Le génocide rwandais aux assises

Ce mardi 17 avril a débuté un procès historique devant la cour d'assises de Bruxelles, qui juge quatre rwandais génocidaires présumés. 
Il s'agit d'un ancien professeur d'université, d'un industriel proche du pouvoir et de deux religieuses d'un couvent de Sovu. 
En toile de fond de ce procès, le soutien controversé de certains milieux catholiques belges à l'ancien régime rwandais. 
Pour tout savoir sur ce procès, suivez nos informations dans ce dossier. 


 
Me Vergauwen "dédiabolise" Gertrude
Me Cédric Vergauwen s'est attaché vendredi à démontrer que soeur Gertrude avait été chargée injustement par des témoins car ils estimaient, qu'en tant que mère supérieure du couvent, elle aurait pu ou dû empêcher les massacres. Si Emmanuel Rekeraho, chef des milices qui ont perpétré les massacres, l'accuse, c'est pour sauver sa peau, a estimé l'avocat.

Vingt-neuvième jour : la défense demande l'acquittement d'Higaniro
illu Xavier Torcelly
     
    -La défense d'Higaniro réclame l'acquittement
    La défense d'Alphonse Higaniro a estimé jeudi après-midi que les écrits attribués à leur client ne pouvaient être considérés comme des provocations ou des propositions à commettre des assassinats. Pour la défense, les accusations d'Olivier Rwamanywa, disant qu'Alphonse Higaniro a tué sa famille, ne sont pas crédibles. Les avocats ont dès lors réclamé l'acquittement pour leur client. 
    -Un procès déséquilibré, selon la défense d'Higaniro
    Pour la défense, on ne peut véritablement parler d'égalité des armes et de débat contradictoire. Me Albert Evrard a dénoncé la "stratégie d'étranglement" à l'encontre d'Alphonse Higaniro.

Vingt-huitième jour : des accusations non convaincantes
    Illu Torcelly
    - La défense de Ntezimana dénonce la légéreté du dossier
    Me Jean-Yves Carlier s'est attaché mercredi après-midi à démontrer la légèreté du dossier à charge de Vincent Ntezimana. Pour l'avocat de la défense, les premiers témoignages accusateurs doivent être pris avec prudence. Pour sa collègue, Me Annabel Belamri, la personnalité de Vincent Ntezimana ne correspond pas aux actes qui lui sont reprochés. 
    - "Faites justice, ne faites pas vengeance"
    "Faites justice, ne faites pas vengeance", a martelé Me Carlier mercredi au début de sa plaidoirie pour Vincent Ntezimana. Pour l'avocat de la défense, la souffrance légitime des victimes du génocide ne doit pas occulter le fait que l'on juge ici un homme pour des faits précis, et pas les faits commis pendant le génocide.

Vingt-septième jour : fin des plaidoiries des avocats des parties civiles
Les avocats des parties civiles ont accusé mardi les deux soeurs bénédictines, qui comparaissent devant la cour d’assises de Bruxelles pour leur participation présumée au génocide de 1994, d’avoir failli à la règle de leur ordre religieux qui recommande d’accueillir tout le monde.

Vingt-sixième jour : le rôle d'organisateur des 2 accusés
     
    - Les parties civiles accusent les prévenus de mensonges
    Les avocats des parties civiles ont dénoncé une nouvelle fois lundi des mensonges proférés par deux des quatre accusés quand ils retraçaient à la Cour d’assises de Bruxelles leur parcours politique et leurs activités durant le génocide rwandais d’avril à juillet 1994. 
    Xavier Torcelly - "Donner un cercueil aux victimes du génocide"
    Mes Michèle Hirsch et Eric Gillet ont mis en avant lundi après-midi, au nom des parties civiles qu'ils représentent, le rôle important de Vincent Ntezimana et d'Alphonse Higaniro dans la préparation du génocide rwandais
    - Contredire la barbarie est un devoir
    Contredire la barbarie est un devoir. Je ne doute pas que vous les déclarerez coupables, a souligné lundi en conclusion de sa plaidoirie, Me Philippe Lardinois, un des avocats des parties civiles au procès Rwanda qui juge le professeur d'université Vincent Ntezimana, l'ex-ministre et directeur d'usine Alphonse Higaniro et les deux religieuses, soeur Gertrude et soeur Maria Kisito.

