Accueil

Séminaire 1 :  L ’action des produits.

Sommaire :

Assuétudes et pharmacie.

 

Introduction.

 

            Lorsque la direction de la SSPF nous a proposé de présenter un cycle de séminaires sur les « assuétudes », nous avons clairement voulu nous démarquer des seules approches de ces produits que le législateur juge « illicites » : les produits prohibés. Nous voulions élargir le débat par rapport au concept de « toxicomanie » avec ce qu’il comporte comme clichés, idées reçues et préjugés. Nous avons également souhaité apporter au pharmacien des connaissances et une aide pour sa pratique quotidienne.

En tant qu’espace – santé, l’officine se définit en effet aussi comme un lieu de prévention. Lieu de préventions primaire et secondaire en éduquant les gens, en les amenant là réagir face à l’incessante invitation à consommer et à surconsommer prônée par la publicité, la mode, les médias…

Lieu de prévention tertiaire en prenant le temps d’écouter la demande d’aide des personnes devenues dépendantes et en les accompagnant dans leur thérapie médicamenteuse et psychologique. Enfin, lieu de prévention et de réduction des dommages liés aux comportements de consommations abusives.

 

Assuétudes versus « toxicomanie ».

Le terme assuétude peut se définir comme : un comportement que le sujet ne peut interrompre sans souffrance. On dira du sujet qu'il est devenu dépendant de ce comportement ou qu'il a développé une dépendance à ce comportement ou, plus fréquemment une dépendance à cette substance. Étymologiquement, le verbe latin ASSUETUDO signifie à la fois : " j'ai l'habitude de " et " je suis l'esclave de ".

Avoir l'habitude, c'est, par exemple, prendre tous les jours trois repas. C'est également, prendre un apéritif alcoolisé de temps en temps en convivialité, et c'est aussi, dans une même perspective, fumer un joint de cannabis à certaines occasions.

Être l'esclave de, c'est en avoir fait une consommation telle qu'on en est arrivé à ne plus pouvoir s'en passer sans souffrance psychique et parfois même, psychique et physique. L'assuétude c'est fait passer de l'habitude à l'esclavage. Il est heureux de constater que le passage de l'habitude à l'assuétude n'est pas un phénomène inéluctable ni fréquent. Le risque est différent selon la personne et selon le produit. Des études montrent par exemple qu'il est minimal pour l'alcool et maximal pour la nicotine.

 

Le rôle du pharmacien dans la prise en charge du patient usager de drogue

L’officine

 

Comme nous l’évoquions plus haut, officine du 21è siècle se ne profile donc plus seulement comme un point de préparation et de distribution du médicament, mais aussi comme un lieu de documentation, un centre de santé préventive et curative où les patients reçoivent, avec les traitements médicamenteux prescrits, les conseils d’utilisation et les renseignements adéquats. L’aspect social n’y est pas non plus négligé.

 

Dans cet esprit, et concernant les assuétudes, Il est clair que les pharmaciens peuvent apporter beaucoup au réseau d’aide et de soins tant pour l’aspect purement curatif que pour les préventions primaires et secondaires.

 

La réalité du terrain : « ne tirez pas sur le pianiste »

 

Cette vision idéale de notre profession est malheureusement trop optimiste. Tout comme c’est le cas pour d’autres intervenants potentiels (médecins, sociaux, psy…), on constate que de nombreux pharmaciens ne sont pas prêts à s’impliquer dans ce type de prise en charge.

Pourquoi ?

Le pharmacien d'officine belge a reçu une formation universitaire orientée essentiellement vers la chimie, la biochimie et la pharmacologie. Lorsqu'il l'exerce sa profession, le public attend de lui des compétences de conseiller en matière de santé physique mais aussi psychologique, d'agent de prévention et également d'acteur social. Il n'a été formé pour aucune de ces compétences, et même si par un effort personnel en termes de formation post universitaire ou de formation continuée il acquiert ces connaissances, il n'est pas directement rétribué pour les utiliser et en faire bénéficier les personnes qui viennent dans son officine. Pire, quand il s'agit de déployer tout ce dévouement pour des personnes aussi déstructurés et aussi "difficiles" que les patients « toxicomanes », on peut réellement parler d'altruisme. En effet, l'effort à fournir est grand, le bénéfice matériel est nul, la gratification morale peut paraître faible.

La méconnaissance, par la plupart des pharmaciens, de la composante psychologique des assuétudes fait qu'ils ne sont pas préparés aux désillusions qu'ils vont devoir affronter. Ainsi, on voit souvent des pharmaciens et des pharmaciennes, après avoir sincèrement voulu jouer leur rôle dans les approches thérapeutiques des toxicomanies, exprimer à cet égard une attitude de rejet total.

Enfin, la délinquance urbaine est un fait lié au développement de la toxicomanie aux produits interdits. Les pharmacies ont fait l'objet de nombreuses agressions. Un climat de peur et de tension réciproques s'est donc créé entre certains pharmaciens et les usagers de drogues. Ce climat n'est évidemment pas propice à inciter les pharmaciens à s'impliquer dans le réseau d'aide aux toxicomanes.

 

L’implication du pharmacien.

 

Malgré cette tiédeur manifestée par bon nombre de pharmaciens, le nombre important d'officines en Belgique fait qu'il n'y a pratiquement pas de problèmes pour en trouver une où on accepte de dispenser de la méthadone et de prendre en charge des patients toxicomanes en demande de soins.

Alors, le pharmacien sera l’observateur le plus attentif de l’évolution du patient. Il établira une relation de conseil, de soutien et surtout d’écoute avec ses patients. Beaucoup plus accessible que le médecin, il verra les patients évoluer, il les accompagnera dans leurs succès et leurs détresses, saura les réprimander…. Bref amener ces garçons et ces filles à se réinsérer dans un cadre donné, avec des heures et des contraintes administratives à respecter, des honoraires à payer, etc. Il sera aussi le premier à pouvoir constater les dérapages et à pouvoir en avertir le médecin.

 

De façon limitée, le pharmacien pourra également faire preuve d’initiative pour que la continuité des soins soit assurée. Et si l’avance de produit sans ordonnance reste (théoriquement) tout à fait interdite, il veillera à ne pas laisser un patient sans son traitement. Si le médecin a dû s’absenter et n’a pu recevoir son patient, si un rendez-vous est exceptionnellement manqué, il peut toujours faire appel au réseau et obtenir un rendez-vous de dépannage… En revanche, pour des patients se refusant obstinément à entrer dans le cadre thérapeutique prévu, un " non " catégorique peut aussi s’avérer…thérapeutique.

 

Que penser de l'efficacité des traitements de substitution à la méthadone ?

 

Il y a plusieurs éléments à prendre en compte pour répondre à cette question.

On parle de « seuil » d’exigence relativement aux traitements. [1]

Si on se place à un haut niveau d’exigence c’est en général parce qu’on a devant soi un consommateur d’héroïne physiquement dépendant du produit mais pas à un véritable toxicomane. Ce terme de « toxicomane » ne convient à mes yeux que pour une personne qui ne pourra « fonctionner normalement » qu’en consommant le produit dont elle est devenue dépendante. Ce produit constituant pour elle une solution, un remède à son mal-être ou à sa « douleur ». [2] Ces personnes souffrent souvent de pathologies mentales nécessitant une approche psychothérapeutique. Pour certaines d’entre elles, un traitement ambulatoire est insuffisant, voire inadéquat. Leur comportement peut même s’avérer à ce point déviant qu’il devient impossible de maintenir une relation à l’officine.   

 A l’opposé de ces personnes, on en trouvera d’autres, souvent jeunes et influençables, en décrochage scolaire et en révolte par rapport à la société. Ils sont en manque de plaisirs, de ces plaisirs immédiats que leur ventent la publicité et les médias. Souvent, leurs consommations sont  une manière de s’intégrer dans des groupes, donc de trouver une identité et une valorisation personnelle. Ces personnes ne souffrent généralement pas de pathologies mentales particulières.

Pour ces jeunes, le traitement de substitution est extrêmement intéressant. Ils deviennent l’objet de l’attention du médecin, du pharmacien, du psy… Une relation thérapeutique se crée, et la méthadone est le moyen pratique pour maintenir et prolonger cette relation thérapeutique. Cette relation sera souvent le point d’accrochage  permettant une lente maturation et une évolution harmonieuse.

Enfin, pour les « toxicomanes vrais », bien dosée, la méthadone semble jouer un rôle antipsychotique, au moins, sinon plus efficace que certains neuroleptiques. Il y a établissement d’une relation thérapeutique et s’il y a encore consommations d’héroïne, celles-ci se limitent « au plaisir » et non à l’évitement du manque, rôle rempli par la méthadone. Donc diminution de la fréquence des prises, donc des risques, de la marginalisation sociale, etc.

En conclusion : les traitements de substitution ont une réelle utilité si on ne se place pas qu’au seul objectif de sevrage ni d’abstinence. Et en se maintenant toujours dans une optique pluridisciplinaire.

 

Aspects pratiques de la prescription et de la délivrance de la méthadone.

 

Pour que tout se passe bien entre le pharmacien et le médecin, donc dans l’intérêt du patient, quelques petits rappels concernant la prescription.

L’utilité d’un « Contrat – méthadone ». [3]

 

Imaginons un patient souffrant d’une pathologie chronique quelconque nécessitant un traitement médicamenteux continu.  Envisagerait-on un seul instant de lui faire signer un contrat par lequel il s’engagerait à suivre rigoureusement sa médication et le régime alimentaire associé faute de quoi il pourrait se trouver exclu du traitement ?

Impensable n’est-ce pas ?

C’est pourtant ce que la plupart des intervenants ont exigé et ce que certains exigent encore aujourd’hui de leurs patients usagers de drogues illicites.

 

Et quelque part, cette exigence se justifie dans certains cas. Je pense à ces très jeunes patients, ces usagers d’héroïne devenus dépendants presque par bêtise, par manque de maturité, de repères moraux et sociaux. Pour eux, le fait  de cosigner un contrat, en bonne et due forme, avec deux adultes, à savoir le médecin et le pharmacien, constituera peut être leur premier acte officiel d’adultes. Dans ce document sont précisés les droits et devoirs des trois parties, pas seulement du patient. Il peut jouer un rôle éducatif non négligeable.

 

A l’opposé, vis à vis de patients « ingérables » parce que souffrant de pathologies trop lourdes, un contrat peut parfois servir à protéger légalement le praticien, médecin ou pharmacien, désireux de rompre la relation  de et passer la main.     

 

L’ordonnance :

 

La Méthadone est et reste un médicament classé dans la liste des stupéfiants. Une prescription n’a donc de validité légale et ne pourra être honorée que si le nom et le prénom du patient y figurent en toutes lettres, si les quantités (dosage, quantité totale de sirop ou nombre de gélules) y figurent en toutes lettres de la main du médecin (pas à l’ordinateur ni photocopie…) ainsi que la date et la signature. Il est utile de préciser la quantité à délivrer en une fois, la fréquence des prises, si le patient doit consommer sur place. S’il y a d’autres psychotropes sur l’ordonnance, préciser aussi la manière de les délivrer (en une fois, une plaquette à la fois, etc.).

