Mévergnies Village de mon enfance

Jean Stamanne
Liens vers différentes pages
Petit Marais page 5 Vers le jeu de balle page 26 La rue Raoul Nachez page 51
Petit Marais page 7 Rue des Carrières page 34 La rue de la Tour Vignoux page 56
Grand Marais page 9 Le Vélodrome page 39 Les Trieux page 60
Vers la Place page 15 La ruz St Joseph page 41 Souvenirs de jeunesse page 63
De la Place vers la Gare page 18 La rue d'Anvers page 46 La gare de Mévergnies page 70
De la gare vers la Place page 22 Les Couturettes page 48 En guise d'épilogue page 73
2
D’abord
un peu d’histoire..
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Préface
Dans cette brochure, je n’ai pas la prétention de présenter un historique du village : tout simplement, le témoignage d’un adolescent de l’époque de l’après guerre 1945. Auparavant, j’avais tenté de trouver de la documentation plus fouillée, en ce qui concerne les carrières de Mévergnies, je me suis vite aperçu que les documents sont rares. Il faut remercier l’Abbé Pardonge pour son travail effectué dans ce sens en 1965, ainsi que le regretté Monsieur Raoul Baron, instituteur à Mévergnies, qui effectua un travail scolaire dans le cadre de l'étude du milieu. C'est dommage, que Raoul n'ait pas rédigé d'autres ouvrages sur Mévergnies, car c'était un érudit en ces matières. Sans lui, la mémoire de toute une époque eut été bien maigre !
Je
me suis donc permis de puiser dans cette bibliographie,(en y faisant référence)
pour mieux argumenter mes écrits. Parfois, j’ai aussi mieux explicité ce qui
paraissait confus dans les notes de ce fascicule. Les recherches sur l’internet,
je dois bien le reconnaître, n'ont procuré qu’une infime récolte de
renseignements.
Le
plan Popp, ainsi, que la matrice cadastrale de l’époque(1838)ont apporté
quelques éclaircissements à ce travail : en repérant d’anciens noms de
lieux, de rues, et d’implantations urbanistiques qui n’avaient guère
beaucoup changé un siècle plus tard.
Enfin, je remercie les personnes qui m’ont apporté leur aide :
-Monsieur James Pistral qui m’a incité à ce travail
-Monsieur Pierre d’Haufayt
- Monsieur Paul Gardinal
Bibliographie :
Cercle Royal d’Histoire & D’archéologie d’Ath & De la Région & Musée Athois
Bulletin bimestriel, volume 4 mai 1981
Par J.Pardonge(Abbé) Quelques notes pour aider à l’histoire des
Carrières
de Mévergnies
Le Patrimoine de la Région Wallonne
Les plans et
matrices Popp
Site Web " Patrimoine majeur de Wallonie
"
Jean Stamanne
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Mévergnies..
Comme je l’ai connu !
Avant propos.
C’est Monsieur James Pistral, qui m’avait fait parvenir les notes de l’Abbé Pardonge : curé de Mévergnies, concernant les carrières de Mévergnies. (Cercle Royal d’histoire d’Ath)
C’est parcourant ces notes, que m’étais venue
l’idée d’essayer de creuser plus avant cette étude.
Je me suis vite aperçu, que les documents concernant le sujet sont
rares. Les notes de l’Abbé ont complété le travail de Monsieur Baron par
des détails trouvés dans les archives de l’église.
D’autre
part, j’avais le projet d’un petit ouvrage sur Mévergnies de l’époque de
mon enfance. Projet concrétisé, sous l’instigation de Monsieur James Pistral,
qui a d'ailleurs édité, un document sur Maffle de 1938-1939.
J’’ai tenté de concilier les deux,
en écrivant un historique du village, tel que je l’ai connu. Je dois ajouter encore, qu’à cette époque, la
majorité du village s’exprimait en patois Wallon. Tout cela a bien changé,
les habitants actuels sont pour la plupart venus de l’extérieur, cela a
contribué à un déclin rapide de ce dialecte, que j’ai bien peu l’occasion
de savourer à l’heure actuelle.
D’autre part, je
suis en parfaite adéquation avec les notes de l’Abbé Pardonge, (page 148)
concernant l’habitat, à mon époque, la construction n’avait pas tellement
évolué. Pour la plupart, pas de salle de bain; le Wc externe à l’habitat. Les maisons, construites en moellons,
bien qu'ils soient épais, les murs n’offraient
pas toujours une isolation calorifique confortable.
Il suffit d’observer des photos du début d’après
guerre 1945, on pouvait encore voir beaucoup de maisons de ce type. Elles
avaient une caractéristique commune: toutes étaient chaulées de blanc, plus
rarement teintées de rose, pas de corniches ni gouttières, la pluie tombait à
même le sol , le long des murs.
