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DEPENDANCE

ASPECT SOCIAL et PSYCHOLOGIQUE.

Assuétudes et vie sociale.

Certaines drogues, même consommées en excès, permettent encore une vie sociale quasi normale. Nous connaissons tous des alcooliques, a fortiori des fumeurs de tabac qui ont une activité professionnelle et parviennent à la conserver. En revanche, des produits comme l'héroïne, le crack, le L.S.D. sont à ce point perturbateurs de l'état de conscience pour leurs consommateurs, qu'ils interdisent généralement - mais pas toujours - une vie intégrée à notre société. La société doit donc se protéger, et protéger ses membres contre l'usage de ces produits. De là découlent les lois prohibitionnistes dont on constate maintenant l'inefficacité. Mais de là découlent aussi les campagnes de prévention qui se mettent en place en divers endroits, encore trop timidement, et avec des succès variables. (Voir à ce chapitre).

Existe-t-il une "personnalité particulière" du toxicomane

On constate qu'une des composantes communes à tout être humain, c'est cette nécessité vitale de laisser se modifier son état de conscience entre celui de l'éveil et celui du sommeil. Cet état de conscience, qu'il ne faut pas confondre avec une douce somnolence est celui qui procure un sentiment d'évasion (ex – stase). Ce sentiment par lequel la personne ".se sent bien.".Normalement. cet état est atteint par des contacts humains, la musique, les arts en général, les sports, l'amour, la prière etc… Passer régulièrement à cet état est vital. Et l'on s'aperçoit souvent que les personnes qui deviennent dépendantes à un produit sont précisément celles qui vont trouver dans la consommation de ce produit un moyen d'arriver à cette indispensable extase. Et ce, en dépit des conséquences sur le plan social, moral et physique qu'entraîneront cette consommation. La personne toxicomane les négligera, du moins tant qu'elle n'aura pas trouvé un autre comportement qui lui procurera les mêmes bénéfices. A la limite, elle négligera ces conséquences jusqu'à la mort, car, mourir en consommant ou mourir d'arrêter, elle se trouve dans une impasse. Celles et ceux que j'appellerai les ".assuétudiques." sont, au départ, des personnes présentant pour diverses raisons. une difficulté à atteindre naturellement ou aisément cet état de conscience modifié, ce bien-être entre veille et sommeil que tout être humain recherche et dont il a besoin.

Ainsi, lorsqu'on observe une population d'usagers d'héroïne traités à la méthadone, on s'apercevra que certains répondent très favorablement à ce traitement tandis que d'autres n'en sortent pas, vont de rechute en rechute, ou passent d'une toxicomanie à une autre… (Cas fréquent.: alcoolisme).

Mon impression est que dans le premier cas, on n'a pas affaire à des ".toxicomanes.". (Je veux dire par là des personnes dont l'équilibre et la survie passent par une dépendance nécessitant des comportements de consommation).. On se trouve souvent face à des jeunes très immatures, qui sont entrés quasi par accident dans une consommation qui les a rendus dépendants physiquement. Les inconvénients liés à cette consommation dépassent largement les bénéfices qu'ils en retirent. Mais il n'ont pas le courage ou la force morale d'entamer un sevrage. La méthadone, alors, qui met entre parenthèses la problématique du manque, fait merveille et permet d'entreprendre avec eux un travail de (ré)insertion dans la société. Je mets le "ré" entre parenthèses car il n'y a pas de réelle désinsertion; il y a surtout une difficulté à entrer dans le monde des adultes, du travail, des responsabilités...

Dans le second cas, c'est très différent. La consommation du produit constitue la seule solution que la personne ait pu mettre en place et qui soit capable de satisfaire ce manque d'accès à l'extase dont elle souffre. Quelles en sont les causes.? Elles sont probablement multiples. Traumatismes de la petite enfance, problèmes familiaux, isolement, précarité, déficit culturel, non intégration. On repère une difficulté à s'affirmer (modalité d'être) vis à vis des autres (altérité), dans son propre corps (corporalité) dans l'espace.

Il existe également toute une population d'usagers présentant des pathologies psychiatriques graves préexistantes à leur toxicomanie (tendances psychotiques) et qui trouvent des solutions dans la consommation de psychotropes. Ces cas sont graves et requièrent un diagnostic et une approche psychiatrique réservés aux spécialistes.

Ma petite expérience personnelle me donne ainsi à constater qu'il y a d'un côté des usagers de drogues "non toxicomanes et non dépendants (consommation douce) et que de l'autre côté, on trouve des consommateurs ".durs." (consommation dure), dépendants du produit.. L'approche thérapeutique de ces personnes devra tenir compte de ces différences et son succès en dépendra.

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