la communauté

Très souvent les leaders de communauté, ne savent pas comment mettre en route leurs ouailles. Ceux-ci se sentent peu engagés et sont parfois considérés comme des consommateurs. Même si cet article s’adresse à des professionnels, le profane pourra probablement se retrouver dans les descriptions faites. Comme d’habitude nous empoignons le problème sous l’angle du management. Ça ne veut pas dire que nous ne croyons pas à la puissance de la prière pour mouvoir des personnes, mais nous partons du principe que les responsables de communauté savent comment s’y prendre dans ce domaine.

 

* La majorité des personnes qui viennent dans vos murs souhaitent réaliser une " œuvre ", soit personnelle soit communautaire
Aux Etats-Unis des enquêtes ont établi que dans les entreprises 26% des employés sont engagés activement, tandis que 55% ne se mouillent pas vraiment et 19% sont carrément contreproductifs. On pourrait aisément reporter ces chiffres sur l’église. Or ce qui arrive souvent, c’est que les leaders s’occupent en priorité de ceux qui vont bien et délaissent cette grande masse amorphe, qui vient au culte en touriste et se comporte en consommatrice. Sans parler du dernier groupe qui sème la pagaille dans les rangs de la communauté. Votre première richesse, ce ne sont pas vos diplômes, vos structures, vos bâtiments, vos collectes, mais ce sont les gens qui font partie de vos organisations. La majorité des personnes qui viennent dans vos murs souhaitent réaliser une " œuvre ", soit personnelle soit communautaire. Ils ont des rêves, des aspirations dont il ne faut pas se méfier de prime abord. Dieu travaille aussi avec nos besoins profonds et utilise notre potentiel intime. Souvent le chrétien ne rencontre qu’un pasteur désireux de réaliser ses propres rêves ou bien qui ne voit en face de lui qu’un élève à qui il doit inculquer les rudiments de la science biblique. Comment puis-je, en tant que responsable, permettre que le croyant se construise, devienne une personnalité, un " gagneur " qui va de progrès en progrès dans tous les domaines de la vie ? Le disciple est un conquérant ! " Allez par tout le monde… ". Nous l’avons souvent assis sur un banc à écouter nos discours ! Nous l’avons anesthésié par nos montages intellectuels. Ou bien nous le couchons sur le divan du psy pour lui révéler ses mécanismes cachés qui font problème. Nous voulons son salut psychologique. Certes, il ne faudrait pas tirer à boulet rouge sur l’enseignement ou la relation d’aide, mais parfois nous n’offrons pas beaucoup d’horizons aux membres d’une communauté. Leur désaffection est peut-être due en partie à ce manque de vision de la part des responsables.

 

 

Voici quelques idées pratiques pour vous aider :

1° Analysez votre communauté sous l’angle des forces et des faiblesses
Quels sont les groupes engagés, quels sont ceux qui sont à la traîne ? Quels sont les personnes-clés, les leaders d’opinion qui influencent leur environnement ? Ce ne sont pas forcément toujours des responsables de groupes. Pourquoi tel et tel groupe ou personne est en " panne " ? Quel est l’événement dans la vie du groupe qui a passablement perturbé son fonctionnement ? Faites une sorte de radiographie pour déterminer ce qui motive ou démotive et prenez des mesures en fonction de vos découvertes. Vous allez, par exemple, vous apercevoir que vos membres ne connaissent pas les objectifs de la communauté et que cela se traduit par une non-participation de leur part. C’est donc une faiblesse à corriger !

2. Arrêtez de vouloir changer les gens
Paradoxal pour un pasteur ! Je ne parle pas ici du changement d’attitude spirituel, mais plutôt de celui que nous imposons aux gens pour les faire rentrer dans des moules de comportements sociaux ou pseudo-spirituels. Vous avez un membre du conseil qui est peu communicatif à votre goût ? Pourquoi absolument vouloir l’éduquer à la communication ? Plus vous voulez aider les gens à changer de personnalité, plus vous les empêchez de découvrir celle qui est la leur. Le plus important c’est de les motiver dans leurs forces et non de mettre le doigt sur leurs faiblesses. Dans un autre domaine, si un croyant ne se sent pas " spirituellement " correct, il se mettra au dernier banc en croisant les bras. C’est-à-dire, par exemple, s’il ne correspond pas au canon officiel de la communauté. Je ne parle pas ici, d’un frère ou d’une sœur qui ne souscrirait pas au credo de l’église, ou dont la théologie serait carrément en opposition avec les grands principes de l’évangile. La meilleure façon de rendre votre communauté compétitive, c’est de permettre que les individus qui la composent découvrent qui ils sont et pourquoi Dieu les a placés sur terre.

