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Pour celles et ceux qui souhaitent arrêter de fumer du tabac ou trouver les bonnes raisons de ne pas commencer, quelques liens intéressants :

www.jarrete.qc.ca

www.luttecontreletabac.com

et en néerlandais, 

www.ikstop.nl

 

 

LE TABAC

et

la dépendance à la nicotine.

Texte d'une communication donnée en introduction à la première séance d'une méthode de thérapie de groupe visant à l'arrêt de la consommation du tabac appelée "Plan de 5 jours". (Union Royale Pharmaceutique de Charleroi 09/1997)

1. Introduction

En tant qu'ancien fumeur, abstinent depuis cinq ans, je vais paraphraser les alcooliques anonymes, (pour lesquels j'ai le plus grand respect) en me présentant comme eux. "Bonsoir, je m'appelle Jean Paul et je suis un toxicomane".

2. Sommes-nous des toxicomanes ?

2.1 Approche dite "phénoménologique".

Essayons de pratiquer une approche "phénoménologique", c'est à dire basée, non pas sur ce qu'en disent les professionnels, mais sur des données provenant des personnes elles-mêmes concernées, veillant à éliminer l'interprétatif, l'explicatif, bref, les théories et les idées reçues.

Qu'est ce qu'on retrouve de commun entre les personnes qui consomment des produits prohibés, comme le haschich, la cocaïne ou l'héroïne, et les fumeurs de tabac ?

Lorsqu'on interroge des toxicomanes aux drogues interdites sur leur ressenti de leur consommation, c'est à dire, comment ils vivent cette consommation, on entend :

Cette approche convient à de nombreuses activités humaines de consommations ou de modes de vie. Cela "marche" à des degrés différents pour les drogues, comme pour beaucoup d'autres produits :

On boit parfois trop de café, on mange parfois trop de chocolat, on s'excite parfois un peu trop à un jeu de hasard... mais on ne devient pas nécessairement pas dépendant du café, ou obèse ou un joueur invétéré.

En matière de toxicomanie, on cite le mot d'assuétude.

Ce terme vient du latin ASSUETUDO et a un sens double, il signifie à la fois : "j'ai l'habitude de", et "je suis l'esclave de".

Ceci doit nous amener à élargir notre vision de ce que c'est que la toxicomanie : se droguer, c'est finalement une façon d'exister de se sentir "être" à ses yeux et aux yeux des autres, donc un cri de vie, dont on sait pertinemment qu'il peut mener à la mort parce qu'il sera impossible de maintenir le contrôle et que cette perte de contrôle est suicidaire.

 

 

2.2 Le tabagisme : une assuétude.

Ce qui va varier, d'une assuétude à une autre, ce sont les conséquences, au niveau de la santé et au niveau légal, selon l'objet de l'assuétude. Une toxicomanie à l'héroïne, dans nos sociétés est, bien entendu infiniment plus dommageable qu'une assuétude à l'alcool et qu'une dépendance au tabac. D'autant, relativement à cette dernière, nous allons le voir, que la nicotine n'entraîne pas de problèmes majeurs au niveau de l'état de conscience. Et c'est ce qui est primordial au niveau de la vie en société.

3. Définition des assuétudes vues par les scientifiques :

 

3.1 L'assuétude.

"L'assuétude est un comportement qu'on ne peut interrompre sans souffrance. "

 

Cela peut être un comportement utile, (s'occuper de son enfant), banal, (besoin de tout vérifier), pathologique, (jeu, consommation abusive de produits).

Et l'on définit ainsi une série de critères pour déterminer s'il y a, ou non dépendance à une substance : voir DSM IV.

3.2 Cycle des assuétudes.

4. Qu'en est-il de la nicotine ?

4.1 Origine et mode d'action biochimique.

Les feuilles séchées et fermentées de "Nicotiana tabacum", une plante de la familles des solanacées sont appelées "tabac". Ce dernier contient de 0,2 à 5 % de nicotine. Cette nicotine est le principe actif essentiel de cette plante. C'est une substance qui va agir au niveau des points de contacts (synapses) entre les nerfs responsables de la transmission nerveuse qui règle toute le fonctionnement inconscient de l'organisme. C'est à dire le rythme du coeur, la respiration, la digestion, la transpiration, le fonctionnement des intestins etc. Une réunion de plusieurs synapses est appelé un "ganglion", et la nicotine est une substance qui va inter-agir au niveau de ces ganglions. On dit que c'est un "ganglio plégique".

