Les aspects pratiques des 1.309 km vers le Sud malgache...
ou quelques infos spécifiques à un itinéraire cycliste.

L'itinéraire en bleuNationale 7 globalement facile, peu de circulation au sud d'Antsirabe, goudron excellent jusque Ihosy, 41 km de piste en tôle ondulée pénible pour traverser le plateau d'Horombé au sud d'Ihosy, goudron moins bon ensuite mais roulant jusque Tuléar.  Périple très agréable vu sa variété en paysages, végétation, habitat.  Un très bon aperçu du Sud pour une première découverte de l'île.

Attention, il fait nuit à 17h 45 !!!  Les journées sont courtes pour pédaler et les autochtones vous déconseillent fortement de rouler la nuit.   Il est donc utile de se lever tôt pour rouler un maximum au frais et avaler des kilomètres le matin. Lever de soleil à 5h 20.  D'expérience, ce n'est pas l'après-midi après la sieste que l'on rattrape son retard.

Que dire du vélo comme moyen de locomotion ?  Bien sûr, vous croisez un converti mais ce pays précisément se prête à merveille à une découverte cycliste.   L'autre possibilité acceptable à mes yeux reste le 4 x 4 privé avec chauffeur.   Il est très facile de se déplacer seul via les taxis be (brousse) et c'est très économique mais, inutile de demander un arrêt pour prendre une photo, admirer un paysage, papoter avec les gens sur le bord de route...  Et ça c'est dommage.

Lundi 04 09 2000 : départ pour Paris Roissy II en voiture, vol Air Madagascar Boeing 707, 30 kg de franchise bagages, sans aucun problème à l'embarquement pour les vélos malgré une surcharge non taxée de plus ou moins 7kg par personne.  Une heure de décalage horaire en plus qu'en Europe.  12h 20 de vol.

Mardi 05 09 2000 : 21 km (kilométrage du jour en vélo) : IVATO/ANTANANARIVO  
arrivée à l'aéroport d'Ivato, à 15km au nord d'Antananarivo à 12h 30.  Obtention rapide du visa sur place pour 245 FF soit 37 euro sans photo nécessaire (durée un mois, possible 3 mois, présentation du billet de retour obligatoire).  Une bonne adresse si arrivée tardive à l'aéroport, évitant un transfert de nuit au centre ville de Tana : Auberge du Jardin, lot 57 b Talatamaty, route d'Ivato, Ambohiminono, tél fax 22 441 74, sur la N 7 direction Tana, entre l'aéroport et Tana, à 4,7 km de l'aéroport, sur la droite, au bout d'un chemin de terre de 40m, enseigne verte non éclairée, coin calme et accueil excellent, viennent vous chercher à l'aéroport sur demande : 10.000 FMG (1,5 euro), le meilleur rapport qualité/prix de notre périple.  Le meilleur taux de change du pays obtenu fut celui de la banque de l'aéroport, hall départ, caisson en bois dans le coin : 1FF = 970 FMG, le taux le plus faible dans le Sud : 1FF = 870 FMG (le coût du transport des billets sans doute ?).
Nuit au "Relais des Pistards" à Tana, tél. 22 291 34, au sud de la ville, en face de l'assemblée nationale, au calme.  Florent, le patron a sillonné une bonne partie de l'île en VTT.  Il peut donc vous renseigner de façon très pertinente sur l'état des pistes et les jolis coins à visiter.  Ses conseils ont modifié totalement l'itinéraire que nous avions prévu, sans regret.  Si vous avez besoin d'infos, il est connecté : pistards@simicro.mg  Soyez sympa, s'il vous répond, allez dormir chez lui.

