Expédition au Volcàn de Fuego de Colima (à la frontière des Etats de Jalisco & de Colima, Mexique) du 10 au 20 juin 2005 par Alain Melchior; géologue & guide-volcanologue.

 Free Hit Counters
Hit Counters

Cliquez sur la carte pour accéder aux informations du "Global Volcanism Program" relatives aux volcans du Mexique.


CARTES

Profil de route reliant la ville de Colima au village de La Becerrera

Profil du chemin reliant le village d'El Fresnito (Municipio de Cd.Guzmàn) au site de Microondas (Obs. Volc. Jalisco)

Cliquez sur la zone de la carte de gauche correspondant à "La Laguna La Maria" (103°4237; 19°2749) pour accéder au site web de ce superbe lieu et sur celle de droite pour visionner un agrandissement de cette carte.

Profil du chemin reliant "La Becerrera" à la "Mesa de La Yerbabuena" (voir photos ci-dessous)

Télécharger "Google Earth" et cliquez sur l'image ci-dessus pour télécharger le fichier Colima.kmz et visionner d'une façon interactive la région du Volcàn de Fuego de Colima

 

 

Bloc-diagrammes 3D (modèle topographique recouvert par une image en fausses couleurs Landsat T.M.) de la région du complexe volcanique du Colima (vue en direction du nord). L'échelle verticale de l'image à plus petite échelle (30 x 30 km) ci-dessus est exagérée.

Le Volcàn de Fuego de Colima vu du SO (modèle topo. identique). Le bord septentrional de la caldera du paléo-Fuego est nettement visible. Le trait rouge représente le tracé de la route Colima-Comala-Suchitlàn-LaBecerrea-San Jesus del Carmen-Zapotitlàn et le trait jaune le chemin reliant La Becerrera à la Mesa de La Yerbabuena passant à l'est des lagunes de "La Maria" (en bleu foncé) et de "La Escondida" (en bleu ciel)

Panneau mentionnant les principaux risques volcaniques et subvolcaniques qui peuvent survenir dans le secteur du volcan de Fuego de Colima.

Tout se qui concerne l'histoire géologique du Volcàn de Fuego, l'activité volcanique ancienne et récente, l'activité actuelle, les différentes méthodes de surveillance volcanologique mises en oeuvre par l'observatoire volcanologique de Colima et bien d'autres informations se trouvent (en espagnol) sur le site de l'observatoire volcanologique de l'Université de Colima.


Vol de Cancun à Guadalajara via Mexico D.F.

Le point culminant du Mexique, le Pic d'Orizaba encore appelé Citlaltepetl (alt.: 5675 m.)

Clichés réalisés du hublot de l'avion (vol "Aeromexico" de Cancun à Mexico D.F.)


Le volcan actif le plus haut du Mexique, le Popocatepetl culminant à 5426 m. d'altitude. Voir aussi le site web du CENAPRED

Clichés réalisés du hublot de l'avion (vol Aeromexico de Cancun à Mexico D.F.) - A gauche, l'Iztaccihuatl séparé du Popo par le Paso de Cortez.

 

A gauche, l'Iztaccihuatl et, à droite, le Nevado de Toluca (± 4680 m.).


Au fond, on distingue à peine l'imposant massif volcanique du Nevado de Colima vu du hublot de l'avion reliant la Ciudad de México (D.F.) à Guadalajara. Le massif se situe à environ 150 km à vol d'oiseau de la ville de Guadalajara (capitale de l'Etat de Jalisco).


La ville de "Ciudad Guzmàn" (Jalisco) située au pied NE du complexe volcanique de Colima


Au centre, le panneau lumineux du parc central de Cd. Guzmàn indique en continu le niveau d'alerte du volcan (Protection Civile de Jalisco). A droite, on distingue au loin le sommet pointu (dôme andésitique) du Nevado de Colima vu du centre ville.

 

Le complexe volcanique de Colima vu du haut du "Parque Ecologico" de Cd. Guzmàn - Un nuage de cendre diffus flotte dans l'air et témoigne d'une explosion récente du Volcàn de Fuego de Colima.

Le haut du parc écologique est formé par une série de petits éperons rocheux (conglomérats de dépôts fluviatiles).


