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Dépendance

Drogues, dépendance et dopamine

Les intervenants

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L'approche thérapeutique 

pluridisciplinaire de la dépendance.

Mise en place d'un réseau multidisciplinaire de traitement des assuétudes.

Schéma général.

Je vais donner un schéma tel qu'il s'est déroulé dans la région de Charleroi. D'autres villes plus ou moins importantes ont également pris des mesures pour mettre en place un réseau multidisciplinaire, mais je ne les connais pas assez pour en parler ici.

  1. Pour la région, établir un état des lieux de la situation. Quel est le niveau d'insécurité. Relevé de la criminalité, comparaisons avec d'autres villes. Quels quartiers posent-ils problème? Quelles sont les ressources en matière d'aide sociale dans les milieux défavorisés? Bref, toute une enquête sociologique et ethnographique doit être faite, et les besoins en termes d'aide sociale doivent être définis.
  2. Au niveau du problème de la toxicomanie, faire l'inventaire des structures existantes, créer ou favoriser la création des structures manquantes et ensuite mettre en place une coordination de ces différentes structures. Il faut inviter à siéger et à participer au travail de cette coordination : un représentant du pouvoir judiciaire, (Parquet, juges ainsi que la police), des structures hospitalières, des différents centres, qu'ils soient privés ou municipaux, des pharmaciens, et des médecins généralistes. A Charleroi, cette coordination existe et s'appelle : "Coordination drogue élargie". Elle se réunit au moins une fois par mois.
  3. A côté de cette coordination, des ateliers de réflexion et d'échanges d'idées et de toutes informations sur la toxicomanie -"Atelier Drogue"- permettent que des liens privilégiés s'installent entre intervenants de professions et de cultures différentes. En se réunissant et en discutant ensemble des sujets mis à l'ordre du jour, on apprend à se connaître, des affinités se créent, on comprend mieux le travail des autres. Bref, un climat de confiance s'installe. Et quand des conflits surviennent, c'est le lieu idéal pour s'expliquer, et expliquer aux autres les méthodes de travail des uns et des autres. C'est beaucoup plus efficace que quand on reste chacun dans son coin.

Historiquement, à Charleroi, les choses se sont déroulées de la manière suivante :

  1. Les autorités de la Ville étant conscientes que les problèmes d'insécurité étaient en grande partie liés à la toxicomanie, mettent en place un "atelier-drogue" où sont invités très largement les personnes pouvant jouer un rôle dans cette problématique. Comme c'était souvent le cas, on oublie d'inviter un représentant des pharmaciens. Les pharmaciens, en effet sont trop souvent assimilés à des commerçants, simples dispensateurs de médicaments et de produits de beauté. Il faut modifier cette image. Quand il est question de santé, et qu'on nous oublie, il faut se signaler. En règle générale, , on est très vite intégré dans les réseaux, et tous se félicitent de notre participation. Bref, nous nous sommes fait inviter. La grande question, à cette époque, (1992) tournait autour de la prescription de la méthadone, ses indications, les contrôles, sa délivrance, l'accessibilité etc., et nous estimions que nous avions un rôle à jouer, des choses à apporter dans cette problématique.
  2. La Ville met en place un "Plan de Sécurité". Dans un premier temps, se réunissent sous la direction du Bourgmestre (Maire) de la Ville, les représentants de toutes les parties concernées : forces de l'ordre, Justice, agents sociaux, monde médical, enseignants etc. Très rapidement, et opportunément, ce plan de sécurité est officialisé grâce à des subventions fédérales (ministère de l'Intérieur). Le ministère, en effet voit cette initiative d'un bon oeil. Il l'encourage et suscite des initiatives comparables dans d'autres grandes villes du royaume. Le "Contrat" signé (fin 1992) entre l'État fédéral, la Région wallonne et la Ville doit permettre d'introduire des actions nouvelles visant à résoudre les grands problèmes sociaux que connaissent les villes (drogue, petite criminalité, délinquance, déstructuration des quartiers,...). Il vise à recréer un climat et un sentiment de sécurité au sein de la population.
  3. Pour sensibiliser toutes les personnes qui, par leur profession, auront un rôle à jouer en ces matières, la Ville co-organise, en collaboration avec les différentes instances professionnelles, des réunions-conférences où sont invitées des personnes de référence. (Membres de ces professions ayant déjà acquis une expérience en ces matières). Ainsi par exemple, les pharmaciens seront conviés a venir écouter le pharmacien Tardivel de l'association " EGO" de Paris.
  4. Un certain nombre de structures nouvelles voient le jour et des structures existantes sont renforcées :

