Bogdan TURUDIJA

Bogdan TURUDIJA

Né le 30 juin 1949 à Lornica (Yougoslavie).

N°7 de l’U.R.N durant les saisons 1979-1980 (27 matches, 3 goals),  1980-1981 (28 matches, 6 goals), 1981-1982 (22 matches, 2 goals).

Nous nous sommes mis en tête de retrouver la trace d’anciens joueurs qui nous ont fait rêver. Au premier rang de ceux-ci revient immanquablement un nom, synonyme de courage et d’abnégation : Bogdan TURUDIJA. Par hasard et par bonheur, nous avons retrouvé sa trace. Avant de vous livrer ses impressions sur son passé et son avenir, nous publions la rubrique " Plein feux sur… " du Merle du 6 décembre 1980 qui lui était consacrée.

LE MERLE 06-12-1980

D’habitude, un joueur de football, et c’est humain, aime que l’on parle un peu de lui, de ses prestations, de sa carrière. Avec Bogdan Turudija, quelle différence : pourquoi donc consacrer un article sur ma personne ? Il vaut beaucoup mieux parler des espoirs du club, des jeunes qui promettent. Intéressez-vous à des Dohy, Gerrebos, Dannevoye ou Vandezande : c’est eux qui méritent de sortir de l ‘anonymat. Moi, tout le monde me connaît. 

Raisonnement tout à l’honneur de Bogdan. Mais il n’a jamais été présenté dans " Le Merle " et chaque titulaire doit avoir son tour. De plus, il sera parfaitement normal de s’intéresser aux meilleurs juniors à la fin du championnat : maintenant, ne risque-t-on pas de commettre une maladresse en optant pour l’un plutôt que pour l’autre ?

Que puis-je encore vous apprendre ? Je suis né le 30 juin 1949 à Lornica puis ai été affilié à l’OFK Belgrade. J’ai disputé plus de 500 matches en première dans les premières divisions européennes, puis j’ai ensuite passé deux ans à Troyes, en France, avant d ‘émigrer aux Etats-Unis avec Milan Mandaric.

Une carrière qui doit être riche en souvenirs…

Naturellement, avec les beaux soirs et les beaux voyages de la Coupe d’Europe. " Ce n’était pas toujours très gai d’être l’épouse d’un jeune footballeur professionnel " rectifie Mme Turudija qui, lorsqu’elle sort ses photos de mariage, prouve que Bogdan a eu ses raisons d’avoir le coup de foudre. Mais a-t-elle tellement changé ?

Des souvenirs moins drôles aussi ?

Le plus pénible : j’étais alors engagé à Belgrade et je passais mes vacances à la Côte d’Azur. Soudain, une blessure que je traînais à la jambe, consécutive à un coup direct en championnat, s’est infectée. Le médecin a diagnostiqué un début de gangrène et m’a froidement annoncé qu’il allait procéder à une ablation. Heureusement, je me suis défendu . Vous vous rendez compte : pour la suite de ma carrière !

Justement, la suite de ta carrière, actuellement, comment peux-tu l’envisager ?

Soyons franc, tout n’est pas rose pour le moment puisque j’avais misé sur une montée qui est devenue problématique. J’ai déjà 31 ans. N’est-il pas normal d’envisager ma reconversion ? Je ne sais pas encore comment exactement. Je suis docteur en droit et ma femme logopède, mais les diplômes n’ont pas exactement la même correspondance qu’en Belgique, ce qui veut dire qu’il m’est normalement impossible de professer ici. Mais qu’on ne dise pas des bêtises. Certains lancent le bruit que je ne terminerai pas la saison ici. C’est mal connaître Bogdan Turudija. On n’abandonne pas un bateau en plaine traversée, même quand cette traversée est difficile.

Et puis il y a les scolaires et les juniors provinciaux que tu entraînes ?

Ah, " mes " gamins ! Si un jour, je dois quitter la Cité mosane, ce sont eux qui me feront pleurer les premiers tellement je les aime bien. Il y a quelques scolaires, du côté de l’attaque, qui seront bientôt des titulaires de première s’ils persévèrent. Comme ce sont de gentils garçons, bien équilibrés, je crois qu’ils arriveront. Il y a trois semaines, ils sont allés gagner chez le leader, la Jeunesse Tamines, par 0-2. Dans les dix dernières minutes, j’étais debout., comme dans un autre monde. Ca, ca restera un souvenir inoubliable.

