Le rôle
spécifique des pharmaciens au sein du réseau
Le traitement de substitution à la méthadone
Évolution
des pratiques de dispensation de la méthadone en officine.
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Les techniques de sevrage PHYSIQUE aux OPIACES.
1. Traitements de substitution.
Différents produits peuvent être utilisés pour aider au sevrage des opiacés en modifiant l'expression des signes d'abstinence. Quatre produits seront envisagés. Trois analgésiques morphiniques synthétiques dont le mode d'action s'apparente à celui de la morphine : la méthadone, la benzitramide et la buprénorphine et une autre substance qui n'est pas de substitution car elle n'agit pas sur les récepteurs opioïdes : la clonidine (catapressan).
1.1. La méthadone (voir aussi: Les traitements de substitution à la méthadone (vision "pharmaceutique))
La méthadone est principalement un agoniste des récepteurs µ. Ses propriétés pharmacologiques sont qualitativement semblables à celles de la morphine. Elle se différencie cependant par sa longue durée d'action (4-6 heures après une première dose unique mais plus de 24 heures après administration répétée car le produit s'accumule dans l'organisme) et son efficacité par voie orale (apparition de l'effet après 30 minutes). L'administration orale évite l'effet "flash" résultant d'une absorption trop rapide comme c'est le cas lors de l'administration intraveineuse de morphine ou d'héroïne. De la tolérance se développe pour de nombreux effets de la méthadone, mais plus lentement que pour la morphine. De la dépendance physique peut également être mise en évidence. Ainsi, le syndrome d'abstinence induit par des agents à longue durée d'action comme la méthadone est généralement moins sévère mais plus prolongé que celui induit par des agents à durée d'action courte comme la morphine ou l'héroïne.
La méthadone n'empêche pas d'éprouver les effets de l'alcool, de la cocaïne (voir note ci-dessous) ou d'autres dérivés non opioïdes et l'abus de ces produits est un problème pour certains patients.
Note : la méthadone ne constitue donc pas le produit de substitution universel. Or, on constate que son usage est fort prisé par des consommateurs de crack, ce qui pourrait paraître paradoxal Usage que l'on serait tenté de réprimer. En fait, cet usage se justifierait par l'effet de "ralentissement de la descente", ce symptôme désagréable qu'éprouvent les consommateurs de cocaïne et autres psychostimulants. On relève en outre de nombreux utilisateurs poly toxicomanes qui alternent usage d'héroïne et de cocaïne.
Le concept de maintenance à la méthadone a fortement évolué depuis dix ans. Au départ, la prescription de la méthadone était subordonnée à l'obligation totale à l'abstinence des drogues illicites. Des contrôles urinaires étaient pratiqués parfois systématiquement et un résultat positif pouvait entraîner l'exclusion du traitement. De plus, un schéma de décroissance de la dose était presque toujours de règle avec, comme finalité, le sevrage total. Actuellement, sans pour autant laisser le place au laxisme, l'attitude des thérapeutes est beaucoup plus souple et tient compte de chaque cas individuel. Ce n'est plus l'application stricte d'un schéma thérapeutique rigide qui prévaut, mais l'intérêt de la personne en demande d'aide. La durée des traitement, la dose prescrite ne sont plus définis. Enfin, ni l'abstinence totale aux produits illicites ni le sevrage complet ne sont envisagés d'emblée. Même, bien entendu si dans l'esprit de chaque intervenant, le but final est l'épanouissement des patients dans notre société et l'abandon de consommations abusives de psychotropes licites ou illicites. La prescription de manière chronique et prolongée de doses très élevées, (au dessus de 100 mg/24 heures) n'a probablement pas de justification dans une visée exclusivement substitutive. Mais c'est caricaturer un type d'approche thérapeutique qu'assimiler ces prescriptions à une forme de laisser-aller ou de négligence de la part du prescripteur. Il est un certain nombre de patients auxquels l'apport de doses très élevées de méthadone se justifie. Cette manière d'agir ressort plus d'une forme de pourvoyance légalisée de drogues que d'une substitution. Il ne saurait ici être question de sevrage ni de projet de sevrage. Le maintien de la relation thérapeutique, et l'utilisation du psychotrope en tant que médicament d'une certaine pathologie mentale justifient cette pratique. Pour certains, la prescription de l'héroïne elle-même, si elle était possible, serait peut être plus adéquate. La méthadone est le produit de substitution de référence à l'héroïne.