Vues de la ville de Colima (Ciudad Colima), capitale de l'Etat du même nom.


Volcàn de Fuego de Colima

CONTEXTE GEOLGIQUE

Le complexe volcanique de Colima est le centre volcanique le plus important de la zone
occidentale de la ceinture volcanique Trans-Mexicaine. Il est formé de deux volcans
dont l'âge décroît vers le sud, le Nevado de Colima (4320 m. d'alt.) au nord et
le volcan actif de Colima au sud. Un ensemble de cônes de scories/cendres ("cinder cones"), d'âge
probable Pléistocène, est situé au fond du graben de Colima à l'ouest et à l'est du complexe
de Colima. Le volcan de Colima (aussi appelé Volcàn de Fuego) est un jeune strato-volcan édifié
à l'intérieur d'une caldera large de 5 km ouverte vers le sud. Son activité explosive a généré d'
énormes avalanches de débris. Une instabilité de pente chronique a existé sur
les flancs des deux cônes (Nevado et Fuego). Elle a produit un épais tablier de dépôts de débris
d'avalanches sur les 3/4 du complexe. Les fréquentes éruptions historiques issues du
cratère sommital du Colima ont engendré des colonnes pyroclastiques verticales, des coulées
pyroclastiques et des coulées de lave.

ACTIVITE VOLCANIQUE

Le volcan de Colima est le volcan le plus actif du Mexique. Il est entré en éruption plusieurs fois durant les 450
dernières années. Il y a environ 4000 ans, il a été le siège d'une gigantesque avalanche pyroclastique bien plus importante
que celle du Mt St Helens qui s'est produite en mai 1980. Les premiers récits écrits relatant l'activité du volcan remontent peu après la conquête du Mexique par les Espagnols. Une des premières éruptions relatées fût celle de 1576. De 1611 à 1613, il y eût une période de violentes explosions pyroclastiques accompagnées de puissants séismes. Après cet épisode éruptif violent, le volcan s'endormit pendant 138 ans. En 1743, un séisme de forte intensité ébranla la ville
de Ciudad Guzman dans l'Etat de Jalisco. Une éruption se déclencha en 1749. En 1770, une énorme quantité de cendre fût
émise. En 1795, il y eût une éruption de cendre rougeoyantes et finalement en 1806 un tremblement de terra causa la mort de 2000 personnes à Cd Guzman. Des éruptions sporadiques continuèrent jusqu'en 1818, année où l'activité s'interrompit
pendant 51 ans. En 1869, un évènement inhabituel se produisit. Un petit cône pyroclastique, appelé aujourd'hui "El Volcancito" (le petit volcan), se forma à un km au NE du cône principal. Une activité continue de faible intensité, entrecoupée par des explosions plus puissantes, marqua la période jusqu'en 1913, année pendant laquelle une éruption majeure eut lieu. Elle fût caractérisée par des importantes coulées pyroclastiques et par l'édification d'un cratère profond de plus de 300 mètres. Une fois encore, la pression diminua et le volcan s'endormit pendant 48 ans. En 1941, la ville de Colima fût ébranlée par un puissant tremblement de terre qui provoqua de nombreux dégâts. La plupart des édifices historiques de la ville durent être reconstruits après ce séisme. Des éruptions mineures eurent lieu de 1961 à 1981. A cette époque, un nouveau dôme s'édifia dans la partie orientale du cratère. En 1985, un séisme d'intensité 8 sur l'échelle de Richter ouvrit de nouvelles fractures par lesquelles le magma se faufila pour donner lieu à une nouvelle éruption en 1986. Le dôme explosa et engendra une avalanche de débris. Des nouvelles bouches s'ouvrirent ce qui abaissa quelque peu la pression interne de l'édifice jusqu'à ce que le volcan entre à nouveau en éruption en 1991 et 1994.
L'activité actuelle du volcan est très élevée. En novembre 1998, 250 personnes furent évacuées des villages entourant
Colima par crainte d'une nouvelle éruption. Des milliers de petites secousses ("tremors") furent enregistrées dans la
région du volcan. Un panache a été observé le 18 novembre. Des avions survolant le volcan afin de surveiller l'activité détectèrent des températures élevées à l'intérieur du cratère. En plus, ces observations ont indiqué que la lave était montée haut à l'intérieur du cratère. Le 11 février 2005, une explosion majeure causa l'évacuation de 118 personnes de la ville de San Marcos (Etat de Jalisco). Les volcanologues détectèrent une grande quantité de dioxyde de soufre dans les gaz émis par le volcan. Le panache éruptif atteignit une hauteur de 5 km mais aucun blessé ni dégât ne fut constaté. Seuls des feux de prairie débutèrent à proximité d'une coulée de lave. Le 14 février, des nouvelles explosions et des petits séismes forcèrent l'évacuation d'environ 350 autres personnes vivant sur le flanc nord du volcan. Des petites coulées pyroclastiques accompagnèrent la plupart des explosions. L'activité du volcan augmenta jusqu'au 22 février. Quatre explosions magmatiques se produisirent au sommet et il y eut également, dans le même temps, une augmentation de l'activité sismique. L'activité se calma jusqu'au 11 mai lorsqu'un puissant séisme se produisit au dôme sommital. L'onde de choc pu être
ressentie jusque dans la ville de Colima. Cette explosion généra deux petites coulées pyroclastiques sur le flanc
NO. Les projectiles atteignirent des distances de 12 km, causant des petits incendies dans les régions sud, ouest et sud-ouest du volcan. Depuis le 1er juin, le volcan connaît une activité explosive. Six explosions se produisirent le 2 juin. Le 5 juin, il y eût 4 évènements explosifs. Le 7 juin, neuf explosions ébranlèrent le sommet. Depuis, il y a en moyenne une à deux explosions par jour. L'Observatoire Volcanologique de l'Université de Colima est chargée de la surveillance du volcan et utilise la panoplie des techniques les plus récentes (séismologie, déformations, COSPEC, géochimie, ...) pour surveiller de près l'activité du Volcàn de Fuego de Colima.

