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Dépendance

Compte rendu du congrès "Gestion des Drogues en 2000"

Gestion des drogues en 2000.

 

 

Bruxelles – 22 & 23 novembre 2000.

Campus Erasme – ULB.

 Gestion des drogues en 2000 :

le forum annuel des intervenants en toxicomanie. 

 

Table des Matières :

Culture et performances. 

Le témoignage des usagers. 

Parents de toxicomanes. 

Le regard de l’ethno-sociologue sur les " drogues de rue". 

A Liège, la citoyenneté responsable. 

Géopolitique des drogues. 

Neurosciences et Anthropologie : un regard croisé sur les drogues. 

Les Belges et la Drogue. 

Les " testings" dans les méga dancings

Le mot de la fin aux "politiques". 

Gestion des drogues en 2000 : le forum annuel des intervenants en toxicomanie.

Cette année, "Gestion des drogues en 2000", huitième congrès rassemblant l'essentiel de ce que compte la Belgique comme intervenants en toxicomanie se tenait à Bruxelles, plus précisément dans le grand auditorium de la faculté de médecine de l'ULB, sur le site de l'hôpital Erasme.

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Culture et performances. 

 

Son Président, le professeur Pelc, chef du service de psychiatrie de l'Hôpital Brugmann, présente le thème choisi cette année : "Culture et Performances". Dans notre société, la notion de performance a pris une importance prédominante. Or, la performance implique dans certains cas, le recours à l’usage de produits avec les inévitables dérapages que cela comporte. On examinera comment s'organisent les institutions chargées de prévenir les comportements à risques, de les contrôler et d'exercer une action thérapeutique quand elle devient nécessaire.

Originalité particulière de ce congrès : la place et la parole donnée aux usagers eux-mêmes. Il est clair que ce sont souvent ces derniers qui, mieux que quiconque, parce qu'ils vivent ou ont vécu leur dépendance, savent en parler et faire bénéficier de leur expérience les autres usagers et les intervenants.

Les débats sont ouverts avec une intéressante communication du sociologue Claude Javeau. Ce dernier, en Candide éclairé, porte sur les drogues un regard de non professionnel de la toxicomanie. Le sociologue parle du relâchement du lien social dans nos sociétés. Il s'ensuit chez certains une individualisation exagérée, provoquant des déviances génératrices de délinquance, d'isolement, de rejet. Comment s'étonner alors que certains soient attirés par l'idéal artificiel que constituent les produits ?

Parlant des professionnels, il met en garde ces derniers contre la perte du sens du débat philosophique au profit de la toute puissance de l'expertise et de la méthodologie scientifique. La compétence scientifique peut occulter le débat, et la recherche, par trop orientée, ne répond qu'aux seules questions qu'elle pose… N'existe-t-il pas d'autres voies à explorer, d'autres approches à envisager ?

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Le témoignage des usagers.

Faisant écho à la proposition de l’orateur précédent de parcourir d’autres voies de recherches, le professeur Pelc, dans son introduction, présente une des créations du congrès 2000. "Culturellement peu pratiquée dans le domaine, des témoignages d'usagers de drogues, d'anciens usagers et de leurs proches viendront en contrepoint d'experts internationaux ", dit-il.

On retiendra de ces interventions quelques phrases dont la pertinence démontre l'intérêt qu'auraient les intervenants à reconnaître l'expertise des usagers et de leur entourage dans ce domaine.

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Parents de toxicomanes.

A côté des usagers, les parents de toxicomanes, organisés en associations, partagent leurs expériences et se parlent. Sortis de leur isolement, de leur honte, ils apprennent à vivre avec des usagers de drogues, à les comprendre, à les aider. Des mots comme "gestion de consommation" font surface. Ils expriment le chemin parcouru par ces groupes de parents qui s'unissent non pas contre la drogue mais pour une entraide mutuelle, une quête du respect des usagers et d'eux-mêmes. Pour eux, l’action des forces de l’ordre et de la justice est néfaste et l’emprisonnement n’a aucune valeur thérapeutique. Ils militent contre les dysfonctionnements de la justice, et contre la répression aveugle qui loin de venir en aide aux usagers ayant perdu le contrôle de leur consommation en fait des criminels et leur retire toute chance de réinsertion dans la société.