C’est là, l’explication de cette bande d’un
mètre, badigeonnée de goudron qu’ornait le bas de toutes ces
habitations.
La vieille photo du Grand Marais, du Petit Marais, et celle de la Place du début du siècle dernier, illustrent très bien ce détail architectural de l’époque.
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Avant
la guerre.
Mon père était originaire d’Attre.
Mes parents s'étaient rencontrés dans
le Nord de la France, où mon père travaillait à la construction de routes, en
ce temps là elles étaient encore
constituées de pavés, il était épinceur (spincheu) de son métier, cela
consistait à tailler les pierres pour en paver les routes; ces fameuses routes du Nord rendues si célèbres par le cyclisme. Il
avait travaillé aux carrières, où il avait appris son métier. A la fin des
années trente, les carrières étant en déclin, c’est sans difficultés
qu’il trouva à travailler à la construction de routes pavées. Il devait se
déplacer bien sûr, le plus souvent en France, mais son emploi était source de
bonnes rémunérations. Je l'appris dernièrement par James Pistral ; c'est en
compagnie de son oncle Henri Lelangue, dit "Kézink" qu'il travailla
effectivement du côté d'Avesnes .
Mes parents se marièrent le 25 septembre 1935. En ce début
du printemps de 1936, je naquis
dans une maison située dans la rue
principale de Mévergnies(actuellement St Gervais) : celle de mes
grands-parents. Dés avant- guerre, mes Parents habitèrent au Petit Marais.
Cette maison fut rasée en 2008, ainsi que les deux autres de la rangée.
La maison
était bien modeste, construite en moellons, dont l’extérieur était peint à
la chaux, le mur de droite, côté cuisine était adjacent avec celui de l'école
gardienne tenue par des bonnes sœurs.
La porte de l'école, était située, à un mètre à peine de la
fenêtre de la cuisine. L’école jouxtant la maison, naturellement j'y
suis allé très tôt, il m'a été rapporté que souvent je me sauvais, il
fallait que les bonnes sœurs ferment la porte de la cour à clé.
La porte d'entrée, au pignon,
donnait accès directement à la pièce principale, qui ne comptait qu'une fenêtre
pas bien grande. A droite, la cuisine où, un escalier accédait à l'étage ;
composé de deux chambres, éclairées par de petites fenêtres. Le robinet
d’eau se trouvait dans un réduit, construit sous cet escalier, c’est là,
que nous faisions nos ablutions matinales, dans un petit bassin posé dans son
porte bassin.
Un adulte
y tenait à peine debout. Une ou deux fois par semaine, un bain se prenait dans
une grande bassine dans la cuisine. La chambre, que quelques années plus tard
je partagerais avec mon frère, se trouvait au-dessus de la cuisine.
-6-
Ce dernier délimité
par un
mur, borde le Petit Marais, place rectangulaire de 50
m sur 75 environ. Face au mur du vieux cimetière, une rangée
d'habitations, parmi laquelle l’épicerie
Notre
maison, bâtie à l'entrée du Petit Marais, y dressait son pignon, première
d'une rangée de trois, dont les murs étaient mitoyens. Pour achever cette
description, à l'extrémité, à gauche de ces bâtisses : des remises où
chaque locataire pouvait y stocker bois, charbon etc..
Après la
guerre, je me souviens, nous y avons même élevé quelques lapins. C'est dans
cette remise que se trouvait le WC, avec, comme en ce temps là, une planche
percée (lunette) qui communiquait avec une fosse extérieure, ces systèmes
ressemblaient effectivement au trônes royaux !
Je
peux déclarer, que je suis en parfaite adéquation avec les notes de l’Abbé
Pardonge (page 148), bien qu’en 1967 des
maisons aient été modernisées. A mon époque, dans les années quarante, bien
peu l’étaient.
Dans son
étude, l’Abbé Pardonge avait trouvé qu’à l’endroit de ces remises, il
y aurait eu une ancienne forge (rapport aux carrières) personnellement je
n’ai trouvé nulle trace dans le plan Popp (antérieur à 1850)
concernant le Petit Marais de l’époque. En réalité, la forge en
question se trouvait être une partie intégrante de la maison jouxtant ces
remises.. Déclaration recueillie, par Monsieur Pierre d’Haufayt.
Sur le
Petit Marais, seule l’épicerie à « l’Elephant » était une
construction en briques, sans doute début du 20 ième. Il est vrai aussi, que
bien des habitants avaient des revenus modestes, cela, je peux en témoigner.
Ici, je
dois une explication, notre maison nous l’avons occupée à deux reprises :
en 1937, puis survint la guerre, mon père fut prisonnier pendant cinq ans. Avec
ma mère enceinte, nous étions partis dans la famille maternelle en Flandre.