3. Le pasteur et ses conseillers ou anciens ne sont pas les personnes les plus importantes dans la communauté
Nous sommes dans l’ère de la starification. On pense que les entreprises ou les églises se développent à cause de leaders charismatiques (dans le sens talentueux) qui impriment leur marque. Même le Christ s’est entouré de douze disciples pour accomplir son œuvre ! La force réside dans le groupe et non dans l’individu. Le monde devient de plus en plus complexe et ce ne sont que des gens qui mettent ensemble leurs talents qui peuvent le maîtriser. Le travail du pasteur, ce n’est pas de fonctionner en star, mais en découvreur et multiplicateur de talents. Il faut beaucoup d’humilité pour admettre que d’autres, dans certains domaines, sont supérieurs. C’est ça être serviteur : mettre les capacités du prochain en lumière. Si le pékin du dernier rang sait qu’il est important pour le groupe, il va se mouiller davantage.

4. Arrêtez de prendre d’autres églises comme modèle et de chercher continuellement de l’aide à l’extérieur pour résoudre vos problèmes
Tournez-vous vers vos compagnons de route. Apprenez d’abord des membres de votre communauté. Dans votre église dorment des possibilités insoupçonnées. Il suffit de les trouver. Lors d’un renouvellement pastoral dans notre église nous avons fonctionné une année sans pasteur. Nous nous sommes rendus compte qu’il n’y avait pas moins de treize prédicateurs pour prendre la relève (sur un total d’environ 130 personnes). Le catéchisme a été pris en main par deux aînés secondés par des tout jeunes à qui l’on n’aurait pas demandé des responsabilités autrement.

5. Ne pensez pas que chacun veut prendre votre place et que des gens qui réussissent dans leur mission souhaitent absolument grader
Un bon responsable d’école du dimanche, lorsque vous le mettez comme ancien, assumera peut-être mal sa fonction, parce que ce n’est pas son talent. A vouloir pousser certaines personnes trop loin, nous les cassons. Et peut-être au fond, ils ne le souhaitent pas

Ce qui est rare, c’est la personne qui trouve dans la communauté un débouché pour son talent.


La gestion des talents est l’un des aspects les plus motivant d’une communauté. Lorsqu’une personne découvre un talent et le met en pratique, c’est là qu’elle s’engage. A ce stade, il faut éliminer deux mythes : celui qui fait croire que les talents sont rares. Faux. Tout le monde a des talents. Ce qui est rare, c’est la personne qui trouve dans la communauté un débouché pour son talent. La personne experte en création florale en a peut-être marre de fonctionner tous les dimanches comme pouvoyeuse-du-bouquet-pour-la-table-de-communion. Pourquoi ne pas lui aménager une activité plus intéressante qui tienne compte de son talent ? Créer un groupe de partage dans la commune pour apprendre à faire des bouquets ? Le deuxième mythe stipule que certaines activités sont tellement simples qu’elles ne nécessitent pas de talent. Faux également. Le savoir-faire et le savoir-être demande beaucoup d’aptitudes. Devenez chasseur de talents et vous motiverez vos paroissiens.

Questionnaire

1.   Est-ce que je connais ce qu’on attend de moi dans le cadre de l’église ?

2.   Est-ce que j’ai le soutien nécessaire pour exécuter ce qu’on me demande (en conseils, matériel, etc.)

3.   Est-ce que j’ai la possibilité de faire ce qui me correspond le mieux ?

4.   Dans les dernières quatre semaine est-ce que quelqu’un m’a remercié ou félicité pour ce que je fais ?

5.   Est-ce que mon responsable direct s’occupe de moi comme une personne et non avant tout comme quelqu’un qui assume une fonction ?

6.   Est-ce que quelqu’un dans la communauté m’encourage dans mon activité ?

7.   Est-ce que mes opinions comptent  pour les autres ?

8.   Est-ce que j’ai l’impression que mon travail est important pour l’église ?

9.   Est-ce que mes collègues s’engagent à faire un travail de qualité ?

10.         Est-ce que dans l’église, j’ai un(e) très bon(ne) ami (e) ?

11.         Est-ce que quelqu’un, dans les derniers six mois, m’a rendu attentif à mes progrès ?

12.         Est-ce que dans cette dernière année, j’ai eu l’occasion de me développer personnellement
et spirituellement ?

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Inspiré d’un article écrit par Polly LaBarre et reproduit dans le mensuel " Fast Company "

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