retour à L'approche ethnographique (Pr Verbeeck - UMH).
Psychologie des Assuétudes (aspect phénoménologique)
George B. Greaves
Théorie existentielle de la dépendance
Sommaire : Greaves voit dans l'abus des psychotropes la conséquence d'un mode d'être au monde peu gratifiant, caractérisé par un état dysphorique et une difficulté à éprouver des sensations de plaisir.
.
1 Psychologie existentielle
Psychologie existentielle a pour principal objet d'étude les états émotionnels de l'individu, les significations qu'il accorde à ses expériences de vie et les méthodes thérapeutiques qui peuvent améliorer, promouvoir le mode d'être au monde (la modalité d'être) d'un individu.
2. Tentative d'expliquer les comportements destructeurs d'abus de drogues dans ce contexte.
Au départ d'études anciennes jusqu'à des approches plus récents, on constate que certaines personnes présentent une prédisposition à la toxicomanie.
Ces prédispositions sont le fait d'états pathologiques tels (1) l'anxiété, (2) une vie sexuelle très perturbée peu ou pas gratifiante, (3) un désintérêt du monde qui les entoure, un manque d'enthousiasme chronique, et enfin, (4) une moins grande réceptivité aux effets des psychotropes. (Cette dernière prédisposition découlant probablement des précédentes).
Ces prédispositions sont responsables d'une difficulté à altérer "naturellement" ses états de conscience. Or, le désir d'altérer périodiquement ses états de conscience, et de n'avoir pas à faire sans arrêt l'effort de se maintenir à un état de veille vigilant, est un besoin inné, normal, analogue à la faim ou à la pulsion sexuelle.
Ces états altérés servent de mécanismes d'adaptation et il est normal et vital de rechercher de tels états.
Moins formés à la rationalité, les enfants sont plus aptes à éprouver de tels états.
Les substances psychoactives sont un moyen d'y accéder
Les sujets décrits ci-dessus, par leur plus grande incapacité à accéder à ces états modifiés de conscience, sont prédisposés à la toxicomanie car l'usage de produits comble ce déficit .
En bref, les personnes qui s'accrochent aux substances psychoactives sont celles qui retirent peu de gratifications de leurs perceptions sensorielles, qui ont perdu l'aptitude de l'enfant à ressentir une euphorie à partir d'une activité ludique - dont les relations sexuelles -; ces individus ont tendance à user massivement de drogues pour atteindre des états euphorisants ou, à tout le moins, pour supprimer des états de conscience négatifs liés à une modalité d'être fade et déprimante.
3. Implications thérapeutiques de cette théorie.
On pense que le toxicomane est un être jouissant et perpétuellement à la recherche de plaisir, alors qu'en réalité il s'agit d'une personne qui éprouve de grandes difficultés à satisfaire son besoin de plaisir par les moyens "naturels".
C'est donc un modèle d'épanouissement, de satisfaction des besoins qu'il faut leur apporter. Il faut leur donner les moyens de devenir des agents actifs de leur propre plaisir. Moyens : prise de conscience du corps, arts d'expression, psychothérapies. Intéresser à la musique, aux arts, et à la sexualité. Rechercher et proposer des alternatives au comportement d'abus de drogues.