1830. Voiture à vapeur de Pagani (Italie)

 

LES recherches et les réalisations du début du XIXe siècle, dans le domaine de la locomotion à vapeur, furent vraiment une exclusivité britannique : à tel point que, jusqu'en 1830, il n'existe aucune trace de tentative faite en dehors de l'Angleterre. Cependant, à partir de ce moment, l'étranger commence à réagir lentement. Ce fut en Italie qu'apparut la première rivale des voitures anglaises. En 1830, le mécanicien bolognais Luigi PAGANI, constructeur de machines à vapeur, réalisa une voiture qui fut essayée dans la région de Bologne. Malheureusement, il n'existe pas de relation détaillée de ces essais et l'on se trouve réduit à des suppositions. Étant équipé d'un primitif système de balancier (à cette époque, les Anglais possédaient une nette avance technique sur ce procédé), il est peu probable que ce véhicule ait fourni des performances intéressantes. Il semble néanmoins certain qu'il ait roulé dans la campagne, où l'apparition de ce monstre grinçant, gigotant et fumant, devant des paysans infiniment moins préparés et avertis que le public britannique quant à ce genre d'expériences, dut certainement produire un bel affolement... Et l'on peut même supposer que PAGANI fut victime de l'incompréhension de ses compatriotes, surtout des paysans qui avaient tôt fait de voir les maléfices du Diable en semblables circonstances. Dans ce cas, une fois la peur passée, un retour en force avec fléaux, piques, pioches et autres instruments aratoires était chose courante ! Les premiers aéronautes en firent également l'amère expérience... Quoi qu'il en soit, PAGANI paraît avoir réalisé cette mécanique avec soin et même avec certaines recherches, tels ces hippogriffes fichés à l'avant du véhicule (entre les roues), inventions d'ailleurs peu faites pour rassurer les bonnes gens de l'époque ! À noter d'autre part l'absence totale de système de suspension, à un moment où toutes les voitures à vapeur britanniques en étaient déjà pourvues.