Face à ces témoignages souvent poignants, les gendarmes et représentants des forces de l'ordre présents dans la salle se regardent d'un air quelque peu gêné…

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Le regard de l’ethno-sociologue sur les " drogues de rue".

L'importance donnée à l'usager et à son expertise apparaissait également dans l'intervention de Pascale Jamoulle. Cette dernière vient de publier un passionnant ouvrage ethnographique relatant des témoignages d'usagers de drogues vivant à Charleroi. Son intervention décrit de façon originale les modes de vie liés aux drogues et à leur business. La démarche utilisée – l’immersion dans les lieux de vie des usagers- lui a permis de découvrir une florissante économie souterraine des produits illicites. Au-delà des moyens financiers, ce commerce offre aux personnes qui y participent un statut, une reconnaissance dans le groupe. Il leur permet d’accéder à l’estime de soi, si nécessaire mais que la société officielle leur rend pourtant inaccessible. On apprend ainsi que ce mode de socialisation parallèle génère une série de valeurs et de règles. Parmi celles-ci : la force de caractère. Il importe de ne compter que sur soi-même, ne jamais dévoiler ses sentiments, d'être direct, d'aller droit au but. Se mesurer par rapport au risque, dominer sa peur et masquer ses émotions font partie du code de conduite. Par rapport aux produits, on en consommera, mais on saura gérer sa consommation et son ivresse. Seront disqualifiantes, les attitudes de demande d'aide ou moralisatrices. Pauvreté, souffrance sont signes de faiblesse donc de l'ordre du méprisable. On voit donc éclore dans les couches souterraines de la société, un système de valeurs de type " ultra libéral".

Pour l'intervenant de première ligne, ces enseignements sont de première importance. Un travail privilégiant la relation individuelle et la promotion de valeurs sociétales non conformes à celles développées par ces groupes n'aura pas de chance d'être apprécié ou fructueux. La promotion de la réduction des risques et des dommages dans un contexte de reconnaissance du groupe et de respect de ses valeurs sera mieux perçu. C'est donc en tenant compte de ce qui "fait sens" pour ces groupes de jeunes – le groupe, le respect, la confiance – qu'il sera possible d'ouvrir le dialogue avec eux, de dispenser une aide, de faire passer un message de prévention.

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A Liège, la citoyenneté responsable.

Dans le même esprit, Roger Collinet, responsable des travailleurs de rue à Liège s'exprime sur l'évolution des relations entre les usagers, les intervenants et la population en général sur ces dix dernières années.

Il évoque l'opération "Boule de Neige" qui, pour la première fois a donné un rôle actif d'intervenants aux usagers. Par la suite, des dispositifs très concrets ont été mis en place. Tout un chacun joue son rôle de citoyen et prend sa place dans la cité. Que ce soient les usagers, les forces de l'ordre, les ouvriers communaux, chacun agit et se sent concerné, par exemple dans un travail de récupération de seringues usagées. Ces actions visent à ce que dans la ville, les différents groupes sociaux et professionnels se retrouvent autour d'actions communes, qu'ainsi ils se parlent et se comprennent et que les tensions se réduisent.

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Géopolitique des drogues.

La seconde journée s'est ouverte sur une communication fort intéressante de A. Labrousse sur les "Aspects géopolitiques des drogues". Relevons-en quelques points.

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Neurosciences et Anthropologie : un regard croisé sur les drogues.

Le reste de la matinée était consacré à un "regard croisé sur les usages de drogues" au départ de l'apport scientifique de l'anthropologie et des neurosciences. Ces dernières, faisant appel aux modèles animaux, permettent d'étudier et de comprendre les mécanismes biochimiques sous-jacents aux utilisations de produits psychotropes. De cette compréhension fine, il est possible de mettre au point en médecine humaine, des thérapeutiques, médicamenteuses ou psychologiques, adéquates. La neurobiologie apporte un autre type d'éclairage de la genèse d'une dépendance à un produit. Ces études ne contredisent aucunement les approches purement psychologiques : elles viennent les compléter.

