, le 2 Décembre, le Régiment est envoyé auprès de la Division legrand pour la soutenir lorsque, après sa brillante défense à l'entrée du défilé de Telnitz, elle fut obligée de se replier devant les forces numériques supérieures qui l'assaillaient. Le Colonel Arrighi se fit encore remarquer dans cette journée où toute l'armée se surpassa il reçut, en récompense, le grade de commandant de la Légion d'Honneur. le Chef d'Escadron Berruyer fut nommé Major au 11eme Régiment de l'Arme, aussi en récompense de sa conduite distinguée à cette grande bataille. Le Régiment eut sa part des décorations que l'Empereur donna aux troupes en témoignage de satisfaction de leur valeur.
En 1811 - 1815 le régiment prend l'appellation de 1er
REGIMENT DE CHEVAU-LEGERS-LANCIERS . A la fin de l'ancien Régime, il existait 18 Régiments de Dragons. Dès 1793, les 19e , 20e et 21e étaient mis sur pied. Les Régiments de l'Arme se couvraient de gloire sur les champs de bataille d'Allemagne, d'Italie et d'Egypte. Bonaparte avait été frappé par leur aptitude à combattre à pied et à cheyal réorganisant la Cavalerie en 1803, il leur attribuait une place de choix, en faisant la subdivision d'arme la plus nombreuse. Tandis qu'il transformait en Cuirassiers les douze premiers Régiments de Cavalerie il portait le nombre des Régiments de Dragons à trente. Les 18e, 14e, 15e, 16e, 17e et 18e de Cavalerie devenaient 22e, 23e, 24e, 25e, 26e et 27e Dragons les 7e bis, 11e et 12e Hussards devenaient les 28e, 29e et 30e Dragons. Les exploits de ces Régiments aux campagnes de 1805, 1806 et 1807 l'incitaient à créer en outre un Régiment de Dragons de la Garde Impériale. Lorsque l'affaire d'Espagne prit de l'importance, les Dragons furent tous désignés pour cette guerre difficile, où leur aptitude au combat à pied les rendait indispensables. Presque tous les Régiments de l'Arme furent dirigés sur la Péninsule en 1808 et 1809, si bien que 4 seulement d'entre eux allèrent en Russie.
Les Dragons firent leur réapparition dans la Grande Armée en 1813, rappelés d'urgence pour remplacer les Régiments de Cavalerie détruits en Russie. Ils se couvrirent de gloire, tant dans la campagne de Saxe, que dans la campagne de France en 1814. Mais le 1er Dragons n'existait plus. L'Empereur avait été frappé par la qualité des charges fournies par le Régiment de Chevaux-Légers-Lanciers polonais de sa Garde, et par les Régiments de Lanciers polonais de la Légion de la Vistule. En 1811, peu avant d'affronter de nouveau l'Armée russe et ses Cosaques, il décida de créer une nouvelle subdivision d'arme, comptant dans la Cavalerie Légère, les Chevaux-Légers-Lanclers. Il en existait déjà 3 Régiments dans la Garde Impériale le 1er Régiment de recrutement polonais, le 2e Régiment de recrutement hollandais, et les Lanciers du Grand Duché de Berg. Neuf furent créés dans la ligne les six premiers par transformation des 1er, 3e, 8e, 9e, 10e et 29e Régiments de Dragons, dont les numéros restèrent vacants les 7e et 8e par incorporation dans l'Armée française des 2 Régiments de Lanciers de la Vistule ; le 9e avec le 30e Chasseurs à Cheval, qui venait d'être mis sur pied à Hambourg avec des contingents d'AIlemagne. Le numéro 1 allait rester vacant dans l'Arme des Dragons de 1811 à 1814 ; c'est ainsi que le 1er Dragons peut justement se réclamer des faits d'armes du 1er Chevaux-Légers-Lanciers.