Si les doses sont anormales, c’est à dire " hors consensus ", il est bon de les confirmer en écrivant par exemple :  Chl. Méthadone deux cents mg (je dis : deux cents mg)…

Enfin, puisque cette préparation est remboursée par l’INAMI, il faut une prescription rédigée sur le formulaire officiel (702F) dans le respect de la réglementation.

 

La Prescription en elle-même.

 

Au moins en début de traitement, il est très utile de fournir une dose quotidiennement à l'officine. Cette façon de travailler permet une bonne recherche de la dose idéale (adaptation par tranches de plus ou moins cinq milligrammes par 24 heures en fonction de l'état du patient). Elle crée également un contact quotidien du patient avec le milieu médical. Aspect important au niveau de la réinsertion sociale : l'obligation de respecter des heures d'ouverture, une certaine régularité à observer, le fait de se trouver mêlé aux autres clients de l'officine, donc de devoir attendre son tour, etc.

Habituellement la dose initiale est de 30 mg/24 heures en une prise chez les héroïnomanes non injecteurs. Elle sera plutôt de 60 mg/24 heures en une prise chez les utilisateurs en intraveineuse [4] . Il faut alors adapter en augmentant par tranche de 5 mg jusqu'à obtention d'une absence de manque durant 24 heures. La dose idéale se situe entre 10 et 120 mg par jour avec des extrêmes vers le haut jusqu’à deux cents ou vers le bas avec des doses quasi homéopathiques. Cette dose sera déterminée prudemment. Une fois obtenue, il faudra s'y tenir. En raison de la longue demie vie du produit, il n'est pratiquement jamais nécessaire de fractionner les doses. On fractionne en deux prises dans de rares cas ou la dose absorbée en une fois provoque une somnolence plusieurs jours d'affilée ou chez les "métaboliseurs rapides" (cas ou une dose même importante ne fait pas effet durant 24 heures). La demande de prendre des doses fractionnées est fréquente mais généralement non médicalement justifiée. Elle correspond plutôt à des tentatives de ne pas devoir prendre tout devant le pharmacien. Et donc de se laisser la possibilité de sauter une demi dose. « On » peut ainsi constituer des provisions. « On » peut aussi tester la dose idéale pour ne pas être en manque mais garder l'appétence à l'héroïne et un bon shoot quand on peut s'en procurer. Il ne faut donc pas se réjouir ni encourager le patient dans cette voie s'il demande à diminuer sa dose. Pour le pharmacien il lui suffit de répondre au patient qu'il doit s'en tenir à la dose prescrite jusqu'à la nouvelle ordonnance. En revanche, en début de traitement, le pharmacien doit pouvoir de sa propre initiative augmenter ou diminuer légèrement la dose, par tranches de 5, maximum 10 mg si le patient manifeste des signes de manque ou si au contraire le patient est trop somnolent. Cela, en accord, bien sûr avec le médecin. Rappelons ce « détail » : il est indispensable que le médecin s’assure avant de prescrire de la méthadone, qu’il a bien affaire à un patient héroïnomane…

 

Forme galénique. [5]

 

Au point de vue galénique, la dispensation se fait, soit sous forme de sirop, soit de gélules. Dans les deux cas, il est important de s'assurer de la "non - injectabilité" du médicament délivré. C'est le cas pour un sirop dosé à 1 mg de méthadone par millilitre dans une solution concentrée à plus de 50 % en saccharose. Dans le cas de gélules, l'ajout au produit de 100 mg de carboxymethylcellulose ne modifie pas sa bonne résorption per os, mais produit une gelée  non injectable en cas de mise en solution [6] . Il est en outre recommandé de toujours prescrire du sirop dosé à 1mg/ml car c'est habituellement en termes de volume et non de dose que l'usager s'exprime. "Je prends 40 ml par jour". On voit tout de suite que la prescription de concentrations plus ou moins élevées peut entraîner des surdosages ou des sous dosages lors de changement de médecin, par exemple pour des vacances.

 

Le formule pour un sirop serait :

 

NOM               Prénom

 

R/             Méthadone HCl            quantité en toutes lettres mg

Eau distillée                      50 ml

Sirop d’écorces d’orange ad quantité ml.

 

S/             quantité millilitres par jour             à consommer sur place quotidiennement

 

ou

 

            quantité millilitres par jour            à délivrer en une (deux …) fois

 

Date               Signature            Cachet du médecin.

 

N.B. : A la place du sirop d’écorce d’oranges on peut mettre du sirop de framboises ou du sirop simple.

 

 
   

 

 

La formule pour des gélules serait :

 

NOM               Prénom

 

R/            Méthadone HCl                                                       qté. prescrite (en toutes lettres)    

            Carboxyméthylcellulose sodique            400 mPa.s(*)            100 mg

            Lactose                                                                     ad 250 mg

 

PF 1 gélule DT  nombre prescrit (en toutes lettres).

 

S/        1 (ou 2)  par jour             à consommer sur place quotidiennement

 

ou

 

            1 (ou 2) par jour            à délivrer en une (deux …) fois

 

            (*) mPa.s = unité de viscosité du produit.

 

Date               Signature            Cachet du médecin.

 

 

 

La pharmacie : base de données épidémiologiques.

 

Notre approche belge des thérapeutiques substitutives n'est pas courante. Nous pratiquons dans un cadre très libéral laissant à chacun toute liberté thérapeutique. En fait, notre approche diffère de celle qui prévaut un peu partout, où l'on parle de "programme méthadone", de "conditions d'accès", d'exclusions etc.

Nos résultats ne semblent pas mauvais et en tous cas, n'apparaissent pas comme moins bons que ceux de nos voisins. Il faut cependant reconnaître que les quelques études épidémiologiques réalisées en Belgique n'annoncent pas une très bonne rétention aux traitements (durée de la fidélité des patients à un traitement instauré). De même, nous manquons cruellement de données statistiques sur l'amélioration subjective du bien-être psychologique et du niveau social des patients en traitement de substitution. La mise sur pied de ce type d'étude apporterait probablement de précieux renseignements sur notre type d'approche des traitements de substitution et son évolution. Ainsi, tenant compte des obligations administratives strictes des pharmaciens, il est évident que les bases de données informatiques obligatoirement tenues à jour dans les officines du pays pourraient constituer une remarquable source de renseignements pour des études épidémiologiques sur les traitements de substitution.

 Phn. Jean Paul Brohée.                                     05/2002.

 

 

 



[1] Bas seuil d’exigence : On fera ce choix parce qu'on a affaire à un type patient peu motivé, très instable, amené quasi contre son gré, forcé par les événements. Il a un environnement familial peu propice à l'aider, voire néfaste. Il a déjà un passé assez chargé et s'est déjà trouvé plus d'une fois en cures de sevrage, en consultations psychologiques, sociales et médicales diverses. Il n’existe parfois, derrière son discours de "je veux 'en sortir ", qu’une volonté de manipuler le médecin, simplement pour obtenir la méthadone pour "les jours sans ".

Quelles sont les limites de l'inacceptable ?

Quelles sont les contraintes que l'on estime pouvoir quand même imposer car elles paraissent accessibles et qu'on les juge nécessaires. Par exemple : pas de consommation de Rohypnol ® ( avec menace de vérification par prises d'urines).

 

Haut seuil d’exigence assorti d’un " contrat ".

Quels sont les termes du contrat ?

Quelle sera la fréquence des prises à l'officine ?

Que faire en cas de non respect de cette fréquence ?

Il y a-t-il objectif de sevrage à plus ou moins long terme, des doses dégressives ?

 

 

[2] Voyez à ce sujet le chapitre consacré à l’aspect  psychologique traité par le Dr. Hers ainsi que le livre du Dr Jacques « Pour en finir avec les toxicomanies ».

[3] Type de contrat : (modèle utilisé dans la région de Charleroi.)

 

Convention Patient – Médecin – Pharmacien.

 

 

·          Les Médecin et Pharmacien soussignés s'engagent à respecter les règles de déontologie, à préserver le secret médical et la confidentialité des données concernant le Patient.

 

·          Le Patient s'engage à s'adresser toujours au même pharmacien, ci-dessous précisé, pour lui délivrer les stupéfiants qui lui seront prescrits.                                                     Si le Patient souhaite changer de pharmacien, il devra en informer le Médecin et le Pharmacien soussignés.

 

·          Le Patient s'engage à informer le médecin soussigné s'il demande à un autre médecin de lui prescrire un traitement à base de stupéfiants.

 

·          Le Patient autorise ces Médecin et Pharmacien à s'échanger toute donnée nécessaire concernant le suivi de leur traitement.

 

 

 

 

 

 

Sexe et Date de naissance du Patient  : M/F       …./…./….

 

Nom et Prénom du Patient : …………………………………..

 

Cachet du Pharmacien.

 

 

 

 

 

Fait le …………………..

 

 

Le Patient,                                            Le Médecin,                                                            Pharmacien.

 

 

 

 

 

A remettre en triple exemplaires pour le Pharmacien,

Celui-ci,                 en renvoie une copie au Médecin prescripteur,

                                en conserve une

                                en donne une au Patient.

 

 

[4] Attention : 60 mg est une dose dangereuse sinon mortelle pour une personne non dépendante. S’il l’administre d’emblée,  Il faut que le prescripteur n’ait aucun doute quant à  l’état de dépendance du patient. De nombreux prescripteurs considèrent que par prudence, la dose initiale ne devrait jamais dépasser 30 mg/24 H. 

[5] Préparation des gélules de méthadone.

 

Par rapport au sirop, la forme galénique en gélules se justifie pour des patients dont la dose est bien définie. Un meilleur confort d’utilisation et une plus grande discrétion en sont les avantages.

Pour rappel : les Commissions Médicales Provinciales et les recommandations de la conférence de consensus exigent des formes orales non injectables. Il est donc indispensable  d’adjoindre aux gélules un adjuvant destiné à les rendre non-injectables et de le spécifier bien clairement sur les ordonnances.

 

Cette absence de précautions pourrait entraîner des risques non négligeables. En cas de problème ou d’accident, non seulement cela nuirait à notre crédibilité mais notre responsabilité en tant qu’intervenants serait engagée.

Il est donc proposé aux pharmaciens le mode opératoire suivant pour  la préparation des gélules de méthadone et ce, que le médecin le spécifie ou non car, sauf indication contraire, le pharmacien a le choix de l’excipient :

 

R/                Méthadone HCl                                                                  qté. prescrite (en toutes lettres)    

                Carboxyméthylcellulose sodique 400 mPa.s    100 mg

                Lactose                                                                               ad 250 mg

 

PF 1 gélule (format N°1 minimum)  DT  nombre prescrit (en toutes lettres).

 

 

 

[6]   Le service scientifique de l’APB a été sollicité pour qu’une formulation validée et testée soit mise au point et introduite dans le nouveau « Formulaire National ».

