1878. Victoria à vapeur " La Mancelle " d'Amédée Bollée père (France)

 

LE succès de L'Obéissante incita Amédée BOLLÉE père à poursuivre ses travaux et là perfectionner son prototype, qu'il orienta vers la voiture du type " privée ". Ainsi fut réalisé le second véhicule d'Amédée BOLLÉE père : La Mancelle (nom donné en honneur de la ville du Mans, où Bollée avait son usine). Grande originalité, La Mancelle comportait une chaudière verticale arrière qui actionnait des pistons-moteurs placés à l'extrême avant de la voiture. Un arbre de transmission courait sous la voiture et attaquait le différentiel par des engrenages coniques imprimant le mouvement à des demi-arbres reliés aux roues par chaînes. Naturellement, les roues avant étaient indépendantes mais Amédée BOLLÉE avait encore perfectionné le système, et à part l'absence d'amortisseurs, l'épure de ce train avant n'avait rien à envier, au point de vue technique, à celui d'une voiture moderne. Autre originalité : l'eau nécessaire à la chaudière se trouvait enfermée sous les sièges avant. Vers 1880, le succès de ce type de voiture fut tel qu'Amédée BOLLÉE père occupait une cinquantaine d'ouvriers qui sortaient des Mancelles carrossées soit en " calèche ", soit en " chaise de poste ". Innovation encore, mais celle-là du domaine commercial, Amédée BOLLÉE, avec une prescience remarquable, avait laissé le soin de la vente de ses véhicules à un concessionnaire général. Quelque temps plus tard, BOLLÉE vendit différents brevets, entre autres celui de la Mancelle, à un riche banquier de Berlin, Barthold Aerous, qui fit, construire des véhicules similaires par les usines allemandes Woelhert, de 1880 à 1885. Enthousiasmé et encouragé par ses premiers succès, Aerous organisa des services réguliers en Allemagne, en Autriche et même en Suède et en Russie. Réellement audacieuse, cette tentative, trop en avance sur son temps, échoua, ruinant le banquier berlinois. La Mancelle originale est conservée au Musée de la Voiture à Compiègne.