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Le regard du neurologue et du psychologue comportementaliste.

Le Pr. Verbanck ouvrit les travaux par une magistrale communication des derniers acquis de la neurobiologie des assuétudes.

Circuit de récompense.

Les études réalisées aboutissent à l'observation suivante : le point commun de toutes les substances donnant lieu à assuétude est leur action sur une région particulière du SNC : le circuit dopaminergique. Ce circuit est appelé aussi : "circuit de récompense". Il reçoit des influx de divers types de neurones (neurones à opioïdes, à GABA, à glutamate, à sérotonine). Il est en relation, entre autres, avec le système impliqué dans les émotions.

La stimulation de ce système, qu'elle soit expérimentale chez l'animal (stimulation électrique) ou par l'introduction de substances toxicomanogènes, produit un effet dit de renforcement positif . Pour tous ces produits, cet effet renforçant (euphorie, anxiolyse, antidépresseur, …) se traduit, ne fut-ce que de manière fugace, par un effet psychoanaleptique. Cet effet revêt une grande importance car il se traduit souvent par une euphorie. C'est à cet état d'euphorie que l'on peut attribuer l'effet renforçant positif ou "toxicomanogène".

Sensibilisation comportementale.

Une autre facette des apports de la neurobiologie dans le phénomène des assuétudes est la mise en évidence du phénomène dit de sensibilisation comportementale. On a pu démontrer que l'administration des substances psychostimulantes, loin de générer l'apparition d'une tolérance, fait apparaître, chez l'animal de laboratoire, une augmentation progressive de la réponse motrice, ou, autrement dit, de la quantité de mouvements de l'animal. On peut associer cet accroissement de la réponse motrice (mesurable) à un état d'excitation croissante. Cette observation chez l'animal est transposable à l'homme. Ainsi, cette sensibilisation s’observe chez les personnes qui consomment des substances psychostimulantes comme les amphétamines, la cocaïne et l’alcool.

Dans le texte fourni aux participants, le Pr. Verbanck écrit :

" Ce phénomène, dont les effets biochimiques n’ont pas encore été entièrement élucidés, est probablement une des causes métaboliques fondamentales de l’addiction. On a en effet démontré que cette sensibilisation comportementale se traduit, sur le plan biologique, par une augmentation progressive de la libération de la Dopamine au niveau du système de récompense. Ce qui se traduit par une amplification graduelle du pouvoir renforçant du produit. Ceci pourrait rendre compte de l’apparition chez certaines personnes de la perte de contrôle de la consommation, mais aussi du processus de rechute dans la mesure où, lorsqu’elle s’est installée, la sensibilisation apparaît comme irréversible."

Ainsi, parmi les substances donnant lieu à assuétudes, le fait de re-consommer n’entraîne pas la diminution de l’envie du produit, cela ne fait au contraire que l’augmenter. Les facteurs favorisant l’arrêt de la consommation sont de l’ordre du renforcement négatif : exemple la survenue d’un coma.

La sensibilisation comportementale semble présente, en fait, pour toutes les substances toxicomanogènes.

 

Tolérance et sensibilisation?

Dans le cas des substances dites sédatives comme les opiacés et même les diazépines, la présence simultanée de l’effet de tolérance et de sensibilisation pour une même substance semble paradoxale à première vue. On l’explique par le fait que ces produits ont plusieurs effets psychotropes qui apparaissent séquentiellement. Dans le cas de l’alcool, par exemple, l’effet sédatif est précédé de l’effet stimulant. Cet effet est bien connu : une personne qui consomme de l’alcool passe d’abord par un stade d’excitation, de désinhibition, d’accroissement de son activité motrice et mentale, d’euphorie… Dans un deuxième temps, l’effet stimulant s’estompe et l’effet sédatif apparaît : la personne s’endort. Ce deuxième stade apparaît plus rapidement chez les personnes qui sont peu habituées à consommer l’alcool car chez elles, l’effet de tolérance ne s’est pas (encore) installé. En revanche, chez les consommateurs habituels, dont on dira " qu’ils tiennent bien l’alcool ", l’effet sédatif apparaît très peu et l’effet stimulant prédomine. Il est bien évident que le risque de perdre le contrôle de la consommation et de devenir alcoolique est plus grand chez les personnes chez lesquelles, naturellement, la tolérance s’installera plus rapidement et sera plus intense.