Retour au sommaire

 

Toxicomanie 2001

"La fascination morbide exercée par le toxicomane est responsable d'une réduction simpliste qui assimile toute prise de drogue à une véritable toxicomanie.

L'écrasante majorité des jeunes qui ont recours à des drogues ne sont pas et ne seront jamais des toxicomanes pharmacodépendants, sauf à cause du discours dramatisant et inducteur auquel ils sont soumis. "

Le manque de limites et la tendance actuelle à éviter les complications, couplée à la facilité de se procurer les substances les plus diverses tels que les solvants de colles ou de Tippex, l'alcool, l'éther, les vernis et peintures, les dérivés morphiniques naturels et de synthèses, les psychoanaleptiques (amphétamines [pervitin, extasie,...], cocaïne, acide y-hydroxybutyrique,...), les psychodisleptiques (LSD, Psylocibine, ...), ainsi que les psychotropes (barbituriques, benzodiazépines, ...) ou les antiparkinsoniens (procyclidine) expliquent la croissance exponentielle de l'usage de drogues dans nos sociétés.

De nombreuses tentatives de classification des drogues basées sur leur potentialité d'induire des dépendances soit physique (accompagnées de signes physiologiques) soit psychique (compulsion non raisonnée qui pousse le toxicomane à reprendre la drogue).

L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ (OMS) et les Nations Unies ont créé une Commission des stupéfiants qui a pour rôle d'instaurer une législation internationale, grâce à l'aide de Comités sur les toxicomanies composés d'experts médicaux. Cette Commission a établi des listes sélectives des drogues toxicomanogènes. Elle contrôle celles qui ont un usage médical ou scientifique et interdit les autres.

Elle propose des définitions de la dépendance.

     

  • Dépendance vis-à-vis de la drogue: "Etat psychique et quelquefois physique résultant de l'interaction entre un organisme vivant et une drogue, caractérisé par un état compulsif du comportement qui se traduit toujours par l'obligation de prendre la drogue de façon périodique afin de ressentir ses effets psychique. C'est aussi afin d'éviter les désagréments causés par son manque. II peut y avoir ou non tolérance. Une personne peut être dépendante vis-à-vis d une ou de plusieurs drogues."

 

DÉPENDANCE PSYCHIQUE Une condition dans laquelle la drogue produit un sentiment de satisfaction et une impulsion psychique qui exige une administration périodique ou continuelle de la drogue pour produire un plaisir ou bien pour éviter un état dépressif

DÉPENDANCE PHYSIQUE

Un état d'adaptation qui se manifeste par des troubles physiques intenses quand

l'administration de la drogue est suspendue. Ces troubles appelés syndromes d'abstinence

et de retrait se traduisent par des symptômes de nature psychique et physique propres

à chaque type de drogue.

 

M.V.D

Retour au sommaire

La classification des drogues toxicomanogènes de l’OMS (1970)

Type de drogue

Dépendance psychique

Dépendance physique

tolérance

Alcool

légère à marquée

légère à marquée

un peu

barbituriques + certains sédatifs

légère à marquée

.

.

opiacés

modérée à marquée

marquée

marquée

cocaïne

légère à marquée

aucune

aucune

amphétamines + certains stimulants

légère à marquée

un peu ou pas

marquée

khat

légère à modérée

un peu ou pas

peut être marquée pour certains agents

hallucinogène + LSD

légère à modérée

aucune

probablement un peu à fortes doses

Cannabis

légère à modérée

un peu ou pas

un peu avec certains agents

solvants volatils

légère à modérée

un peu ou pas

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La classification des drogues toxicomanogènes du Professeur F. NOIRFALISE

Type de drogue

Dépendance psychique

Dépendance physique

tolérance

Alcool

Marquée

Marquée

croisée avec barbituriques

amphétamines + certains stimulants

marquée

un peu ou pas

marquée

atropine

nulle

nulle

marquée

barbituriques + certains sédatifs

marquée

marquée

marquée (croisée avec l'alcool)

 

 

 

 

 

 

 

 

Toxicomanie 2001

 

 

 

La classification des drogues toxicomanogènes du Professeur F. Noirfalise

type de drogue

dépendance

dépendance

psychique

tolérance

physique

benzodiazépines

marquée

marquée

marquée

Cannabis

légère à modérée

un peu ou pas

un peu avec certains

agents

cocaïne

marquée

nulle

aucune

dimétyltryptamine

(DMT)

marquée

nulle

croisée avec LSD

éphédrine + dérivés

modérée ou

inconnue

nulle ou inconnue

inconnue

gluthétimide

marquée

marquée

marquée

hexapropymate,

méprobamate

(carbamates)

marquée

marquée

inconnue

khat

légère à modérée

un peu ou pas

peut être marquée

pour certains agents

hallucinogène + LSD

modérée

nulle

marquée

benzodiazépines

marquée

nulle

marquée (croisée

avec LSD)

mescaline

marquée

méthaqualone

modérée

nulle

inconnue

opiacés (morphine et

dérivés)

marquée

marquée

marquée

psilocybine

marquée

nulle

marquée (croisée

avec LSD)

STP

marquée

nulle

marquée (croisée

avec LSD)

tétrahydrocannabinols (Cannabis)

modérée à marquée

modérée à marquée

modérée à marquée

tabac

marquée

inconnue

marquée

2 EPIDEMIOLOGIE L'origine géographique des principales drogues se cantonne au Moyen- et extrême-Orient, en Amérique latine et même pour le Cannabis aux Etats-Unis.

 

 

M.V.D.

 

Retour au sommaire

 

Toxicomanie 2001

Le Triangle d'Or et le Croissant d'Or (quelques 350.000 km2) sont les fournisseurs mondiaux pour l'héroïne et la morphine. La Cocaïne se retrouve majoritairement en Amérique du Sud. La vente de ces drogues est une source importante de revenu pour les régimes militaires et son souvent un soutien politique dans des pays pauvres. Les saisies douanières nous donnent un petit aperçu de la situation en Belgique

Saisies de drogues par les douanes en Kg en Belgique

1994

1995

1996

1997

1998

cannabis

66445

64366

88713

25955

3043

morphine

0.580

19.2

0.194

10.04

-

héroïne

42.2

25.0

4.54

11.6

0.584

cocaïne

251

279

725

2163

1944

XTC

4.06

8.09

0.79

0.11

98.7

Hallucinogène

0.063

0.203

0.273

0.169

0.094

 

Usage et trafic de drogues en 1989 (Gendarmerie de Bruxelles)

Communes

Nombre de faits liés à la drogue

Faits/km2

Communes

Nombre de faits liés à la drogue

Faits/km2

Anderlecht

68

4

Kraainem

0

0

Auderghem

10

1

Laeken

86

4

Berchem St Agathe

14

4

Linkebeek

2

1

Bruxelles

482

49

Molenbeek St Jean

100

17

Drogenbos

7

3

Rhode St Genèse

4

0,2

Etterbeek

31

10

Saint-Gilles

221

88

Evere

12

2

Saint Josse

257

227

Forest

54

9

Schaerbeek

225

28

Ganshoren

0

0

Uccle

53

2

Ixelles

64

10

Watermael Boitsfort

13

1

Jette

8

2

Wemmel

0

0

Koekelberg

3

3

Wezembeek oppem

1

0,2

Wolluwé St Pierre

14

1,6

Toxicomanie 2001

3 CARACTERISTIQUES DE CERTAINES DROGUES VENDUES EN BELGIQUE

 

drogue

héroïne

cocaïne

Marihuana

Haschich

LSD

Amphé

tamines

origine

Pavot blanc

feuille de

coca

feuilles

séchées et

sommités

fleuries

(Cannabis

Sativa)

résine du

Cannabis

Sativa

produit de

synthèse

(1938)

produit de

synthèse

(1927)

provenance

triangle &

croissant

d'or

Amérique

latine

Afrique,

Amérique,

Moyen-

orient

Afrique

Nord,

Moyen et

Proche-

Orient

Partout

même en

Europe

Laboratoire

dans le

monde

occidental

aspect

poudre fine

ou

granuleuse

(blanc,beige,

rose)

poudre

cristalline

blanche

substance

granuleuse

verte ou

noire

plaquettes

comprimée

s brune,

noire,

rouge-rose

pilules,

tablettes,

imprégnation

papier ou

sucre

pilules ou

poudre

couleurs

variées

consommation

fumée,

injectée,

prisée

prisée,

fumée,

injectée

fumée

seule ou

avec tabac

fumée

seule ou

avec tabac

absorption

per os

Per os ou

injectée

effets particuliers

flash suivi

d'ivresse

sentiment

fugace de

vigueur

enivrement

euphorie et

dysphorie

enivrement

euphorie et

dysphorie

hallucina-

tions

sensation de

puissance

pri x

10000Bef/g

±3.000

BEF

70 BEF/g

100 BEF/g

300 BEF

/dose (l0lig)

1000 BEF/g

dangers

tolérance,

dépendance

overdoses,

virus

dépen-

dance,

overdose

suicide,

dépression

dépen-

dancetype

tabagisme

dépen-

dancetype

tabagisme

angoisse

dépression

effet

génétique

angoisse

dépression

épuisement

forte tolérance

M.V.D.

 

Retour au sommaire

Toxicomanie 2001

La COCAÏNE :

La cocaïne, la drogue du siècle, se trouve sous deux formes principales: la base et le chlorhydrate. La base est conditionnée sous forme de petits morceaux appelés Rock

ou Crack et est extrêmement active même lorsqu'elle est fumée. Son effet toxicomanogène est très puissant et elle est la cause d'un nombre grandissant de toxicomanie, surtout aux Etats-Unis.

A 800°C (cigarette) 16% de la base sous forme de cocaïne passe dans les poumons, 0% du chlorhydrate. le crack laisse passer dans la phase vapeur:

à 600"C (pipe à eau, sans tabac) 38%

à 200°C 82%

Elle ne présente que peu d'effet de sevrage, il se limite généralement à des troubles nerveux centraux.

L'acide y-hydroxybutyrique

qui est souvent proposé sur Internet comme aphrodisiaque ou comme excitant rapide chez les "Teenagers", a provoqué en 1996 plusieurs douzaines d'hospitalisations dont trois mortelles. [ Un jeune Texan de 20 ans a succombé au GHB (Gamma Hydroxbutyrate -en Anglais, "Cherry meth, liquid X et liquid ecstasy" -as "street name") après qu'on ait versé à son insu la poudre dans son "soft drink" ]

Son sel sodique, le GHB Gamma-hydroxybutyrate de sodium a été synthétisé en 1960 en vue d'une utilisation comme anesthésique en chirurgie. II a été abandonné à cause de ses effets secondaires. Les "Body-builders" l'ont employé pour ses propriétés de stimulation de la formation de la masse musculaire et l'industrie agro-alimentaire le présente comme sédatif depuis le retrait du marché (OTC Over-the-Counter : vente libre) du L-tryptophane. Plusieurs dizaines de cas de morbidité et même récemment de mortalité ayant été rapportés, la FDA l'a classé parmi les substances ne pouvant être utilisées que pour des essais cliniques approuvés.