Vingt-cinquième jour : «Il faut rendre la qualité d'homme aux victimes»
Les parties civiles réclament que justice soit faite au procès des présumés génocidaires. A l'instar du ministère public, elles demandent au jury de reconnaître la culpabilité des quatre accusés

Vingt-quatrième jour : coupables, aux yeux de l'accusation

    - M. Winants compare le génocide rwandais au génocide juif
    Alain Winants, a comparé mardi, en conclusions de son réquisitoire, le génocide rwandais au génocide juif. Il y voit un nombre important de similarités: la seule différence est qu'au Rwanda, contrairement à l'Allemagne nazie, tout le monde savait et une grande partie de la population y a participé. 
    - Coupables, selon le ministère public
    Le ministère public a demandé mardi aux jurés de déclarer les quatre accusés coupables de tous les faits qui leurs sont reprochés. Il a ensuite passé en revue les chefs d'acusation. L'audience de mardi matin s'est terminée avec l'examen des chefs d'accusation à charge de Vincent Ntezimana.

Vingt-troisième jour: Kisito aurait-elle avoué?
     
    - Kisito aurait reconnu sa culpabilité 
    Une témoin de dernière minute a indiqué lundi après-midi devant la Cour d'assises de Bruxelles-Capitale que soeur Maria Kisito lui avait confié, en 1998, sa responsabilité dans les massacres de Sovu, perpétrés au Rwanda en 1994. Confrontée à ce témoignage, l'accusée a expliqué à la Cour que la témoin avait mal compris et interprété ses paroles. 
    - La Sorwal n'aurait pas servi les intérêts du MNRD
    Alphonse Higaniro a contesté lundi devant la Cour d'assises de Bruxelles-Capitale avoir été placé à la tête de la Sorwal afin de pouvoir servir les intérêts du MRND, parti au pouvoir. Il réfutait ainsi la présentation faite vendredi dernier par André Guichaoua, un témoin-expert du Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Vingt-deuxième jour : le génocide était planifié
     
    - La Sorwal, coffre-fort des Interahamwes
    Un témoin-expert du Tribunal pénal international pour le Rwanda a indiqué vendredi devant la cour d'assises que le poste de directeur général de la Sorwal, occupé par Alphonse Higaniro, était un poste-clé dans le Rwanda de 1992 à 1994. 
    - Un génocide planifié, selon le procureur de Kigali
    L'ancien procureur de la république de Kigali a fait état vendredi devant la cour d'asssises des relations très étroites qui existaient avant le génocide entre les Interahamwes et des entreprises comme la Sorwal, l'usine dirigée par Alphonse Higaniro. Il a souligné que, peu de temps avant le génocide, l'épouse de cet accusé, avait été impliquée dans un trafic d'armes vers la rébellion hutue du Burundi. Il a enfin précisé qu'Alphonse Higaniro l'avait menacé bien avant le génocide
    -Une lettre compromettante pour Maria Kisito
    Soeur Maria Kisito aurait reconnu sa participation aux massacres de Sovu au cours d'une conversation téléphonique qu'elle a eue, bien après les faits, avec une étudiante de Belgique. Cette jeune femme, qui a envoyé le mercredi 16 mai une lettre en ce sens au président de la Cour d'assises, sera entendue lundi matin par la Cour d'assises.

Vingt-et-unième jour : Défendre les soeurs ou l'Eglise ?
     
    - Deux religieuses décrites comme dévouées
    Deux témoins de moralité ont mis en avant jeudi après-midi, devant la Cour d'assises de Bruxelles-Capitale, les qualités de soeur Gertrude et soeur Maria Kisito qu'elles ont connues en Belgique. Cette courte audience a également été consacrée à la lecture de témoignages sur Vincent Ntezimana. Ces personnes, pour une raison ou l'autre, n'avaient en effet pu faire le déplacement devant la Cour d'assises. 
    -Retour sur le contexte du génocide
    La Cour d'assises a repris jeudi matin une certaine distance avec les faits qui valent aux quatre accusés de se retrouver devant leurs jurés pour des faits commis dans le cadre du génocide rwandais. Le sociologue Charles Karemano et le militant des droits de l'homme Charles Ntampaka ont ainsi donné devant la Cour un éclairage sur les événements au Rwanda qu'ils ont vécu de l'intérieur.

