Retour à L'approche ethnographique (Pr Verbeeck - UMH).
Autres théorisations des assuétudes:
Stanton Peele
Théorie socio-psycho-pharmacologique de la dépendance
1. Relation entre un produit donné et la dépendance.
Les recherches visant à synthétiser un analgésiant non addictif (actif sur les douleurs physiques et/ou psychiques) n'ont jamais abouti.
Conclusion : tout psychotrope capable de remplir un rôle d'analgésiant peut entraîner une dépendance.
2. Pourquoi certains deviennent-ils dépendants et d'autres pas ?
(Importance de la capacité de la personne à tenir son rôle).
Certains réagissent positivement à l'effet de sédation car cela les éloigne temporairement des stress de la vie. D'autres veulent au contraire conserver toute leur lucidité pour se prendre en main.
Des stress identiques ne seront pas perçus de la même manière selon les individus.
L'intoxication augmente la culpabilité, fait diminuer l'estime de soi : facteurs intervenant dans la motivation à prolonger l'expérience.
Le manque apparaît quand l'expérience est devenue la source majeure de gratification de l'individu. Ôter la drogue, c'est retirer la seule raison, la seule façon d'être. La modalité d'être ne se traduisant plus qu'à travers la consommation.
3. Pourquoi des dépendances installées disparaissent-elles parfois ? (Importance du "setting")
Un patient hospitalisé recevant des drogues morphiniques à fortes doses s'appuie sur cette consommation tant qu'il est à l'hôpital; mais quand il en est sorti et qu'il se réengage dans ses activités, l'expérience de la drogue perd son utilité.
Même observation pour les soldats au Vietnam dont 91 % de ceux qui présentaient des signes d'addiction cessaient toute consommation lors de leur retour aux Etats-Unis.
4.Intervention des conditions personnelles et extérieures dans la capacité addictive dose- dépendante d'un psychotrope.
On trouvera des personnes naturellement plus attirées par les drogues sédatives et d'autres par des stimulants.
Mais dans un cas comme dans l'autre, il n'existe pas de différence entre le manque d'un type de substance et de l'autre.
5. L'impact culturel
La consommation d'alcool dans une société où une place importante est accordée au pouvoir et où l'accès à ce pouvoir est rendu difficile est liée à des fantasmes de domination des autres, de violence et autres actes agressifs.
Dans une culture rurale méditerranéenne, l'alcool sert à augmenter la convivialité. Sa signification sociale est autre, ainsi que les processus de pensée et les sentiments liés à son usage.
6. Populations spéciales et usages contrôlés.
Les médecins, par leur statut social et les responsabilités propres à leur profession constituent un exemple d'usage contrôlé de morphiniques.
On retrouve des usages contrôlés dans toutes les classes sociales. Il n'existe pas de facteurs démographiques particuliers liés à l'activité professionnelle, au statut social ou économique pour caractériser ces personnes. Elles n'ont en commun qu'une capacité de soumettre leurs consommations aux autres aspects d'une vie productive : sens des responsabilités, entourage de non-consommateurs ou de consommateurs modérés, images positives de personnes-modèles ou de la famille.