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Voir avec intérêt le site "STERIBOX d'APOTHICOM" : http://www.steribox.tm.fr/

et le texte de ce site consacré au rôle du pharmacien : "Steribox".

 

LA RÉDUCTION DES MÉFAITS : UNE NOUVELLE FAÇON D’ABORDER LES PROBLÈMES D’ALCOOL ET DE DROGUES

Les méfaits liés à l’alcool et aux drogues

L’alcool et les autres drogues peuvent nuire aux personnes et à la société de bien des façons.

Parmi les méfaits liés aux drogues, on compte entre autres la détérioration de la santé de l’usager, telles les maladies du foie liées à l’alcool et la mort en raison d’une surdose. Les conséquences négatives sur la santé ne se limitent pas nécessairement aux effets directs de la drogue. Par exemple, certains usagers de drogues injectées augmentent leur risque de contracter des maladies infectieuses, comme le sida et l’hépatite B ou C, en partageant des aiguilles souillées.

L’alcool et la drogue peuvent également affecter la famille et les amis de l’usager. L’usage abusif d’alcool et de drogues joue souvent un rôle dans les problèmes familiaux, notamment la violence familiale et les mauvais traitements infligés aux enfants. Les victimes de violence familiale et sexuelle peuvent à leur tour faire usage de drogues ou d’alcool pour soulager leur douleur, se détendre ou dormir. Selon un récent sondage (au Canada), 43 p. 100 des jeunes de la rue à Toronto admettent que des problèmes d’alcool et de drogues ont influencé leur décision de quitter le foyer familial.

Pendant la plus grande partie du siècle, le Canada et d’autres pays occidentaux ont combiné deux approches en ce qui concerne les problèmes de drogues illégales. D’une part, on a fait un effort pour réduire la demande de drogues illégales par l’intermédiaire de programmes de prévention, axés la plupart du temps sur les jeunes, et de programmes de traitements à l’intention des usagers qui désirent arrêter. D’autre part, on a investi des ressources importantes dans la surveillance policière et le système judiciaire pour essayer de limiter l’approvisionnement des drogues. Ces deux stratégies ont pour but de réduire de façon globale l’usage de drogues illégales.

Cependant, au cours des dernières années, ces efforts centrés exclusivement sur la réduction de la consommation ont soulevé de plus en plus d’inquiétudes car ils ne tiennent pas compte des autres moyens pouvant diminuer les méfaits immédiats liés à l’usage continu de drogues. En conséquence, les démarches qui visent la réduction des conséquences négatives de l’usage de drogue plutôt que l’usage même ont de plus en plus soulevé l’intérêt.

La réduction des méfaits (des risques ou des dommages)

Ces stratégies de réduction des méfaits visent tout d’abord à tenter d’identifier les risques associés à l’usage d’alcool et de drogues d’une manière concrète et pragmatique et d’y faire face. La réduction des méfaits signifie la concentration de tous ses efforts sur les changements les plus rapides et réalisables pouvant réduire les dangers pour la santé et le bien-être de l’usager et de la société. Aider les usagers à s’abstenir d’alcool ou de drogues est le but visé à long terme. Néanmoins, les stratégies de réduction des méfaits mettent plutôt l’accent sur des améliorations pratiques à court terme, qu’elles aident ou non à diminuer la consommation.

Ces approches de réduction des méfaits sont déjà bien acceptées dans le cas de nombreux problèmes de drogues légales et de médicaments prescrits. Par exemple, les mesures prises pour réduire les dommages causés par la conduite en état d’ébriété comprennent des stratégies visant à séparer l’action de boire et celle de conduire, ou encore, à limiter les dommages causés par une collision à l’aide des ceintures de sécurité ou des sacs à air comprimé. La gomme à mâcher et les timbres à nicotine, qui aident les personnes à arrêter de fumer sans passer par une période de sevrage, peuvent faire baisser les risques de maladies respiratoires. Les étiquettes de mise en garde sur les contenants de médicaments prescrits sont une autre stratégie visant à limiter les risques d’accidents ou d’autres méfaits pouvant découler de l’usage de certains médicaments, seuls ou combinés avec d’autres.

Depuis les années 1980, c’est dans les domaines de l’usage de drogues injectées et de la prévention de maladies infectieuses que les effets des stratégies de réduction des méfaits liés aux drogues illégales se sont fait le plus sentir. On s’entend maintenant pour dire que des aiguilles et des seringues propres ainsi que des renseignements au sujet de pratiques d’injection sûres s’avèrent des facteurs importants pour éviter la propagation de l’hépatite B, de l’hépatite C et du sida parmi les usagers de drogues injectées.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que la propagation du VIH est une menace beaucoup plus grande pour la santé publique que l’usage de drogues injectées. Dans sa politique, l’OMS recommande que les mesures visant à réduire l’usage de drogues ne doivent pas entraver les stratégies visant à limiter la propagation du sida.