Vingtième jour : les relations d'Alphonse Higaniro
     
    - Les relations gênantes et haut placées d'Higaniro
    Les relations très haut placées d'Alphonse Higaniro ont été une nouvelle fois mises en évidence par trois personnes qui ont témoigné mercredi devant la cour d'assises de Bruxelles-capitale qui juge cet ancien ministre pour des faits commis pendant le génocide rwandais.
    - Marie-Claire Duch : "Mon cerveau s'est refusé à accepter"
    Cette enseignante, qui a séjourné au Rwanda avant 1993, est la première personne à qui une des religieuses se soit confiée sur les massacres d'avril et mai 1994 à Sovu. Devant la cour, elle a fait état du climat de peur des religieuses. Elle a souligné, qu'une fois en Belgique, elles ont été sommées de se taire.

Dix-neuvième jour : Higaniro en difficulté
     
    - Kamavu ne confirme pas version du nettoyage
    Jean-Paul Kamavu, délégué commercial de la Sorwal, n'a pu corroborer le thèse du "nettoyage" conjointe à celle du directeur technique, Martin Dusabe, et de son directeur général, Alphonse Higaniro. Il a précisé qu'il n'était pas présent à Butare au moment des faits et ne pouvait donc ni confirmer, ni infirmer qu'un camion se soit retrouvé bloqué dans la boue à l'usine.(le 15 mai) 
    - Alphonse Higaniro mis en difficulté
    Alphonse Higaniro a été mis en difficulté mardi devant la Cour d'assises de Bruxelles-Capitale par un de ses subordonnés. Martin Dusabe a pourtant corroboré les dires antérieurs de son patron. Mais, sur un point crucial, il a donné, bien involontairement, une version divergente sur l'échange d'un courrier. (le 15 mai)

Dix-huitième jour : celles qui ont vécu les massacres de Sovu
    soeur Gertrude (Belga)
    - Six religieuses qui ont vécu les événements de loin
    Six religieuses ont livré lundi après-midi un éclairage partiel sur les terribles massacres qui ont eu pour cadre le monastère de Sovu. Ces religieuses, qui semblent avoir subi de manière relativement passive les événements, n'ont pas assisté aux moments cruciaux. Elles n'ont dès lors pas véritablement apporté des éléments à charge ou à décharge des deux accusées. 
    - Le peu de compassion de soeur Gertrude
    Soeur Scholastique a fait état lundi devant la cour d'assises de Bruxelles du peu de compassion apporté aux réfugiés par soeur Gertrude (Mukangango), mère supérieure du couvent. Elle a expliqué qu'une fois de retour au Rwanda, quelques mois après le génocide, un religieux belge lui a demandé d'écrire une lettre pour qu'elle innocente soeur Gertrude. Elle a refusé.

Quinzième et seizième jours : témoignages accablants contre les soeurs
Elle témoigne contre ses consoeurs
Une soeur bénédictine, soeur Solange Uwanyirigira, du monastère de Sovu (sud du Rwanda), a apporté jeudi un nouveau témoignage accablant contre les deux religieuses jugées devant les assises de Bruxelles pour leur participation présumée au génocide de 1994.
Deux paysannes rwandaises rendent les religieuses responsables de la disparition de leur famille
Deux paysannes rwandaises, rescapées des massacres au couvent de Sovu, ont témoigné mercredi contre les deux religieuses jugées depuis le 17 avril par la cour d’assises de Bruxelles pour leur participation présumée au génocide du Rwanda en 1994.
Plainte pour diffamation contre M. van Ypersele (UCL)
Gasana Ndoba, partie civile contre Vincent Ntezimana, a déposé plainte mercredi pour calomnie et diffamation contre Jean-Pascal van Ypersele de Strihou. Ce professeur de l'UCL avait témoigné à décharge de Vincent Ntezimana mardi après-midi devant la Cour d'assises de Bruxelles. Hier, il avait mis en cause devant la Cour d'assises de Bruxelles-Capitale l'intégrité d'un commissaire de police qui a enquêté sur Vincent Ntezimana pour le compte du juge d'instruction Damien Vandermeersch.