Mercredi 06 09 2000 : 75 km  ANTANANARIVO/AMBATOLAMPY (route accidentée)
Sortie un peu pénible de la ville dans les gaz d'échappement.  Ils sont très noirs...  Après deux ou trois heures de route, ça se calme et les jolis paysages de rizières, maisons de latérite rouge apparaissent.  Les premières salutations des Malgaches sur le bord de route...  Multiples, elles ne cesseront jusque la fin du voyage.  Un charme certain.  Une adresse sympa pour la nuit : le Manja Ranch, tél. 42 492 34, à la sortie de la ville, au bout d'une piste d'un km.  Cadre superbe.  Les Vahazas de Tana viennent manger du poisson "Au Rendez-Vous des Pêcheurs", excellent paraît-il (non testé).

Pousse-pousse à Antsirabe : le parking et l'attenteJeudi 07 09 2000 : 99 km : AMBATOLAMPY/ANTSIRABE (plat et descente)
Rizières et forêts de pin tout au long de la route.  Ambiance asiatique.
Une bonne adresse à Antsirabe pour l'ambiance musicale du soir et l'excellent rapport qualité/prix de la nourriture : Kabary 44 496 07, près du marché au centre.   Prévoir boules quies si vous voulez dormir avant 22h.  Antsirabe : la ville des pousse-pousse.  Tous les services bancaires, tél, internet, aériens, commerces disponibles.

Vendredi 08 09 2000 : 55 km : ANTSIRABE/BEFATO AR
Une jolie route un peu dégradée à faire en vélo à travers les rizières, entre les fours à briques fumants et la vie festive des villages (cérémonies d'exhumation des défunts).  Retour possible en taxi-be pour les gens fatigués.

Samedi 09 09 2000 : 95 km : ANTSIRABE/AMBOSITRA (descente mais vent violent de face)
Pluie au réveil.  Fraîcheur matinale.  La circulation disparaît presque totalement de la N7.  Paysages de montagnes : Cordillère des Andes, puis Méditerranéennes puis Tyrol autrichien...

Dimanche 10 09 2000 : 93 km : AMBOSITRA/AMBOHIMHASOA (deux sérieux cols)
Commerces fermés en ville.  Personne dans les champs (c'est nettement moins sympa) mais plus de taxi be sur les routes.  Forêts dévastées par les brûlis, eucalyptus, paysages dégagés.  Région plus pauvre.  Arrêt à l'hôtel Mimosa, dans la seule chambre disponible de la ville.  Ambiance malgache 100 %

Lundi 11 09 2000 : 41 km : AMBOHIMANASOA/RANOMAFANA Les "baignoires à zébu" sur la nationale 25(parc national) via la N45, route secondaire, ce qui signifie nids de poules garantis ou plutôt "baignoires à zébus" en traduction locale.   Bref, l'enfer en voiture, sans problème en vélo en saison sèche.  On n'a croisé aucun véhicule mis à part un 4 x 4 qui a fait demi-tour.

Mardi 12 09 2000 : camping à RANOMAFANA : journée de repos,  randonnée dans la forêt primaire du parc national à la recherche des lémuriens.  Un guide très compétent de l'ANGAP à conseiller : Stéphan.  Réservez-le la veille de préférence au bureau du parc.  La balade qui descend vers le village via les chutes d'eau est très belle (1/2 journée).  La restauration au gîte du parc est excellente.

Mercredi 13 09 2000 : 86 km : RANOMAFANA/IRONDRO (cap à l'Est) vers la côte humide.  Route mauvaise descendante, trous de zébus, les patins des freins chauffent.  Changement de décor : après la forêt primaire, ce sont les forêts de bambou, les cultures de bananiers, du manioc, du café.

Jeudi 14 09 2000 : 107 km : IRONDRO/MANAKARA : mauvaise route/piste de collines herbeuses et forêts d'arbres du voyageur, chaleur.   Etape difficile.
Heureusement, vent dans le dos qui ne nous quittera pratiquement plus jusque la fin du voyage.  Ambiance africaine.

Le fleuve Faraoni ou ambiances africainesVendredi 15 09 2000 : repos forcé à MANAKARA.   Le train attendu pour Fianarantsoa n'est jamais parti, ni même arrivé.  Nous avons donc opté pour un taxi brousse de nuit.  Départ espéré : 9h du matin.   Départ réel : 16h.  Attente très instructive.