A faible dose, la nicotine va stimuler la propagation de l'influx nerveux au niveau des ganglions, avec toute une série d'effets que je décrirai plus loin.

A forte dose, l'effet de stimulation est remplacé par un effet de blocage total de l'influx nerveux : c'est ainsi que s'explique le danger mortel de l'ingestion d'une dose importante de nicotine : arrêt respiratoire, cardiaque brutal. La nicotine est un poison redoutable.

4.2 Effet de la nicotine sur l'organisme :

L'augmentation du risque cardio vasculaire est une conséquence de l'action chronique de la nicotine : maladies coronaires, (infarctus), altération périphérique (artérite des membres inférieurs). Augmentation des risques de thromboses par accroissement de l'agrégabilité plaquettaire favorisant la coagulation du sang.

A côté de l'action néfaste de la nicotine sur le système nerveux et de là sur le système cardio vasculaire, d'autres substances présentes dans le tabac - les goudrons - possèdent des propriétés cancérigènes. L'irritation provoquée par les fumées provoque des lésions au niveau des bronches - bronchite chronique et toux du fumeur - et cette irritation permanente est une cause importante du risque accru de cancer du poumon.

Des études statistiques ont établi une relation impressionnante qui existe entre le nombre de cigarettes fumées quotidiennement et l'augmentation du risque de mourir d'un cancer du poumon. D'un autre côté, ces mêmes études montrent que les risques d'infarctus tombe à un niveau proche des non-fumeurs dans un délai de cinq à dix ans après l'arrêt du tabac. De la même manière, les risques de cancer diminue également. DONC, RIEN N'EST PERDU !!!

 

5. L'arrêt de la consommation.

L'arrêt brutal n'entraîne pas de symptômes de sevrage physique très importants : en général, ils se limitent à une nervosité accrue, un manque de concentration, de symptômes dépressifs et une prise de poids.

Mais, la consommation de tabac obéit à un rituel stéréotypé, et le besoin irrésistible (appelé en anglais le "craving") est extrêmement important. Très nombreux sont les fumeurs qui souhaiteraient arrêter, mais moins de 20 % des personnes ayant arrêté sont encore abstinents après un an.

Il y a donc dans ce manque un aspect de dépendance à la nicotine, lequel est bien un facteur de rechute important, et ceci explique une certaine efficacité des gommes et des patchs à la nicotine. Mais à côté de cette dépendance physique, et comme on l'a dit au début de cet exposé, il y a dans la démarche de consommation une recherche morbide de plaisir. Il y a une pulsion inconsciente de s'affirmer par rapport au groupe, par le rituel de la consommation entre amis, par le plaisir du beau paquet, du briquet, etc. La publicité, omniprésente et insidieuse, qui fait appel aux instincts de virilité, de force, de séduction est également très importante dans cet aspect de dépendance psychologique.

Enfin, pourquoi le cacher, le goût de certaines cigarettes fumées à des moments privilégiés, l'apaisement qu'elles procurent, sont des plaisirs qu'il est difficile d'abandonner.

6. Les gommes et les patchs.

La nicotine est une substance provoquant, nous l'avons vu, une dépendance. C'est le manque à la nicotine qui est responsable des rechutes en début de traitement de sevrage. Incontestablement, la prise régulière de faibles doses de nicotine, sous forme de chewing gums, ou par pénétration cutanée au départ d'un patch, favorise le début d'une cure. Mais soyons clair, tout comme la méthadone met entre parenthèses le manque d'héroïne chez les toxicomanes à cette drogue, sans pour autant résoudre leur problème de dépendance psychologique, la nicotine en gommes ou en patchs ne résout que le problème de manque physique, somme toutes le plus facile à vaincre, puisqu'un arrêt de trois semaines suffit à le faire disparaître. Néanmoins, pour nombreux d'entre nous, trois semaines, c'est encore trop, c'est plus qu'il n'est possible de supporter. D'où, l'utilité de ces moyens.