Le décret du 18 Juin 1811 avait atteint le Régiment sous les murs de Cadix. il rentra en France par étapes, et vint s'organiser à Chartres, où fut fixé son dépôt. Les Escadrons furent dirigés successivement sur le Corps d'observation de l'Elbe ; à l'ouverture de la campagne, en 1812, il n'était pas encore complet. Il fut rattaché à la 12ere Division de Cuirassiers (2e, 3e, 9e, Général de Saint-Germain) du 1er Corps de Cavalerie (Général Nansouty).
En 1815 s'ouvre pour le 1er Dragons une période de paix qui
durera un siècle, seulement interrompue par la campagne de 1870. Seuls en effet, les Régiments de Hussards et de Chasseurs à Cheval vont en Algérie, où se constituent les Corps de la Cavalerie d'Afrique. Carabiniers, cuirassiers, dragons et lanciers vont de garnison en garnison, de préfecture en sous-préfecture; leur principale occupation est le travail quotidien en armes, qui consiste à exécuter aux trois allures les évolutions compliquées du règlement de 1823, en vue de l'inspection annuelle, fort redoutée. De temps à autre, un séjour au camp de Chalons ou de Lunéville vient rompre la monotonie de la vie de quartier. Il est reconstitué en 1816 à Caen sous le nom de Dragons du Calvados. En 1818, il est à Chateaudun ; en 1821 à Valenciennes, en 1822 à Aire, en 1824 à Haguenau ; en 1826, il est à Besancon, où il redevient 1er Régiment de Dragons ; en 1828, Il est à Pontivy, et en 1830 à Vendôme où il prend le nom de Dragons d'Orléans, en conservant son numéro. En 1831, i1 stationne à Lyon, en 1832 à Belfort, en 1833 à Neufbrisach, en 1835 à Joigny, qu'il retrouvera en 1902 .


Décembre 1909 , mon arriere grand pére faisant ses classes au 1er R.D . (1er rang,2eme à gauche)

1914 - 1919

Lance au poing, sabre à la selle et carabine à la grenadière, le 1er Dragons part en campagne le 31 Juillet 1914, aux ordres du Colonel de Marcien. Avec le 3e de l'Arme, il forme la 9e Brigade de Dragons (Général de Sailly), de la 9e Division de Cavalerie (Général de l'Espée), qui compte en outre le 5e et le 8e Cuirassiers, le 24e et le 25e Dragons. L'un de ces Escadrons est commandé par le Capitaine Bossut, qui trouvera une mort glorieuse le 16 Avril 1917 en tête de la première attaque de chars. Embarqué en chemin de fer, le Régiment débarque à Bar-le-Duc, d'où il se porte sur Longuyon. Les Allemands ont pénétré en Belgique ; les Divisions de Cavalerie se portent à leur rencontre pour couvrir la mobilisation et la concentration des forces françaises. Le 10 Août, dans la matinée, l'Escadron Bossut part en reconnaissance, et c'est le premier accrochage avec la Cavalerie allemande le Sous-Lieutenant Bayol et le Brigadier Dumas sont tués. Dans l'après-midi, la 9e D.C. attaque une Division de Cavalerie allemande qui tient les bois de Marville. Le 1er Dragons charge deux fois. Du 12 au 17 Août, à l'avant-garde de la Division, il exécute des reconnaissances qui vont permettre de préciser l'importance et la direction des mouvements ennemis.
