L'approche
thérapeutique pluri disciplinaire de la dépendance
Le rôle
spécifique des pharmaciens au sein du réseau
Les intervenants en toxicomanie.
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En dehors des pourvoyeurs, dont nous ne parlerons pas, et des consommateurs, différents professionnels vont jouer un rôle dans cette problématique.
2.1 Les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
Comme cela a déjà été esquissé dans l'introduction, le monde politique doit recevoir l'information provenant du terrain, et y répondre en terme de lois, d'arrêtés et de décrets. Il doit dégager les moyens pour permettre la mise en place des programmes d'aide et de soins aux toxicomanes ainsi que ceux de prévention. Cette dernière est actuellement le ".parent pauvre." des différents dispositifs. Le monde judiciaire est présent pour, autant que possible, veiller à ce que les lois soient appliquées et pour réprimer les infractions.
Dans les programmes d'aide aux usagers de drogues, une des premières urgences est souvent la réinsertion sociale. Le recouvrement des droits élémentaires aux revenus minimaux, à la sécurité sociale, aux soins de santé est la première étape avant d'envisager une thérapie. ".Quand quelqu'un est affamé, remplissons-lui d'abord le ventre avant de commencer toute discussion philosophique ou psychologique sur les raisons profondes de son état !."
Ce rôle est donc tenu par les travailleurs sociaux.
Ce seront, en premier lieu les éducateurs de rues et les éducateurs animateurs de quartiers. Ils sont en première ligne. Ils doivent se faire accepter par les jeunes et les milieux ".à risques.", et mériter leur confiance. Ils n'ont rien à imposer, mais par leur présence, ils peuvent déceler les détresses et inciter ceux qui en ont besoin à s'adresser aux structures mises en place pour leur venir en aide. Ces structures sont : les ateliers récréatifs, les activités culturelles et sportives, les écoles de devoirs et les centres psychosociaux et médicaux pour toxicomanes. Remarquez qu'à aucun moment police ou gendarmerie n'interviennent à ce niveau.
Au niveau des centres, le travail est pris en charge par les assistants sociaux.
Ceux-ci jouent un rôle capital d'autant qu'à côté de l'aspect de réintégration sociale administrative, plusieurs d'entre eux ont suivi des formations complémentaires en psychologie. Ils peuvent donc, sans avoir cette connotation ".psy. = pour malades mentaux.", prendre en charge des usagers de drogues désireux d'améliorer leurs conditions de vie, et pas seulement en les aidant à reconstituer leur dossier social.
On ne parlera pas d'une approche psychologique au singulier. D'abord parce qu'il existe trois grandes catégories d'approches.: comportementaliste, systémique et analytique. Ensuite, parce qu'au sein de ces trois groupes il existe des sensibilités différentes. Enfin, parce que les indications peuvent varier en fonction de l'éventuelle pathologie mentale sous-jacente du patient. Cette pathologie peut être une des causes originelles de l'assuétude ou en découler. Comme le disait dernièrement un psychiatre.: ".se drogue-t-il parce qu'il est fou, ou est-il fou parce qu'il se drogue.? De manière moins caricaturale, on doit se poser la question de savoir quelle est la meilleure approche pour un patient donné. L'origine de ses problèmes réside-t-elle dans un traumatisme de l'enfance (approche analytique), des difficultés familiales (approche systémique) ou dans sa propre construction mentale, qui résulte des précédentes mais qu'une thérapie comportementale peut corriger.
Si je parle en dernier lieu de ce groupe dont nous, pharmaciens, faisons partie, ce n'est pas pour en minimiser l'importance. Mais son rôle n'est pas primordial par rapport à celui des autres intervenants.
La manipulation de toxiques est incontestablement l'affaire des médecins et des pharmaciens. Notre réseau, médical et officinal est dense et couvre tout le territoire.
Nos formations, en matière de pharmacologie, de toxicologie, de pathologie sont d'une grande utilité. Mais nos faiblesses se situent dans l'aspect psychologique et social pour lequel nous n'avons pas été suffisamment formés. Et notre tort, surtout chez certains médecins, est de croire que le traitement de la toxicomanie est un problème essentiellement médical et de vouloir le traiter en jouant ".cavalier seul." ! D'où les dérives que l'on peut observer çà et là, avec des prescriptions incontrôlées de méthadone. A l'inverse, on voit au niveau de certains médecins et pharmaciens, des entraves aux traitements ou des traitements inadaptés au nom de considérations morales personnelles, de préjugés et d'interdits
L'approche
thérapeutique pluri disciplinaire de la dépendance