ACTIVITE ACTUELLE

Dernier évènement explosif majeur en date au Volcàn de Fuego de Colima...5 juillet à 18h21 local

Cette explosion s'est produite 80 heures après la dernière exhalation du volcan. Cette période a été caractérisée par une forte microsismicité similaire à celle qui a eu lieu avant les explosions des mois de mai et juin. L'explosion du 5 juillet a expulsé une colonne éruptive haute de 5000 mètres et a donné naissance à des coulées pyroclastiques (dans la zone Est) et des légères chutes de cendre. Cependant, cet évènement explosif fût moins intense que celui du 17 juillet 1999. 

 

Photo prise le 5 juillet par José Luis Flores -- L'endroit probable de la prise photo est indiqué sur la visualisation 3D du modèle topo. recouvert par une photo satellite Landsat T.M. (en rouge : ligne électrique haute tension)

L'entrée du pavillon abritant l'observatoire volcanologique de Colima (Université de Colima) -- Un des véhicules tout-terrain de l'unité volcanologique

Modelage topographique visible à l'Observatoire Volcanologique de Colima (Université de Colima). A droite, on distingue bien le rebord nord de la caldera du paléo-Fuego séparant l'édifice du Volcàn de Fuego de celui du Nevado de Colima.

Vue du complexe volcanique en direction du SO jusqu'à la côte. Le centre ville de Colima se trouve, à vol d'oiseau, à seulement 32.1 km du cratère actif.


Le sommet acéré du Nevado de Colima (alt.: ± 4380 m.) constitué d'un dôme de lave de composition intermédiaire -- Le cratère principal le plus récent du Nevado de Colima est en partie occupé par des pins s'élevant sur un sol constitué de cendre et de blocs épars.

L'étrange beauté du sommet du Nevado de Colima

Le bord méridional du cratère le plus récent du Nevado de Colima sur lequel s'élèvent des énormes antennes ainsi que le bâtiment abritant le personnel de la Protection Civile de l'Etat de Jalisco -- Le flanc interne du bord occidental du paléo cratère du Nevado de Colima vu de l'observatoire volcanologique de l'Etat de Jalisco.

Diverses vues de l'Observatoire Volcanologique de Jalisco (bâtiment abritant également le personnel et l'équipement de la Protection Civile de l'Etat de Jalisco) situé à ± 3950 m. d'altitude sur le contrefort SO du dôme du Nevado du Colima (site également appelé "Microondas" de par la présence de plusieurs antennes de transmission de canaux TV, notamment le fameux canal 13 de la télé mexicaine).