Samedi 16 09 2000 : MANAKARA/FIANARANTSOA en taxi be.
12 heures de "route".  L'enfer !
Arrivée à la gare routière de Fiana à 4 h du matin chez "Tantine".   Allez lire le guide du Routard à ce sujet.  Repos et visite de la ville sous un crachin froid.  Une excellente adresse pour le couvert, sur réservation : Tsara Guest-House tél. 75 502 06, mail tsaraguest@simicro.mg

Dimanche 17 09 2000 : 57 km : FIANARANTSOA/AMBALAVAO (un col spectaculaire avant de descendre sur la ville)
On retrouve les Hautes Terres, leurs superbes paysages et l'architecture Betsileo.   Découverte du massif de l'Andringitra (2.658 m) au loin.  Superbe !   On découvre l'art du papier Antaimoro.

Lundi 18 09 2000 : 50 km : AMBALAVAO/ANKARAMENA
Massifs montagneux gris et latérite rouge.  Paysages de western américain.   Tout devient aride.  Beaucoup de tombeaux et menhirs sur les sommets.

Mardi 19 09 2000 : 95 km : ANKARAMENA/IHOSY
Découverte des immenses steppes propices à l'élevage du zébu, la richesse locale.  Maisons de plus en plus petites, herbe sèche et jaune, feux de brousse fréquents, les épineux et baobabs apparaissent.  Le ruban d'asphalte devient rectiligne.  L'air devient très sec et chaud.

Le Sud du plateau de HorombéMercredi 20 09 2000  90 km : IHOSY/RANOHIRA et traversée du plateau de Horombe (41 km de piste)
10 km d'ascension superbe vers un col, dans des paysages magnifiques.   Au sommet, rien devant, rien à gauche, rien à droite : l'herbe sèche et jaune du plateau de Horombé, le royaume des Baras, voleurs de zébus.  Traversée sans encombre via une piste pénible de sable mou ou latérite en tôle ondulée.   Difficile de choisir la meilleure voie, en fait, la moins fréquentée ou la plus récente mais impossible de se perdre.  Au lointain, la barre sombre du massif de l'Isalo.
Ranohira, village en pleine mutation.  La folie des mines de saphir proches et le développement du tourisme engendre des constructions tous azimuts.

Jeudi 21 09 2000 : parc national d'ISALO : journée repos
Visite du parc en véhicule et à pied.  Se grouper avec d'autres touristes au bureau de l'Angap pour organiser lift et guide commun.  Difficile d'en trouver un correct.   Ceux de l'Angap sont tous pris d'avance (ou n'existent plus).  On a eu la chance de tomber sur un guide indépendant sympa.  Pas très scientifique mais ouvert à toute discussion : il se prénomme Lala Cherychery.  Et ce n'est pas une blague.   Lémuriens dans le canyon des singes, celui des rats est sympa mais sans plus, balade très agréable à pied vers la piscine naturelle, surtout au coucher de soleil.   Nous serions bien restés plus longtemps dans ce très beau parc...  Un trek de deux-trois jours doit valoir la peine.

Les premières épines du Sud, parsemées dans la latérite rougeVendredi 22 09 2000 : 111 km :RANOHIRA/ILAKAKA/SAKARAHA (la route du saphir)
Superbe traversée du parc d'Isalo au lever du soleil.  Plus loin, c'est la fièvre de la pierre précieuse dans le coin.  Ici, c'est le Far West.  Ca dégaine facile paraît-il et le village d'Ilakaka s'est transformé en cité de planches et tôles depuis la ruée vers le saphir.  Eviter absolument d'y passer la nuit.  En traversant de jour, aucun problème.  L'armée est juste omniprésente.   Beaucoup de contrôles.  Très belle forêt primaire après le col des Tapias (lémuriens).  Beaucoup de baobabs à la sortie, villages à l'ambiance africaine (huttes de roseaux, manioc, maïs et papaye).  Sakaraha est devenu le centre du commerce des pierres précieuses et le nombre des hôtels ainsi que le prix a explosé.   On a trouvé havre de paix à l'écart de la route au "Relais de Sakaraha".  Sommaire mais accueil sympa et nuit tranquille malgré tout ce qui tournait autour de la propriété...(ambiance far-west)  Les guides ne parlent de rien !