La synthèse de GHB est très simple par hydrolyse de la y-butyrolactone en milieu alcalin'

Le GHB a des propriétés anti-narcoleptique, anesthésique, anorexigène, sédative, inductrice de la phase "REM" (rapid eye movement), favorable au traitement des ischémies et au sevrage de l'éthanol et des opiacés.

'J.D. Repero-Miller & B. A. Goldberger, "Recreational Drugs : Current Trends in th 90's" in 'Clinics in Laboratory Medecine '

B.Gerson, Ed., 18, 4, pp 727-746, W.B. Saunders Cy, Philadelphia, 1998. ISSN : 0272-2712

M.V.D.

 

Toxicomanie 2001

II possède de plus un pouvoir aphrodisiaque. II se présente sous forme d'un liquide visqueux, d'une poudre cristalline ou d'un gel. Les doses usuelles sont comprises entre

2,5 et 3 g (35 mg/Kg).

II agit après passage aisé à travers les membranes lipidiques en stimulant la sécrétion de Dopamine (euphorie, hallucination et relaxation musculaire) au niveau de la substance "nigra" et pourrait influencer la libération d'endorphines.

Pharmacocinétique : le GHB est métabolisé en y-butyrolactone et décarboxylé (augmentation CO2). On peut le détecter dans l'urine 4 h après ingestion, 2-5% restent non-métabolisés. Sa détection ne dépasse guère les 12 h. Le pic de concentration varie entre 25 et 45 min; les effets apparaissent entre 15 et 30 min après l'ingestion de 2-3 g; la durée d'action est de ± 3h. II y a sédation pendant 75 à 225 min pour des doses de 50-60 mg/Kg; le t,~ d'élimination plasmatique est d'environ 20-60 min et dose-dépendant. Les concentrations post-mortem varient de 20-600 mg/L de sang.

Doses et symptômes

10 mg/Kg : amnésie, hypotonie. 50-70 mg/Kg : anesthésie, convulsion, coma, dépression respiratoire.

 

Les dérivés MORPHINIQUES

arrivent en deuxième position en Europe, après l'alcool. Leur action toxicomanogène principale s'exerce au niveau de la transmission de la douleur lente (type brûlure agissant sur les fibres du groupe IV (fibres C) au niveau du tronc cérébral interne et de la partie interne du thalamus).

 

SEVRAGE DES OPIACES

Deux hypothèses principales ont été avancées

- la diminution du nombre de sites récepteurs, ou

- la modification de la conformation des sites, entraînant une désensibilisation de ces derniers.

Dans cette deuxième hypothèse, on peut supposer que la proportion de conformation active des sites vis-à-vis des endorphines est nettement diminuée par la liaison entre les opiacés exogènes et les récepteurs, compte tenu de la différence de vitesse d'association agoniste-récepteur entre les endorphines et les morphiniques.

Cependant cette hypothèse de double conformation ne tient pas compte de toutes les différentes classes de récepteurs connus. L'hypothèse d'un modèle à 3 conformations a donc été émise : elle permet d'expliquer les effets des antagonistes et agonistes des récepteurs m et des agonistes des récepteurs d, tout en considérant la faible capacité de conversion (entre différentes conformations) des récepteurs ô ainsi que la tolérance croisée limitée entre les récepteurs m et d.

A côté de ces changements de conformations, on a également pu observer expérimentalement, en présence d'enképhaline, le passage d'un état inapte à la liaison agoniste-récepteur vers un état actif en même temps qu'un rassemblement de plusieurs sites récepteurs.

La tolérance aux morphiniques semblent liées à la modification du taux d'AMPcyclique intracellulaire par leur action sur l'adénylate cyclase : on constate une diminution d'AMPc lors de l'administration aiguë de morphine par inhibition de l'enzyme; un retour à la normale lors d'une administration chronique; et une concentration augmentée lors de l'arrêt du traitement.

Les toxicomanies médicamenteuses aux barbituriques, hypnotiques et anxiolytiques (benzodiazépines)

ne doivent pas être sous-estimées, car bien que moins évidentes aux yeux du public, elles sont responsables d'un grand nombre de déchéances humaines principalement chez des personnes relativement âgées.

 

 

M.V.D.

Retour au sommaire

Toxicomanie 2001

 

Drogues : Effets à long terme d’une consommation prolongée :

OPIACÉS

Anorexie, maigreur, constipation, impuissance ou frigidité, stérilité, dénutrition, démence, confusion, infections.

BARBITURIQUES

Éruptions, angoisse, maigreur, irritabilité, troubles du comportement, brusques modifications de l'état d'esprit, crises émotionnelles, agressivité, risque élevé de suicide, psychose chronique et démence.

TRANQUILLISANTS

Semblables à ceux des barbituriques mais de moindre gravité.

 

 

 

 

 

 

 

M.V.D.

Retour au sommaire

Toxicomanie 2001

Drogues : Effets à long terme d’une consommation prolongée :

ALCOOL

Polynévrite, impuissance ou frigidité, amnésie,

vision dédoublée, dégradation intellectuelle

irréversible, crises émotionnelles, troubles du

comportement, extrême agressivité et graves

troubles hépatiques.

STIMULANTS

Irritabilité, maigreur, troubles psychotiques, abcès

cutanés, maladies du foie et psychose paranoïde.

CHANVRE

Peut provoquer l'apparition de psychoses chez des

sujets prédisposés.

HALLUCINOGENES

Semblables à ceux du chanvre.

SOLVANTS

Graves maladies du foie des reins et du sang.

Potentiel d’intoxication de certaines substances toxicomanogènes

Substance

drogue

potentiel d'intoxication

Amobarbital

Barbiturique

Elevé

Amphétamine

Stimulant

Elevé

Benzédrine

Stimulant

Elevé

Benzphétamine

Stimulant

Modéré

Butabarbital

Barbiturique

Modéré

Butaibital

Barbiturique

Modéré

Chlrodiazépoxyde

Tranquillisant

Faible

Chlorphentermine

Stimulant

Modéré

Codéine

Opiacé

Elevé

Dextro-amphétamine

Stimulant

Elevé

Dextropropoxyphène

Opiacé

Faible

Diacétylmorphine (Héroïne)

Opiacé

Elevé

Diazépam

Tranquillisant

Faible

M.V.D.

 

 

Toxicomanie 2001

Potentiel d’intoxication de certaines substances toxicomanogènes.

Substance

drogue

potentiel d'intoxication

     

Diphénoxylate

Opiacé

Faible

Fentanyl

Opiacé

Elevé

Flurazépam

Tranquillisant

Faible

Glutéthimide

Tranquillisant

Modéré à faible

Héroïne (Diacétylmorphine)

Opiacé

Elevé

Hydrate de chloral

Tranquillisant

Faible

Levorphanol

Opiacé

Elevé

Lorazépam

Tranquillisant

Faible

Méprobamate

Tranquillisant

Faible

Méthaqualone

Tranquillisant

Elevé

Méthadone

Opiacé

Elevé

Méthamphétamine

Stimulant

Elevé

Méthylphénidate

Stimulant

Modéré à élevé

Morphine

Opiacé

Elevé

Oxazépam

Tranquillisant

Faible

Oxycodone

Opiacé

Modéré

Oxymorphone

Opiacé

Elevé

Paraldéhyde

Tranquillisant

Faible

Pémoline

Stimulant

Faible

Pentazocine

Opiacé

Faible à modéré

Phendimétrazine

Stimulant

Modéré

Phenmétrazine

Stimulant

Elevé

Phénothiazine

Neuroleptique

Elevé

Phénobarbital

Barbiturique

Faible

Sécobarbital

Barbiturique

Elevé

Triazolam

Tranquillisant

Faible

 

M.V. D.

 

Retour au sommaire

Toxicomanie 2001

Ce tableau indique certaines substances chimiques qui constituent des drogues, leur potentiel d'intoxication ainsi que le groupe auquel elles appartiennent. Ces substances, classées par ordre alphabétique, font partie de certains médicaments les plus vendus en pharmacie, malgré le grave danger qu'elles impliquent.

Drogues : symptômes de l’état de manque.

OPIACES

Mydriase, hypertension, dyspnée, diarrhées,

vomissements, angoisse, pleurs, rhinorrhée, frissons,

"chair de poule", tremblements, bâillements

prononcés et convulsions.

BARBITURIQUES

Insomnies, hypertonie, évanouissements, faiblesse

génératisée, tremblements, fièvre, convulsions

semblables à celles de l'épilepsie, délire confusionnel

semblable au delirium tremens alcoolique, psychose,

déshydratation, coma et risque de mort.

TRANQUILLISANTS

Semblables à ceux des barbituriques mais de

moindre intensité.

ALCOOL

Cas bénins: tremblements. Cas graves: delirium

tremens.

STIMULANTS

Dépression, apathie, somnolence, douleurs

musculaires, inquiétude. Fortes crises de dépression

accompagnées de risque de suicide.

CAFÉINE

Faim, irritabilité, nervosité et confusion intellectuelle.

NICOTINE

Migraine, bouche sèche constipation

Le tableau suivant reprend les principales "Recreational Drugs" ou drogues utilisées dans un but de détente.

 

M.V.D

 

Toxicomanie 2001

 

Noms communs (" street names ") utilisés pour caractériser les " recreational drugs "

MDMA

M DA

MDEA

Gamma

Hydroxybutyrate

Flunitrazepam

Ecstasy

Love Drug

Eve

GHB, y-OH

Rohypnol

XTC

Love Pills

Easy Lay

Adam

   

Everclear

Circles

California Sunrise

   

Geor ia Home Bo

Darkene

E, M&M

   

Great Hormone at Bedtime

Forget Pill

Hu Dru

   

Grievious Bodil Harm

La Roche

Love Doves

   

Goo s

Mexican Valium

     

Li uid X, Li uid Ecstas

Mind Erasers

     

Natures's Quaalude

Rib

     

Oxy-sleep

Roach()es

     

Poor Man's Heroin

Roche

     

Salt Water, Water

Roofies

     

Scoop, Soap,

Rope, Ropies

     

Somatomax PM

Roples

     

Somsanit

Dow-shay

     

Vita-G

R05-4200, R-2

     

Wolfies

Trip & Fall

     

Zonked

The "Drop Drug "

 

STREET NAMES (drogues les plus souvent rencontrées).

25+

HALLUCINOGENS

 

BENNIES .