Bien que l’intérêt engendré récemment par la réduction des méfaits provienne en grande partie de la crise du sida des douze dernières années, les stratégies visant la diminution des méfaits liés aux drogues existent depuis beaucoup plus longtemps. Dans les années vingt, le Rolleston Committee, un groupement de médecins britanniques influents, a déclaré qu’on pouvait justifier, dans certains cas, la prescription de médicaments pour les usagers incapables de se débarrasser de leur dépendance, pour éviter des symptômes graves de sevrage ou pour maintenir le patient dans un état lui permettant de mener une vie utile. Dans les année 1960, c’est cette approche qui a amené le gouvernement britannique à établir des cliniques de toxicomanie, où l’on prescrivait des opiacés aux usagers dépendants, pour saper le marché illégal.

L’usage de drogues injectées et le sida

Au début des années 1980, on a reconnu que les personnes qui s’injectaient des drogues illégales couraient un grand risque de contracter le VIH. Le partage d’aiguilles et de seringues souillées est l’une des principales façons par lesquelles le virus se propage parmi ce groupe. Ce risque élevé de propagation du VIH peut être aggravé par des contacts sexuels à risque élevé entre les usagers de drogues injectées et entre ces derniers et d’autres personnes.

Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, jusqu’à 60 p. 100 des cas de VIH transmis par contact hétérosexuel sont directement ou indirectement liés à l’usage de drogues injectées. Aux États-Unis, les usagers de drogues injectées représentent 20 p. 100 des cas de sida signalés. Au Canada, on estime que de 50 000 à 100 000 usagers de drogues injectées courent le risque de contracter le VIH par l’intermédiaire d’aiguilles contaminées.

Les programmes d’échange de seringues

Il est reconnu qu’une des façons importantes de limiter la propagation du VIH est de fournir aux usagers de drogues injectées des aiguilles et des seringues stérilisées. Cette stratégie de réduction des méfaits tire son origine du principe suivant : bien que de nombreux usagers de drogues injectées ne veuillent pas arrêter de prendre de la drogue ou en soient incapables, on peut néanmoins les aider en réduisant le risque de conséquences sérieuses sur la santé.

L’un des premiers programmes d’échange de seringues a été établi à Amsterdam en 1984 par un groupement d’usagers de drogues appelé «Junkie Union». Aujourd’hui, on trouve de tels programmes en Australie, en Amérique du Nord, au Royaume-Uni et dans plusieurs pays européens. 

Des études menées auprès des clients des programmes d’échange de seringues ont démontré que ces programmes font décroître avec succès la fréquence du partage des seringues et d’autres comportements risqués. Il est plus difficile de prouver directement que l’échange de seringues fait baisser les taux d’infection. Néanmoins, dans les villes comme Toronto et Vancouver, où ces programmes ont été établis assez tôt au début de l’épidémie du sida, les taux d’infection par le VIH sont demeurés de 2 à 5 p. 100 parmi les usagers de drogues injectées. Par contre, on estime qu’à New York, où l’échange de seringues est illégal, la prévalence du virus du sida parmi les usagers de drogues injectées est aussi élevée que 60 p. 100.

 
Les programmes d’échange de seringues peuvent également jouer un rôle important lorsqu’il s’agit, pour l’usager de drogues, d’obtenir d’autres services de santé. Les programmes d’échange sont plus efficaces s’ils appuient la prévention du sida en fournissant des condoms et des renseignements sur la sexualité et l’usage de drogue à risque moins élevé. Ils peuvent également aider l’usager à obtenir d’autres services sociaux ou de santé, y compris des traitements de toxicomanie.

Note de l'auteur : Pour la Belgique, voir : Opération "Boule de Neige".

Une approche globale

Dans la région de Mersey au nord-ouest de l’Angleterre, on met en oeuvre de façon unique les principes de la réduction des méfaits dans le domaine des drogues illégales. En effet, on a intégré un certain nombre de stratégies individuelles dans une approche globale de la réduction des méfaits.