En revanche, les cigarettes sans nicotine, donc sans tabac, ne me semblent en aucun cas une solution envisageable, dans la mesure où le problème de manque reste entier, et que toute la gestuelle, tout le rituel subsistent.

16 septembre 1997. Jean Paul Brohée.

Vers un avenir sans tabac


Comme la plupart des fumeurs commencent à fumer avant d'avoir 20 ans, le tabagisme est un problème de santé des adolescents qui a des conséquences à long terme. Les jeunes seraient peut-être moins portés à faire l'expérience du tabac et à continuer à l'utiliser s'ils étaient plus conscients non seulement des dangers immédiats du tabagisme pour leur santé, mais également de ses inconvénients lorsqu'il s'agit de leur attrait physique. Les dispensateurs de soins de santé pourront efficacement faire la promotion d'un changement de comportement à long terme chez les adolescents s'ils utilisent des interventions adaptées aux étapes du changement et s'ils concentrent leur attention sur les facteurs qui ont de l'importance pour les jeunes. 

 

GUIDER LES PATIENTS VERS UN AVENIR SANS TABAC.

Introduction

On s'accorde de façon générale pour reconnaître que la nicotine engendre la dépendance. Bien que beaucoup de gens mentionnent seulement l'élément biophysiologique de la dépendance, nous savons que les facteurs se rapportant au comportement, ainsi que les facteurs psychologiques, spirituels et sociaux, qui accompagnent habituellement la dépendance physique ont une signification très importante pour le traitement.

On peut utiliser de façon interchangeable les mots toxicomanie et dépendance. Les critères du diagnostic de la dépendance engendrée par une substance psychotrope sont décrits dans le Diagnostic and Statistical Manual - 4e édition (DSM IV) de l'American Psychiatric Association

D'une façon plus pratique, on peut caractériser de la façon suivante les critères du diagnostic de la dépendance à la nicotine :

  • une obsession par les produits du tabac ou une compulsion à les utiliser;
  • une perte ou une diminution du contrôle devant le tabagisme;
  • un usage continu en dépit des conséquences négatives;
  • un refus d'accorder de l'importance aux problèmes liés au tabagisme ou même d'admettre l'existence de ces problèmes.
En évaluant le degré de dépendance d'un fumeur, vous pouvez chercher à voir si ces caractéristiques se manifestent. La plupart des fumeurs décrivent clairement une obsession ou un désir intense de tabac qui, avec les symptômes de sevrage qui suivent souvent le renoncement, est une indication de compulsion. La perte de contrôle devant le tabagisme signifie que le fumeur utilise plus de tabac qu'il ou elle ne l'avait prévu. Nous pouvons aussi utiliser à titre d'indication d'une dépendance plus forte le degré de difficulté du renoncement et la quantité de tabac consommée. Si vous demandez aux fumeurs comment leur tabagisme les affecte, vous pourrez constater une volonté de continuer à fumer malgré l'existence de graves problèmes pour leur santé, ainsi qu'une tendance à refuser de reconnaître ces dangers.

La dépendance
La dépendance à la nicotine signifie que le fumeur entretient une puissante relation avec le tabac, qui comprend habituellement des dimensions physiques, psychologiques, sociales et mêmes spirituelles, avec une perte considérable de contrôle sur son comportement. Simplement penser à modifier cette relation exige déjà une évolution très importante de nombreux aspects de la vie d'une personne. Cela signifie souvent renoncer à un élément important de l'identité du fumeur.