Et l’équipe première de l’U.R.N., qu’en penses-tu ?

Si on m’avait dit, l’année dernière quand je suis arrivé, que nous allions descendre ! Je dois avouer que nous ne nous sentons pas suffisamment encouragés (Ndlr : Stade de Jambes). Le public est très difficile. Quand nous manquons un contrôle de balle dans les dix premières minutes, les gens se mettent à siffler et nous perdons encore une bonne partie de nos moyens.

Il y a aussi des gens admirables à Namur, qui travaillent discrètement avec un dévouement exemplaire et dont on ne parle pas assez. Je pense notamment à notre soigneur Eudox. C’est un garçon remarquable, qui accomplit sa mission avec gentillesse et méticulosité. Comme il appartient à l’autre région linguistique, il se sent un peu plus perdu parmi nous. Voilà quelqu’un que l’on met trop peu en évidence et que j’admire énormément. C’est un régal d’être soigné par lui, et Dieu sait si je passe souvent sur la table de massage.

La conversation s’interrompt un instant car Bogdan sort des photos, des photos de l’époque glorieuse dont il est visiblement nostalgique. Il a tout conservé, les souvenirs de la Coupe d’Europe, du passage à Troyes. Les joueurs qu’il préférait à l’époque : Raymond Kopa et Johan Cruyff.

Il y a quelques mois, on m’a envoyé de Yougoslavie la coupure d’un article sportif intitulé : "  Les cinq meilleurs attaquants yougoslaves des années 70 : que sont-ils devenus ? ". On y raconte que j’évolue maintenant en Belgique. Vous me reconnaissez, sur la gauche de la photo ?

Difficilement car Bogdan portait à l’époque une imposant moustache qui lui donnait un air terrible de caïd.
Bogdan ne nous a pas parlé de son fils, Bogdan, lui aussi : un petit remue-ménage nous rappelle sa présence car Bogdan junior, sept ans, est terriblement vivant, c’est le moins que l’on puisse dire. Il évolue déjà dans les entraînements des pré-minimes, à l’aile droite comme par hasard : bon sang ne peut mentir. Autre particularité : ce gamin maîtrise, à son âge, outre le Serbo-croate, le français et l’anglais à la perfection. Les voyages forment la jeunesse.Mais il y a beaucoup de choses que Bogdan ne raconte pas et nos nous plions bien volontiers à sa discrétion. Délicat et profondément respectueux du prochain, il craint trop de vexer, par une réflexion ou un commentaire, le moindre membre de son entourage. Il est aussi d’une modestie à toute épreuve : ce n’est pas par lui que l’on apprendra que son oncle a été, pendant de très nombreuses années, chef du protocole du Président Tito, ce qui a entre autres permis à Bogdan d’hériter de quelques vestiges bien…agréables à boire. Etait-il difficile de deviner que ce charmant garçon appartient à la noblesse ?

Et puis, ce 18 février 1999, nous avons retrouvé la trace de Bogdan. Un Bogdan, " Boogie " comme il est convenu de l’appeler, qui n’a guère changé : modestie, réserve, honnêteté et passion semblent rester ses maîtres-mots. Il n’aime pas l’excès, Boogie. A Namur, personne n’a pourtant oublié le n°7 qui défendait son flanc droit à la manière d’un guetteur de Citadelle assaillie. Bogdan a toujours attiré la sympathie. A la lecture de cet article, nul doute qu’il continuera à le faire.

Salut Bogdan (je lui explique qui on est et la finalité de notre démarche), nous aimerions t’interviewer pour publier tes réponses sur internet.

Ben bof ! C’est comme tu veux, mais es-tu sûr que cela intéresse quelqu’un ?

Ah oui, Bogdan, je peux t ‘assurer qu’à Namur les gens se souviennent de toi ! Tu pourrais nous retracer succinctement ta carrière ?