Dix-septième jour : les massacres du Sovu à la loupe
     
    - La sérénité perdue du procès
    La défense des deux religieuses a dénoncé vendredi la manière dont le président de la Cour d'assises conduit les débats du procès Rwanda. Me Alain Vergauwen a souligné qu'il croyait fondamentalement que le procès est en train de perdre la condition sine qua non sans laquelle la justice doit être rendue, la sérénité. Il a estimé que cela mettait en péril les droits de la défense. Les avocats des parties civiles se sont joints à cette protestation. 
    - Quatre témoignages sur les massacres du Sovu
    Quatre témoins ont apporté vendredi un éclairage partiel sur les terribles massacres de Sovu qu'ils ont vus d'un point de vue différent. Jean-Baptiste Muvuni, conseiller communal, a indiqué qu'il avait été convoqué le 23 avril 1994 par Emmanuel Rekeraho, l'orchestrateur des massacres. Il a alors été chargé d'enterrer les cadavres des tueries de la veille.

Quatorzième jour : Ntezimana a trouvé un farouche défenseur

Didier Bauweraerts
    -J-P Van Ypersele met en cause un policier
    Jean-Pascal Van Ypersele, farouche partisan de Vincent Ntezimana, a mis en cause mardi devant la Cour d'assises de Bruxelles-Capitale l'intégrité d'un commissaire de police qui a enquêté sur Vincent Ntezimana pour le compte du juge d'instruction Damien Vandermeersch. Il a estimé que ce policier d'Ottignies, qui a adopté un orphelin du génocide, grâce à l'aide d'une partie civile selon lui, aurait pu exercer des pressions sur un témoin à charge pour orienter ses dires. 
    -Il y a bien eu génocide au Rwanda en 1994
    Le rapporteur spécial de l'ONU sur les faits commis au Rwanda après le 6 avril 1994 a indiqué mardi à la cour d'assises qu'il y avait bien eu génocide.

Treizième jour : accusations contre les deux soeurs, témoignage pour Ntezimana

Xavier Torcelli
    -Une ancienne religieuse renforce les charges contre les deux accusées
    Une ancienne religieuse a renforcé lundi par son témoignage les accusations portées contre deux religieuses jugées depuis le 17 avril à la cour d’assises de Bruxelles pour leur participation présumée au génocide du Rwanda en 1994. 
    -Analyse : des femmes avant tout
    La comparution de Soeur Gertrude et de Soeur Marie Kisito devant les assises de Bruxelles ne cesse de poser question. Comment deux religieuses, censées vouer leur vie aux autres et à Dieu, peuvent-elles être soupçonnées d'implication dans le génocide rwandais de 1994? N'était-on pas en droit d'attendre de leur part un comportement plus héroïque ou évangélique? Bref, ces deux femmes avaient-elles réellement la vocation religieuse?
    -Ntezimana a toujours gardé la confiance des siens
    La cour d'assises est revenue lundi en fin d'après-midi sur le dossier Vincent Ntezimana. Son épouse, appelée à la barre des témoins, l'a qualifié de "mari idéal". Agnès Mukankubana ne voit que des qualités chez son mari: père avenant, affectueux avec les enfants, généreux sont quelques-uns des termes qu'elle emploie pour le qualifier.

Douzième jour : au tour des deux religieuses

     
    -La mémoire "miraculeuse" de soeur Mukangango
    Le président de la cour d'assises de Bruxelles-Capitale, Luc Maes, et l'avocat général, Alain Winants, ont fortement mis en doute les explications fournies par soeur Gertrude lors de son interrogatoire.Celle-ci a en effet répété vendredi qu'elle avait tout fait pour épargner les milliers de personnes qui s'étaient réfugiées dans le couvent qu'elle dirigeait et qu'elle n'a pas livré des réfugiés aux génocidaires. 
    -Les pressions de la hiérarchie religieuse
    Le juge d'instruction Damien Vandermeersch a fait état vendredi des pressions de la hiérarchie religieuse sur soeur Scholastique et soeur Marie-Bernard pour qu'elles rétractent leurs accusations de participation au génocide formulées contre leurs deux coreligionnaires, soeur Gertrude et soeur Maria-Kizito.

Onzième jour : Alphonse Higaniro, «coffre-fort» des miliciens interahamwe
Alphonse Higaniro, un des quatre rwandais jugés à Bruxelles pour sa participation présumée au génocide de 1994, était considéré comme «le coffre-fort» de la milice Interahamwe dans sa région, selon le témoignage d’un missionnaire belge entendu jeudi par la Cour d’assises.