Mais la bataille des frontières est perdue, et c'est la retraite. Exténués par deux semaines de marche et combats, hommes et chevaux fournissent de dures étapes à l'arrière-garde de la IVe Armée. Le 4 Septembre, après un combat dans la région de Mourmelon, les mitrailleuses du 1er Dragons arrétent la progression de l'ennemi dans le bols des Cheniers ; le 6 , le Régiment couvre le flanc droit de la Division en marche sur Mailly.Une brèche s'est ouverte et elle est confiée à la 9e Division de Cavalerie. Le 7 Septembre, le 1er Dragons défend au combat à pied la voie ferrée au sud de Sommesous jusqu'à l'arrivée de l'Infanterie ; le 8, il tient les crêtes au nord de Mailly, le 9, l'Infanterie se replie, et le Régiment occupe seul Mailly-le-Grand sous un feu violent, il organise la défense du village qu'il tient coûte que coûte. A 15 heures, l'ordre est donné de décrocher et de remonter à cheval pour se porter à 20 kilomètres au Sud. Mais à 17 heures, c'est le contre-ordre tant attendu : offensive générale. L'ardeur et le mordant des premiers jours sont retrouvés à la nuit, le 1er Dragons est à l'arbre de la Justice. Le 10 il repart à l'avant-garde de la Division , à 16 heures 30 il fait tomber Sommesous en le débordant par l'Est. Le 11, la progression continue .Le 12, le Régiment repasse la Marne à Saint-Germain, déloge les Allemands de Somme-Vesles, et avance de 25 kilomètres. Le 13, la 9e D.C. est arrêtée devant Suippes, fortement tenu. C'est le 1er Dragons qui règle l'affaire, dans la manière de Wertingen et des vieux dragons : l'Escadron Sartout, à pied prend d'assaut la voie ferrée entre Somme-Suippes et Somme-Tourbe. Aussitôt, les Escadrons Pastourel, Bossut et André se portent au galop, sous une grêle de balles, au Nord de Somme Suippes. L'ennemi bat précipitamment en retraite, abandonnant Suippes.
Ainsi, le 1er Dragons a pris sa part de la bataille de la Marne ; après trois semaines de retraite, il a fait face résolument et arrêté l'ennemi ; aussitôt la victoire en vue, il a repris une offensive vigoureuse et entamé la poursuite, fidèle à ses meilleures traditions, poussant jusqu'aux confins de l'Argonne. Cependant l'armée allemande s'est ressaisie et monte une nouvelle manoeuvre de débordement ; c'est la course à la mer, où la Cavalerie va jouer un rôle de premier plan. Les Corps de Cavalerie se portent à marches forcées sur l'Yser, pour arrêter la ruée des troupes d'élite allemandes. Le 31 Octobre, au coucher du soleil, la 9e Brigade de Dragons reçoit l'ordre de se porter sur Wytschaete, puis sur Wormezele pour renforcer les troupes anglaises. Les chevaux sont laissés à Saint-Eloi, et les dragons partent à pied, avec la carabine et la lance, faute de baionnette. L'objectif est le village, le parc et le château d'Hollebecke, fortement tenu par les Allemands. Le P.C de la Brigade est installé à la ferme Heikhof, mais, peu après, le Général de Sailly est blessé et les Officiers de son Etat-Major sont tués. En masse compacte, les troupes d'assaut allemandes font fléchir des troupes hindoux et le 80e Régiment d'Infanterie Territoriale. Le 1er Dragons reçoit alors l'ordre de tenir les abords du canal d'Ypres vers Hollebecke, entre les territoriaux et les Hindous ; mais déjà les Allemands arrivent. En pleine nuit, à la lueur des meules de paille qui flambent, le 1er Dragons contre-attaque à pied, à la lance. Débordé, et menacé d'être tourné, il fait face à droite, et arrête l'ennemi par ses feux. Replié au jour à hauteur d'un régiment de lanciers anglais, il repart à l'assaut en direction de Hollebecke mais à 16 h 30, l'ennemi reprend son attaque avec de l'artillerie lourde. Le combat devient acharné, les pertes sont lourdes . Lorsque le comhat s'achève, le 1er Dragons a perdu 70 % de ses Cadres. Mais il n'a pas cédé un pouce de terrain. Il a bien mérité l'inscription " YSER " sur son étendard.