Dépendance physique et "craving". 

L’usage prolongé de produits psychotropes peut provoquer un phénomène de dépendance physique. Celle-ci trouvera son origine dans une série d’effets physiques désagréables consécutifs à l’arrêt de la prise de la substance (syndrome de sevrage à l’alcool, aux opiacés et dans une moindre mesure aux autres sédatifs : insomnie, hypertonie musculaire, hypertension, accélération du pouls, augmentation du péristaltisme intestinal, crises convulsives.) Le manque de produits stimulants se traduit par une somnolence, de l’apathie de la dépression, voire, des états confusionnels, ou des épisodes de décompensation psychotique.

On n’attribue plus à la dépendance physique la cause principale de l’assuétude comme auparavant. Néanmoins cette forme de dépendance joue un rôle non négligeable sur l’entretien d’une assuétude : le sujet éprouve un besoin intense de consommer son produit pour échapper aux désagréments du manque. On définit cette envie irrépressible par le terme anglais de "craving".

Il ne faut cependant pas négliger l’aspect psychologique, le contexte social et le cadre de vie. Ces facteurs jouent également – positivement ou négativement – sur l’intensité du craving.

Modèle de l’assuétude.

En fonction de ce qui vient d’être défini ci-dessus, on peut visualiser l’évolution du modèle de l’assuétude de la façon suivante :

ANCIEN

NOUVEAU

Consommation d’un produit

Consommation d’un produit entraîne

Poursuite de la consommation

Effet renforçant appelant à la répétition

Apparition d’une tolérance

Sensibilisation et perte de contrôle

Augmentation de la consommation

Apparition de la tolérance

Dépendance physique

Dépendance Physique

Neurotoxicité de certaines drogues.

Les études menées jusqu’à présent sur les effets des substances donnant lieu à assuétudes montrent que seuls l’alcool et les psychostimulants, principalement la cocaïne, provoquent des modifications anatomiques du système nerveux. On ne peut donc pas donc parler de réelle neurotoxicité pour la plupart des "drogues". Le Pr. Verbanck termine néanmoins son exposé en citant la toxicité récemment mise en évidence du méthylène dioxyméthamphétamine ou MDMA, c’est à dire le principe actif principal des comprimés d’Ecstasy ou XTC. Une toxicité élective et peu réversible sur les voies nerveuses à sérotonine a été décelée. Un usage régulier de MDMA entraîne, même après arrêt de consommation, une altération des processus d’apprentissage et de mémorisation.

Revenant sur la sensibilisation comportementale, il en rappelle le caractère irréversible. Elle n’est pas décelable par des traces d’altérations anatomiques au niveau du système nerveux. Cette sensibilisation n’en est pas moins responsable de l’amplification de la sensibilité du consommateur à toute consommation ultérieure de produits psychoactifs . Elle augmente probablement aussi sa sensibilité aux facteurs de stress.

Toute substance pouvant donner lieu à assuétude est donc potentiellement neurotoxique.

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Le regard de l’anthropologue.

A la suite du Pr. Verbanck, l’anthropologue Patrick Deshayes redéfinit le concept d’assuétudes et de drogues. On n’observe pas d’assuétudes dans les tribus dites primitives qui font cependant un usage de substances dites toxicomanogènes. Certes, la feuille de coca n’est pas la cocaïne, mais si à l'usage traditionnel se substitue la recherche d’un effet psychostimulant, on aura " créé une drogue".

C’est ainsi qu’après avoir été interdite d'usage lors des cérémonies traditionnelles, on verra réapparaître la consommation de la feuille de coca dans le but d’améliorer le rendement des ouvriers de la mine.