Dixième jour : Higaniro nie, le juge doute
    Illu Xavier Torcelly -Higaniro nie sur toute la ligne
    Alphonse Higaniro a nié mercredi devant la cour d'assises de Bruxelles-Capitale tous les faits qui lui sont reprochés. Cet ancien ministre, directeur de la SORWAL, une usine d'alumettes de Butare pendant le génocide rwandais, est poursuivi pour avoir incité aux massacres par des écrits, commandité des meurtres à Butare et commandité l'assassinat d'une famille à Gisenyi en vue de s'approprier sa parcelle.
    -Le juge doute des explications de M. Higaniro
    Le juge d'instruction Damien Vandermeersch a mis en doute les explications avancées mercredi matin par Alphonse Higaniro pour expliquer que le "nettoyage" ne devait pas être compris dans le sens de tuer ou perpétrer des massacres. Cette signification était très répandue pendant le génocide rwandais.

Neuvième jour : L'horreur du génocide, la méfiance des Rwandais de Belgique
    Illu Xavier TorcellyL'histoire d'une famille et celle d'un témoignage peu fiable
    Deux témoins du génocide, venus spécialement du Rwanda, ont témoigné vendredi devant la cour d'assises de l'horreur des massacres qui n'ont pas épargné leurs familles en 1994. Le dernier témoin, Bénédicte Van Cutsem, a décrit vendredi après-midi Vincent Ntezimana comme un modéré.
    Une méfiance presque palpable
    Mâchoires crispées, regards inquiets, réponses courtes et sèches, mouvements d'impatience. La plupart des Rwandais rencontrés à Louvain-la-Neuve semblaient davantage enclins à la méfiance qu'aux confidences.

Huitième jour : des témoignages accablants pour Ntezimana
     
    - Ntezimana avait une grande liberté de manoeuvre
    Deux témoins ont expliqué jeudi matin devant la Cour d'assises de Bruxelles-capitale que Vincent Ntezimana, un des quatre accusés, disposait d'une grande marge de manouvre dans Butare lorsque les massacres se sont entendus à la ville. 
    - Ntezimana, un extrémiste hutu selon les témoins
    Les témoins entendus jeudi au procès d’assises belge de quatre Rwandais ont brossé de l’un des accusés, le professeur d’université Vincent Ntezimana, le portrait d’un extrémiste hutu proche des organisateurs du génocide à Butare (sud du Rwanda). 
    - Ntezimana nie tout rapport avec les dix commandements
    Marie-Hélène Lecerf, employée au bureau Copy-Fac de Louvain-la-Neuve, a confirmé jeudi devant la cour d'assises de Bruxelles-Capitale qu'elle avait dactylographié pour le compte de Vincent Ntezimana "Les dix commandements", un texte haineux anti-Tutsi.

Septième jour : accusations précises contre Vincent Ntezimana
Le président de la Commission nationale des droits de l’Homme du Rwanda, Ndoba Gasana, en quête de la vérité sur l’assassinat de son frère depuis le génocide de 1994, a accusé mercredi l’un des prévenus du procès d’assises de Bruxelles d’en avoir été le principal responsable.

Sixième jour : les pleurs de Vincent Ntezimana
Le Cour d'assises de Bruxelles-Capitale a poursuivi mardi ses débats par l'audition de plusieurs témoins, dont certains ont livré une analyse différente de celles entendues jusqu'ici. 
    - Vincent Ntezimana se défend d’avoir été un idéologue du génocide
    Vincent Ntezimana, professeur d’université de 39 ans accusé d’avoir participé au génocide de 1994, a nié mardi devant la Cour d’assises de Bruxelles avoir été un idéologue des massacres et a avoué, en pleurs, sa lâcheté de ne pas avoir secouru une jeune fille achevée sous ses yeux.
    - Des analyses différentes des événements
    Certains témoignages ont, par exemple, insisté sur la situation du Burundi voisin comme déclencheur du sentiment de méfiance à l'égard des Tutsis.

Cinquième jour : apprentissage de la haine et incrédulité
La Cour d'assises de Bruxelles-Capitale a entendu lundi matin les témoignages difficiles et poignants de Yolande Mukagasana et Rony Zacharia. La première était infirmière à Kigali et a tout perdu durant les événements de 1994. Le second était coordinateur général de "Médecins Sans Frontières" (MSF) à Butare en avril 1994. Il a assisté à des massacres et a perdu une partie de son personnel sur place.
     