Puis,
à la fin de la guerre, de retour en Wallonie, voici ce que j’en dis dans un
extrait de mes mémoires :
Le Petit Marais début du 20ième Siècle

et d’aujourd’hui
-8-
Pour
respecter un certain ordre, je voudrais maintenant citer les habitants que j’y
ai connu.
Il
y avait, comme je le disais plus haut : l’Epicerie l’Eléphant, tenue
par Aimable et Berthe d’Haufayt, Irma; la maman de Berthe, leur fille: Nelly
qui devait épouser l’architecte Léon Burniaux, et leur fils Pierre mon aîné
de cinq ans.
La petite
maison attenante à l’épicerie, était habitée par Mme Elise Lambert avec sa
fille Andrée.
L’autre
maison, adjacente à l’épicerie, occupée par Monsieur Despret Marius électricien
de son état, son épouse avait paraît-il. été miss Ath.
Plus
loin, Mme Dolphine Leleux, sa fille Blanche.
Venait
ensuite, celle de Monsieur Dusquesne et son fils Jean resté vieux célibataire..
Puis, la
maison qui forme le coin avec la
rue de la Procession : la famille Destrebecq, ils étaient venus
s’installer là, après avoir habité où Omer Dupire tiendrait un commerce
des années durant. Je cite leurs
enfants : Francis, Armand, Josse, Willy, Madeleine et, une petite
dernière du nom d'Annie
En face, il y avait la fermette appartenant à Albert Dufrane,( dit du Chireû) et son épouse… ainsi que trois enfants, deux filles Rosette et l’aînée.. ainsi, que le fils Maurice mon aîné de deux ans, aussi décédé.
Au fond
du petit Marais, à gauche, prés des remises citées ci avant: la famille
Malengreau ; l’épouse dite « Zita », les fils Jean, François et Achille et une fille Jeanne ; cette
dernière aimait percer mes points noirs
d’adolescent ! C’est là,
que se trouvait la forge citée dans le rapport de l’Abbé Pardonge(page 140)
A droite, notre habitation, ensuite la belle sœur de Zita, puis Jean Mortier,
qui plus tard serait appelé « La Pipe », son épouse Simone
Morlegem, avec leur fille Marie et
un garçon : Noêl.
En cul-de-sac, la maison de Charles Dosimont, (Papieu disait-on), son épouse Laure Wattière,
qui était, la tante du futur, et ancien bourgmestre de Brugelette :
Armand Mourin. Ils avaient un fils :
Lucien qui habitera le lieu dit « Congo »
Voilà
donc, en ce qui concerne le Petit Marais.
Ainsi, logiquement, étant donné que mes grands-parents y ont habité, je peux maintenant exposer, ce que je connus du Grand Marais en période de guerre, et ultérieure.
Le
Grand Marais.
Vers 1880, un chemin de fer en provenance des carrières Declercq y aurait été établi, descendant le Grand Marais en direction de la Dendre, puis vers la gare de Mévergnies-Attre, en passant à proximité de la maison Pistral.
Ces wagons, étaient paraît-il, lancés à partir des carrières Declercq, pour virer à proximité du Grand Marais, et le descendre, ainsi lancés, ils arrivaient prés de la maison Pistral, où une locomotive les remorquaient jusqu’à la gare.
L’Abbé Pardonge dans son étude, a rapporté ce fait, qu’il tenait lui-même de Monsieur Baron : ancien instituteur de Mévergnies(page135), ce dernier avait recueilli des témoignages indirects sur ce sujet. L’Abbé semble cependant avoir quelque suspicion et doute. (page 135 )
En substance, il écrit ceci; je le cite :
« Les témoins indirects qui ont raconté cela à notre instituteur devaient garder une certaine nostalgie de l’importance des carrières de Mévergnies au siècle dernier » et continue plus loin : « Il semble bien que jamais la fabrique d'église n’ait accordé d’autorisation à la carrière et que jamais celle-ci n’a octroyé de dédommagement, ni à la fabrique, ni au locataire de la terre »
A ce sujet, j’ai une remarque personnelle, lorsqu’on examine en détail la vieille photo, on aperçoit, dans le bas du Grand Marais des arbres déjà bien implantés, rien n’indique l’existence d’une voie ferrée les trois ou quatre décennies précédentes.
Le mystère reste entier..
-10-
Grand
Marais Photo début 20ième Siècle
La
maison avec son enseigne semble déjà être un cabaret.
le Grand Marais
d'aujourd'hui.
-11-
Extraits du Plan Popp sur lesquels, on retrouve différents endroits, qui ont été
marqués. Par exemple, une école, qui était tenue par un sous instituteur:Mr Tranchant. Le tracé virtuel du chemin de fer Declercq
L'emplacement de fours à chaux, dans la propriété d'Amélie Moroy.
Le
nom des chemins qui ont changé etc..