La guerre de mouvement est terminée, et la dure épreuve des tranchées commence . Pour le 1er Dragons, 1915, 1916, 1917 seront des années de combat à pied, relève après relève, pour les deux compagnies qu'il fournit au <Bataillon de Brigade> . Le casque à crinière est remplacé par le casque Adrian ; les lances et les sabres restent à l'arrière avec les chevaux ; la carabine est remplacée par le mousqueton à baionnette ; les fusils-mitrailleurs font leur apparition. Mais le Régiment garde l'espoir de remonter à cheval pour poursuivre l'ennemi vaincu, comme à Mailly, le 18 Septembre 1914 .
En Novembre 1914, le 1er Dragons prend les tranchées dans la région de Lizerne, dernier lambeau de terre belge que les Allemands ne prendront jamais. A Noel, il est en secteur dans les mines de Lens, puis dans la Somme et dans l'Oise. Son cantonnement de repos est à Compiègne. Pour que le Régiment reste fidèle à sa réputation, le Colonel de Marcieu prescrit aux Escadrons descendant des tranchées de séjourner 24 heures à Conchy-les-Pots, afin d'y retrouver leur tenue impeccable pour l'arrivée au repos. Au printemps 1915, le Régiment remonte à cheval pour la bataille de l'Artois : i1 se tient prêt à exploiter la percée qui n'aura pas lieu .Il reprend les tranchées à la Fosse-Calonne, au Bois des Loges près de Roye ; de Juin à Septembre, il tient le secteur de Burnhaupt, en Alsace, aux avancées de Belfort. En 1916, il est en Champagne, au Trou Bricot, puis en Lorraine, aux lisières de la forêt de Parroy. En Juin, la 9e Division de Cavalerie est dissoute, et le 1er Dragons devient Régiment de Cavalerie du XXXIXe Corps d'Armée . Il tient le secteur de la Seille jusqu'en Septembre. Il est alors divisé en deux groupes d'escadrons, rattachés le 1er à la 37e Division d'Infanterie et le 2e à la 48e Division d'Infanterie.
Cette affectation lui vaudra l'honneur redoutable d'être un des rares Régiments de Cavalerie qui ait combattu à Verdun. Le 1er Groupe d'escadrons s'y distingue en Novembre et Décembre 1916, dans le secteur de Douamnont ; Après un séjour sur l'Aisne, puis en Lorraine, il retourne à Verdun en 1917. Au début de 1918 il se trouve en Lorraine. Pendant ce temps, le 2e Groupe d'Escadrons a combattu aux Eparges, à Villers-Hilon sur l'Ailette, à Blérancourt. Après un court regroupement du Régiment, au repos à Evreux, les deux groupes se séparent à nouveau et rèjoignent leurs Divisions. Le 2e Groupe opère en Champagne jusqu'à l'Armistice. Le 1er Groupe prend part aux combats dans la Somme et de Noyon. Mais le 7 Août 1918, arrive l'ordre tant attendu de remonter à cheval. le 9 Août, les 1er et 2e Escadrons traversent le bols de Moreuil et atteignent, le 10, le plateau d'Erclus.L'Escadron de Kergolay attaque des éléments ennemis à l'entrée d'Andechy. Après un combat à pied de plusieurs heures, il remonte à cheval et rejoint l'Escadron de Morancourt à Villers les Roye. La poursuite commence : Saint-Maur - L'Ailette, Nôyon, La Père, Vervins, Hirson. Dans la nuit du 11 Novembre 1918, les Dragons du 1er entrent à Chîmay, et l'armistice les arrête dans leur poursuite victorieuse.

