LA PREVENTION DES ASSUETUDES
Note de l'auteur :
J'ai inséré ce texte dans mon site parce qu'il a le mérite d'exister, mais je ne partage pas la totalité des idées qui y sont développées.
A mes yeux, la prévention primaire comprend aussi et peut être surtout l'apprentissage du bien-être, de ce qui apporte du plaisir, de ce qui est beau et bon à ressentir, à voir et à entendre. C'est certainement aussi l'apprentissage d'une vie harmonieuse dans la société en dépit de ses imperfections de ses inégalités et injustices.
Les différents niveaux de la prévention.
Prévention primaire : intervenir auprès des jeunes avant qu’ils ne soient sollicités. Favoriser la promotion d’une attitude réfléchie qui leur permettrait d’apprendre à dire non.
Prévention secondaire : intervenir auprès des sujets à risque. Informer donc les "agents de prévention" sur les comportements comme l’absentéisme, désintéressement pour l’école, les vols...mais aussi les symptômes ; yeux rouges, pertes de mémoire etc...
Prévention tertiaire : prévenir la récidive par l’acquisition de solutions de rechange (rôle de l'encadrement psychosocial)
L'éducation préventive
La sensibilisation qui est faite par des campagnes télévisées qui visent le grand public et qui utilisent des messages simples comme par exemple :"la drogue, parlez lui avant qu'elle ne lui parle" ou "la drogue c'est de la merde".
L'éducation préventive qui est faite à un niveau individuel ou en petits groupes et qui s'inscrit dans le processus éducatif global qui vise à permettre au futur adulte de recourir à ses forces intérieures pour faire face à la vie. A cet égard, elle n'est pas spécifique mais peut protéger contre le premier contact avec la drogue et contre l'évolution d'un usage occasionnel de drogue vers la toxicomanie.
Au cours de l'enfance les parents ne peuvent se dérober à l'indispensable repérage de ce qui est bien et de ce qui est mal. L'enfant ne manquera pas d'ailleurs de poser et de se poser des questions. La réponse en matière de drogue doit marquer clairement l'interdit.
Chez l'adolescent, le discours des parents s'est adapté à l'évolution de l'enfant et des explications sont venues progressivement enrichir et étayer l'interdit. Souvent des adolescents, en principe conscients de la nocivité de la drogue se trouvent décontenancés dès la première offre de drogue et incapables de refuser. L'éducation préventive leur permet justement de se représenter par l'imagination dans des situations de premier contact et d'apprendre à dire non.
La médiation de l’adulte
En souffrance, un jeune n’est pas sensible au discours apocalyptique sur les comportements à risque. Ses problèmes sont ailleurs et se nomment : la relation à lui-même, ses difficultés à trouver son identité et à communiquer avec l’autre, et la conquête progressive de son autonomie, donc son insertion dans la vie sociale.
Comment évaluer une telle situation ?
Quatre questions pourront aider à avancer :
Et surtout, devant de tels appels, comment se situer ?
Etre avec, être là
"Ecoute-moi"... Que de fois l’adolescent dans sa pudeur, sa gaucherie, son manque d’assurance, l’aura-t-il exprimé à travers un rien, un silence, une colère, un comportement aberrant, voire suicidaire, une expression explicite... Ils vont tester, provoquer, prendre la mesure de l’adulte face à qui ils se trouvent.
Nous ne sommes jamais sûrs que nous pouvons intervenir face au comportement d‘un jeune, à son évolution. Et pourtant, un adolescent est toujours en attente forte, désespérée parfois, contradictoire très souvent, de rencontres d’adultes. Comment s’y prendre pour nous situer face à cette attente ?
D’abord, l’adolescent recherche des repères identifiés, humanisés, incarnés par des adultes qui tiennent debout. Leur place consistera à assurer une fonction claire, qu’elle soit éducative, thérapeutique ou autoritaire, certainement pas brouillée mais stable. Ceci permettra de prévenir la discontinuité afin que l’adolescent vive des changements plus que des bouleversements, à son rythme, lentement et sans à coups. Cette stabilité ne s’apparente pas à une rigidité ou une crispation, mais suppose une position éclairée et adaptable.