Oui, ben, je suis né le 30 juin 49 à Lornica et j’ai de suite été affilié à l’OFK Belgrade. J’ai atteint l’équipe première et nous jouions en division 1 et en Coupe d’Europe. Il s’agissait du club de la police (Ndlr : politique) de l’Etat communiste, l’Etoile Rouge étant celui du peuple et le Partizan celui de l’armée. Malgré tout, nous étions libres et n’avions pas grand chose voir avec l’image " police " qui collait à notre club. J’ai joué 500 matches en D1 pour l’OFK (Ndlr : une demi-finale en Coupe d’Europe et une Coupe de Yougoslavie à son actif) après quoi je suis parti en France, à Troyes. J’ai ensuite quitté l’Europe pour Oakland Stampers où j’ai rencontré Milan Mandaric. Ensuite, j’ai rejoint Edmonton Drillers (Ndlr : c’était la première vague du " soccer " qui affecta, entre autres, Beckenbauer, Chiniglaia et François Van Der Elst). C’est dans ces deux derniers clubs que j’ai rencontré Bojo Ban qui venait de l’U.R. Namur. Il se fait, qu’à ce moment, Milan Mandaric a vendu son club d’Oakland. Sur les conseils de Bojo Ban, Milan Mandaric s’est investi à Namur (Ndlr : soucieux de créer un grand club en Wallonie et après avoir essuyé un refus du feu RFC Liège, pourtant en faillite virtuelle). Milan et Bojo m’ont donc contacté au Canada afin que je rejoigne Namur.

Quand tu as quitté le Canada pour Namur, quelles étaient tes ambitions et celles du club ?

Au début ? Nous étions plein d’ambition. Nous venions avec Raduka, Paul Child, Musovic, Persic,…

Ca faisait une sacrée équipe ça, non ?

Ben oui, sur le papier, oui.

C’était une équipe pour monter en division 2 , en division 1 ?

Non, je ne pense pas. J’ai toujours considéré que nous avions une équipe pour jouer les trois ou quatre premières places, sans plus. Il y a eu un sentiment d’euphorie parce que nous avons joué un tout beau match en Coupe contre le Racing White ( Ndlr : RWDM – URN : 2-0) et les supporters ont trop vite imaginé qu’avec ce match, les étrangers et le nouvel investisseur, tout irait pour le mieux. En championnat, je me souviens que nous avions été battus 1-0 à Bilzen lors du premier match et que nous avions effectué un très mauvais départ.

Qu’est-ce qui ne fonctionnait pas alors dans l’équipe ? L’ambiance, un manque de motivation, l’encadrement,… ?

Je ne sais pas. La motivation peut-être. J’y repense depuis longtemps, sans trouver la réponse. Peut-être étions-nous, mis à part trois ou quatre, pas assez professionnels ou concentrés. Et puis, les renforts arrivés en même temps que moi ont quitté le navire à la mi-saison :Paul Child, Raduka,… Il restait Catinus (Ndlr : Jean), J.-P. Guillaume, Freddy Petitjean et quelques autres. Le noyau se réduisait à cela et on a changé trois fois d’entraîneur en un an.

Finalement, Boogie, tu t’es retrouvé seul à Namur et tu t’es tout de même rendu compte que ça n’allait pas du tout au sein du club…

Ben oui (dépité), et pourtant je n’ai jamais compris. L’équipe était soudée, nous étions souvent ensemble. Quand je vois le football à l’heure actuelle, je ne comprends pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Comment on a craqué, je ne sais pas, c’est inexplicable !

Après cette saison noire où l’URN a rejoint la promotion, tu es resté !

Oui, je me suis trompé. J’étais persuadé que nous allions remonter tout de suite !

En 1981, c’est ta dernière saison à Namur et de nouveau, c’est la déception.

Ah oui, tout à fait, comme la précédente, l’U.R.N. était l’équipe que tout le monde voulait battre à cause de son passé prestigieux. Nos adversaires jouaient à 200 % et nous ne jouions qu’à 50 %.. On attendait beaucoup (trop) d’Alain Lefèvre, notamment.

Que se passe-t-il alors ?

Quelle que soit sa composition, l’U.R.N. est et restera à jamais une référence. L’équipe qui a joué en division 2 et 3 durant de longues années. Tout le monde voulait la battre (et continue à la faire). Jouer contre Namur, c’était " LE " match de la saison.

