1871. Train routier Thomson-Burrell (Grande-Bretagne)

 

L'ANGLAIS Robert W. THOMSON fut le premier " accessoiriste " de l'automobile, le premier qui ait songé à améliorer les voitures des autres. Dès 1845, THOMSON avait eu son attention attirée par l'inconfort que procuraient les roues ferrées. Il cherchait une solution, et un jour l'étincelle jaillit : enfermer de l'air dans un bandage de caoutchouc hermétique afin d'absorber la presque totalité des chocs... Le pneumatique était né ! Aussitôt, THOMSON construisit une voiture (un coach à chevaux) afin d'éprouver sa découverte. Les résultats furent très satisfaisants, mais par suite de défauts de construction, et vu la faible vitesse des voitures à chevaux, l'invention fut délaissée. Pourtant THOMSON avait réalisé son pneumatique suivant le principe toujours en vigueur. Il avait même réalisé une pompe de gonflement (qu'il avait baptisée condensateur) assez identique à une pompe de bicyclette actuelle. Heureusement, THOMSON n'était pas homme à se décourager : il était sûr d'avoir raison et savait que seule la précarité des moyens techniques disponibles l'empêchait de construire des pneumatiques parfaits. Aussi, en 1867, se tourna-t-il vers une solution intermédiaire, créant ce que l'on a appelé le bandage plein (pneumatique en caoutchouc plein) destiné aux locomotives routières. Pour expérimenter ce système, THOMSON réalisa en 1871 un train routier de grandes dimensions qui fut reproduit en plusieurs exemplaires. Puissantes et robustes, ces machines furent envoyées en Turquie, en Grèce et surtout aux Indes, où elles fonctionnèrent parfaitement, assurant des services réguliers dans ces pays où le chemin de fer ne fut créé qu'après des dizaines d'années. Quant aux bandages pleins, ils furent désormais adoptés et l'apparition des pneumatiques Dunlop et Michelin ne les condamna pas pour les poids lourds, bien au contraire !... Détériorant les routes, il fallut des arrêtés de police pour les interdire dans certains pays ; et cela, bien après 1930 !...