1.2. La benzitramide (Burgodin).
En Belgique, ce produit a été retiré du marché. En tant que substitut de l'héroïne, sa durée d'action plus courte que la méthadone en faisait un produit moins intéressant que la méthadone. Il présentait cependant l'avantage de provoquer une moins grande dépendance physique que la méthadone. J'ai donc eu l'occasion de le délivrer à des patients qui après sevrage avaient repris une consommation d'héroïne, le regrettaient et désiraient pouvoir arrêter assez rapidement sans pour autant recommencer un sevrage en milieu hospitalier. A cet égard, le Burgodin (r) pouvait être une alternative à la méthadone. Sans en avoir l'expérience, je suppose que la buprénorphine (Temgesic) pourrait jouer le même rôle.
Comme la méthadone : analgésique actif par voie orale . Il est peu soluble dans l'eau, ce qui rend sa préparation sous forme de sirop difficile. En revanche le produit ne peut être injecté.
1.3. La buprénorphine (Temgesic et Subutex).
Dérivé semi synthétique de la morphine, la buprénorphine peut être une alternative intéressante à la méthadone dans les programmes de maintenance aux opioïdes. Il s'agit d'un opioïde semi-synthétique, très lipophile, dérivé de la thébaïne (un autre des alcaloïdes naturels de l'opium) et de structure proche de celle de la morphine. Il est 25 à 50 fois plus puissant que la morphine et peut être utilisé par voie intramusculaire ou sublinguale. La buprénorphine est un agoniste partiel des récepteurs µ et un antagoniste des récepteurs kappa. Elle se dissocie lentement des récepteurs opioïdes. Un agoniste partiel est une substance qui, à concentration maximale effective entraînera un effet dont l'amplitude sera inférieure à celle produite par un agoniste total, comme la morphine. En outre, l'association de substances agonistes-antagonistes avec des agonistes purs peut provoquer des syndromes de sevrage et est donc contre indiquée. La buprénorphine exerce donc des effets pharmacologiques qualitativement semblables à ceux de la morphine mais limités dans leur intensité. De l'analgésie, de la dépression respiratoire et des effets subjectifs de type morphiniques seront observés à faible dose, mais une augmentation des doses n'entraînera pas une dépression respiratoire parallèlement plus importante quoique variable, le durée de l'analgésie est généralement plus longue qu'avec la morphine. Un agoniste partiel peut également agir comme antagoniste car sa fixation au récepteur (qui entraîne donc une réponse sous-maximale) empêche la fixation d'un agoniste complet. Selon les doses utilisées, la buprénorphine peut induire des signes d'abstinence chez des patients traités chroniquement par la morphine. L’inconvénient réside dans sa trop courte durée d'action, nécessitant quatre prises par jour. Cela compromet la bonne compliance au traitement et rend difficile la prise quotidienne du produit en présence du pharmacien ou de la personne chargée d'administrer le produit de substitution. Or, cet aspect des traitements de substitution a une grande importance.
En France, cette substance est commercialisée dans un but de substitution à l'héroïne sous le nom de "Subutex (r)". Elle est largement prescrite parce qu'elle est accessible à tout médecin généraliste sans restriction, contrairement à la méthadone qui doit d'abord faire l'objet d'une prescription par un médecin attaché à un centre agréé et après que le dossier du patient ait été accepté. A Paris, ( novembre 1999) , vu la raréfaction et la mauvaise qualité de l'héroïne disponible, il semblerait que les comprimés de Subutex soient largement détournés de leur usage et fassent l'objet, du moins à Paris, d'un trafic et d'un "commerce noir" importants. Un médecin me disait que de nombreux usagers l'utilisent en injection, ce qui provoque des dégâts très importants au niveau des veines (lésions, abcès, gangrènes, etc...).