AMPHETAMINIQUE

ACAPULCO GOLD

CANNABIS

 

BLACK BEAUTIES

AMPHETAMINIQUE

ACID

HALLUCINOGENS

 

BUMBLEBEES

AMPHETAMINIQUE

ADAM

HALLUCINOGENS

 

CLEAR ROCKS

AMPHETAMINIQUE

ANGEL DUST

HALLUCINOGENS

 

CO-PILOTS

AMPHETAMINIQUE

BARBS

BARBITURIQUES

 

CRANK

AMPHETAMINIQUE

BAZOOKA

COCAINE

 

CROKE

AMPHETAMINIQUE

BAZUCOS

COCAINE

 

CRYSTAL

AMPHETAMINIQUE

BENNIES

AMPHETAMINIQUE

 

CRYSTAL METH

AMPHETAMINIQUE

BHANG

CANNABIS

 

DEXIES

AMPHETAMINIQUE

BIG C

COCAINE

 

ECSTA

AMPHETAMINIQUE

BIG CHIEF

HALLUCINOGENS

 

ECSTACY

AMPHETAMINIQUE

BIG 0

OPIACES

 

ECSTASY

AMPHETAMINIQUE

BLACK BEAUTIES

AMPHETAMINIQUE

 

EVE

AMPHETAMINIQUE

BLACK HEROIN

OPIACES

 

GLASS

AMPHETAMINIQUE

BLACK TAR HEROIN

OPIACES

 

ICE

AMPHETAMINIQUE

BLOW

COCAINE

 

LA-TURNAROUNDS

AMPHETAMINIQUE

BLUE BOMB

BENZODIAZEPINES

 

LOVE PILL

AMPHETAMINIQUE

BOOZE

ETHANOL

 

LOVE-DRUG

AMPHETAMINIQUE

BROWN STUFF

OPIACES

 

MDA

AMPHETAMINIQUE

BROWN SUGAR

OPIACES

 

MDMA

AMPHETAMINIQUE

BULLET

POPPERS

 

METH

AMPHETAMINIQUE

BUMBLEBEES

AMPHETAMINIQUE

 

MOLLIES

AMPHETAMINIQUE

CAKE

COCAINE

 

ORANGES

AMPHETAMINIQUE

CANASSON ROUGE

BENZODIAZEPINES

 

PEP PIES

AMPHETAMINIQUE

CANDY

COCAINE

 

RIPPERS

AMPHETAMINIQUE

CHARAS

CANNABIS

 

ROCKS

AMPHETAMINIQUE

 

M.V.D.

 

Toxicomanie 2001

 

CHARLY

COCAINE

HABU

AMPHETAMINIQUE

CHINA WHITE

OPIACES

PEED

AMPHETAMINIQUE

CHINESE HEROIN

OPIACES

PLASH

AMPHETAMINIQUE

CLEAR ROCKS

AMPHETAMINIQUE

PPERS

AMPHETAMINIQUE

COKE

COCAINE

PS

AMPHETAMINIQUE

CO-PILOTS

AMPHETAMINIQUE

C

AMPHETAMINIQUE

CRACK

COCAINE

LUE BOMB

BENZODIAZEPINES

CRANK

AMPHETAMINIQUE

ANASSON ROUGE

BENZODIAZEPINES

CROKE

AMPHETAMINIQUE

ERVE PILLS

BENZODIAZEPINES

CRYSTAL

AMPHETAMINIQUE

ARES

BARBITURIQUES

CRYSTAL METH

AMPHETAMINIQUE

OWNERS

BARBITURIQUES

DEXIES

AMPHETAMINIQUE

LEEPERS

BARBITURIQUES

DOA + DEAD ON ARRIVAL

HALLUCINOGENS

CAPULCO GOLD

CANNABIS

DOLLIES

OPIACES

RANG

CANNABIS

DOM

HALLUCINOGENS

HARAS

CANNABIS

DOTS

HALLUCINOGENS

ANJA

CANNABIS

DOWNERS

BARBITURIQUES

RASS

CANNABIS

DRINK

ETHANOL

ASH

CANNABIS

DUST

COCAINE 0 H

ASHISH

CANNABIS

ECSTA

AMPHETAMINIQUE

EMP

CANNABIS

ECSTACY

AMPHETAMINIQUE

ONEY OIL

CANNABIS

ECSTASY

AMPHETAMINIQUE

OINT

CANNABIS

ELEPHANT JUICE

OPIACES

IF

CANNABIS

ELEPHANT TRANQUILLIZER

HALLUCINOGENS

ARIHUANA

CANNABIS

EVE

AMPHETAMINIQUE

ARIJUANA

CANNABIS

GANJA

CANNABIS

ARY JANE

CANNABIS

GAS

SOLVANT

OT

CANNABIS

GLASS

AMPHETAMINIQUE

ED OIL

CANNABIS

GLUE

SOLVANT

OPE

CANNABIS

GRASS

CANNABIS

HIT

CANNABIS

H

CANNABIS OPIACES

EA

CANNABIS

HAPPY DUST

COCAINE

EED

CANNABIS

HASH

CANNABIS

 

ANNABIS OPIACES

HASHISH

CANNABIS

AZOOKA

COCAINE

HEAVEN DUST

COCAINE

AZUCOS

COCAINE

HEMP

CANNABIS

IG C

COCAINE

HONEY OIL

CANNABIS

LOW

COCAINE

HONG-KONG ROCKS

OPIACES

AKE

COCAINE

HORSE TRANQUILLIZER

HALLUCINOGENS

ANDY

COCAINE

ICE

AMPHETAMINIQUE

HARLY

COCAINE

JOINT

CANNABIS

OKE

COCAINE

KHIF

CANNABIS

RACK

COCAINE

KOKS

COCAINE

APPY DUST

COCAINE

LA-TURNAROUNDS

AMPHETAMINIQUE

EAVEN DUST

COCAINE

LOVE PILL

AMPHETAMINIQUE

OKS

COCAINE

'LOVE-DRUG

AMPHETAMINIQUE

ISTER COFFEE

COCAINE

LUDES

METHAQUALONE

UTTENDIESEL

COCAINE

MAGIC DUST

HALLUCINOGENS

IMPS

COCAINE

MARIHUANA

CANNABIS

INK PERUVIA

LAKE

COCAINE

MARIJUANA

CANNABIS

NOW

COCAINE

M.V.D.

 

Toxicomanie 2001

MARY JANE

CANNABIS

OOT

COCAINE

MDA

AMPHETAMINIQUE

UST

COCAINE 0 H

MDMA

AMPHETAMINIQUE

30ZE

ETHANOL

METH

AMPHETAMINIQUE

RINK

ETHANOL

MISS EMMA

OPIACES

5+

HALLUCINOGENS

MISTER COFFEE

COCAINE

CID

HALLUCINOGENS

MOLLIES

AMPHETAMINIQUE

DAM

HALLUCINOGENS

MORNING GLORY

HALLUCINOGENS

GEL DUST

HALLUCINOGENS

NERVE PILLS

BENZODIAZEPINES

IG CHIEF

HALLUCINOGENS

NUTTENDIESEL

COCAINE

OA + DEAD O

RRIVAL

HALLUCINOGENS

ORANGES

AMPHETAMINIQUE

OM

HALLUCINOGENS

PERCE PILL

HALLUCINOGENS

OTS

HALLUCINOGENS

PEP PILLS

AMPHETAMINIQUE

L E P H A N

RANQUILLIZER

HALLUCINOGENS

PIMPS

COCAINE

O R S

RANQUILLIZER

HALLUCINOGENS

PINK DOTS

HALLUCINOGENS

AGIC DUST

HALLUCINOGENS

PINK JESUS

HALLUCINOGENS

ORNING GLORY

HALLUCINOGENS

PINK PERUVIAN FLAKE

COCAINE

FACE PILL

HALLUCINOGENS

POOR MAN'COCAINE

POPPERS

INK DOTS

HALLUCINOGENS

POT

CANNABIS

INK JESUS

HALLUCINOGENS

POWER

HALLUCINOGENS

OWER

HALLUCINOGENS

PURPLE HAIE

HALLUCINOGENS

URPLE HAZE

HALLUCINOGENS

PURPLE WEDGES

HALLUCINOGENS

URPLE WEDGES

HALLUCINOGENS

QUASS

METHAQUALONE

OCKET FUEL

HALLUCINOGENS

RED OIL

CANNABIS

T P = S R E N I T Y

RANQUILLITY

EACE

HALLUCINOGENS

RIPPERS

AMPHETAMINIQUE

HE CHIEF

HALLUCINOGENS

ROCKET FUEL

HALLUCINOGENS

RIPS

HALLUCINOGENS

ROCKS

AMPHETAMINIQUE

ODES

METHAQUALONE

ROPE

CANNABIS

MASS

METHAQUALONE

RUSH

POPPERS

I(G O

OPIACES

SE-ASIAN HEROIN

OPIACES

LACK HEROIN

OPIACES

SHABU

AMPHETAMINIQUE

LACK TAR HEROIN

OPIACES

SHIT

CANNABIS

ROWN STUFF

OPIACES

SLEEPERS

BARBITURIQUES

ROWN SUGAR

OPIACES

SMACK

OPIACES COCAINE

HINA WHITE

OPIACES

SNAPPERS

POPPERS

HINESE HEROIN

OPIACES

SNOW

COCAINE

OLLIES

OPIACES

SPEED

AMPHETAMINIQUE

LEPHANT JUICE

OPIACES

SPLASH

AMPHETAMINIQUE

ONG-KONG ROCK

OPIACES

STP = SRENITY-TRANQUILLITY

PERCE

HALLUCINOGENS

ISS EMMA

OPIACES

SWEAT

POPPERS

E-ASIAN HEROIN

OPIACES

TEA

CANNABIS

MACK

OPIACES COCAINE

THE CHIEF

HALLUCINOGENS

ULLET

POPPERS

TOOT

COCAINE

OOR MAN'COCAIN

POPPERS

TRIPS

HALLUCINOGENS

USH

POPPERS

UPPERS

AMPHETAMINIQUE

NAPPERS

POPPERS

UPS

AMPHETAMINIQUE

WEAT

POPPERS

WEED

CANNABIS

GAS

SOLVANT

XTC

AMPHETAMINIQUE

GLUE

SOLVANT

M.V.D.

 

 

Retour au sommaire

 

 

 

Toxicomanie 2001

4 SOURCES D'INFORMATION

Nouvelles adresses utiles

"Campagne ALTO " : n° de téléphone vert: 078/11 22 00 [pour répondre 24 h sur 24 aux questions des toxicomanes et de leurs parents et les orienter vers une aide concrète].

Remarquons que médecins sans frontières (MSF) et le comité de concertation sur l'alcool et les autres drogues (CCAD tél 332.02.92) tentent d'établir des comptoirs mobiles d'échange de seringues.

"Citoyens comme les autres (CCLA)", à Bruxelles, et "Fly, Tox", à Liège, sont des groupes francophones d'autosupport d'usagers de la drogue. Ils préconisent la réinsertion des drogués en leur permettant de contrôler leur consommation de drogues, comme le font un grand nombre de personne qui maîtrise l'usage de la caféine, l'alcool ou le tabac. Ils proposent de nouvelles normes de consommation de l'héroïne - la fumer plutôt que se l'injecter -, et l'apprentissage de la vie avec sa drogue, par exemple en faisant appel à la substitution par la méthadone. Le tout, dans un anonymat respecté. CCLA : permanence téléphonique assurée tous les mardis et mercredis de 18 - 20 h au 520.46.62.

