Métisses, un peuple et vingt cultures...

Mademoiselle Henriette de Ambohimahasoa
"Couleur café,

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O0ôôo  que j'aime ta couleur café..."

Le café Robusta étendu sur bord de route
Le séchage du café

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"Bienvenue et bon voyage Vazaha"

Il règne sur cette île une singulière symbiose entre deux continents.

Le regard y est asiatique et le sourire africain.

Parfois, un continent l'emporte sur l'autre.
Dans le Sud aride, c'est l'Afrique qui domine.  La peau des hommes s'y fait plus sombre.  Sur la côte Ouest, il n'est pas rare d'entendre le tam-tam résonner sur le bord du fleuve.
Sur les Hauts plateaux, les paysannes merina ou betsileo perpétuant les millénaires techniques asiatiques du repiquage du riz vous rappelleront que leurs ancêtres étaient indonésiens.

L'île Rouge est donc un résumé du monde où toutes les gammes de mélanges nés de l'amour se lisent dans la couleur des peaux, des yeux, des étoffes et des coiffures.


"Dans ma famille, tout le monde est mélangé, certains ont les cheveux raides et d'autres les cheveux crépus.   Entre les deux, il existe un éventail de textures capillaires que nous remarquons, nous, les filles, en nous coiffant mutuellement, mais auxquelles personne ne pense.   Ma grand-mère paternelle était indiscutablement asiatique et ressemblait à une Indonésienne.  Mon grand-père, lui, avait tout du guerrier bantou.  Moi, j'ai la peau noire, les cheveux ni raides ni crépus, les yeux en amande.  Je danse le kwassa-kwassa comme les Africaines, et dans ma tête subsistent des modes de pensée dont je sais maintenant que j'ai étudié et rencontré d'autres peuples, qu'ils me viennent d'anciens ancêtres d'Extrême-Orient, d'Indonésie, de Malaisie, d'Océanie.  Il en est ainsi dans toutes les familles malgaches.  Mon village natal est situé sur les Hautes Terres, on me dit merina, mais je suis noire et asiatique.  Partout où je vais, dans les maisons de terre et de ravinala des six régions de Gasikara où je séjourne, avec les femmes des pêcheurs vezo et betsimisaraka, avec les paysannes sakalava, les filles des pasteurs tandroy et mahafaly, les chercheuses de rubis masikoro... l'accueil est toujours le même : fraternel, chaleureux, confiant.  La situation qui y prévaut est identique à celle de mon village de Mandosoa: mortalité infantile élevée, mauvais état sanitaire, rareté de l'eau et de l'alimentation.   Nous parlons la même langue, nous évoquons des préoccupations qui sont communes à 90 pourcent des Malgaches : des problèmes d'urgence et de survie."

Didier Mauro et Emeline Raholiarisoa dans
"Madagascar, l'île essentielle" Anako Editions
Grands Témoins

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