Jacques Mabit est un autre orateur français. Il travaille dans un centre de péruvien pour la réhabilitation des toxicomanes. Il y mène également une recherche sur les médecines traditionnelles. Son propos est également consacré à l’usage traditionnel des produits. Leur utilisation permet l’obtention d’états modifiés de conscience entraînant l’élargissement des perceptions lors de cérémonies traditionnelles. Dans ce contexte, l’utilisation de ces substances suppose toujours des contrôles sociétaux. Cet usage culturel des substances psychoactives n'est pas comparable avec celui qui prédomine dans nos sociétés occidentales. Chez nous, la toxicomanie pourrait se définir comme la radicalisation des valeurs portées par notre civilisation : le " tout, tout de suite et sans effort".

Dans le cadre de la réhabilitation des personnes toxicomanes, les recherches menées au Pérou concernent l’utilisation à visées thérapeutiques de substances psychoactives. Ces dernières seront administrées dans un cadre qui prévoit l’accompagnement du " patient" par un guide traditionnel expérimenté. Le cheminement thérapeutique passe par l’exploration de l’inconscient. Il est clair que ces techniques, pour intéressantes qu’elles soient, ne sont pas transposables telles quelles dans notre contexte occidental.

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Les Belges et la Drogue.

La fin de la matinée fut consacrée à une communication fort instructive sur l’enquête réalisée pour le journal "Le Soir" consacrée au regard des belges sur la drogue.

On en retiendra quelques éléments saillants :

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Les " testings" dans les méga dancings.

Lors des discussions, l’accent a été mis sur les dangers liés à l’utilisation de l’ecstasy, principalement par des personnes très jeunes, les week-ends, dans les dancings. Lorsqu’on les interroge sur leur consommation, ces jeunes ne se considèrent en rien comme des toxicomanes. Pour eux le produit qu’ils consomment s’associe naturellement avec leurs formes de loisirs et leur conception de la fête. Ils ne perçoivent aucune dangerosité et certains, même, fustigent les adultes qui prennent de l’alcool. Ce sont ces derniers qu'ils jugent comme suspects de toxicomanie.

On l’a vu, l’ecstasy n’est pas dénué de dangerosité (neurotoxicité et sensibilisation comportementale). Mais en plus, le caractère illicite du produit entraîne la mise sur le marché de substances d’origine douteuse pouvant contenir des produits toxiques. Les atteintes cardiaques (suite à déshydratation et hyperthermie) et les accidents de la route provoqués par des conducteurs surexcités ou, au contraire, épuisés, sont également fort préoccupants. C’est dans une perspective de réduction des risques et des dommages qu’une association comme " Modus Vivendi" envoie régulièrement des intervenants sur les lieux de ces manifestations. Sans porter de jugement de valeur ni donner de leçon de morale, ils y pratiquent gratuitement le " testing" à la demande des utilisateurs. On y parle également des autres risques liés à l’utilisation de ces produits. Cette action qui pourtant soulève bien des critiques puisqu’elle ne vise pas à la répression de pratiques illicites dont au contraire elle reconnaît l’existence, est un remarquable exemple d’une politique visant à limiter les risques et dommages liés à cette forme de culture. Elle permet à des intervenants d’ouvrir un dialogue et d’obtenir des résultats là où la répression échouerait à coup sûr.

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Le mot de la fin aux "politiques".

La fin de cet enrichissant colloque donnait la parole aux différents partis politiques auxquels les organisateurs avaient demandé qu’ils expriment leurs positions relativement à la politique à mener en matière de drogues. On en retiendra que le débat sur la dépénalisation et la légalisation du cannabis arrive à un certain degré de maturité. En règle générale, les politiques sont conscients du caractère désuet des lois actuelles, de leur inefficacité et de leur inadéquation par rapport à la réalité quotidienne. On peut donc s’attendre, dans les mois à venir à une sérieuse évolution de cette problématique.

Farciennes, le 6 janvier 2001. Jean Paul Brohée.

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