Ensuite, ils ont soif d’être reconnus, de prendre confiance en eux. Les besoins de rites, d’expériences et de risques y afférent pourront être structurants si l’adolescent se met en position de dépasser le mode pulsionnel de ses réponses. Sinon le risque subi de l’exclusion sociale et professionnelle pourrait se doubler de celui d’une exclusion psychique de son environnement.
La fonction parentale comme éducative est paradoxale : être refuge, contenir et limiter, mais aussi rendre possible les expériences, prendre des coups et y survivre.
Enfin, ils ont besoin d’être rassurés, voire le cas échéant de trouver réponse à leur angoisse. A ce titre, le monde adulte pourrait clarifier sa position face à la loi, et la conscience qu’il en a. Il pourrait sans doute mieux se situer comme porteur de loi, pas tant dans le dire que dans la façon d’être et de savoir être.
Humaniser
L’actuel vide d’espoir doit alarmer parents, éducateurs et enseignants. Il amène à penser qu’il faut sortir du sérail des experts, et considérer le débat sur la toxicomanie, comme partie intégrante de l’éducation.
Il faut se rapprocher des enfants si l'on veut qu’ils se rapprochent des adultes : rétablir des liens d’amour avant que nos jeunes ne se marginalisent et qu’à leur tour, les adultes ne s'apprêtent à les exclure.
Une des rares choses qui soit restée stable à travers toutes les sociétés c’est l’amour. Ce lien, entre parents et enfants, fait de l’espoir, cependant aujourd’hui c’est gênant de se dire qu’on s’aime et surtout à mesure que l’enfant grandit. Lui redonner confiance face aux difficultés de la vie, non les bercer d’illusions mais au contraire offrir de l’espoir…
http://www.arf.org/francais/46early.html.
Enregistrement no 3146 : PREMIERS PAS :
L'ÉDUCATION SUR LA DROGUE COMMENCE À LA MAISON
L'autre jour, ma fille de cinq ans a aperçu mon verre de bière et m'en a demandé une gorgée. Il n'était pas question de la laisser y goûter, mais honnêtement, je ne savais pas quoi lui répondre quand elle m'a demandé pourquoi je buvais ce truc-là. Bien sûr, j'aime ça boire mais je ne veux pas qu'elle commence à le faire, en tout cas, pas pour un bon bout de temps.
Les enfants sont de grands imitateurs. Si vous avez des enfants en bas âge, rappelez-vous que vos paroles et vos gestes sont le fondement de leur opinion en matière d'alcool et d'autres drogues. Les enfants font leur apprentissage des drogues à l'école, en écoutant les autres enfants et en regardant la télévision. Les parents restent toutefois les professeurs qui ont le plus d'influence. L'éducation sur les drogues commence vraiment à la maison.
En matière d'alcool, pensez à ce que vos gestes peuvent signifier aux yeux d'un enfant. Imaginez vos enfants en train de vous observer boire avec des amis. Vous détendez-vous avec un verre devant eux? Est-ce que toutes vos activités sociales incluent l'alcool? Demandez-vous parfois à vos enfants de vous apporter un verre d'alcool? Communiquez à vos enfants vos valeurs et vos règles à propos de l'alcool. Commencez à leur parler, dès qu'ils sont jeunes, de toutes sortes de choses, y compris de l'alcool et des autres drogues.
Revenons à la fillette de cinq ans qui voulait une gorgée de la bière de son père. Vous pourriez lui répondre : «Non, c'est une boisson pour adultes. Ce n'est pas bon pour les enfants en pleine croissance.» Offrez-lui plutôt un jus de fruits. Vous pourriez aussi lui dire que vous en aimez le goût, mais que vous devez prendre de grandes précautions avec l'alcool. Dites-lui qu'une trop grande quantité d'alcool peut vous faire sentir et agir de manière différente. Il peut même vous rendre malade. A la maison, veillez à ce qu'il n'y ait pas de verres à moitié vides ou de bouteilles entamées que votre enfant pourrait goûter. Même une petite quantité d'alcool peut causer de graves problèmes aux enfants. Ma fille pose aussi des questions sur le tabagisme.