5. Le processus se met en place, les problèmes se règlent entre professionnels au sein de la coordination-drogue. Grâce à des rencontres fréquentes au sein des ateliers drogues, les différents intervenants se parlent, se connaissent, comprennent et apprécient le travail et les difficultés des uns et des autres. Des cas cliniques y sont présentés et discutés. Chacun étant invité à se positionner en fonction de sa formation propre. Ces rencontres sont très enrichissantes.

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Tout est-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Bien sûr que non. L'insécurité n'a pas spectaculairement diminué dans nos rues, mais des points positifs sont à noter, par exemple, le hooliganisme est bien contenu et les supporters du club de football bien encadrés (équipe "Fan coaching"), il y a beaucoup moins d'agressions et de vols dans les parkings, les hôpitaux etc. (agents de prévention et de sécurité assurant la surveillance).

Relativement à la toxicomanie, en termes de prévention secondaire et tertiaire, on peut dire que l'offre de soins est suffisante. D'autant que le centre de prescription de méthadone "Diapason" est devenu, depuis quelques mois, et à l'initiative du Ministère de l'Intérieur, une "M.A.S.S" ou "Maison d'Accueil Socio-Sanitaire". Il s'agit d'un centre à bas seuil, subventionné par la sécurité sociale, où sont reçues toutes personnes ayant des problèmes causés par une consommation de produits psychotropes. L'accueil va du plus simple au plus élaboré : cela peut être le droit le plus élémentaire de prendre une douche et de laver son linge, une conversation avec un éducateur, une aide à la remise en ordre d'un dossier de sécurité sociale, des entretiens psycho thérapeutiques, une consultation médicale sans référence nécessaire aux consommations de produits, la prescription de méthadone, la dispensation de soins par une infirmière et même, la dispensation quotidienne de la méthadone (acquise chez un pharmacien choisi par le patient). Depuis juillet 1998, le "Centre UNISSON, dans l'entité de Farciennes, et plus récemment, une structure nouvellement créée à Chapelle lez Herlaimont sont venus compléter le dispositif et constituent donc les deux "antennes" de la M.A.S.S de Charleroi..

La nécessité vitale du travail en réseau.

On peut s'interroger sur cette affirmation que l'on entend souvent : ".tous ces traitements qu'on met en place pour les ".drogués." coûtent fort cher et pourtant, seul un tout petit pourcentage "s'en sort". Est-ce que ça vaut la peine d'y consacrer tant d'argent et d'énergie ?.".

Ne serait ce pas justement à une série d'approches mal adaptées, conduites sans véritables compétences ni structures multidisciplinaires qu'on pourrait attribuer la cause de ce faible pourcentage de réussites ? Lors de la toute récente journée d'étude qui s'est tenue à Marcinelle ce 21 septembre dernier, pas moins de cinq intervenants ont axé leur communication sur la nécessité du travail en réseau.

Dans la région de Charleroi, je viens de le décrire, la notion de réseau est une réalité. Nous bénéficions de structures communales d'échanges : atelier – drogue et coordination élargie.

Grâce à ces structures, un vrai tissu s'est établi entre tous ces responsables qui ont appris à se connaître autrement que par des contacts téléphoniques ou écrits. Des liens se sont constitués et on peut véritablement parler de réseau d'aide aux toxicomanes. Chacun connaissant les compétences spécifiques des autres, les patients sont orientés dans les structures qui leur conviennent le mieux. En outre, on n'est jamais seul face aux problèmes et on sait à qui pouvoir s'adresser.

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