1.4. La Naltrexone (Nalorex)
La naltrexone est un antagoniste des opiacés. Elle agit par compétition stéréospécifique avec la morphine et les opiacés sur les récepteurs localisés principalement dans le système nerveux central et périphérique .e produit est hydroxylé dans le foie essentiellement en 6 béta-naltrexol. Le 6 béta-naltrexol présente une activité pharmacologique proche de celle de la naltrexone. La demi-vie plasmatique est de 4 heures environ pour la naltrexone, et de 12 heures pour le 6 béta-naltrexol. Une dose orale de cinquante milligrammes de naltrexone a une action préventive et antagoniste de l'ordre de vingt quatre heures. La dose initiale administrée est de vingt cinq milligrammes (un demi-comprimé) . Si aucun syndrome de sevrage n'est observé, le patient peut recevoir une nouvelle dose de vingt cinq milligrammes. La dose d'entretien de naltrexone est de cinquante milligrammes par jour (un comprimé) . L'administration tri-hebdomadaire peut être envisagée, soit par exemple cent milligrammes le lundi, cent milligrammes le mercredi et cent cinquante milligrammes le vendredi. Une période initiale de trois mois est conseillée. Elle peut être prolongée en fonction de l'appréciation clinique. Compte tenu de l'état de dépendance psychique du toxicomane, il est conseillé de prolonger le traitement par naltrexone aussi longtemps que le patient en éprouvera le besoin.
Posologie : une prise par jour pendant au moins six mois à n'importe quel moment de la journée.
Contre-indications :
Précaution d'emploi : chez l'insuffisant rénal et hépatique, une surveillance particulière doit être exercée.
Effets indésirables :
Remarque : chez les toxicomanes, un certain nombre de troubles sont d'observation courante, pour lesquels il n'est pas facile d'apprécier la responsabilité exacte du traitement.
Incidence > 10 % :
Incidence < 10 % :
Une surveillance périodique des fonctions hépatiques est nécessaire car elles sont souvent altérées chez les toxicomanes, et certaines modifications des tests hépatiques ont été rapportées : suspendre le nalorex si les transaminases sont trois fois supérieures aux transaminases de départ.
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1.5. La clonidine (Catapressan).
La clonidine n'est pas un dérivé de la morphine mais un agoniste des récepteurs adrénergiques type alpha-2 Elle est habituellement utilisée pour traiter l'hypertension par son action alpha2 adrénergique. Cependant, tout comme la morphine, elle exerce un effet inhibiteur sur les neurones noradrénergiques centraux du locus coeruleus qui est la principale structure impliquée dans le syndrome de sevrage. La morphine et la clonidine agissent au niveau de ces neurones sur des récepteurs différents, mais dont l'excitation entraîne la libération du même médiateur (second messager). L'administration de clonidine supprimera donc l'hyperactivité de ces neurones au même titre que la morphine. Une partie du problème lié au manque se trouvera donc réglé. Les autres symptômes sont combattus à l'aide d'autres médicaments administrés en même temps. (Voir schéma ci-joint) : antispasmodiques, calmants n'entraînant pas d'assuétude : gouttes de théralène, antidépresseurs, neuroleptiques etc., plus un produit destiné à lutter contre la sévère hypotension provoquée par la clonidine.
Ce type de traitement qui peut se pratiquer en milieu médical ou à domicile, mais sous surveillance, est destiné au sevrage physique des opiacés avec, à son issue au bout de quelques jours (5 à 6), le projet d'une abstinence totale et d'une "'post cure'" psychothérapeutique.
2. UROD. (Ultra Rapid Opiacee Detoxification).
On a beaucoup entendu parler depuis les années 1997 - 1998 d'une technique de sevrage ultra rapide en 24 heures. D'aucuns l'ont présentée comme une cure miracle qui allait reléguer aux oubliettes toutes les approches antérieures. Surtout, elle allait rendre à la médecine et à la pharmacologie leur toute puissance thérapeutique face aux approches multidisciplinaires.
Il n'en est rien.
On l'a bien vu dans les articles traitant de la pharmacologie des drogues et de la biologie des assuétudes : la dépendance physique aux opiacés n'est pas irréversible. Les phénomènes d'accoutumance et de tolérance sont réversibles. Les phénomènes de sensibilisation ou de tolérance inverse observés pour les stimulants et l'alcool ne sont pas décrits dans les dépendances aux opiacés. En revanche, un sevrage physique n'est d'aucune utilité s'il n'est accompagné d'une prise en charge de la personne dans sa globalité psychique et sans la volonté de la personne de modifier son comportement. Il convient donc de ramener la méthode à ce qu'elle est : une technique médicale de sevrage physique rapide aux opiacés.
Principe de la méthode.