    -Yolande Mukagasana : la haine apprise dès l'école
    Yolande Mukagasana était infirmière à Kigali et a tout perdu durant les événements de 1994. Mme Mukagasana a insisté lundi sur la haine et l'apprentissage des différences entre Hutus et Tutsis dès le plus jeune âge sur les bancs de l'école.
    -Des listes de Tutsis, «permis de tuer» pendant le génocide
    Des listes de Tutsis rédigées pour le génocide de 1994 au Rwanda étaient de véritables permis de tuer, a témoigné lundi à Bruxelles un membre de Médecins sans frontières (MSF)-Belgique, Rony Zacharia, au procès d’assises de quatre Rwandais accusés d’avoir participé aux massacres.
    -Le rôle des médias et de la rumeur
    Le procès des quatre Rwandais, poursuivis pour crimes de droit international pour des homicides commis dans le cadre du génocide rwandais de 1994, s'est poursuivi lundi après-midi par quatre témoignages. Ceux-ci ont permis d'éclairer la Cour d'assises sur le rôle des médias et des journalistes dans le génocide, l'importance de la notion d'accusation "en miroir" et de la rumeur.

Quatrième jour : trois témoignages qui contrecarrent ceux des accusés
La Cour d'assises de Bruxelles-Capitale a entendu vendredi, jusqu'en début d'après-midi, les témoignages sur le Rwanda de la journaliste Colette Braeckman et du professeur Filip Reyntjens. 
    -Colette Braeckman : une tragédie se préparait avant 1994
    Colette Braeckman s'est rendue dans la région de Butare quelques jours après l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président. Butare est la région où se sont principalement déroulés les faits reprochés aux accusés. Elle y a, notamment après le mois d'avril, recueilli des témoignages sur ce qui s'était passé dans cette région. 
    -Le professeur Filip Reyntjens et l'Akazu
    Le professeur Filip Reyntjens, juriste et politologue, a également séjourné à de nombreuses reprises au Rwanda. Il a rappelé le contexte historique de ce pays avant le génocide. Il a également tenté d'éclairer la Cour sur la définition de l'Akazu (petite hutte ou petite maison).
    -Human Rights Watch : la mise en place d'une idéologie ethnique
    La Cour d'assises de Bruxelles-Capitale a aussi entendu le témoignage d'Allison Desforges, de "Human Rights Watch" (HRW). Les enquêteurs de l'organisation ont en effet recueilli durant près de 5 années - entre février 1995 et mars 1999 - des témoignages concernant le génocide un peu partout dans le Rwanda, et notamment à Butare. 

Troisième jour : le récit de Damien Vandermeersch
    Des jurés confrontés à la réalité
    Le génocide de 1994 au Rwanda s’est déroulé dans un «contexte de peur» mais il y a eu «peu d’affrontements armés» à Butare (sud), où se sont déroulés les faits dont est saisie la justice belge, a estimé jeudi devant la Cour d’assises de Bruxelles le juge d’instruction Damien Vandermeersch. 
    "Un contexte de peur, mais pas de guerre"
    Les jurés de la Cour d'assises ont pu se rendre compte jeudi après-midi de l'ampleur des massacres perpétrés pendant le génocide rwandais en 1994, ainsi que de son contexte historique. (photo Bernard Demoulin)

Deuxième jour : les actes d'accusation
    Lecture des actes d'accusation
    La seconde journée du procès d’assises de quatre Rwandais accusés de crimes commis lors du génocide de 1994 a été consacrée mercredi à Bruxelles à la lecture des faits qui leur sont reprochés: des appels à l’élimination des Tutsis, des assassinats et des ordres ou des soutiens aux tueurs. 
    Deux religieuses accusées d’un «Oradour» rwandais
    Les deux religieuses rwandaises jugées en Belgique pour des faits commis pendant le génocide de 1994 ont été accusées mercredi de complicité dans une tragédie rappelant celle de l’église d’Oradour (France), où 452 femmes et enfants périrent par les flammes en 1944. 
    Quatre accusés façonnés par l'université et la religion
    Le procès des quatre Rwandais est entré mercredi après-midi dans le vif du sujet avec l'interrogatoire des quatre accusés qui ont détaillé leurs parcours familiaux, scolaires et professionnels avant les événements qui leur sont reprochés. Si les deux hommes ont été façonnés par l'université, les deux femmes, religieuses, sont apparues comme très traumatisées.