Cliquez sur le logo pour accéder à la page web de La Protection Civile de Jalisco relative au Volcàn de Fuego de Colima

 

Rob (jeune volcanologue anglais de l'université de Durham, Grande-Bretagne) effectue des mesures COSPEC sur le panache gazeux à peine libéré par le cratère du Volcàn de Fuego situé à ± 8 km. Des mesures au moyen d'un capteur thermique (attention, l'échelle de droite n'est pas graduée en degré) ont indiqué que la température du bord externe du cratère était relativement basse (± 110°c) lors des explosions, le plus souvent appelées exhalations volcaniques (explosions sans dôme de lave dans le cratère) par les volcanologues mexicains.


Profil N-S recoupant le Nevado de Colima et le Volcàn de Fuego de Colima. Au centre, on aperçoit une rupture de pente qui marque le passage du bord nord de la caldera du paléo-Fuego. La caldera est ouverte vers le sud.

Le Volcàn de Fuego de Colima vu du sud (< villages "La Becerrera" et de "La Yerbabuena").

.

Le Volcàn de Fuego de Colima vu du nord et distant de ± 6 km . A gauche, on distingue un ancien édifice volcanique collé à l'actuel cône ("el Volcancito", apparu en 1869) quasi parfait du Volcàn de Fuego. En milieu ou en fin de matinée (< 10-11h), les nuages commencent à monter lentement mais sûrement vers le sommet du Volcàn de Fuego.

 

On distingue bien la principale coulée andésitique visqueuse sur le flanc nord du cône du Volcàn de Fuego.

 Plus on s'approche du cône actif et plus la végétation, consistant essentiellement de pins de montagne, est clairsemée. La cendre grise recouvre une grande partie de la zone la plus proche de l'édifice actuel du Volcàn de Fuego (cône sans végétation).

L'ombre des nuages s'imprime sur le cône de cendre et de lave du Volcàn de Fuego.

Nous sommes bien sur un volcan "gris" en cours d'activité explosive. Certaines précautions sont d'usage lors de l'approche de ce type de volcan. Des panneaux et des cartes définissent les limites des zones à risques. D'après des informations recueillies auprès du volcanologue Carlos Navarro de l'observatoire volcanologique de Colima, des blocs/bombes sont récemment retombés jusqu'à 3.5 km du cratère (en particulier sur le petit plateau séparant l'édifice récent du Fuego du bord nord de la caldera du paléo-Fuego où se trouve une station sismique). Carlos m'a montré des photos impressionnantes des petits incendies engendrés par la retombée de ces blocs incandescents. Cliquez sur une des deux photos ci-dessus pour visionner une carte des zones à risques volcaniques & subvolcaniques.

Les couleurs du volcan au coucher du soleil sont toujours éblouissantes de beauté. Sur la droite, on observe une partie du bord septentrional de la caldera du paléo-Fuego (son flanc externe est recouvert de pins).

Il est 20h55 le 12 juin. J'assiste à ma première explosion au Volcàn de Fuego de Colima ... Les couleurs accompagnant le  coucher du soleil rendent le paysage féerique !

 

Et que dire de ce spectacle volcanique impressionnant.... qu'il est tout simplement MAGIQUE !

Et comment qualifier le lieu lorsque le soleil se lève sur le Volcàn de Fuego en dessinant l'ombre du cône sur les nuages et les montagnes alentours ...encore une fois c'est MAGIQUE !!!

Le sommet du cône dans toute sa splendeur ! Lors de ma visite (12 et 13 juin) à l'observatoire volcanologique de Jalisco, le cratère peu profond ne contenait plus de dôme de lave (comme c'était le cas fin mai et début juin).

Il est 8h50 le 13 juin .... un petit nuage de vapeur d'eau s'échappe du centre du cratère ...

Il annonce une explosion ...

La colonne de gaz (essentiellement de la vapeur d'eau) et de cendre fine grise s'étend rapidement latéralement pour former un spectaculaire parapluie grisâtre. Quelques minutes plus tard, la cendre commence à retomber dans la zone de l'observatoire.