Fly, Tox : 98 rue Pierreuse, Liège - tél. 041 /23.42.00

 

 

5 RÔLE DU PHARMACIEN

Le rôle du pharmacien est très important au niveau de l'information et pour les cures ambulatoires, tant pour informer, donner confiance au toxicomane ou à sa famille que dans le suivi du traitement.

Par exemple, l'usage de la Méthadone ou de la Buprénorphine doit être convenablement réglementé. On devrait la donner sous forme de jus d'orange ou de sirop à boire de préférence devant le Pharmacien.

Du point de vue analytique, le laboratoire de toxicologie effectue des analyses qui permettent de suivre la compliance du toxicomane en cours de cures de désintoxication ou de permettre un dépistage dans un but préventif ou répressif

6 TRAITEMENTS

HALLUCINOGENE S

Intoxication aigüe

La phencyclidine (peu rencontrée en Europe mais assez fréquente aux USA), appelée également PCP ou "poudre d'ange" (Angel dust), elle est fumée ou ingérée. L'intoxication est de préférence traitée par l'haldol ou le diazépam IV. La diurèse forcée acide n'est pas recommandée.

Le LSD et la mescaline induisent un état d'hypersuggestibilité dont on peut tirer profit afin de calmer le sujet.

Le propranolol est utilisé pour neutraliser les effets aigus cardiovasculaires et nerveux. Le sevrage est discret. Des épisodes hallucinatoires récidivants et de courtes durées ("Flash Back") ne nécessite généralement qu'un tranquillisant mineur. II faut mettre en garde contre l'usage de Marihuana ou d'antihistaminiques qui peuvent favoriser les récidives.

Si au contraire un état d'anxiété prolongé ou des réactions psychotiques apparaissent, il peut être nécessaire de traiter le malade par des neuroleptiques en psychiatrie.

 

M. V. D. 

 

Toxicomanie 2001

 

  • Retour au sommaire

  • NARCOTIQUES

    Intoxication aigüe

    De fortes doses de narcotiques provoquent parfois des convulsions qui peuvent être traitées par le diazépam. Les narcotiques vendus au marché noir peuvent être mélangés à des produits tels que la quinine, la procaïne, la lidocaïne, le paracétamol, le lactose ou le mannitol, ou être contaminés par des bactéries, des virus ou des champignons.

    La naloxone (NARCAN), antagoniste des opiacés, fera disparaître l'apnée et le coma causés par l'héroïne, la morphine, la codéine, la péthidine, le propoxyphène, la méthadone, la pentazocine et les morphiniques apparentés; elle n'aggravera pas la dépression respiratoire due aux barbituriques ou à d'autres sédatifs.

    Comme la naloxone peut provoquer des vomissements, les patients comateux recevant ce médicament devraient être intubés afin de prévenir une bronchoaspiration.

    La posologie initiale de la naloxone est de 0,4 mg (1 ml), IV ou IM; cette dose peut être répétée 3 fois à des intervalles de 2-3 minutes. Dans certains cas d'intoxication, par exemple au propoxyphène, des doses beaucoup plus élevées peuvent être nécessaire. Certains la prescrivent à des doses de 0,4, 0,8, 1,6 et 3,2 mg IV à des intervalles de 5 minutes jusqu'à disparition du coma. Si la respiration ne s'améliore pas on peut exclure le surdosage d'opiacés.

    Les malades doivent être surveillés au moins 24 heures après retour à un état clinique apparemment normal. Si la dépression respiratoire réapparaît, des doses supplémentaires peuvent être indiquées. Un surdosage de méthadone peut entraîner un allongement du traitement jusqu'à 72 heures. Chez un sujet dépendant (toxicomane), la naloxone peut engendrer un syndrome de sevrage sévère, aussi la posologie de ce médicament doit-elle être adaptée avec soin afin d'éviter l'apparition de ce syndrome.

    Ce dernier présente généralement peu de risque vital.

    Des cures de désintoxication font appels à un sevrage ambulatoire rien qu'en utilisant des tranquillisants, des myorelaxants et des somnifères comme traitement symptomatique.

    La plupart des opiomanes supportent relativement bien l'état de manque grâce à l'administration d'une dose de 20 mg de méthadone per os durant les 24 premières heures, puis avec des doses diminuées prescrites suivant les symptômes présentés. La clonidine, un antihypertenseur, a également été utilisé comme médicament non narcotique en cure de désintoxication, avec cependant un risque d'hypotension.

     

     

    Retour au sommaire

     

    Toxicomanie 2001

    DEPRESSEURS DU SNC.

    Les benzodiazépines provoquent rarement des effets sérieux si elles sont prises seules, mais elles peuvent avoir des effets additifs ou être potentialisées par la prise d'alcool ou d'autres dépresseurs.

    La glutéthimide a été associée à la codéine dans le but d'augmenter l'effet de cette dernière ("LOADS" ou "HITS") principalement sur la côte ouest des Etats-Unis.

    Des injections IV de pentazocine, analgésique narcotique, associée à un antihistaminique, la tripélénamine "Hit's and Blues".

    Syndrome de sevrage

    Le traitement consiste en une diminution progressive des doses que le sujet a prises ou en substituant du phénobarbital ou pentobarbital. Un sevrage brutal après la prise de doses élevées de barbituriques peut être potentiellement mortel. Les convulsions, les hallucinations, les états confusionnels ou de désorientation dus au sevrage doivent être traités par des doses supplémentaires par IV ou par os. Les symptômes de sevrage après consommation de phénobarbital, de gluthétimide, d'ethchlorvynol peuvent être de longue durée. Des effets sévères (états psychotiques, convulsions) peuvent survenir après abus prolongé de benzodiazépines. Un diminution très lente de la posologie d'environ 10% par jour est recommandée. Avec les molécules à longue durée d'action, comme le diazépam, les symptômes peuvent être tardifs, n'apparaissant qu'après plusieurs jours, et être confondus avec la réapparition de l'anxiété.

    STIMULANTS DU SNC

    Intoxication algue

    Les manifestations dues aux amphétamines sont traitées de préférence par l'halopéridol. La phentolamine est prescrite pour abaisser la tension artérielle et l'hyperthermie. Une dose unique de 80 mg de lévo- et de dextro-amphétamine peut provoquer une hémorragie intracranienne.

    La cocaïne est souvent mélangée à la procaïne, la lidocaïne, de l'amphétamine ou d'autres produits (voir tableau). Elle est fumée, inhalée(prisée), ingérée ou injectée IV. ses effets sont comparables à ceux des amphétamines prises par voie IV mais d'une durée d'action plus courte, et l'intensité de l'euphorie plus grande.

    La chlorpromazine diminue les manifestations paranoïaques aigües liées à l'intoxication par la cocaïne. Si des convulsions surviennent, elles peuvent être traitées par le diazépam. Chez cers patients on devrait surveiller l'apparition d'une dépression respiratoire et d'une hyperthermie. Des cas mortels ont été signalés après inhalations, ingestions ou injections IV de cocaïne. Les rechutes sont fréquentes pendant la période de réhabilitation car ces sujets ont une forte tendance à continuer à fumer la cocaïne sous forme de base libre extraite à partir du chlorhydrate ou à l'utiliser par voie IV.

    Syndrome de sevrage

    II n'est pas nécessaire de désintoxiquer progressivement un patient prenant des amphétamines. Les cocaïnomanes graves deviennent irritables et paranoïaques s'ils sont privés de leur drogue et certains d'entre-eux dépriment ("cocaïne blues"). Chez ceux-ci il peut être utile de prescrire des anti-dépresseurs tricycliques et de prendre des précautions contre le suicide.

     

     

     

     

    M.V.D. 31.

    Toxicomanie 2001

    ANTICHOLINERGIQUES

    En plus du trihexyphénidyle (Artane) et des antidépresseurs tricycliques, des produits ayant des effets anticholinergiques et dont on peut abuser tel que la Datura, la Jusquiame, la Belladone, la propanthéline et la Mandragore, peuvent se trouver à l'état sauvage dans la nature ou dans des préparations médicinales.

    La physostigmine qui a de nombreux effets indésirables devrait être réservée au traitement des cas de surdosages menaçant la vie du sujet.

    Les symptômes de sevrage se présentent notamment sous forme d'états maniaques ou hypomaniaques.

    SUBSTANCES VOLATILES

    Le protoxyde d'azote et le nitrite d'amyl, de butyle ou d'isobutyle sont parfois utilisés en inhalation pour obtenir une euphorie transitoire; les réactions à ces produits peuvent être mortelles. L'inhalation de toluène (peinture, colle), peut provoquer un coma, des convulsions et une encéphalopathie.

    1. Le 1-2 dichloropropane, un hydrocarbure utilisé comme solvant peut provoquer une insuffisance rénale aigue, une anémie hémolytique et une coagulation intravasculaire disséminée.

    On a signalé des cas de mort soudaine, probablement par arythmie après inhalation d'hydrocarbures halogénés.

    Une tolérance aux effets nerveux de certaines substances volatiles peut se développer mais les syndrome de sevrage semblent inexistants.

    LA BUPRENORPHINE

    C'est un agoniste antagoniste; elle a une activité du type morphinique, mais elle peut également déclencher des signes de sevrage chez les patients présentant une dépendance physique aux narcotiques. Son délai d'action est de 15 min; elle est métabolisée par le foie et excrétée par les selles et les urines.

    L'arrêt brusque du traitement après administration prolongée ne provoque que des signes modérés de sevrage. Les effets pharmacologiques ne sont pas supprimés facilement par la Naloxone même à dose élevée.

    EFFETS INDESIRABLES

    sédation, vomissements, sudation, hypotension, myosis et céphalées.

    Aux doses recommandées la buprénorphine a un effet dépresseur sur la respiration aussi marqué que celui de la morphine, mais les propriétés antagonistes de ce médicament pourrait empêcher une dépression respiratoire sévère en cas de surdosage. Elle doit être administrée avec extrême prudence aux patients présentant des perturbations de la fonction respiratoire comme c'est le cas pour la morphine

    SEVRAGES INVOLONTAIRES: II est dangereux de donner de la naloxone ou de la naltrexone à un toxicomane non sevré. Cela risque de déclencher une crise de sevrage aiguë. De même que l'arrêt brusque du traitement à la clonidine peut entraîner un effet rebond parfois dangereux.

    Le Valtran (mélange de Tilidine et de Naloxone) n'est pas toxicomanogène car à dose thérapeutique le phénomène de premier passage hépatique élimine la naloxone. A dose suprathérapeutique, la naloxone inhibe l'effet de la Tilidine. Chez le toxicomane, cette spécialité provoque un syndrome de sevrage.

    M.V.D.

     

    Toxicomanie 2001

    D'autres associations couplant l'agoniste et l'antagoniste sont également présentes sur le marché: le Mépecton (morphine-éphédrine+belladone) ou le Réasec (diphénoxylate et atropine).