Même si les campagnes anti-tabac ont modifié notre perception du tabagisme, beaucoup de jeunes commencent toujours à fumer. Le tabac est l'une des drogues les plus dangereuses et qui causent la dépendance la plus puissante.
La plupart des enfants âgés de moins de huit ans pensent qu'il est mal de fumer. Mais ils sont aussi exposés à des images à la télévision ou dans les films où le tabagisme est prestigieux. Les enfants imitent souvent les stars du cinéma ou les personnes qu'ils connaissent. Les enfants demandent souvent aux fumeurs pourquoi ils fument, puisque fumer est censé être dangereux. Si vous fumez, répondez quelque chose comme : «Je sais que fumer est mauvais pour ma santé. Les cigarettes sont une drogue qui fait que le corps en demande plus, il est très difficile d'arrêter. J'aurais aimé ne jamais commencer.»
Les enfants connaissent peut-être des adolescents qui fument pour paraître plus vieux ou pour se faire accepter. Rappelez à vos enfants qu'il faut parfois faire ce qui est bon pour eux et ne pas se préoccuper de ce que les autres peuvent penser.
On oublie parfois que les sirops contre la toux et les analgésiques sont aussi des drogues qui ont leur place à la maison. Enseignez à vos enfants que les médicaments peuvent être bénéfiques, mais seulement lorsqu'ils sont utilisés avec discernement.
Dites-leur que les médicaments ne sont pas des bonbons. Dites-leur aussi de ne jamais prendre les médicaments de quelqu'un d'autre. Laissez-leur savoir que vous ne prenez des médicaments que lorsque vous en avez vraiment besoin. Si votre enfant doit prendre des médicaments, il est essentiel que vous compreniez le rôle de ces médicaments et que vous suiviez l'ordonnance du médecin. Si vous avez des questions sur vos médicaments, parlez à votre médecin ou à votre pharmacien.
Si vous inculquez des valeurs et une estime de soi solides à vos enfants, vous les aiderez à éviter de faire un mauvais usage des drogues, y compris de l'alcool et du tabac. Les premières années de la vie de votre enfant sont le moment par excellence pour commencer. Il existe de nombreuses façons de favoriser l'amour-propre de ses enfants. Passez du temps avec eux et écoutez-les. Démontrez-leur votre intérêt pour leurs pensées et leurs émotions. Les enfants sont fiers lorsqu'ils apprennent une nouvelle aptitude ou relèvent un défi. Ils peuvent contribuer aux corvées domestiques en faisant les lits ou en lavant la vaisselle. En les remerciant de leur aide, même si ce n'est pas parfait, vous haussez la perception qu'ils ont d'eux-mêmes et leur sens des responsabilité.
Les messages des parents sur ce qu'ils attendent de leurs enfants doivent être clairs et constants. Les enfants ont besoin de règles et de limites, mais ils ont aussi besoin d'une chance de prendre des décisions. Par exemple, vous pouvez établir une heure ferme pour aller au lit, mais même les enfants très jeunes peuvent choisir leurs pyjamas. Ou laissez les enfants plus âgés choisir leurs activités après l'école dans la mesure où vous leur donnez un choix. Plus tard, informez-vous s'ils sont satisfaits des choix à leur portée, ou s'ils feront quelque chose de différent la prochaine fois.
N'oubliez pas que les enfants qui se sentent aimés et acceptés ont de meilleures chances d'éviter les problèmes liés à l'alcool et aux autres drogues lorsqu'ils seront plus vieux. En d'autres termes, démontrez à vos enfants que vous les aimez, qu'importe ce qu'ils font.