Je rappelle à Bogdan les classements de Namur à l’époque, il me répond : oui, nous avons terminé neuvième, la voix triste. Je lui rappelle le nom de ses coéquipiers, Crucifix, Deneffe, Thompkin, Gilson, Likaj, Kidumu,…

Boogie m’arrête et me reprend en énumérant leurs prénoms. Il l’admet à mi-voix, mais il se souvenait plutôt de Jean-Paul, Claude, Kerim, etc… Je lui énumère alors l’équipe de sa dernière saison. A chaque nom, il marque son approbation puis, contre toute attente, il me déclare " tu en as oublié un : Simeunovic ". De fait, comment ai-je pu oublier celui qui marquait des coup-francs à 40 mètres (dont un remarquable à Bas-Oha) et que l’on surnommait si " Meeuuhh " novic ?
Bogdan, Simeunovic, comme beaucoup d’autres étrangers, est parti à mi-saison. La raison de leur départ était un sujet tabou à Namur. Chacun savait cependant, sans oser le déclarer, que les problèmes de l’U.R.N. étaient nombreux et sérieux !

Pourquoi viser uniquement les étrangers, avant cela, il y avait Ranogajec ! (Ndlr : preuve que Bogdan en connaît un bout de l’histoire du club)

Oui, mais eux, ils restaient ! Bogdan est embêté…
Bogdan, c’était il y a 20 ans et ce n’est un secret pour personne : il y avait de nombreux problèmes dans la gestion du club !

Bon, il y avait dans le Comité XXX, XXX et XXX. Mais ils ont toujours essayé d’être plus ou mois corrects !

Boogie, je vais parler à ta place : peut-on dire que les joueurs n’étaient plus payés ?

Oui, certainement, les joueurs n’étaient plus payés depuis des mois.

Bogdan, tu étais quand même un joueur professionnel et tu perdais tes culottes à Namur !

Oui, mais quand je suis resté, surtout la troisième année, j’étais bien conscient que je prenais un risque.

Je ne comprends pas Bogdan. Tu n’étais plus payé, chacun savait que le club allait mal, les histoires louches s’accumulaient et tu es resté… Pourquoi ?

C’est ma façon de penser. Je suis comme ça. Quand un joueur signe quelque part, il doit, pour sa fierté et son honneur, achever la saison.

C’est une belle leçon de morale, ça, Boogie !

C’est vrai, ce n’a pas toujours été facile. Mais chacun sa morale. Et puis, mes équipes de jeunes me le remontaient, mon moral.

Histoire de piéger Bogdan, qui n’avait aucune connaissance de l’article du " Merle " du 06-12-1980 retranscrit supra, je lui demande s’il se souvient d’un match de scolaires à la Jeunesse Tamines (cfr. supra) de manière à vérifier (si besoin en était) sa sincérité.

(Sa voix s’éclaircit et à elle seule rayonne sa joie) Oh oui ! Attends, je te dirais même le résultat (1 seconde passe) : 0-2 et le délégué était M. Massart. Je men souviens, c’est incroyable, non ?

C’est incroyable parce que tu déclares dans " Le Merle " du 06-12-1980 que " tes gamins " seront un souvenir inoubliable, ce n’était pas que de la pub !

Je dois dire que le samedi après-midi et le dimanche matin étaient pour moi un sacré rayon de soleil dans la grisaille de l’U.R.N. Je vivais avec mes jeunes, c’était incroyable. On a d’ailleurs été champions provinciaux.

Bogdan, je t’interromps, tu parles aussi dans ton interview de 1980 des feux à braquer sur des jeunes comme Dannevoye, Gerrebos, Dohy, Vandezande, etc… qui n’ont finalement pas ou très peu percé en équipe première.

Tout le monde ne peut pas réussir au plus haut niveau non plus. Mais, dans mon équipe de scolaires, il y avait aussi un certain Hugues Deom, un certain Bernard Carpentier,… qui ne sont pas partis à Seraing pour rien ! Il y avait quelqu’un dont on n’a plus jamais parlé : Henri Mélotte.