Une dernière photo devant le Volcan de Feu et me revoilà reparti vers Cd. Guzmàn en compagnie de l'équipe de l'observatoire volcanologique de Colima. Un grand merci aux trois membres de la Protection Civile de Jalisco qui m'ont permis de rester deux jours (dont une nuit d'altitude dans un bon lit) en leur compagnie afin d'observer l'activité du volcan.


Le Volcàn de Fuego de Colima vu du sud (La Becerrera, La Maria, La Yerbabuena).

Le Volcàn de Fuego observé du Sud le 15 juin au coucher du soleil (aux environs du petit village de La Yerbabuena, " La Bonne Herbe").

Une explosion de faible intensité est ici observée le 16 juin vers 11h sur le chemin menant du petit village de La Yerbabuena au plateau de Yerbabuena. J'ai de la chance ce jour là car le ciel est encore dégagé à cette heure de la journée.

Sur le chemin du retour, il faudra prendre garde aux pumas ! Malheureusement, aucun fauve n'a croisé mon chemin ni mon regard.

Le sommet du cône du Volcàn de Fuego vu de la zone "La Laguna La Maria"-- La lagune "La Maria", nichée au sein d'un cratère d'explosion hydromagmatique ou maar, est située entre les villages de "La Becerrera" et de "La Yerbabuena". Don Jesus est le sympathique gestionnaire du site "La Maria". Il apprécie d'amener des clients explorateurs dans des lieux peu connus mais qui révèlent souvent une beauté étrange, principalement en fin de journée. L'excursion peut être aussi sportive et il ne faut pas être trop corpulent pour franchir certains passages, comme la petite grotte humide qui relie les lagunes La Escondida et La Maria

Un immense panneau, indiquant les risques volcaniques et les différentes routes d'évacuation, se trouve à l'entrée de "La Maria"

 

Le splendide site de détente de la lagune "La Maria" jouxte au SO celui plus sauvage de la lagune "La Escondida" (également un cratère d'explosion adventif du Volcàn de Fuego).

LEGENDE

Il se dit que, non loin de la lagune "La Maria" , vivait un couple sans enfant. L'épouse s'appelait Maria. Un jour, le couple fût invité à un bal organisé dans un ferme proche dénommée "le Granite". L'époux demanda à Maria de rester pour garder la maison avant d'aller fournir des excuses pour revenir immédiatement auprès d'elle. Après un moment, elle perdit confiance et invoqua Lucifer en exprimant son ressentiment. Maria, prise de panique, cria désespérément en sollicitant de l'aide tandis que le diable la transporta à la propriété distante de 2 km qui se trouve en face de la lagune, un lieu appelé "la sépulture". On dit qu'il creusa une fosse et la scella d'une pierre plane percée de quatre trous pour placer des cierges. L'époux avisa immédiatement de la situation un prêtre, appelé Ramos, qui se trouvait à l'Hacienda de San Antonio. Accompagné de nombreux voisins, ils s'en allèrent en procession récitant et chantant des louanges en portant dans leurs mains des bougies allumées. Le diable libera de nouveau l'épouse et la laissa tomber au milieu de la lagune qui lui servit de sépulture. Jamais son corps ne fût retrouvé et c'est pour cette raison qu'on appela la lagune "La Maria".

... attention, il faut se méfier du bec acéré du perroquet ("perico") de la "maison"... et des fines dents acérées du poisson carnivore de l'aquarium. Le volcan, lui, semble moins dangereux, en tout cas dans l'immédiat !

Nous sommes le dimanche 19 juin, vers 18h, sur le petit plateau qui surmonte le minuscule village de La Yerbabuena ... Le temps est beau ...mais, malheureusement,...

... le cône du Volcàn de Fuego de Colima reste, communément à cette heure de la journée, noyé dans une épaisse ouate de nuages blancs...

...à partir de 18h de ce 19 juin, le sommet du volcan commence à se libérer petit à petit des nuages qui l'ont emprisonné durant la journée ...

... puis survient vers 19h....à ± 5 km de distance

 

.. le spectacle magique et féerique d'une exhalation volcanique ... 15 minutes d'une intensité extraordinaire ..avant que ne se couche le soleil sur la savane de La Yerbabuena (qui devient prairie en période de pluies) qui couvre le petit plateau surmontant d'une centaine de mètres le village du même nom !