De nombreux fumeurs fument depuis des années et la plupart commencent dès le début de leur adolescence. Cela signifie que le tabagisme fait partie du processus de croissance et de maturation de nombreux jeunes et devient pour eux un moyen efficace de s'adapter à de nombreux aspects de leurs vies, en dépit des conséquences négatives connues. La nicotine est une drogue puissante qui atteint le cerveau sept secondes après son absorption. Les effets de cette drogue finissent par être associés à de nombreux aspects de la vie et aident à mieux équilibrer les émotions positives aussi bien que négatives. La nicotine peut en même temps calmer le fumeur et lui donner de l'énergie, et peut même accroître sa capacité de concentrer son attention sur une tâche. Si chacune des cigarettes consommées fournit environ 10 bouffées de nicotine, un fumeur qui en consomme un emballage par jour reçoit de 200 à 250 doses directes par jour. Chaque dose renforce la dépendance et de cette façon le conditionnement et la dépendance peuvent se développer assez rapidement.

La guérison de la dépendance devant le tabac


À mesure qu'un patient étudie la possibilité de renoncer au tabagisme et entreprend le processus de guérison, il est utile de tenir compte des caractéristiques de la dépendance chez chaque personne et d'aider le patient à trouver des moyens de s'occuper de tous les aspects de sa dépendance, qu'ils soient biophysiques, psychologiques et émotifs, sociaux et même spirituels.

Le renoncement à long terme peut dépendre de la capacité de chaque patient d'examiner toutes les facettes de sa relation avec le tabac. On peut examiner chacun des quatre facteurs de la dépendance afin de déterminer l'importance de chacun d'entre eux pour ce patient. C'est très important à toutes les étapes de la modification du comportement et pourrait être particulièrement nécessaire pour discuter les moyens de réduire les risques de rechute.

La guérison biophysiologique


La thérapie de remplacement de la nicotine (TRN), ex. polacrilex de nicotine ou systèmes de nicotine transdermique) peut aider les fumeurs à surmonter l'aspect biophysiologique de leur dépendance. Une étude récente des essais d'efficacité de la thérapie de remplacement de la nicotine au moyen de timbres a conclu que cette thérapie double les taux de renoncement, quel que soit le traitement de base particulier
. En d'autres mots, les effets des simples conseils d'un médecin sont multipliés par deux grâce à l'utilisation de la TRN, et les taux de renoncement chez les fumeurs participant aux séances de thérapie de groupe les plus efficaces pour la modification du comportement sont également multipliés par deux si on y ajoute la TRN. L'exercice, la nutrition, la méditation et la détente sont également utiles pour surmonter cet aspect de la dépendance.

Comprendre les facteurs psychologiques : Les facteurs mentaux (la pensée) et émotifs (les sentiments).
Les aspects psychologiques et émotifs de la dépendance à la nicotine sont peut-être les facteurs les plus complexes et les plus difficiles à surmonter. Chez les fumeurs dépendants, la nicotine a «un effet médicamenteux» sur les émotions et est souvent utilisée comme une «pause» permettant d'éloigner les pensées. Cela signifie que le tabagisme calme les émotions et diminue l'intensité des sentiments de crainte, de colère, d'anxiété, de culpabilité, de solitude. Les fumeurs allument même une cigarette pour accompagner leurs émotions positives, par exemple en célébrant quelque chose.

Si on pense aux défis émotifs de l'adolescence et si on observe que la plupart des fumeurs font l'expérience du tabagisme pendant cette période de leur vie, on peut commencer à comprendre jusqu'à quel point la nicotine a des racines dans les habiletés de survie et d'adaptation d'une personne.

La guérison psychologique


Parfois, les fumeurs ne se rendent pas compte qu'ils utilisent le tabac pour améliorer leurs états d'âme et leurs sentiments. Il est donc important d'aider simplement les patients à s'écouter eux-mêmes et à reconnaître les émotions qu'ils auront à surmonter lorsqu'ils commenceront à vivre sans tabac.

Ces réalisations pourront se manifester au moment de discussions avec d'autres fumeurs en voie de renoncer, et les patients pourront commencer à comprendre comment leurs idées sur le tabac ont été déformées. Pour les gens qui aiment écrire, la rédaction d'un journal intime pourra leur fournir des points de vue intéressants.