Henri Mélotte ? Mais, Boogie, c’est lui qui a inscrit le but qui nous a permis de rejoindre la D3 en 1988-1989 lors d’un match à Marchienne…

C’est lui ? (fier et confiant à la fois)

En 1982, tu quittes Namur, pour faire quoi ?

J’ai eu des propositions de Jambes, qui prenait le dessus par rapport à Namur. Mais, pour moi, je savais que c’était fini. J’avais passé trois années difficiles à Namur. Ce n’était pas une réussite. J’étais conscient d’avoir un certain âge et je suis parti, par hasard, à La Roche en Ardenne. J’y suis resté. Comme joueur, joueur-entraîneur, concierge à la piscine ensuite. J’ai été champion avec Berimesnil en P2 Lux., je suis allé à Bomal, je me suis occupé des jeunes du Lorrain Arlon avec Guy François (Ndlr : ancien du RFCL) pendant un an tout en restant coach de Berimesnil. Ca va être très dur cette année. Je me suis aussi occupé pendant deux années de stages pour jeunes avec Luka Peruzovic.

Et maintenant, dans la vie, ça se passe comment pour Bogdan Turudija ?

Maintenant, bien. Il y a eu des moments un peu difficiles. Mais maintenant, ça va bien. Bogdan junior (que les Unionistes ont bien connu) vient de finir le droit et travaille dans un Palais de Justice

Avant, tu étais " notre Yougoslave de charme ". Aujourd’hui, tu es Serbe, Croate, Monténégrin… ?

(Nostalgie et tristesse) Non, je ne m’en cache pas Je suis de l’ancienne école. Mon pays reste la Yougoslavie.

Bogdan, chez nous aussi, de nombreuses personnes sont dorénavant officiellement wallonnes alors qu’elles se sentent belges avant tout (ndwebmaster : être wallon est aussi une fierté !)!

A l’époque, notre soigneur à l’U.R.N., Eudox, était flamand  Il était un peu isolé.. Je n’ai jamais bien compris le conflit yougoslave. Tirez-en les leçons ! J’ai été angoissé pour ma famille et je crains que l’histoire ne soit pas finie. C’est un éternel recommencement. Aujourd’hui, c’est le Kosovo, et demain ?

Pour en revenir à notre planète " Union ", après trois tristes années passées à Namur, tu éprouves de la rancœur, de la haine ,de la rage ?

Pas du tout ! Je tire évidemment un constat d’échec. Je suis un peu triste en repensant à ces années, quoique je garde prioritairement les bons souvenirs dans mon coeur. On se console comme on peut, mais il faut toujours essayer de positiver. On avait tellement de problèmes que j’ai oubliés…je n’en ai gardé que les moments exceptionnels que nous avons vécu. Je retiens davantage mes amis de Namur que mes grands moments footbalistiques qui avaient eu lieu avant…

Tu suis encore les résultats de Namur ?

Au début, je les suivais encore. Maintenant, franchement, pas plus qu’un autre club. Je suis retourné quelques fois à Namur (Ndlr : dans les années 80) mais j’ai toujours dans l’équipe un gars qui était junior chez moi, c’est Patrick (Ndlr : Mauléon).

Il sera bientôt retraité !

Oui, je sais (rires). Et Michel (ndwebmaster Mauléon, le frère terrible), il joue où ?

La conversation continue, privée cette fois car certains (mé)faits, même 20 ans après, restent tabous.. Boogie est trop poli pour certaines choses. Tellement humble aussi qu’il hésite à revenir à l’Union, de peur de reconnaître de trop nombreux visages, sans doute.
En conclusion, Boogie, c’est quelqu’un qui s’est conduit de façon exemplaire dans un club qui ne l’était pas. C’est aussi quelqu’un qui, quoiqu’il en dise, a un peu peur de nous retrouver tant son expérience l’a sans doute marqué. Pourtant, Boogie, c’est l’exemple NUMERO 1 que les supporters de l’U.R.N. tirent de leur noir passé. C’est celui qui a défendu nos couleurs pour l’honneur et sans être payé. Nous lui devons le respect et un accueil chaleureux. Boogie, notre club est à présent propre et, en guise de remerciement, les supporters reconnaissants te l’offrent… C’est quand tu veux !

Etienne NAHON.

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