1939-1945

Dés la déclaration de guerre, il se porte dans la région de Saint-Quentin. En Novembre, il cantonne au Cateau, où il passe l'hiver et le début du printemps 1940 à parfaire son instruction. Le 10 Mai la 2e Division Légère Mécanique, qui fait partie, avec la 3e du Corps de Cavalerie, reçoit l'ordre d'entrer en Belgique à l'avant-garde des Armées françaises qui se portent sur la Dyle. Outre le 1er Dragons, elle comprend les 13e et 29e Dragons, équipés en chars Somua, et le 8e Cuirassiers, armé d'automitrailleuses Panhard. Dès le 11 Mai, le 1er Dragons est en position sur la Méhaigne .Le contact avec l'ennemi est pris dans la matinée du 12. Le 13, le combat fait rage sur tout le front .Le Régiment résiste victorieusement aux attaques des chars et de l'infanterie allemandes, appuyés par une puissante aviation de combat. Mais à 20h30, arrive l'ordre de se replier sur la ligne Gembloux, Namur où s'installent les Divisions d'Infanterie motorisées. Après un accrochage vers Saint-Denis, le Régiment est regroupé vers Mariemont, en réserve. Du 16 au 20 Mai une série de marches et de contre-marches et de combats aménent le Regiment dans la région d'Ypres. Le 27 il livre un violent combat sous des bombardements violents. Relevé par des troupes britanniques il combat encore le 29 Mai sur le canal au nord de Furnes. Le 31 , il arrive à Dunkerque , il embarque le 1er juin sur des bateaux français et anglais, et le 2 juin, les restes du Régiment sont regroupés à weymouth . Embarqués de nouveau le 4, ils arrivent le 5 à Cherbourg , d'où ils sont dirigés par voie ferrée sur la région d'Evreux ou se reforme la 2e D.L.M . Le 1er Dragons a perdu en Belgique 19 Officiers , 36 Sous Officiers et 399 Dragons .De tout le matériel, il ne reste que l'armement individuel. Le 7 Juin, il est réorganisé, à partir de 4 Escadrons . Percevant de nouveau matériel ,le régiment se porte dès le 10, dans la région de Pacy-sur-Eure, où il combat le 12 . Le 13 et le 14, il tient sur l'Avre de Nonancourt ; le 16, Il est entre Senonches et Châteauneuf.en-Thymerais, où il livre un nouveau combat. C'est ensuite la retraite sur Tours ; le Régiment forme l'arrière garde du 1er corps de Cavalerie. Il se bat sur la loire, entre Gennes et Saumur, avec les "Cadets" de l'Ecole de Cavalerie . Mais la bataille est perdue : l'armistice est annoncé quand il se trouve dans la Creuse où il tente encore d'arrêter les colonnes ennemies. Resté uni et discipliné jusqu'au bout, le 1er Dragons est dissous, non sans avoir été cité à l'ordre de l'Armée . Le 15 Novembre 1945, le ler Régiment de Dragons est reconstitué à Lunéville avec le Centre d'Organisation de l'Arme Blindée 420. Mais il est dissous le 15 Avril suivant.

1951 à nos jours

Le 1er Décembre 1951, il est remis sur pied à Saumûr ,où pendant près de 10 ans, il va servir de troupe de manoeuvre à l'Ecole de Cavalerie.Il détache un Escadron à Poitiers et un Escadron à Fontevrault. Il sera encore dissous le 31 Août 1962.
Au début de 1963, le 3e Hussards rentre d'Afrique du Nord où il sert depuis 9. ans ; il arrive à Lure le 6 Janvier. Le 1er Février, il donne son étendard au 24e Spahis, et prend le nom de 1er Dragons, relevant ainsi la prestigieuse tradition de Royal-Dragons.
Revenant dans cette petite ville de l'Est plus de 60 ans après l'avoir quittée, le 1er Dragons, rééquipé en matériel moderne, se veut à l'avant-garde du progrès technique.
Régiment de chars il était en garnison à Lure depuis 1964 .Ce régiment est maintenant dissous . Sur son étendard est écrit en lettres d'or : Valmy 1792 - Marengo 1800 - Austerlitz 1805 - Iéna 1806 - L'Yser 1914 - Picardie 1918 - Champagne 1918 .


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