Comprendre les facteurs spirituels
La dimension spirituelle du tabagisme est difficile à aborder. Mais il le faut. Cet aspect de l'usage du tabac est intensément personnel et lié à l'identité des fumeurs, à leur façon de se concevoir eux-mêmes, à leurs valeurs et à leurs liens avec les autres. L'influence du tabac sur ces aspects d'une personne n'est pas toujours évidente, et elle est difficile à étudier au moyen des méthodes scientifiques traditionnelles. Mais nous savons, parce que nous avons écouté les fumeurs s'exprimer, que cette dimension du tabagisme, ainsi que son influence sur le renoncement, ont de l'importance. Il est donc important de soulever cette question et d'écouter le fumeur.

La guérison spirituelle


Comment pouvons-nous aider les fumeurs à s'occuper de cet aspect de leur dépendance? Votre rôle peut simplement être d'encourager les patients à penser à cet aspect du tabagisme en même temps qu'aux autres éléments de leur relation de dépendance. L'expérience acquise en luttant contre les autres toxicomanies suggère qu'il est possible de se pencher sur cet aspect au moyen d'une réflexion personnelle et de lectures, mais qu'il faut souvent des contacts avec d'autres personnes qui sont disposées à discuter ces questions. Encouragez les fumeurs à examiner leurs objectifs de vie et à considérer et à discuter la signification du tabagisme dans leurs vies. Certains fumeurs trouvent utile de parler avec d'anciens fumeurs ou avec d'autres fumeurs qui essaient de renoncer. En fin de compte, l'objectif dans ce domaine est d'aider les patients à se créer une image personnelle de non-fumeurs. Ils ont besoin d'être encouragés à trouver d'autres choses dans leurs vies qui leur permettent de trouver une signification personnelle et un réconfort. De plus, les patients ont besoin de comprendre leurs liens avec les autres, «ce que cela signifie pour eux d'être en vie et combien ils se sentent en rapport avec quelque chose d'autre». Cela amène les gens à établir s'ils croient à quelque chose qui se trouve au coeur de l'existence et dont ils peuvent tirer de la force.

Comprendre les facteurs sociaux


L'aspect social du tabagisme est également important, et c'est souvent cet aspect du tabagisme qui attire les jeunes et incite les fumeurs dépendants à continuer. La plupart des fumeurs fréquentent d'autres fumeurs et participent à des activités sociales qui comportent ou encouragent l'usage du tabac. Fumer ensemble est un symbole d'appartenance et cette relation symbolique a commencé très tôt dans la vie d'un fumeur. Se passer de cigarettes signifie trouver de nouvelles activités et parfois même de nouveaux amis. Rompre cet aspect de la dépendance peut être très difficile. Le succès dépendra de la capacité du fumeur de trouver la motivation de persévérer tout en essayant de vivre sans cigarettes dans les cercles sociaux habituels qui étaient auparavant associés à l'acte de fumer.

La guérison sociale


À mesure que les fumeurs commencent à vivre comme des non-fumeurs, ils auront probablement besoin de construire de nouveaux réseaux sociaux en même temps qu'ils modifieront leurs activités sociales. Le milieu social est plein de stimulants au tabagisme auxquels il est difficile de résister. Par conséquent, les patients auront besoin de trouver de nouvelles façons de réagir devant les stimulants, en même temps qu'ils chercheront des moyens de les éviter.

Conclusion


Les dispensateurs de soins de santé peuvent aider les fumeurs à comprendre leur dépendance devant le tabac et à s'en libérer en les aidant à trouver des moyens d'aborder chacun des éléments de leur toxicomanie. Il est également utile d'étudier l'usage d'autres substances, particulièrement de l'alcool, en même temps que la dépendance à la nicotine. Les rechutes, lorsqu'il s'agit du tabac, sont souvent associées à l'usage de l'alcool et des autres drogues à usage récréatif.

