1891. Tricycle à vapeur de Pecori (Italie)

Au moment où la Renaissance illuminait le XVe siècle, l'immense avenir d'un véhicule roulant par ses propres moyens lut entrevu par un homme de génie : Léonard de Vinci. Malheureusement, l'illustre peintre florentin ne réalisa aucun de ses projets. À ceux-ci, d'ailleurs, manquait un élément d'importance : un moteur autre que la forcé musculaire de l'homme ! Après Vinci, il fallut attendre des siècles pour voir un Italien se pencher à nouveau sur les problèmes de la locomotion routière : Pagani en 1830. Puis, pendant près de vingt-cinq ans, plus rien... Mais, en 1854, l'Italie recommença à s'intéresser aux " voitures sans chevaux ". Le Père Barsanti et le professeur Matteuci (qui avait, en 1853, déposé sous pli fermé à l'Académie de Florence un projet de voiture) prirent le brevet d'un moteur à gaz destiné à l'automobile. Aussitôt une compagnie d'exploitation fut créée et la société John Cockerill en acheta le brevet anglais. Mais la mort du Père Barsanti survint sur ces entrefaites, et l'entreprise fut abandonnée. En 1854 encore, un colonel italien, Bordino, construisit une voiture : de celle-ci aussi, bientôt, on ne parla plus. Cependant, après la guerre de 1870-1871, l'impulsion donnée par la France ne tarda pas à porter ses fruits hors frontière et le problème de la locomotion routière revint à l'ordre du jour, en Italie. Un des premiers Transalpins qui sortit un véhicule fut le mécanicien Enrico PECorI, lequel s'était fortement inspiré du tricycle à vapeur construit en 1883 par de Dion-Bouton et TRÉPARDOUX. De lignes un peu plus élégantes que son devancier français, ce tricycle comportait une transmission par chaînes et une direction à tringles sans aucune astuce mécanique. Mais les grands constructeurs italiens allaient rapidement sortir de l'ombre et se montrer dignes d'un pays qui — si l'on remonte aux recherches de Léonard de Vinci — pourrait bien être considéré comme le berceau de l'automobile (et aussi, et pour le même motif, de l'aviation).