    Pour les post-cures, l'usage d'antabuse pour l'alcool, de naltrexone pour les opiacés

    Propriétés pharmacocinétiques en relation avec la dépendance psychique et physique

    Etat compulsif

    Troubles physiques

    (dépendance

    (dépendance

    psychique)

    physique)

    absorption rapide

    charge cumulative (dose,

     

    fréquence, durée du

     

    traitement)

    pénétration rapide dans les

    petit volume de distribution

    zones sensibles du cerveau

     

    [haute biodisponibilité]

    long temps de demi-vie

    faible liaison au protéines

    faible clairance de la drogue

     

    sous forme libre

    temps de demi-vie court

     

    petit volume de distribution

     

    haute clairance de la drogue

     

    sous forme libre

     

    Compte tenu d'une haute efficacité pharmacologique

    M.V.D.

    Retour au sommaire

    Toxicomanie 2001

    Traitements 

    CURES POUR/

    TABAC *ALCOOL

    BARBITURIQUES * BENZODIAZEPINE

    HEROÏNE

     

    Dépendance à l’héroïne

    Cure à sec (en bloc, "cold turkey")

    Cure de remplacement (méthadone, buprénorphine) VALTRAN/DEPRONAL/CODEINE/FORTAL/BURGODIN/HEROINE

    Clonidine per os (CATAPRESSAN, DROXARIT)

    Anesthelec (électrothérapie)

    Acupuncture, kinésithérapie, balnéothérapie

    Traitement symptomatologique : paracétamol (DAFALGAN, PANADOL), noramidopyrine (NOVALGINE), ASPEGIC, BUSCOPAN, VISCERAGINE, NOZINAN, LARGACTIL, PRAZINE ou THERALENE; VALIUM, DOMINAL NALTREXONE

    serrage involontaire (Naloxone, naltrexone, nouveau-né)

    Dépendance aux benzodiazépines

    Diminution des doses

    ® VALIUM, RIVOTRIL + TEGRETOL

    Dépendance aux barbituriques

    Diminution des doses

    GARDENAL, TEGRETOL, NOZINAN, THERALENE, DIPIPERON

    Dépendance à l’alcool

    RIVOTRIL, TEGRETOL, TIAPRIDAL, VALIUM, NOOTROPIL

    SINEQUAN, REDOMEX, TRAZOLAN

    ANTABUSE

    sont à conseiller dans le cas où l'équilibre psychologique du patient reste précaire.

     

    Dépendance aux psychostimulants

     

    amphétamines: RILA TINE

    Cocaïne: PARLODEL et PERTOFRAN

    En urgence :

    HALLUCINOGENES

    [LSD, PSYLOCIBINE, IBOGA (ibogaïne, tabernanthine), CANNABIS]

    - >mydriase temporaire

    donner neuroleptiques <>

    • syndrome délirant, angoisse, déstructuration,
    • troubles de la perception , Hypertension

    ANTICHOLINERGIQUES

    [DATURA (hyosciamine, scopolamine),BELLADONE (atropine),

    dérivés synthétiques (KEMADRIN, ARTANE)j

    • mydriase permanente
    • anxiolytiques et réhydratation <>
    • délirium (visuel et onirique),confusion, sécheresse des muqueuses

     

    DERIVES AMPHETAMINIQUES, COCAINE

    Donner neuroleptiques

     

     

     

     

     

     

     

    M.V.D,

    Accueil

    Retour au sommaire

    • 2e partie : les dépendances vues sous l ’angle de la psychologie comportementaliste et de l ’expérimentation animale

    Dépendance physique : (pas pour toutes les substances).

    Dépendance psychologique: induit une envie de re- consommation, liée à l'état du sujet, et ou à la substance elle-même. Besoin irrésistible : craving.

    Définition du terme "craving".

    En anglais, selon le dictionnaire "Harrap's", "to crave" se traduit par : désirer ardemment, réclamer, avoir l'envie furieuse de. Et "craving" se traduit par : désir ardent, appétit insatiable pour, passion de, besoin de.

    Craving et effets renforçants des drogues.

    Le craving à l'alcool, comme d'ailleurs aux autres drogues addictives, est donc ce besoin sans limites qu'éprouve la personne dépendante d'en re-consommer. Ce n'est pas la dépendance ou l'assuétude à cette drogue, c'est la conséquence de cette assuétude.

    L'assuétude trouve son origine dans les renforcements procurés par le produit. En fait, les effets renforçants des drogues peuvent être vus comme "positifs" (prendre la drogue pour en tirer un effet agréable, une "récompense") et "négatifs" (prendre la drogue pour éviter les conséquences du manque).

    Le "pouvoir renforçant" de la substance et expérimentation animale.

    L'expérimentation montre que la plupart des substances donnant lieu à abus chez l'homme peuvent induire une auto-administration chez l'animal.

    Ce pouvoir renforçant dépend :

    • des conditions d'accès : un rat deviendra alcoolique si on lui donne d'abord l'alcool avec du sucre, de l'eau et un correcteur de goût. Il recourra à l'alcool pour l'alcool après. Il en est de même pour l'homme qui commencera avec un vin doux puis passera aux alcools forts après.
    • Il existe un "lieu de préférence". Dans le modèle animal, si d'un côté d'une cage on met de l'eau et de l'autre une solution de cocaïne, plus tard, si on n'y en met plus, l'animal continuera à aller boire de préférence là ou était la cocaïne.

    D'autres facteurs, propres au sujet lui-même sont également à prendre en considération :

    • La dose initiale et les conséquences qu'elle aura eue sur le sujet. Quand la consommation a débuté elle apportait un bien être se marquant par de l'anxiolyse, une amélioration des performances physiques ou intellectuelles, une euphorie, etc. Ces éléments sont propices a donner l'envie de répéter l'expérience.
    • L'histoire du sujet. Le contexte social et familial dans lequel évolue le sujet, son hérédité, des facteurs de tension, d'environnement.

     

    Tolérance :

    On constate, pour certaines substances que le sujet semble "s'habituer" au produit. L'effet de doses identiques s'atténue au gré des expositions successives. Autrement dit, il faut augmenter sans cesse les doses pour obtenir un effet constant. La tolérance peut être d’origine métabolique ( métabolisation accrue de la substance par induction enzymatique : c’est le cas pour l’éthanol dans sa composante sédative et les barbituriques) ou d’origine pharmacodynamique (par diminution du nombre de récepteurs ou de l’efficacité du couplage entre récepteurs et système de seconds messagers : cas des opiacés). Ce phénomène est réversible.

     

    Tolérance " environnemento - dépendante"

     

    On constate un conditionnement pavlovien classique par l'association de facteurs d'environnement au comportement de recherche. Autrement dit, le fait de se retrouver dans certains lieux ou certaines ambiances induit des re-consommations.

    "Manque conditionné".

    Quand le patient est désintoxiqué, les symptômes aigus de manque ne sont plus un problème. On constate néanmoins qu'un mécanisme de craving peut s'initier par un phénomène de "manque conditionné".

    Certaines explications neurochimiques du manque conditionné dépendent du concept que l'administration répétée de drogue induit des changements adaptatifs dans le cerveau.

    (" processus d'opposition") qui sont conçus pour s'opposer aux effets chimiques aigus de la drogue. Quand le comportement de prise de drogue est répété, (particulièrement s'il se produit dans les mêmes conditions), la réponse adaptative devient conditionnée au comportement et aux conditions, et ensuite, ces situations d'ambiance et de comportement seules, donc sans la drogue, deviennent suffisantes pour que l'adaptation se manifeste. C'est à dire que si un individu adopte le même comportement dans le même cadre mais ne consomme pas de drogue à ce moment, une adaptation conditionnée se déclenchera, mais dans ce cas, cette altération dans la chimie du cerveau ne sera pas compensée par la présence de la drogue. Ainsi, les conséquences neurochimiques directement opposées à celles que devrait produire la drogue sont mises en action, ce qui jette l'individu dans un "syndrome de manque conditionné" . Ce phénomène se produira même si l'individu n'a plus pris de drogue depuis des mois. Prenons l'exemple d'un alcoolique désintoxiqué entrant dans un bar familier et y consommant une boisson non - alcoolisée. Le cadre va déclencher une forte réponse adaptative à l'alcool au niveau du cerveau, laquelle va se traduire par de l'anxiété, des tremblements, transpiration etc., tous signes précurseurs de manque d'alcool. Puisque, par expérience, il (ou elle) sait que tous ces symptômes déplaisants peuvent être soulagés en prenant de l'alcool, ce comportement en sera la conséquence probable. Ces changements adaptatifs s'opèrent loin en dessous du niveau de conscience.

    Ce phénomène est mis en évidence expérimentalement par le modèle animal. Si on exerce un stimulus conditionnant sur l'animal (exemple : stimulation par des électrodes de certaines zones du cerveau), ce dernier réagit par une auto-administration de drogue. Si à ce stimulus conditionnant on associe un stimulus neutre, par exemple l'apparition d'une lumière de couleur, au bout d'un certain temps, seul le stimulus neutre suffira à provoquer le comportement de recherche et l'auto-administration.

    Les stimuli discriminatifs associés au comportement de recherche.

    les effets discriminatifs peuvent induire un comportement de recherche dans la mesure ou précédemment ces effets étaient associés à ce comportement de recherche. Un alcoolique boit parce qu'il tremble s'il ne boit pas. Ce sont les stimulus discriminatifs. Devenu abstinent, si pour une raison extérieure, il a des tremblements (par exemple parce qu'il a de la fièvre à l'occasion d'une grippe), il risque de re-consommer. De même, une prise passive chez un sujet sensibilisé peut provoquer une rechute.

    Tolérance inverse ou Sensibilisation comportementale

     

    • L’évolution de l ’intoxication accroît la sensibilisation

    Relativement aux effets excitants de l'alcool, comme d'ailleurs pour les autres drogues psychostimulantes, le phénomène est inverse : on constate, au fur et à mesure des prises, une sensibilisation se traduisant par un accroissement des effets. On parle de sensibilisation comportementale parce qu'il a été montré que des facteurs extérieurs, tels le stress, amplifiaient encore la réponse de l'organisme.

    On a pu démontrer que l'administration des substances psychostimulantes, loin de générer l'apparition d'une tolérance, fait apparaître, chez l'animal de laboratoire, une augmentation progressive de la réponse motrice, ou, autrement dit, de la quantité de mouvements de l'animal. On peut associer cet accroissement de la réponse motrice (mesurable) à un état d'excitation croissante. Cette observation chez l'animal est transposable à l'homme. Ainsi, cette sensibilisation s’observe chez les personnes qui consomment des substances psychostimulantes comme les amphétamines, la cocaïne et l’alcool.

    • Caractère irréversible de la sensibilisation

    Ce phénomène, dont les effets biochimiques n’ont pas encore été entièrement élucidés, est probablement une des causes métaboliques fondamentales de l’addiction. On a en effet démontré que cette sensibilisation comportementale se traduit, sur le plan biologique, par une augmentation progressive de la libération de la Dopamine au niveau du système de récompense. Ce qui se traduit par une amplification graduelle du pouvoir renforçant du produit. Ceci pourrait rendre compte de l’apparition chez certaines personnes de la perte de contrôle de la consommation, mais aussi du processus de rechute dans la mesure où, lorsqu’elle s’est installée, la sensibilisation apparaît comme irréversible."