 

 

La nicotine


Pharmacologie : Pharmacocinétique : La nicotine est le principal alcaloïde du tabac. Environ 1,5 % du tabac se compose de nicotine. Quand on fume une cigarette, 15 % de la nicotine pénètre la circulation pulmonaire et traverse rapidement la barrière hémato-encéphalique. Elle pénètre le cerveau sept secondes après son inhalation (plus rapidement que si elle était administrée par voie intraveineuse). La nicotine atteint le cerveau plus lentement lorsqu'elle est administrée par pulvérisation nasale (10 minutes avant d'atteindre le maximum de concentration), sous forme de polacrilex (la gomme) (de 20 à 30 minutes jusqu'à une concentration maximale) ou par le timbre (de 2 à 6 heures pour atteindre une concentration maximale). La capacité de la nicotine d'engendrer une dépendance varie selon le mode d'administration, c'est-à-dire le temps nécessaire pour atteindre le maximum de concentration. Un élément clef pour comprendre le tabagisme est la courbe de 24 heures de la nicotine, qui commence habituellement chaque matin à près de zéro et atteint plus tard un plateau de 20 à 50 ngm (mesure veineuse) avant de redescendre à un minimum pour commencer la journée suivante. Les mesures artérielles effectuées pendant qu'une personne fume enregistrent des pointes étroites et intenses de nicotine réparties sur une échelle de 150 à 300 ngm. La nicotine se lie aux récepteurs d'acetylcholine dans les récepteurs ganglions autonomes, particulièrement le locus coeruleus du cerveau, qui est associé à la concentration et à la gestion du stress. Avec des doses plus élevées, il semble affecter le système mésolimbique dopaminergique, faisant naître le plaisir, la satisfaction et la détente. Ainsi, les fumeurs jouissent des effets biphasiques de la stimulation et de la sédation. Le système nerveux central indique des changements à l'électroencéphalogramme qui suivent l'administration de la nicotine et le sevrage de la nicotine. Les fumeurs indiquent que leur tabagisme leur procure un certain nombre d'effets positifs tels que une meilleure concentration ; la capacité de supporter l'anxiété, la tension et la colère et d'éviter les symptômes de sevrage, avec en plus un certain plaisir. Par contre, le syndrome de sevrage de la nicotine fait naître une anxiété incontrôlable, des difficultés de concentration, de l'irritabilité, des envies irrésistibles de fumer, des troubles du sommeil et d'autres symptômes du système nerveux central.

Références :

  1. American Psychiatric Association. Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. 4e édition. Washington, DC. American Psychiatric Association. 1994
  2. Hajela, R., "Health Behaviour and Disease: A Biopsychosocial Spiritual Perspective." Dans Rosenburg, M. (sous la direction de): Health and Behaviour 1994. Queen's University. Septembre 1994.
  3. Bass, F. "Nicotine Fact Sheet." Addiction Medicine Program, Addiction Medicine and Intercollegial Responsibility, University of British Columbia; Vancouver, le 19 avril 1993.
  4. Fiori, M.C., M. Ph., Smith, S.S., D. Ph., Jorenby, D.E., D. Ph., Baker, T.B., D. Ph. "The Effectiveness of the Nicotine Patch for Smoking Cessation: A Meta Analysis." Journal of the American Medical Association, 22-29 juin 1994. 271(24).
  5. Henningfield, J.E., "Nicotine Medications for Smoking Cessation", New England Journal of Medicine. 333(18):1196-1203.

 

 

Guider vos patients vers un avenir sans tabac

170 Laurier Avenue West / avenue Laurier ouest - Suite / pièce 1000 Ottawa, Ontario / (Ontario), Canada K1P 5V5 Facsimile / Télécopieur : (613) 567-2730

Un programme du Conseil canadien sur le tabagisme et la santé, appuyé par le Collège des médecins de famille du Canada, l'Association médicale canadienne, la Fondation des maladies du coeur du Canada, L'Association pulmonaire et recommandé par la Société canadienne du cancer.

Le financement de ce projet a été rendu possible par le Programme de lutte contre le tabagisme chez les femmes par l'entremise de la Stratégie de réduction de la demande de tabac, Santé Canada, et grâce à une généreuse subvention d'éducation de Hoechst Marion Roussel.

Les opinions et les points de vue exprimés dans le programme Guider vos patients vers un avenir sans tabac ne sont pas nécessairement ceux de Santé Canada. 1996


 

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