Le processus se déroule en deux étapes. En premier lieu, le sujet est placé sous anesthésie générale et soumis à des injections répétées d'antagonistes morphiniques. L'anesthésie est maintenue durant plusieurs heures, en fait tant que des symptômes de sevrage sont constatés lors des injections d'antagonistes. Le sujet étant maintenu inconscient durant toute la période nécessaire au sevrage, et grâce à sa brièveté, on évite ainsi l'important pourcentage d'abandons constaté lors des cures classiques. Après le sevrage proprement dit, la deuxième étape consiste en la mise en place d'un suivi psychologique et à une aide médicamenteuse au maintien de l'abstinence. Cette dernière étant, dans cette optique de sevrage, tout à fait indispensable. Le patient est alors invité à prendre quotidiennement une dose de "naltrexone"durant toute la période de suivi psychologique et de "reconstruction mentale". La naltrexone commercialisée en France sous le nom de Nalorex est un antagoniste total aux opiacés, elle est active par voie buccale et possède une longue durée d'action. (voir plus haut et Nalorex) . Le Nalorex n'est pas encore enregistré en Belgique mais les pharmaciens belges peuvent l'importer de France. Le coût thérapeutique journalier de cette thérapeutique médicamenteuse est d'environ 60 -BF. Cette méthode peut être appliquée aussi bien pour des personnes dépendantes de l'héroïne que pour celles qui souhaitent être sevrées rapidement de la méthadone. Au sujet des résultats de cette méthode, lors d'un interview paru dans le quotidien "La Libre Belgique" en décembre 1998, le Pr Pelc, chef de service du département de psychiatrie de l'hôpital universitaire Brugmann", répondait : la stabilité des usagers de drogues s'apprécie non pas à très court terme mais après de nombreux mois pendant lesquels il est impératif qu'ils bénéficient d'un environnement psychosocial de grande qualité". Le coût de ce traitement est équivalent à celui d'un sevrage normal en milieu hospitalier. On parle de 30 à 35.000 francs belges. Il faut donc considérer cette méthode comme une technique de sevrage physique. Elle ne remet en question ni ne remplace les autres approches comme les traitements de substitution à la méthadone, les post cures résidentielles, etc.
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à "aspect pharmacologique de l'alcoolisme et autres assuétudes
Texte de la documentation remise par l'Institut de psychiatrie et de psychologie médicale CHU Brugmann.
Information concernant la technique de sevrage ultra - rapide sous anesthésie UROD
A qui s'adresse cette technique?
Aux patients dépendants aux opiacés qui suivent un traitement de substitution et souhaitent arrêter définitivement leur consommation.
Qu'est-ce que cette nouvelle technique ?
Elle consiste en l'administration d'un antagoniste spécifique aux opiacés, sous anesthésie générale de six heures. Cette méthode semble avoir pour avantage de limiter la longueur et l'intensité du syndrome de manque.
Précisons que cette technique n'a un sens que dans la mesure où elle s'inscrit dans une prise en charge cohérente du patient à long terme. En particulier, nous proposons systématiquement aux patients désintoxiqués par cette technique de prendre quotidiennement, par voie orale, de la naltrexone, substance qui inhibe les effets induits par toute prise ultérieure d'opiacés. La naltrexone n'induit pas de dépendance. A ce titre, nous proposons un traitement, sous naltrexone, d'une durée d'au moins six mois (avec contrôle hépatique (foie) périodique).
Quelles contre-indications ?
Informations pratiques :
Si votre mutuelle est en ordre, l'INAMI prendra en charge la plus grande part des frais d'hospitalisation. Une provision ordinaire vous est demandée : elle couvre le forfait habituel d'une journée d'entretien.
L'hospitalisation est d'environ une semaine avec, au préalable, une consultation et une évaluation de trois jours en milieu hospitalier.
Renseignements : Unité 43 - 02/477.27.24
Principe de la technique proprement dite.
La technique de détoxification ultra-rapide aux opiacés sous anesthésie et blocage des récepteurs opioïdes par la naltrexone a été mise au point par une équipe viennoise (Loimer et al.), qui publie la description de deux protocoles en 1989. Quatre autres publications issues de la même équipe décriront ensuite diverses variantes, et étendront le procédé aux patients sous traitement de méthadone.
D'autre part, la prévention des rechutes après détoxification reste un des objectifs majeurs de toute prise en charge de ces patients. Une des possibilités existantes est une prise à long terme d'un antagoniste oral des récepteurs morphiniques µ : la naltrexone. Celle-ci, annulant tout effet psychoactif positif des opiacés est un renforçant important de l'abstinence, à condition d'^être prise régulièrement.