Premier jour : questions de procédure
Les avocats de trois des quatre accusés ont demandé mardi après-midi l'irrrecevabilité des poursuites et le retrait de certaines pièces du dossier à charge de leurs clients. Le ministère public, comme les parties civiles, leur ont répliqué qu'ils y étaient tout à fait opposés. La Cour d'assises de Bruxelles-Capitale se prononcera mercredi matin sur ces demandes. 
Consultez notre dossier Le génocide rwandais aux assises

Le génocide rwandais devant les assises belges
La cour d'assises de Bruxelles-capitale jugera à partir de mardi quatre Rwandais poursuivis pour crimes de droit international, des faits commis au Rwanda dans le cadre du génocide de 1994. Entre le 6 avril et le 18 juillet, cette année-là, entre 500.000 et un million de personnes, principalement des Tutsis, avaient trouvé la mort dans des conditions atroces.
Le procès, qui devrait voir défiler 171 témoins, est prévu pour une durée comprise entre quatre et six semaines. Il sera présidé par Luc Maes. Alain Winants occupera le siège du ministère public.

Alphonse Higaniro: l'homme de pouvoir
Ancien ministre, directeur d'une usine de production d'allumettes, Alphonse Higaniro était considéré comme un proche du président Habyarimana. Les faits qui lui sont reprochés sont divisé en trois catégories qui reflètent trois visages de l'accusé

Les deux religieuses de Sovu, soeurs du devoir
Consolata Mukangango (soeur Gertrude) et Julienne Mukabutera (soeur Maria Kisito) sont poursuivies pour les massacres du couvent de Sovu, qui auraient fait plus de 7.600 morts en mai 1994.

Vincent Ntezimana, l'homme du savoir
Vincent Ntezimana est accusé, en tant qu'auteur ou complice, de l'assassinat de neuf personnes désignées nommément et "d'un nombre indéterminé de personnes dont l'identité n'a pu être déterminée à ce jour", entre le 6 avril 1994 et et le 27 mai 1994. Il a purgé 14 mois de détention préventive entre le 27 avril 1995 et le 28 juin 1996.

La carte du Rwanda

Le contexte historique des événements
L'acte d'accusation du procès qui s'ouvre mardi devant la cour d'assises de Bruxelles-capitale retrace également le contexte historique et politique des événements survenus au Rwanda jusqu'au génocide de 500.000 à 1 millions de Tutsis et Hutus modérés en 1994.

La loi de 1993, une loi belge d'avant-garde
Les quatre Rwandais, poursuivis dès mardi devant la cour d'assises de Bruxelles-capitale de crimes de droit international, le sont en vertu de la loi du 16 juin 1993 relative à la répression des infractions graves aux conventions internationales de Genève du 12 août 1949 et aux protocoles additionnels à ces conventions.

Onze instructions ouvertes en 1995
Les deux dossiers d'instruction relatifs à des faits commis dans le cadre du génocide rwandais qui aboutissent devant les assises ne sont pas les seuls ouverts à Bruxelles.

Des témoins logés, nourris et protégés?
Ce sont environ 170 témoins qui ont été cités par le ministère public pour ce «méga-procès». Problème: qu'ils soient à charge ou à décharge, ils seront tous logés à la même enseigne avec les risques de sécurité que cela comporte

Reportage : "Aux victimes innocentes du secteur de Sovu..."
«Aux victimes innocentes du secteur de Sovu massacrées pendant le génocide d’avril 1994». L’hommage mortuaire en kinyarwanda est inscrit à la main, sur une simple stèle de béton surmontée d’une croix d’acier rouillée. Ce monument, seul témoignage du massacre de plusieurs milliers de Rwandais en avril 1994, marque l’entrée d’un petit enclos fermé d’une clôture en rondins de bois, où trois tombes sont envahies par l’herbe folle.

J.-P. van Ypersele (UCL) convaincu de l'innocence de V. Ntezimana
Le climatologue Jean-Pascal van Ypersele, professeur à l'UCL, s'est dit dimanche certain de l'innoncence de Vincent Ntezimana, un des quatre inculpés dans le procès des Rwandais qui se tient devant la Cour d'assises de Bruxelles-Capitale.Consultez notre dossier sur le procès du génocide rwandais