Drogues,
dépendance et dopamine
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L'approche thérapeutique
pluridisciplinaire de la dépendance.
Mise en place d'un réseau multidisciplinaire de traitement des assuétudes.
Schéma général.
Je vais donner un schéma tel qu'il s'est déroulé dans la région de Charleroi. D'autres villes plus ou moins importantes ont également pris des mesures pour mettre en place un réseau multidisciplinaire, mais je ne les connais pas assez pour en parler ici.
Historiquement, à Charleroi, les choses se sont déroulées de la manière suivante :
- A l'initiative de la Ville: des services sociaux : Secrétariat permanent, Service de prévention des délits, Bureau d'aide aux victimes, Équipe d'éducateurs de rues, Fan coaching , Coordination drogue, Carolo contact drogue, Centre de santé mentale, Centre d'accueil pour Toxicomanes interpellés par la police CATD), Diapason , (centre municipal pour la prescription de méthadone), Transition, (centre de court séjour - 1 mois -).
- Les médecins généralistes, subventionnés par le projet "Alto" (communauté française), se forment à l'approche des assuétudes et mettent en place des modules du formation (FCT ou Formation continuée en Toxicomanies) et de supervision.- Deux centres thérapeutiques de séjour long : "Trempoline" et "Ellipse" sont intégrés dans le réseau
- Les pharmaciens, représentés par le délégué de l'Union pharmaceutique, participent activement à la mise en place du programme de délivrance de la méthadone. Par des réunions et des conférences, les pharmaciens sont sensibilisés à cette problématique. Un contrat tripartite médecin / pharmacien / patient est élaboré, ainsi qu'un fichier anonymisé destiné à éviter les doubles prescriptions. D'autre part, les pharmaciens sont encouragés à poursuivre la délivrance de seringues stériles dans des pochettes porteuses de messages de prévention, contenant un préservatif, un tampon désinfectant et, depuis peu deux ampoules d'eau distillée, dans le cadre de leur participation à l'opération "boule de neige". (cf. chapitre "Boule de neige").
5. Le processus se met en place, les problèmes se règlent entre professionnels au sein de la coordination-drogue. Grâce à des rencontres fréquentes au sein des ateliers drogues, les différents intervenants se parlent, se connaissent, comprennent et apprécient le travail et les difficultés des uns et des autres. Des cas cliniques y sont présentés et discutés. Chacun étant invité à se positionner en fonction de sa formation propre. Ces rencontres sont très enrichissantes.
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Tout est-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ?
Bien sûr que non. L'insécurité n'a pas spectaculairement diminué dans nos rues, mais des points positifs sont à noter, par exemple, le hooliganisme est bien contenu et les supporters du club de football bien encadrés (équipe "Fan coaching"), il y a beaucoup moins d'agressions et de vols dans les parkings, les hôpitaux etc. (agents de prévention et de sécurité assurant la surveillance).
Relativement à la toxicomanie, en termes de prévention secondaire et tertiaire, on peut dire que l'offre de soins est suffisante. D'autant que le centre de prescription de méthadone "Diapason" est devenu, depuis quelques mois, et à l'initiative du Ministère de l'Intérieur, une "M.A.S.S" ou "Maison d'Accueil Socio-Sanitaire". Il s'agit d'un centre à bas seuil, subventionné par la sécurité sociale, où sont reçues toutes personnes ayant des problèmes causés par une consommation de produits psychotropes. L'accueil va du plus simple au plus élaboré : cela peut être le droit le plus élémentaire de prendre une douche et de laver son linge, une conversation avec un éducateur, une aide à la remise en ordre d'un dossier de sécurité sociale, des entretiens psycho thérapeutiques, une consultation médicale sans référence nécessaire aux consommations de produits, la prescription de méthadone, la dispensation de soins par une infirmière et même, la dispensation quotidienne de la méthadone (acquise chez un pharmacien choisi par le patient). Depuis juillet 1998, le "Centre UNISSON, dans l'entité de Farciennes, et plus récemment, une structure nouvellement créée à Chapelle lez Herlaimont sont venus compléter le dispositif et constituent donc les deux "antennes" de la M.A.S.S de Charleroi..
La nécessité vitale du travail en réseau.
On peut s'interroger sur cette affirmation que l'on entend souvent : ".tous ces traitements qu'on met en place pour les ".drogués." coûtent fort cher et pourtant, seul un tout petit pourcentage "s'en sort". Est-ce que ça vaut la peine d'y consacrer tant d'argent et d'énergie ?.".
Ne serait ce pas justement à une série d'approches mal adaptées, conduites sans véritables compétences ni structures multidisciplinaires qu'on pourrait attribuer la cause de ce faible pourcentage de réussites ? Lors de la toute récente journée d'étude qui s'est tenue à Marcinelle ce 21 septembre dernier, pas moins de cinq intervenants ont axé leur communication sur la nécessité du travail en réseau.
Dans la région de Charleroi, je viens de le décrire, la notion de réseau est une réalité. Nous bénéficions de structures communales d'échanges : atelier drogue et coordination élargie.
Grâce à ces structures, un vrai tissu s'est établi entre tous ces responsables qui ont appris à se connaître autrement que par des contacts téléphoniques ou écrits. Des liens se sont constitués et on peut véritablement parler de réseau d'aide aux toxicomanes. Chacun connaissant les compétences spécifiques des autres, les patients sont orientés dans les structures qui leur conviennent le mieux. En outre, on n'est jamais seul face aux problèmes et on sait à qui pouvoir s'adresser.
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