Les procédés UROD (Ultra Rapid Opiate Detoxification with anesthesia) associent les bénéfices d'une désintoxication extrêmement rapide (moins de 24 heures) et d'une instauration immédiate d'un traitement à la naltrexone. Le principe général est le suivant : administration de doses importantes d'antagonistes aux opiacés afin de provoquer une détoxification immédiate, sous anesthésie, afin de masquer ou d'atténuer les signes et symptômes qui accompagnent cette dernière. Les techniques d'anesthésie décrites font appel à différents hypnotiques intraveineux : barbituriques, benzodiazépines, propofol, associés le plus souvent à la clonidine. L'association de kétamine au propofol est également en usage. Ces dernières années, les techniques UROD se sont vues utilisées dans un nombre croissant de centres hospitaliers, tant privés que publics.
L'unité 43 de l'Hôpital Brugmann. - CHU Université Libre de Bruxelles -
Adresse :
Unité d'évaluation et de désintoxication pour usagers de drogues. Institut de psyciatrie et de psychologie médicale.
Un programme pilote :
Depuis novembre 1998, une nouvelle unité (Unité 43) accueille les usagers de drogue au sein de l'Institut de psyciatrie et de psychologie médicale du CHU Brugmann.
Après évaluation, les patients sont orientés vers un traitement de substitution, un sevrage classique ou bien encore un sevrage ultra-rapide sous anesthésie, selon les indications.
Durant leur séjour à l'hôpital, les patients sont suivis par une équipe pluridisciplinaire dans le cadre d'une réhabilitation bio-psychosociale. Un projet thérapeutique, incluant ou non un sevrage physique, est proposé aux usagers de drogues. Un programme d'activités socio-sportives et culturelles y est également associé. Après leur sortie de l'hôpital, les patients sont revus à la consultation de manière à organiser un suivi avec les thérapeutes et avec des structures extérieures, résidentielles ou ambulatoires.
L'évaluation :
Les patients usagers de drogues sont référés à l'unité 43 soit par leur médecin traitant, soit par une institution extérieure spécialisée dans la prise en charge et le traitement de ce type de pathologie, soit par un psychiatre ou bien encore via la consultation de psychiatrie. Cette évaluation est réalisée au cours d'une hospitalisation d'une durée de trois jours. Elle a pour objectif de déterminer rapidement le type de traitement et de prise en charge les plus adéquats en fonction du/des produit(s) consommé(s), du bilan psychiatrique, médical, familial et socio-professionnel et, bien évidemment, des demandes et motivations de patients.
Cette évaluation est primordiale car elle permet à l'équipe thérapeutique de considérer la toxicomanie du patients dans sa globalité et d'agir en interaction avec l'entourage familial ou social direct du patient ainsi qu'avec toutes les personnes déjà concernées par sa prise en charge.
La désintoxication :
Plusieurs types de sevrages physiques sont disponibles à l'Unité 43. Ils sont prescrits en fonction de l'état de santé de chaque patient. La désintoxication a clairement pour but l'interruption définitive de tout produit donnant lieu à dépendance.
Le suivi psychologique :
Il est bien évident qu'une désintoxication ne résout pas à elle seule le problème de dépendance. La dépendance psychologique reste présente après le sevrage physique. Les techniques de désintoxication ne constituent donc pas à elles seules le traitement d'une toxicomanie. Elles doivent être intégrées dans une prise en charge globale du patient toxicomane. A ce titre, tout au long du séjour à l'hôpital et par la suite, un encadrement est prévu. Il ne s'agit pas d'une psychothérapie, mais bien d'un suivi psychologique visant à aider le patient dans sa séparation progressive avec le produit auquel il est accroché. Ce suivi prend les formes d'entretiens formels ou non, dans le cadre desquels sont associés des aspects comme les circonstances associées à l'apparition de l'envie de consommer, le vide laissé par l'absence du produit, les motivations à rester abstinent... Le patient, s'il le désire, a la possibilité de prolonger ce suivi psychologique après son hospitalisation, voire de l'associer à un travail psychothérapeutique plus spécifique. Notons par ailleurs, que cet encadrement psychologique individuel est mis au point en concertation avec l'ensemble des intervenants.
Les activités socio-sportives et culturelles :
Ces dernières années, les activités sportives et culturelles organisées dans le cadre de la prise en charge et du traitement des toxicomanies ont démontré leurs effets positifs dans la réhabilitation active du patient. Des activités sportives sont organisées sur le campus Brugmann même : il s'agit notamment de sports de ballon, de méthodes de relaxation... D'autres activités sont organisées à l'extérieur, en collaboration ou non avec d'autres institutions, lesquelles peuvent assurer un suivi post hospitalisation. Des raids sportifs d'une journée sont programmés avec les patients. Quelques sorties culturelles sont également proposées : visites de musées, séances de cinéma, excursions. Si les activités socio-sportives ne sont pas obligatoires pour le patient, elles lui sont vivement conseillées. Leur programmation tient compte des attentes des patients.