 


La crête du bord sud du cratère principal du Nevado de Colima observé de la zone du pont du Rio de La Lumbre. On distingue bien le dôme sommital du Nevado de Colima.

Photo de Pedro Fernandez Somellera -- Exhalation du jeudi 16 juin au matin (vers 7h15) observée de "La Maria"


Le Rio Lumbre, vu du pont routier, en direction du nord (à gauche) et du sud (à droite). Il sépare les Etats de Jalisco et de Colima.

 

Le Volcàn de Fuego observé le 17 juin vers 19h du pont de "La Lumbre".


Habitat traditionnel dans les champs de canne à sucre aux environs du village de Jesus del Carmen -- Petroglyphe à visage humain.


Le petit village de "La Yerbabuena" vu du sommet de la crête méridionale de la Mesa de La Yerbabuena. Doña Alberta, aujourd'hui âgée de 109 ans, témoigne de la vigueur des habitants de la région (l'espérance de vie est supérieure à 80 ans alors qu'elle n'est que de 60 ans en ville).

 

Pedro, 63 ans, ex architecte d'intérieur résidant à Guadalajara et lui aussi explorateur-aventurier épris de liberté et de nature, a demandé de m'accompagner pour l'expédition du jour (16 juin). J'accepte volontiers son agréable compagnie et profite de l'occasion, à son plus grand bonheur d'ailleurs, pour lui dévoiler quelques caractéristiques et risques du Volcàn de Fuego. Nous découvrirons ensemble la confluence de deux cours d'eau ("arroyos") en amont de La Yerbabuena dont les berges sont formées par des dépôts pyroclastiques. Le lit du cours d'eau principal contient des blocs de taille impressionnante qui nous rappellent avec force la puissance des coulées de boue (lahars) destructrices en période de fortes pluies. Pour les zones plus éloignées du cratère, le principal danger émanant du volcan est bien celui-là. Les coulées pyroclastiques, avalanches de blocs et retombées de blocs sont quant à eux limités à une zone plus restreinte (jusqu'à 4 km pour les retombées de blocs et 8 km pour les coulées pyroclastiques).

Cliquez ici pour lire le récit des aventures (en espagnol au format "pdf") au volcan de Colima retranscrit par Pedro (Somerella)

Site web d'un ami de Pedro (explorateur et découvreur de sites archéologiques)

Récit d'une expédition (7 mars 2005 par Pedro, John & Suzy) dans une ancienne mine d'obsidienne située près de Guadalajara

XII INTERNATIONAL SYMPOSIUM ON VULCANOSPELEOLOGY in Mexico (2006)


Paysages impressionnants des vallées étroites creusées dans les produits volcaniques. Ce sont essentiellement des produits pyroclastiques et des dépôts d'avalanches générés par l'activité de la caldera du paléo Fuego et des dépôts de lahars issus des flancs du cône actif.

   

 

Différents dépôts pyroclastiques (stratifiés subhorizontalement) et alluvionnaires (coulées de boue) forment les berges du cours d'eau. L'étude détaillée de ces dépôts permet de retracer avec précision la succession des différents épisodes éruptifs et des phases de lahars qui se sont succédés au cours du temps.


18 juin : excursion en compagnie d'Alan, propriétaire d'un terrain au pied du Volcàn de Fuego (à ± 6 km du cratère)

Malheureusement, ce jour là, le cône volcanique du Volcàn de Fuego est entièrement enveloppé dans les nuages et le cheval d'Alan ne semble pas en être particulièrement perturbé à l'inverse de Pedro et de moi-même.

Notre guide du jour exhibant fièrement sa monture !

Nous montons à pied tandis qu'Alan a choisi de monter son ânesse, Caterina. Fort heureusement, Alan est de petite taille et ne pose donc pas le pied à terre à chaque enjambée de son animal.

 

Un talus de ce ravin ("barranca(o)"), dépourvu de végétation, souligne qu'il est très instable. Sa pente raide le rend particulièrement sujet à des glissements de terrain lors de microséismes volcaniques ou de pluies.

