Au pays des hommes bleus,
dans l'Adrar des Ifoghas. |

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"Imohagh",
être libre ou abandonné de Dieu, j'ai perçu dans vos yeux une immense fierté, celle de
résister. Résister aux dures conditions climatiques de votre milieu, au vent, à
l'omniprésence du sable, à la sécheresse et à la pression politique de la
sédentarisation. |
La liberté à tout prix, à préserver absolument au milieu des déserts
grandioses qui vous entourent. Elle est votre condition de survie, au-delà des
frontières géographiques. |

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| Dans cet
univers minéral, vous connaissez tout. Chaque massif, chaque pierre, chaque oued
est point de repère. Où nos yeux aveugles ne ressentent qu'éblouissements, votre
oeil devine les sillons marins qui ont jadis lissé ces pierres. Et leur couleur
appelle l'eau. Et certaines sont veinées d'écume, cependant qu'au milieu du
désert, sèches, elles brûlent. |
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Et vous avez creusé, pour donner à
cette poussière, un visage humain. Cette eau, vous l'avez trouvée. Elle a
pris le goût du bois qui tapisse le puits. Et vous aimez reconnaître le lieu au
changement du goût de l'eau. |

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De cette eau, vous
avez fait du thé. Vous aviez besoin de feu, de thé vert et de sucre. Il vous
fallait aussi des hôtes car dans le désert, tout se partage. Et du temps...
Un thé au Sahara, c'est du temps,
des braises et des amis. |
| Du tifinagh n'avons
percé les féminins secrets. Tout au plus avons nous deviné, dans ces signes
porteurs de la culture Tamacheq, des croix pour les directions, des points pour les
étoiles. Mais en faut'il davantage pour comprendre un désert ? |
Nous
avons bu trois verres : le premier aurait réveillé un mort, le second était nettement
moins fort et le troisième un jeu d'enfant. |

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Vous nous avez précisé que "le
premier était amer comme la vie, le second fort comme l'amour et le troisième suave
comme la mort". |
| A l'abri d'une simple
toile, il nous restait à savourer. Car
parfois, la caresse du vent se tranforme en giffles de sable, la chaleur en haleine de
mort... |
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Souvenir culinaire
Recette de la chorba

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