Titres d'œuvres

Ce qui suit n'est pas destiné à être reproduit... (où que ce soit et
sous quelque forme que ce soit), sous peine de représailles salées.

X écrit: Je voudrais vérifier la règle actuelle régissant les titres d'ouvrage.

[J.-P. Lacroux] L'ennui... c'est qu'il n'y en a pas qu'une...
Pour résumer, disons qu'il y en a deux, la bonne et la mauvaise, et que
la dernière gagne du terrain (comme en témoigne votre message). Pas
partout, heureusement. [...]

[X] Est-il correct, en français  de mettre en majucule sur la première lettre
du titre et de  tous les noms proprescomme l'indique le Modern Language Manual:
Ex:L'ami du peuple, Du côté de chez Swann, Le grand Meaulnes,
La guerre de Troie, Nouvelle revue d'onomastique.

[JPL] Selon moi, c'est incorrect (sauf le Proust) et même imprudent...
Voici la règle, dans ses grandes lignes. Vous allez voir qu'elle
commence comme la mauvaise...

Seul le premier mot d'un titre d'oeuvre prend une capitale initiale
(ainsi que les éventuels noms propres)...
     Autant en emporte le vent
     Une saison en enfer
     De l'esprit des lois
     Du côté de chez Swann
     Mon oncle
     La guerre de Troie n'aura pas lieu
     Le soleil se lève aussi

SAUF... si le titre commence par un article défini et qu'il ne
constitue pas une phrase verbale !
Dans ce cas, c'est le premier substantif qui prend la capitale initiale
(ainsi que les éventuels adjectifs et adverbes antéposés) :
     les Misérables
     le Grand Meaulnes
     les Liaisons dangereuses
     le Petit Chaperon rouge
     l'Ami du peuple
     les Très Riches Heures du duc de Berry
     l'Homme qui rit *
     la Liberté éclairant le monde *
* Ces titres ne sont pas des phrases verbales.

(Il est évident qu'en début de phrase, l'article prend une cap
initiale : L'Ami du peuble. Les Liaisons dangereuses.)

Autre exception. Lorsqu'un titre commence par un adjectif antéposé,
le substantif prend également la capitale initiale :
     Tristes Tropiques
     Nouvelle Revue d'onomastique
Autres cas particuliers.
Titres contenant une comparaison, une symétrie, une énumération :
     les Rayons et les Ombres
     le Bon, la Brute et le Truand
Titres doubles (chaque « titre » respecte la règle de sa catégorie) :
     Émile ou De l'éducation
     le Mariage de Figaro ou la Folle Journée

Pourquoi ces « complications » ? Pour une raison simple... qui échappe
totalement aux partisans de la « nouvelle règle simplifiée ».
La première capitale n'est pas destinée à marquer le « début » du
titre ; c'est l'italique (ou, dans certains cas, les guillemets) qui
joue ce rôle et qui « balise » réellement tout le titre. La première
capitale détermine le classement alphabétique ! Or... si vous
l'attribuez à un article défini initial (Le grand Meaulnes, Les
misérables), innombrables seront les cas où vous la perdrez en
introduisant le titre au sein d'une phrase (contraction de l'article
défini). Il vous faudra l'attribuer à un autre mot : « L'auteur du Grand
Meaulnes, le premier chapitre des Misérables. » Bref, le lecteur ne
saura plus à quel saint se vouer.
Autre chose... Devant un titre incomplet, l'article n'appartient plus au titre (et il passe en romain) :
le Barbier...

Comme souvent, la prétendue simplification des « règles
orthotypographiques » simplifie uniquement la vie des scripteurs (en
principe payés...) mais complique diablement celle des lecteurs.



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