Cette approche comprend, entre autres, la prescription de méthadone et d’autres drogues pouvant engendrer une dépendance, dans le cadre d’une stratégie visant à aider les usagers à stabiliser leur vie. Afin de réduire le risque de contracter le sida, la région de Merseyside a été la première à distribuer des drogues non injectées sous forme de joints, c’est-à-dire de cigarettes ordinaires ou aux fines herbes contenant de l’héroïne, de la méthadone, de la cocaïne ou des amphétamines. Les pharmaciens jouent un rôle primordial dans le projet de Merseyside car ils distribuent des drogues sous forme de joints, d’ampoules ou d’aérosols ou sous forme liquide, et fournissent des aiguilles stérilisées, s’il y a lieu.

Le système utilisé dans cette région tient compte du fait que différentes composantes de la vie d’une personne peuvent influencer l’usage de drogues et être également influencées par ce dernier. Dans le cadre de la stratégie de réduction des méfaits de cette région, on encourage les usagers de drogues à faire usage des services de soins de santé, de logement et d’emploi. Le corps policier joue également un rôle important dans l’appui des stratégies de réduction des méfaits. En effet, les policiers aident les usagers de drogues à éviter de s’impliquer davantage dans des activités criminelles en leur donnant tout simplement un avertissement s’ils sont en possession de drogues, en leur fournissant des renseignements et en les orientant vers des programmes de traitement ou d’échange de seringues.

Tout indique que l’approche globale de réduction des méfaits utilisée dans Merseyside a permis de ralentir la propagation du sida. En effet, en 1991, le taux d’infection par le VIH parmi les usagers de drogues injectées de cette région était moins du quart du taux national en Angleterre. Mersey est également la seule région en Angleterre où le taux de criminalité a connu une baisse en 1990 et en 1991.

La réduction des méfaits et l’alcool

Les stratégies de réduction des méfaits jouent depuis longtemps un rôle important dans la prévention et le traitement des problèmes liés à l’alcool.

Au Canada, on fait beaucoup plus usage d’alcool que de drogues illégales. En 1989, environ 78 p. 100 des Canadiens déclaraient avoir fait usage d’alcool au moins une fois au cours de l’année écoulée. Par contre, 6,5 p. 100 admettaient avoir fait usage de cannabis et 1,4 p. 100 de «crack» ou de cocaïne, au cours de la même période.

L’alcool joue un rôle dans les problèmes sociaux et de santé, notamment des cancers, maladies cardiaques et maladies du foie, aux accidents de la route et autres accidents, en passant par les problèmes familiaux et professionnels. Chaque année au Canada, environ 19 000 décès sont attribuables directement ou indirectement à l’alcool. En Ontario, plus d’un buveur sur dix risquent d’avoir des problèmes liés à l’alcool. De plus, les risques associés à l’usage d’alcool ne découlent pas seulement d’un usage excessif. En effet, il est clair que même une consommation légère ou modérée peut affecter l’habileté à faire fonctionner un véhicule à moteur ou de la machinerie lourde, augmenter les risques de certains cancers et affecter le développement du foetus.

 

Conclusion

L’un des aspects importants des stratégies contemporaines de réduction des méfaits est l’hypothèse selon laquelle l’usager de drogues ne doit pas être considéré comme un rebut de la société mais comme une membre à part entière qui a peut-être besoin d’aide. Contrairement aux autres démarches qui marginalisent les usagers de drogues, la réduction des méfaits reconnaît que punir l’usager de drogue et le mettre au ban de la société n’est pas la meilleure façon de faire décroître l’usage de drogue ou les méfaits individuels et sociaux connexes.

En effet, l’usage de drogues injectées et le sida démontrent que les politiques, qui criminalisent les comportements liés à l’usage de drogues, peuvent entraver les mesures de santé publique comme les programmes d’échange de seringues. Dans de tels cas, l’utilisation de démarches traditionnelles comme l’application des lois, peut en réalité faire augmenter le risque de méfaits liés à l’alcool et faire diminuer les chances que l’usager sollicite un traitement ou d’autres services de santé.

Par contre, la réduction des méfaits perçoit l’usage de drogues et les risques associés de façon humaine et pragmatique. Elle essaie de fournir une structure selon laquelle on évalue l’impact des politiques et des pratiques courantes en matière de problèmes réels et immédiats auxquels font face les usagers et la société.

 

Note de l'auteur : je ne saurais que trop vous recommander de parcourir le site du centre canadien cité ci-dessous et dont sont extraites les lignes qui précèdent.

 

Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies, rue 75 Albert, pièce 300, Ottawa, ON  K1P 5E7
http://www.ccsa.ca

Le modèle de réduction des méfaits:

Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies, rue 75 Albert, pièce 300, Ottawa, ON  K1P 5E7

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