Bruxelles est une ville riche en éléments architecturaux, mais aussi un lieu important de la bande dessinée... C'est l'occasion pour moi de vous montrer les lieux Jacobsiens toujours bien présents...
Mais, avant la visite, voici un petit résumé des moments principaux de la vie d'Edgar Pierre Jacobs... Edgard (avec un d final qu'il supprimera par la suite pour paraître davantage anglais) Félix Pierre Jacobs est né le 30 mars 1904, à 7 heures du matin, au 5 rue Ernest Allard, près de la place du Grand Sablon (Bruxelles - Belgique). Fils de Jacques F. Jacobs (policier, puis inspecteur de police à Etterbeek - 1040 Bruxelles * 06/06/1878 - 15/02/1944) et Elvire Jeanne Dorothée Billestraet (18/03/1876 - 17/09/1954). Il aura un petit frère, André Léon Louis Jacobs (09/12/1913 - 19/05/1940). Très tôt, Edgar se voit chanteur. En 1917, il assiste à une représentation de Faust, au théâtre des Galeries (Bruxelles), et il tombe sous le charme. En 1922, il sera choriste de Mistinguett à l'Alhambra, et en 1929 il tient son premier engagement sérieux, à l'Opéra de Lille. La guerre met fin à sa carrière lyrique. De retour en Belgique, par l'intermédiaire de son ami peintre Jacques Laudy, il sera d'abord engagé comme coloriste dans un nouveau magazine de bande dessinée : « Bravo ». Le journal cherchait un coloriste pour rhabiller les héroïnes d'un comics acheté aux Etats Unis: « Flash Gordon ». Evidemment, la censure allemande interdit la série en 1942. Dès 1941, Jacobs dessinera sa première aventure de science-fiction: « Le rayon U » qui sera publiée dans ce journal. Elle impressionnera par ses couleurs. En 1944, Jacobs fait la connaissance de Hergé, pour qui il deviendra son premier collaborateur. Il l'aidera à moderniser certaines aventures de Tintin. Jacobs rencontre Hergé pour la première fois lors de la première du « Mystère du diamant bleu », une adaptation de Tintin aux Indes, au théâtre. Le 26 septembre 1946, Jacobs intègre l'équipe fondatrice du journal Tintin. Hergé le voulait dans l'équipe du journal. Le « Temple du Soleil » fait la couverture du premier numéro. A l'intérieur du journal « Tintin », « Blake et Mortimer » font leurs débuts dans leurs lutte contre la tyrannie et la violence. Nos deux héros ont pour éternel et principal ennemis Olrik. Blake et Mortimer deviennent ainsi de nouveaux géants belges de la BD et portent en partie le succès du journal, au point de faire un peu d'ombre à Tintin. Ni beau, ni jeunes, nos héros s'aventurent dans un univers fantastique où le progrès scientifique triomphe toujours des forces obscures. Raymond Leblanc sera le premier à croire au succès de Blake et Mortimer. Jacobs se définissait comme un modeste collaborateur. Il était solitaire, précis, documenté et minutieux à l'excès, entraînant des retards dans la livraison de ses planches pour le journal. Jacobs avait l'amour de l'album bien fait et de la science fiction réaliste. Ses personnages avaient plus d'importance que lui. Certain vont même jusqu'à dire de lui qu'il était maniaque et méfiant. Il était souvent sur la défensive par peur que l'on ne le plagie. Sur ce point, il était particulièrement irrité par Jacques Martin, dont la nouvelle série des aventures « Lefranc » évoluait dans un univers réaliste proche du sien. Ca explique sans doute pourquoi il n'a jamais eu de vrai collaborateur. Albert Weinberg dessinera les décors d'une partie du début du « Mystère de la grande Pyramide ». Liliane et Fred Funken lui ont donné un coup de main pour la séquence médiévale du « Piège diabolique ». Roger Leloup aidera Jacobs pour mettre en couleur certaines planches du « Piège diabolique », avant de lui demander de fabriquer une maquette du Samourai, le robot veilleur du professeur Sato. A l'époque, les héros de Jacobs sont en avance sur leurs temps. Pionnier d'une bande dessinée d'adultes, ils attirent sur eux, les foudres de la censure des publications pour la jeunesse. Ainsi, le second tome des premières aventures de Blake et Mortimer, « Le secret de l'Espadon » sera frappé d'un interdit d'importation en France. « L'énigme de l'Atlantide » dans le journal Tintin est « sous surveillance » par la commission de surveillance des publications destinées à la jeunesse. Des réserves sont émises pour une publicité de l'album « La marque jaune ». Le 7 juin 1962, « Le piège diabolique » est banni, par la commission, des librairies françaises à cause des « scènes de destruction massive » que cette aventure comporte. Jacobs arrêtera de dessiner Blake et Mortimer pendant trois ans. Il lui faudra cinq ans pour que l'album décroche enfin l'autorisation de paraître en France contre l'avis de l'Union nationale des associations familiales. L'homme était extrêmement sensible et vivait très mal la critique. Blessé par toutes ces interdictions, il ne s'en remettra jamais. Il entamera, en 1971, « Les trois formules du professeur Sato », qu'il laissera inachevé. La reconnaissance viendra trop tardivement. A sa mort, en 1987 à Waterloo, les « Trois formules du professeur Sato », dont le tome 2 est achevé par Bob De Moor et est sorti en 1990, passe les 500.000 exemplaires. Un succès trop tardif que Jacobs n'aura jamais connu de son vivant. Ce succès grandit encore aujourd'hui. En 2004, au centième anniversaire de la naissance d'E. P. Jacobs, les droits dérivés de son oeuvre atteindraient les 16 millions d'euros...