Attention : journalistes méchants
Nous assistons aujourd’hui à une véritable faillite de la
presse professionnelle en Europe et aux Etats-Unis. Les vrais journalistes
d’investigation sont une espèce en voie d’extinction, remplacés par des
personnes que, par convention, je nommerai chasseurs d’audience.
En effet, ceux-ci sont au service des producteurs de
shows TV qui se livrent une guerre de l’audience de tous les instants. Or,
comment obtenir un taux d’écoute avec des reportages ou des débats de société ?
En les montant en épingle et en étant prêt à travestir la réalité pour la
rendre plus spectaculaire. Car tenez-vous bien : ces personnes pensent que
notre société actuelle n’avance pas assez rapidement ou doit laisser sur leur
faim nombre de vautours perchés au-dessus de la société humaine en attendant
son extinction pour se repaître de ses restes. Je vous laisse seuls juges.
Dans cette optique, la prétendue journaliste Mireille
Dumas (France 2) a failli porter un coup fatal au loisir qui nous rassemble
tous ici : le jeu de rôles. En 1994, elle a programmé un « Bas les
masques » spécial suite au suicide d’un jeune dans un internat. Ce dernier
pratiquait le jeu de rôles. Il n’en fallut pas plus à la dame pour associer ce
loisir à une pratique sectaire et peu équilibrante pour la santé mentale.
Aux grands maux les grands remèdes : elle invite sur
la plateau un des plus grands spécialistes des sectes en France, le sociologue
Jean-Marie Abgrall. Celui-ci, étonnamment peu renseigné sur le sujet, se laisse
embarquer par Dumas (il le déclarera par la suite, c’est à dire bien trop tard)
et se lance dans une croisade d’une heure et demi, dénigrant notre loisir et
incitant les parents à la plus grande méfiance.
Bingo. Dans les trois années qui suivent, les ventes de
jeux de rôles ont diminué de plus de 50%, le laissant pratiquement exsangue,
envoyant à la trappe des sociétés comme SPSR. Heureusement, tel le phénix, le
jeu de rôles renaît, mais la méfiance plane encore, preuve de l’impact d’une
telle émission sur les esprits. Tout cela par la faute de journalistes qui
ignorent la signification du mot déontologie.
Moralité. Eleveurs d’escargots de Bourgogne, méfiez-vous.
Si un journaliste se présente chez vous pour filmer votre occupation, exigez un
droit de regard sur le reportage, il risquerait de transformer ces pauvres
gastéropodes en mutants porteurs du virus du SIDA.