

Moi, Wolfram Manteufel, moitié Loup, (der Wolf, en langue allemande) moitié Diable (der Teufel) fait Homme, (der Mann) J’accuse l’auteur de mes jours, Dominique Mertens, de m’avoir créé à son image, et d’avoir fait de moi son Doppelgänger, (son Double) M’en traînant ainsi irrémédiablement dans un destin qui ne devait pas être le mien et dont l’issue fatale m’échappera à jamais !
Je suis né en 1469 à Weisemburg en Franconie, d’un père issu d’une famille rhénane de clercs et de copistes, et d’une mère fille de drapiers lyonnais anoblis.
Tout d’abord, nous avons ressenti, vécu, souffert, et aimé à l’instar de tous les êtres humains. Ensuite, prenant un certain recul sur nos existences, nous nous sommes mis à façonner ensemble des œuvres qui nous ressemblent, et qui, toutes, sont inspirées par la haute folie qui nous entoure, cette folie propre à l’espèce humaine et qui préside à sa tragique destinée. Dans ces œuvres -dont vous avez sous les yeux la plus aboutie, puisqu’il s’agit du témoignage de ce que j’ai intégralement vécu- nous nous sommes tour à tour cherchés, perdus, retrouvés, égarés et illusionnés, courant sans cesse l’un après l’autre.
Car qui suis-je au juste, moi, Wolfram Manteufel ? Et qui est donc ce Dominique Mertens.
Quel est celui qui se cache derrière l’autre ? Est-ce lui, ou est-ce moi ? A moins que ce ne soit ni l’un, ni l’autre ! Lequel des deux prévaut sur l’autre ? Est-ce moi, ou est-ce lui ?
L’Univers fantastique dans lequel nous nous mouvons renvoie nos ombres sur l’écran du Monde. Où commence la réalité, ou finit le conte ? Car ici bas, tout n’est qu’illusion !
Permettez-moi de vous emmener à ma suite dans ce dédale de labyrinthes où il vous sera donné de rencontrer toutes sortes de créatures dont il m’est arrivé d’évoquer les esprits en compagnie de l’auteur de mes jours, et -le plus souvent- à mon corps défendant ! Car il y a assurément grand danger à s’aventurer ainsi dans ces parages ! Mais ne vous avais-je pas prévenus ? Voilà qui est fait à présent ! Méfie-toi de l’eau qui dort, dit la sagesse populaire…
Entrez toujours, on verra bien…