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Le Pharmacien : un
acteur de prevention decisif

Un client difficile pour le pharmacien : l'usager de drogue
Le pharmacien est confronté chaque jour à des clients qu'il
sait toxicomanes : demande de produits codéiniques, d'antalgiques,
d'anxiolytiques, présentation de fausses ordonnances... Le pharmacien est en
première ligne des conséquences de ce phénomène de société grandissant
qu'est la polytoxicomanie. Le plus souvent il connaît cette clientèle et il
sait la reconnaître.
La relation avec l'usager de drogues n'est pas toujours facile : elle complique
parfois la gestion de l'espace-pharmacie et sa fréquentation.
Il s'agit là d'une relation commerciale peu ordinaire ; mais cette relation
passe obligatoirement par le pharmacien : à juste titre, en effet, c'est lui et
lui seul qui peut assurer cette mission de délivrance de produits
pharmaceutiques.
Les pratiques à risque des usagers de drogues intraveineuses
Avec la vente des seringues aux toxicomanes, le rôle du
pharmacien est déterminant dans la prévention de la propagation de l'épidémie
du Sida.
En effet, les pratiques intraveineuses des usagers de drogues comportent des
risques multiples de contamination par le VIH : si la seringue est devenue un
objet plus accessible et plus personnel depuis sa vente libre en 1987, le prêt
et l'emprunt de seringues n'a pas disparu ; une seringue est réutilisée en
moyenne trois fois, sa désinfection est rare, alors que les virus peuvent
rester vivants une semaine dans l'aiguille d'une seringue à insuline ; le
risque estimé de contamination par une seringue souillée entre toxicomanes est
bien supérieur au risque de contamination entre partenaires sexuels ; le
liquide de dilution de la drogue, le filtre, le récipient destiné à la
dilution avant l'injection, le récipient destiné au rinçage après
l'injection sont fréquemment partagés à plusieurs.
De sorte qu'aujourd'hui entre 15 et 20 % des clients utilisateurs de drogues intraveineuses sont porteurs du virus VIH, et plus de 60 %, sont porteurs des virus des hépatites B et C. Depuis le début de l'épidémie plus de 40 000 toxicomanes ont été touchés en France par le virus du Sida. Sans compter leurs partenaires sexuels, souvent contaminé(e)s sans le savoir, et les enfants séropositifs de mère toxicomane.
Les usagers de drogues ont une vie sexuelle active pour 80 %
d'entre eux ; que ce soit par un rapport sexuel non protégé ou par la seringue
souillée, le risque pour un usager de drogues et son partenaire sexuel d'être
contaminé par le virus du Sida est 2000 fois supérieur à celui de la
population générale, alors que l'utilisation du préservatif est comparable
dans les deux groupes.
Le partenaire sexuel occasionnel ou habituel d'un toxicomane n'étant pas sensé
connaître le statut sérologique de celui-ci, le groupe des toxicomanes est en
passe de devenir le premier vecteur de contamination hétérosexuelle du VIH
dans notre pays.
Les
pharmaciens, acteurs de premiere ligne pour la prevention du Sida
La vente des préservatifs fait déjà de l'officine un des
lieux privilégiés où s'opère la prévention du Sida.
Les utilisateurs de drogues intraveineuses fréquentent rarement les services de
soins. Par contre ils fréquentent tous les officines pharmaceutiques.
Ils n'ont comme moyen d'information concernant les pratiques intraveineuses que
ceux qui leur sont transmis par d'autres utilisateurs ; ces sources
d'information contiennent des idées fausses, liées au caractère illicite de
la pratique intraveineuse. Ce sont ces sources d'information erronées qui
constituent le facteur d'extension du Sida avec la faible utilisation du préservatif.
Pour le toxicomane, la première injection est presque toujours
précédée, comme les suivantes, par l'achat d'une seringue en pharmacie. C'est
ce passage obligé par l'officine qui peut être l'occasion d'une information.
Dans les pays où les pharmacies ont été des acteurs de prévention lors de
l'achat de la seringue (Australie, Pays basque espagnol), les comportements des
usagers de drogues se sont modifiés de façon significative.
Ceux qui ont pris des mesures dès 1984 (Grande-Bretagne) ont des taux de séropositivité
inférieurs à 20 %.
L'accessibilité à du matériel stérile peut être renforcée, des mesures d'hygiène explicites peuvent être données.
Conseiller de santé, le pharmacien peut, lors de la vente
des seringues au toxicomane, jouer un rôle décisif
dans la prévention de la propagation de l'épidémie du Sida
Offrir un emballage qui contienne des conseils d'utilisation
sous forme d'un mode d'emploi, tel est l'esprit dans lequel a été conçu Stéribox.
Stéribox permet de réaliser une action de prévention sans avoir à engager un
dialogue, souvent difficile, avec l'utilisateur.
Stéribox est diffusé depuis plusieurs années par les officines dans toute la
France. Il permet aux pharmaciens de mener une action de santé publique en préservant
une relation commerciale ordinaire, discrète, anonyme, respectant le climat de
confiance que la clientèle habituelle des officines attend d'un tel espace de
santé. Il a amélioré sensiblement la relation avec la clientèle toxicomane.
Les usagers de drogues ont adopté le Stéribox là où il a été diffusé :
l'impact des mesures de prévention préconisées a été mesuré par les chercheurs
: les comportements ont évolué de façon positive, et un recours accru au système
de soins a été noté.