Alain et Pedro sont guidés par le ranchero mexicain, Alan., Il n'hésite d'ailleurs pas à les emmener dans des endroits assez périlleux, par exemple sur une pente constituée d'un chaos de gros blocs particulièrement instables.

 

Dans cette caillasse, la marche est un art où il ne vaut mieux pas commettre d'erreur. Il convient absolument de garder l'équilibre sur ces blocs instables, sous peine de dégringolade immédiate. Pedro et moi osent à peine imaginer les conséquences d'une telle chute !

Pedro en pleine exercice d'équilibre alors qu'Alan apprécie la situation d'un air assez hautain malgré sa petite taille !

Profil de la Mesa de La Yerbabuena au cratère du Volcàn de Fuego de Colima. Il est absolument déconseillé de suivre ce parcours en période d'activité sous peine de danger de mort (avalanches de blocs fréquentes/possibles coulées pyroclastiques & retombées de bombes/blocs jusqu'à 4 km du cratère lors des explosions les plus violentes)...

... comme le prouvent ces images réalisées par des membres de l'Observatoire Volcanologique de Colima les 10, 13 & 26 (2 clichés) mars ainsi que le 17 avril (2 clichés). Ces clichés ont été extraits de séquences vidéo téléchargées du site web de l'obs. Colima..

Cliquez sur l'image de gauche pour visionner l'explosion du 12 juin (début à 20h55) filmée à partir des infrastructures de la Protection Civile de l'Etat de Jalisco situées à ± 3950 m. d'altitude et à ± 6 km à vol d'oiseau du cratère actif (± 880 Ko).  Sur la séquence vidéo de droite (± 350 Ko, explosion du 13 juin vers 9h), une explosion de type phréato-magmatique, localisée sur la gauche de l'image, trahit la présence d'eau météorique près de la surface.

Cliquez sur l'image pour visionner et entendre l'explosion du 19 juin en début de soirée (± 1.300 Ko; séquence réalisée à partir de la "Mesa de La Yerbabuena). Au cours des quelques premières minutes de l'exhalation volcanique du 19 juin (±19h), une dizaine de puissantes détonations sourdes et sèches ont fait vibrer l'air jusqu'à plusieurs km de distance.


Le Volcàn de Fuego de Colima vu de San Marcos et de Juan Barràgan (flanc SE, Etat de Jalisco)

Quelques photos de l'activité antérieure du Volcàn de Fuego de Colima -- Coulées de lave andésitique issues d'un dôme (avril 2002) et coulées pyroclastiques sur le flanc SO (aucun auteur signalé au verso des ces photos/cartes postales)

Vue aérienne du Volcàn de Colima peu de temps après l'émission d'une coulée de lave dont la partie supérieure s'effondre le long du flanc méridional du Volcàn of Colima (22/11/98). La couleur rousse du nuage de gaz, visible à gauche sur le flanc du volcan, s'élève d'une coulée pyroclastique. Cette coulée pyroclastique progressant rapidement a été générée par l'effondrement d'une épaisse coulée de lave qui était en train d'être extrudée de la zone sommitale et de suinter le long des pentes inclinées du cône supérieur. Lorsque la coulée de lave s'est effondrée sur elle-même, la lave visqueuse incandescente s'est désintégrée en divers fragments dont la taille varie de celle de blocs à celle de fine particules de cendre. L'ensemble de ces matériaux est descendu sur le flanc sud sous le contrôle de la force de gravité pour former une coulée pyroclastique (ou plus exactement une coulée de débris d'avalanche/d'effondrement). La coulée a parcouru  une distance maximale de 4.5 km à partir du cratère. Il est à signaler que certaines coulées pyroclastiques peuvent atteindre des extensions plus importantes. Photographie par Abel Cortes, Observatoire Volcanologique de Colima, Université de Colima, 22 novembre 1998.

Cliquez sur la photo ci-dessus pour accéder à un site web (en espagnol) consacré uniquement au volcan de Colima

Newsgroup "Volcan de Colima" (en espagnol)

Volcans du Mexique (Thierry Dockx)


Copyright © 2005 Alain Melchior

Toutes les photos sont les propriétés d'Alain Melchior. Prière de faire la demande auprès de l'auteur des clichés avant toute utilisation publique.