Lundi 31 mai

 

Départ pour une longue balade en voiture vers Vavatenina, à 40 km à l’ouest de la route côtière du nord. La région est riche en girofliers, caféiers, vanilliers. A environ 5 km sur cette route après le carrefour, on trouve pas mal de beaux champignons sur un petit espace, ainsi qu’un grand serpent assez impressionnant. Les paysans du coin sont effrayés, car son apparaition est un mauvais présage : il aurait sans doute été tué à coup de machette s’ils l’avaient trouvé. Il y a des citrons sauvages – pour le punch du soir ! -  en bordure de la route.

L’arrière-pays est splendide, et nous avons l’impression de découvrir une zone très préservée du tourisme. Nous ne rencontrerons aucun autre vazaha sur notre route aujourd’hui.

 

 

  Vavatenina est un gros bourg-marché : toute la rue principale est commerçante, assez riche, semble-t-il, vu les productions locales. Mais d’après l’aubergiste du restaurant Vanillia (lot 22, parcelle n° 4) qui nous sert un excellent repas, les prix donnés aux paysans pour leurs produits sont ridiculement bas, à cause de la politique de libre échange qui fait que le riz asiatique du Pakistan peut être acheté moins cher que le malgache, alors que ce dernier est le principal revenu de toute une population ici.

Ce très bon petit resto que nous recommandons vivement n’accueille, de l’aveu du patron, qu’une dizaine de clients par mois... On a d’ailleurs dû attendre longtemps avant d’être servis, vu qu’il a fallu aller faire les courses pour cuisiner nos plats. Y compris le poulet qui fut « acheté vivant » d’après Tô : il gambadait encore devant la porte à notre arrivée. Notre note pour trois s’élève à 47.000 Fmg (poulet + poisson + plat chinois + 2 bières et 2 cafés).

Sur la route du retour, on observe un village soufflé par le cyclone, que les habitants reconstruisent sans avoir reçu la moindre indemnité. On goûte à la canne à sucre : c’est un bâton comme un tronçon de  bambou, que l’on grignote et suce, mais qui, s’il coupe la faim, abîme les dents des enfants...  

Tous ces renseignements que nous donne au fil du voyage nous confortent dans l’idée qu’il est important de découvrir ce pays avec un chaufeur-guide de qualité.

Le soir, sur les conseils du patron de La Pirogue, nous allons au « bal-poussière » du village. L’entrée y est bien moins chère (5000 Fmg) et pourtant l’ambiance ici est bien plus chaude que l’avant-veille à Fénérive. Cela se passe dans une salle communale, avec de nouveau des jeux d’argent à l’extérieur – on n’y comprend pas grand’chose, car cela va trop vite pour nous. Tout le monde danse, sauf les acharnés qui vont « perdre leur culotte » dehors. Le patron, très aimé par la population,  assiste au bal avec quatre jeunes boursières américaines baraquées comme des athlètes des J.O., de passage à Mahambo pour étudier dans la région le comportement du Foussa-Foussa, seul animal réputé dangereux de l’île : elles font évidemment un tabac auprès des jeunes Malgaches en vadrouille...