    Tolérance et sensibilisation ?

    • Effet sédatif précédant l ’effet stimulant (circuit GABA et circuit glutamate).

    Dans le cas des substances dites sédatives comme les opiacés et même les diazépines, la présence simultanée de l’effet de tolérance et de sensibilisation pour une même substance semble paradoxale à première vue. On l’explique par le fait que ces produits ont plusieurs effets psychotropes qui apparaissent séquentiellement. Dans le cas de l’alcool, par exemple, l’effet sédatif est précédé de l’effet stimulant. Cet effet est bien connu : une personne qui consomme de l’alcool passe d’abord par un stade d’excitation, de désinhibition, d’accroissement de son activité motrice et mentale, d’euphorie… Dans un deuxième temps, l’effet stimulant s’estompe et l’effet sédatif apparaît : la personne s’endort. Ce deuxième stade apparaît plus rapidement chez les personnes qui sont peu habituées à consommer l’alcool car chez elles, l’effet de tolérance ne s’est pas (encore) installé. En revanche, chez les consommateurs habituels, dont on dira " qu’ils tiennent bien l’alcool ", l’effet sédatif apparaît très peu et l’effet stimulant prédomine. Il est bien évident que le risque de perdre le contrôle de la consommation et de devenir alcoolique est plus grand chez les personnes chez lesquelles, naturellement, la tolérance s’installera plus rapidement et sera plus intense.

    " Ce phénomène, est probablement une des causes métaboliques fondamentales de l’addiction. Cette sensibilisation comportementale se traduit, sur le plan biologique, par une augmentation progressive de la libération de la Dopamine au niveau du système de récompense. Ce qui se traduit par une amplification graduelle du pouvoir renforçant du produit. Ceci pourrait rendre compte de l’apparition chez certaines personnes de la perte de contrôle de la consommation, mais aussi du processus de rechute dans la mesure où, lorsqu’elle s’est installée, la sensibilisation apparaît comme irréversible. " (texte Dr. P. Verbanck)

    Les effets aigus de l'éthanol sont généralement inhibiteurs de l'activité neuronale, mais lors d'expositions répétées cet effet s'affaiblit (tolérance), en partie parce que des changements adaptatifs s'établissent dans les nerfs pour s'opposer aux effets de l'alcool. Ces changements rendent les nerfs affectés plus excitables, contrebalançant ainsi l'effet inhibiteur de la drogue, mais si l'éthanol est subitement supprimé, les neurones "perdent l'équilibre" et deviennent hyper-excitables (syndrome de manque). Ce syndrome d'hyper-excitabilité se maintient jusqu'à ce que l'adaptation à l'alcool peut être supprimée par une re consommation, remettant le système, à nouveau en équilibre : voir schéma ci-dessous :

    NB. :" withdrawal syndrome" se traduit par : syndrome de manque.

    Fig. Représentation schématique du syndrome de manque alcoolique, montrant les processus qui sont présumés être à la base de ce syndrome. L'exposition aiguë des nerfs à l'alcool produits des effets neurochimiques qui suppriment en grande partie l'excitabilité neuronale (conduisant à des effets sédatifs). Lors d'expositions prolongées ou répétées, les nerfs s'adaptent à l'action de la drogue en produisant des effets opposés qui contrebalancent les effets de l'alcool, conférant une tolérance. Cependant, lorsque l'alcool est supprimé de la proximité des nerfs qui se sont adaptés dans ce sens, ils ont été rendus plus excitables et cela aboutit à une perte d'équilibre se traduisant par une hyperactivité. C'est cette notion d'adaptation neuronale qui est présumée responsable de plusieurs aspects du syndrome de manque alcoolique.

    Le mouvement de bascule représenté dans le schéma est donc considéré être à la base du syndrome de manque. Des changements similaires sont probablement à l'origine de la dépendance à d'autres drogues. Donc, pour comprendre la base neurochimique du manque (réel ou conditionné), nous devons comprendre les mécanismes d'adaptation que l'alcool induit et qui conduisent à l'hyper-excitation neuronale lors de sa suppression. Ceci n'est pas simple. L'alcool est une très "sale" drogue dans ce sens qu'il a plusieurs mécanismes aigus d'action, et il est probable que ceux-ci provoquent différentes adaptations neurochimiques. En fait, les concepts courants visent au moins trois mécanismes principaux d'adaptation lesquels ne sont pas exclusifs.

    Ces adaptations incluent une réduction de l'effet inhibiteur du neurotransmetteur "acide gamma amino butyrique" (GABA) agissant sur les récepteurs GABA et augmente les effets du transmetteur excitateur "glutamate" agissant sur le sous type de récepteur "N-methyl-D-aspartate'" (NMDA).

     

    Perte de contrôle de la consommation.

    Le premier mécanisme induisant le craving est la répétition d'expériences à effets renforçants positifs. Ces renforcements successifs entraînent un désir compulsif de ces effets et s'associe avec une pensée continuelle aux effets de la drogue, comment obtenir des approvisionnements en drogue etc., avec le résultat que la vie en vient à ne plus se centrer que sur l'expérience de drogue. Ce concept s'intègre dans un concept plus large de dépendance psychologique aux drogues. Ainsi, une personne devenue dépendante peut perdre tout contrôle de sa consommation. Ce phénomène se manifestera lors de la consommation par une multiplication compulsive des prises du produit, allant jusqu'à la perte de conscience et au comas. Une personne abstinente et sevrée physiquement ne retrouve généralement pas sa capacité de contrôle , lors d'une re-consommation même faible, voire involontaire. Ceci explique le principe d'abstinence si cher aux Alcooliques anonymes, et les rechutes de consommation de tabac même après des années d'abstinence.

    Comportement de recherche.

    En résumé : quels sont les différents mécanismes responsables de ce comportement de recherche et de consommation ?

    1. le pouvoir renforçant de la substance. (1) 

    On parlera de pouvoir renforçant positif de la drogue lorsque son effets sont perçus comme "positifs" La drogue est prise pour en tirer un effet agréable, une "récompense". (Euphorie, anxiolyse, amélioration du fonctionnement). (2)

    Le comportement de recherche sera stimulé par les d'effets discriminatifs (5) de la substance lorsque la finalité première de la consommation est d'éviter les inconvénients et conséquences du manque. Pensons à l'alcoolique qui "doit" boire dès le matin pour éviter les tremblements.

    Les effets discriminatifs peuvent induire un comportement de recherche dans la mesure ou précédemment ces effets étaient associés à ce comportement de recherche. Un alcoolique boit parce qu'il tremble s'il ne boit pas. Ce sont les stimulus discriminatifs. Devenu abstinent, si pour une raison extérieure, il a des tremblements (par exemple parce qu'il a de la fièvre à l'occasion d'une grippe), il risque de re-consommer. De même, une prise passive chez un sujet sensibilisé peut provoquer une rechute.

    2.. Facteurs modulant le pouvoir renforçant de la substance.

    Ce pouvoir renforçant ne sera pas de la même intensité chez chacun d'entre nous. Il est modulé par (3) :

    • Des facteurs environnementaux et sociaux : la disponibilité du produit, le milieu familial et social dans lequel évolue le sujet, son éthique, les facteurs de tension, les licences et interdits culturels. Certains lieux, plutôt que d'autres par ce qu'ils évoquent ou par l'état de conscience qu'ils suscitent interviennent dans le déclenchement du besoin.  
    • Des facteurs génétiques : on a pu mettre en évidence des prédispositions héréditaires aux recours aux produits et à la dépendance.
    • L'histoire comportementale du sujet : Les conditions d'accès au produit seront déterminantes. Le premier effet observé déterminera l'envie de renouveler l'expérience selon qu'il aura été perçu comme positif (agréable, valorisant,...). Si la première tentative laisse une mauvaise impression (goût, problèmes digestifs, sensations déplaisantes), on parle de renforcement négatif lequel aura plutôt l'effet d'éloigner l'envie de recommencer l'expérience
    • L'histoire pharmacologique du sujet : Les chercheurs ont montré que la sensibilisation comportementale se développe lors de l'injection de cocaïne, d'alcool d'opiacés et même de nicotine . Elle s'accompagne d'une hausse des taux de libération de dopamine dans le noyau accumbens, et suit des règles très précises. Elle n'apparaît que si l'animal reçoit son injection dans un environnement inchangé. Surtout, elle se maintient plusieurs mois après la dernière injection. Il existe même une action croisée entre les psychostimulants et les opiacés, l'injection d'un produit de l'un des groupes sensibilisant aux produits de l'autre groupe. La drogue paraît donc, avant tout, mettre en relief l'environnement associé à la récompense. Pour l'alcoolique, il semble que cette sensibilisation soit irréversible. Jane Stewart et ses collègues n'ont pas manqué de relier ces données aux observations faites chez les toxicomanes. En effet, l'environnement qui entoure les injections revêt, pour eux, une extrême importance. L'une des histoires les plus célèbres est sans doute celle des G.I. du Vietnam chez qui le taux d'héroïnomanie avait atteint un niveau tel, que le gouvernement américain commençait à envisager un programme spécial de désintoxication. Au grand soulagement des autorités, dès que les soldats sont revenus dans leurs familles, le pourcentage de toxicomanes est descendu à un niveau à peine supérieur à celui de la population générale: l'environnement avait changé. A l'inverse, les anecdotes d'héroïnomanes qui rechutent en voyant une seringue, la croix verte de l'enseigne d'une pharmacie (ou même du talc quand il s'agit de cocaïnomanes), sont légion.

    3 Mécanismes neurobiologiques (4)

    On observe, au niveau de la tolérance au produit, un phénomène tel que la "tolérance environnemento - dépendante" dans lequel la tolérance à une drogue est considérablement plus grande quand la drogue est prise dans son cadre familier.

    4. Effets aversifs

    A l'opposé, les effets aversifs d'une substance ont une action négative sur le comportement de recherche (7) 

    5 Stimuli associés aux effets de la consommation (6).

    Quand le patient est désintoxiqué, les symptômes aigus de manque ne sont plus un problème, mais un mécanisme de craving peut s'initier par un phénomène de "manque conditionné". L'association de facteurs d'environnement au comportement de recherche suscite un conditionnement pavlovien classique. On observe des besoins de re-consommations lorsque les personnes ainsi conditionnées se retrouvent dans certains lieux ou certaines ambiances.

    .

     

     

     

     

    Modèle de l’assuétude.

    En fonction de ce qui vient d’être défini ci-dessus, on peut visualiser l’évolution du modèle de l’assuétude de la façon suivante :

    ANCIEN

    NOUVEAU

    Consommation d’un produit

    Consommation d’un produit entraîne

    Poursuite de la consommation

    Effet renforçant appelant à la répétition

    Apparition d’une tolérance

    Apparition de la tolérance

    Augmentation de la consommation

    Sensibilisation et perte de contrôle

    Dépendance physique

    Dépendance Physique

    Accueil

    Retour au sommaire