Le travail social :
L'hospitalisation est une étape. Mais le projet thérapeutique exige une prise en charge globale et intégrée des usagers de drogues. L'hospitalisation est aussi l'occasion de faire le point sur les questions sociales liées à l'usage de drogues. Elles sont d'ordres différents : administratif, financier, professionnel, juridique, de logement,,, familial, environnemental, ... L'accompagnement social permet de gérer les différentes difficultés que le patient peut rencontrer à ce niveau afin que son séjour se déroule dans les meilleurs conditions possibles. De même, le soutien proposé au patient dans ses démarches sociales l'aide à préparer au mieux sa sortie et à organiser son suivi. Le service social procure l'information dont le patient a besoin ainsi que l'orientation et la guidance indispensables à la mise en place de son projet thérapeutique. Le travail social tient compte de la situation du patient, de ses demandes, de ses ressources et de celles de la communauté et du réseau. Dans le cadre de la continuité des soins, le travail social se construit e collaboration active tant avec les membres de l'équipe qu'avec les intervenants, structures et services extérieurs. Si le patient le souhaite, des contacts sont établis avec sa famille, ses proches et les différents professionnels qui le suivent. Tout au long de l'hospitalisation mais aussi avant et après, le service social reste le lien du patient avec la réalité extérieure. Les entretiens proposés permettent de structurer la réalisation du programme d'activités nécessaires pour atteindre les objectifs de réhabilitation psychosociale que le patient se fixe.
La sortie de l'hôpital :
Les membres de l'équipe préparent avec le patient et les membres de son entourage familial ou social le retour au domicile. Le patient est revu soit à la consultation de psychiatrie à raison de une à deux fois par semaine le premier mois, ensuite à raison d'une visite par semaine le second mois, soit par un thérapeute extérieur avec qui notre équipe reste en contact. Au cours des six mois qui suivent l'hospitalisation, l'équipe de l'Unité 43 procède à des évaluations systématiques et régulières dans une optique de continuité des soins.
Le travail en réseau :
L'équipe de l'Unité 43travaille en collaboration avec les des institutions spécialisées dans la prise en charge et le traitement des toxicomanies. Ces institutions sont principalement situées en Région Bruxelloise. Un accueil du patient en structure résidentielle est toujours possible. Si le patient le souhaite, les membres de l'équipe peuvent l'aider à rechercher dans ce réseau un centre qui puisse l'accueillir dans les meilleurs conditions après son hospitalisation. Pour y faciliter son entrée, un accompagnement dans les démarches est proposé. Un travail de liaison s'installe autour du patient entre les thérapeutes de la structure d'accueil et l'équipe de l'Unité 43. Nous mettons aussi l'accent sur la collaboration active de notre équipe avec les médecins traitants.
L'équipe :
Secrétariat : ouvert du lundi au vendredi, de 8 heures 30 à 16 heures 30.
Autres numéros utiles :
Infos pratiques :
Documents officiels : lorsque vous entrez pour une hospitalisation, veuillez vous munir des documents suivants :
Les frais d'hospitalisation :
A votre entrée à l'hôpital une provision vous sera demandée. Pour les personnes en ordre de mutuelle, celle-ci s'élève à 1500 BEF pour les VIPO et à 6000 BEF pour les non VIPO.
En ce qui concerne les personnes aidées par un CPAS, elles doivent fournir un réquisitoire d'hospitalisation dès leur admission. ce réquisitoire doit être impérativement demandé auprès de leur CPAS avant leur admission à l'hôpital.
Confort dans votre chambre et les heures de visite.
Vous pouvez disposer d'un téléphone et d'une télévision dans votre chambre sur demande. Les tarifs sont les suivants :
Les visites en salle relèvent de la décision conjointe de l'équipe ; de même que les sorties.
A emporter avec vous...
L'hôpital ne fournit pas le nécessaire de toilette ni les essuies, aussi, veillez à emporter ce qu'il convient. En raison des activités socio-sportives, des vêtements et chaussures de sport sont également à prévoir.
Dernière mise à jour : 10/11/2000.
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