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De 1835 à 1840, il fonda, dans
son domicile rue de Sèvres, des cours gratuits, où il enseignait la chimie,
la physique, l'anatomie comparée, l'astronomie, etc. ; constamment
occupé de rendre attrayants et intéressants les systèmes d'éducation, il
inventa, dans le même temps, une méthode ingénieuse pour apprendre à compter,
et un tableau mnémonique de l'histoire de France, ayant pour objet de fixer
dans la mémoire les dates des événements remarquables et des découvertes
qui illustrèrent chaque règne.
Avant que le Spiritisme ne vînt populariser le pseudonyme Allan Kardec,
il avait su s'illustrer par divers livres d'éducation.
Vers 1855, dès qu'il fut question des manifestations des Esprits, M. Allan
Kardec se livra à des observations persévérantes sur ce phénomène et s'attacha
principalement à en déduire les conséquences philosophiques. Il y entrevit
tout d'abord le principe de nouvelles lois naturelles : celles qui
régissent les rapports du monde visible et du monde invisible ; il
reconnut dans l'action de ce dernier une des forces de la nature dont la
connaissance devait jeter la lumière sur une foule de problèmes réputés
insolubles, et il en comprit la portée au point de vue religieux.
Ses principaux ouvrages sur cette matière sont :
Il a fondé à Paris, le 1º avril 1858, la première Société spirite régulièrement
constituée, sous le nom de Société parisienne des études spirites,
dont le but exclusif est l'étude de tout ce qui peut contribuer au progrès
de cette nouvelle science. M. Allan Kardec se défend à juste titre d'avoir
rien écrit sous l'influence d'idées préconçues ou systématiques ;
homme d'un caractère froid et calme, il a observé les faits, et de ses
observations il a déduit les lois qui les régissent ; le premier
il en a donné la théorie et en a formé un corps méthodique et régulier.
En démontrant que les faits faussement qualifiés de surnaturels sont soumis
à des lois, il les fait entrer dans l'ordre des phénomènes de la nature,
et détruit ainsi le dernier refuge du merveilleux et l'un des éléments
de la superstition.
De l'apparition du Livre des Esprits date la véritable fondation
du Spiritisme qui, jusqu'alors, n'avait possédé que des éléments épars
sans coordination et dont la portée n'avait pas pu être comprise de tout
le monde.
Les preuves matérielles que donne le Spiritisme, de l'existence de l'âme
et de la vie future, tendent à la destruction des idées matérialistes
et panthéistes. Un des principes les plus féconds de cette doctrine, et
qui découle du précédent, est celui de la pluralité des existences,
déjà entrevu par une foule de philosophes anciens et modernes.
De ce principe découle la solution de toutes les anomalies apparentes
de la vie humaine, de toutes les inégalités intellectuelles, morales et
sociales ; l'homme sait ainsi d'où il vient, où il va, pour quelle
fin il est sur la terre et pourquoi il y souffre.
Les idées innées s'expliquent par les connaissances acquises dans les
vies antérieures ; les sympathies et les antipathies, par la nature des
rapports antérieurs.
Le Spiritisme a pour maxime : Hors la Charité, point de salut,
c'est-à-dire l'égalité parmi les hommes devant Dieu, la tolérance, la
liberté de conscience et la bienveillance mutuelle.
Il n'y a de foi inébranlable que celle qui peut regarder la raison
face à face à tous les âges de l'humanité. A la foi, il faut une base,
et cette base, c'est l'intelligence parfaite de ce qu'on doit croire ;
pour croire il ne suffit pas de voir, il faut surtout comprendre.
(Evangile selon le Spiritisme.)
Travailleur infatigable, Allan Kardec a succombé, le 31 mars 1869.
(Extrait des OEUVRES POSTHUMES, édition de 1924)
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