Samedi 23 09 2000 : 65 km : SAKAHARA/ANDRANAVORY
La route se dégrade.  Cultures de manioc et coton tout au long de la route.   Vallée de terre rouge, beaucoup de charrettes à zébus en bois, petites maisons en pisé, tombeaux sur les crêtes.  Rock africain à l'étape pour tout le village jusque 3h du matin...

L'habitat du Sud, de plus en plus minuscule.Dimanche 24 09 2000 : 70 km : ANDRANANAVORY/TULEAR
Marché du matin spectaculaire, une grimpette puis c'est une descente perpétuelle dans un tout autre décors vers Tuléar : le bush épineux du Sud.   Superbe.  Découverte de végétaux particuliers et endémiques à Madagascar dont le baobab-bouteille.

Lundi 25 09 2000 : 7 km : TULEAR
On a aimé la torpeur langoureuse de cette ville.  On a apprécié la propreté et le cadre des bungalows du Longo Hotel tél. 94 42 107 et la cuisine inventive de l'Italien du "Jardin", rendez-vous nocturne des Vazahas du bout du monde.   Une ambiance !

Mardi 26 09 2000 : 31 km : TULEAR/MIARY AR
Le temps et la pêche nous ont manqué pour pédaler jusque Ifaty ou Saint Augustin, dommage.  La piste vers le banian sacré (pressenti comme le plus grand du monde : un petit hectare) nous a consolé par ses scènes villageoises hors du temps

Les rues de TuléarMercredi 27 09 2000 : 12 km : TULEAR/ANTANANARIVO par avion via Fort Dauphin en Boeing 737 d'Air Madagascar.
Réservation sur place au bureau d'Air Madagascar à Tuléar, deux jours avant départ.   Aucun problème, tarif intéressant de 61 euros par personne (réduction de 30% si vol international Air Mad), franchise de 20kg de bagages, surcharge acceptée sans frais, pas nécessaire d'emballer les vélos, Master Card acceptée.  Vols presque tous les jours.

Jeudi 28 09 2000 : 19 km : IVATO/TANA arrivée à Tana à 17h 30
Si vous avez le problème de l'arrivée de nuit, cfr ci-dessus la possibilité de loger à Ivato : mardi 05 09 00.

Vendredi 29 09 2000 : TANA
Visite de la ville haute, du jardin botanique, du Zoma.  On a aimé le riz Tsiky au restaurant "Tsiky" rue Ramelina et les petits déjeuners de "Blanche-Neige" avenue de l'Indépendance.
Sinon, aucun problème de sécurité constaté de jour.  La nuit ça zone un brin et non accompagné de locaux, il est souhaitable de ne pas traîner en rue à pied.
Pour le reste, bonjour la pollution...

Samedi 30 09 2000 : 30 km : TANA/IVATO
Si vous souhaitez terminer votre voyage en toute quiétude, loin de la pollution du centre ville, on a beaucoup apprécié la pause gastronomique et exotique de Croc' farm à 3km de l'aéroport.  Juste avant d'entrer dans l'aéroport d'Ivato, prendre la piste de terre à gauche sur 3 km.  Crocos et caméléons à profusion, lémuriens, tortues et quelques autres reptiles à vous glacer le sang.  C'est très bien fait, expliqué, présenté.

Vous pouvez déguster tranquillement un steak de croco aux ananas poivrons sans courir le risque de tomber en panne en allant à l'aéroport.

Le matériel emporté, liaisons aériennes intérieures, l'album photos

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