XVIIe siècle. Flûte (Hollande)

 

LES chantiers navals hollandais étaient, au XVIIe siècle, les grands fournisseurs de l'Europe. La flotte de commerce française, notamment, était composée pour une large part de navires en provenance de la Hollande. Parmi ces navires, on comptait de nombreuses flûtes. Ce bateau aux flancs rebondis jaugeait 150 à 300 tonneaux et son équipage allait de 20 à 50 hommes. En temps de guerre, les flûtes étaient équipées de canons. Remarquez, à l'arrière du navire représenté ici, la large ouverture par où passe la barre du gouvernail, et qui servait probablement à charger les troncs d'arbre dont la Hollande avait le plus grand besoin, tant pour ses constructions navales que pour ses édifices sur pilotis. Navire de transport au long cours, la flûte était également armée pour la grande pêche à la morue et à la baleine, industries très florissantes en ce temps. La pêche à la morue se pratiquait depuis longtemps sur les bancs de Terre-Neuve et sur les côtes d'Islande. Elle se faisait, soit du navire, soit de la terre. Dans le cas de la pêche à bord du navire, on fixait sur le flanc du bâtiment une plate-forme à laquelle étaient solidement attachés des tonneaux; dans ces tonneaux s'introduisaient, les hommes chargés de la pêche. Leur position, semble-t-il, manquait de confort... Quant aux pêcheries installées à terre, elles envoyaient en mer de petites embarcations à bord desquelles s'effectuait la pêche à la ligne. La pêche à la baleine, dont les Basques étaient les maîtres, incontestés, se pratiqua d'abord sur les côtes européennes, mais celles-ci furent à la longue dépeuplées; elle émigra alors dans les régions boréales. Les expéditions de pêche éloignaient les navires pour des périodes de deux ou trois ans, durant lesquelles les équipages devaient vivre de leurs propres ressources. Le lard des cétacés était fondu à bord et l'huile obtenue remplissait des tonneaux. À cette époque déjà existait un système d'assurance couvrant les risques de perte du navire et de sa cargaison.