-12-
D’un
extrait de mes mémoires, voici comment
j'en décris l’endroit :
« Mais
revenons en ce début des années de guerre, mes grands-parents, après avoir
vendu leur maison, étaient devenus locataires..
Pendant
cette période de guerre, je me souviens, de deux habitations : l'une sise
en face de la maison communale de Mévergnies, l'autre, dont je garde un
souvenir plus attendrissant :
celle située dans le bas du Grand Marais.
Le Grand Marais, en ce temps là, était nettement plus verdoyant que présentement, où, asphalte et béton ont conquis les lieux. Le chemin sinueux, venant de la place de Mévergnies au chemin de Ath y débouche, ce dernier était empierré, à gauche une vaste prairie avec pour toile de fond, les arbres du parc du château d’Attre.
Le
bas était bordé de part et d'autre de magnifiques hêtres formant une petite
drève, dont les abords n'étaient que verdure. De part et d’autre, dans le
fond, des sentiers de terre accédaient aux habitations.
Plus
loin, la route monte, côtoie le mur de la maison communale, dont le coin est
formé par une chapelle; c'est l'endroit où le site se rétrécit.
J'adorais
ce lieu, lorsque je me le remémore, c'est non sans qu'une certaine
nostalgie ne m'envahisse.
L'habitation
était située au fond, à droite, presque à l’orée du parc du château, une
vieille maisonnette, peinte à la chaux, presque une chaumière, si ce n’était
son toit de tuiles. Le sol : de la terre battue, à l’intérieur, les
murs en moellons n’étaient pas ornés de papiers peints, ils étaient enduits
de chaux, et mouchetés de peinture. Je pense, qu’il y avait quatre
pièces; deux chambres, la cuisine et j’en ris en l’écrivant :
le « living »
Le poêle
"crapaud" servait pour la cuisine, ainsi que pour le chauffage !
Il n’y
avait ni adduction d’eau, ni électricité. Devant la maison, il y avait la
fontaine
(cette source existe toujours semble-t-il ; mais condamnée) qui
fournissait de l’eau de source cristalline, quant à la lumière, elle était
dispensée par des lampes à huile, ou pétrole..
Comme
pratiquement partout, le Wc était
évidemment à l’extérieur.
Les
senteurs du jardin, la fraîcheur des rosées matinales de l’été, lorsque ma
grand-mère mettait curer le linge de sa lessive, les cloches de l’église,
que j’entendais étant encore au lit.. Tout cela, est resté bien présent
en moi, les odeurs, les sensations, les bruits. En fait une autre forme de mémoire.
La vie était
rudimentaire, mais ce que j’ai pu y être heureux !
C’est de là, que je tiens mes premiers souvenirs de vacances de l’été 1942
-13-
Comme le
Petit Marais, l’habitat y était aussi vétuste. Je vais procéder de la même
façon, en essayant de me remémorer les noms des habitants de l’époque. J’étais
très jeune, ce qui fait que ma mémoire ne les a pas enregistrés tous.
Cependant, ma mémoire visuelle a
gardé leurs images..
Voilà,
je commence le cheminement à partir de chez mes grands-parents : la maison
voisine, était occupée par Séraphine et sa fille qui était couturière et y
avait son petit atelier, elle occupait deux
apprenties. Bien plus tard, c’est le marchand de charbon « André Bazène »
qui habitera cette maison..
Ensuite,
il y avait la petite maison du « Russe », de sa femme Rose :
une petite bonne femme, et leur fils Emile ; un peu plus âgé que moi, et
avec qui je participais parfois à des escapades aux abords des carrières.
Les
habitants de la maison suivante, sont sortis de ma mémoire. A côté,
habitaient les Fontaine
et leur fille, futurs beaux-parents d’Orner
Dupire. En suivant ; la maison du frère du Russe,
dont je n’ai
aucune souvenance, ceci m’a été rapporté par Monsieur Roger Riviere
originaire de Mévergnies, habitant le Petit Marais après
guerre.
Ensuite,
l’habitat des époux Devos, et leurs enfants, trois filles dont l’aînée
s’appelait Odette, un fils qui naquit au début de la guerre. Peu
de temps plus tard, Devos se retrouva veuf.
Un niveau plus haut, habitait Gaspard un personnage atypique, un peu simplet, il avait déjà un certain âge, approchant peut-être la soixantaine.
Il était bon et doux avec les enfants, mais les gosses sont parfois cruels, nous le fâchions en lui inventant n’importe quoi. Alors, jetant les bras en l’air, il rentrait dans sa petite demeure, tout en bredouillant d’une voix rauque et bien caractéristique des paroles incompréhensibles.
Sa maison, avait été suivant les écrits de l’Abbé Pardonge, une forge dans la seconde moitié du 19ième siècle (page 140) Son habitat était mitoyen avec la dernière maison, qui forme l’angle avec la rue de Soignies, présentement la rue Tour Vignoux. C’était un cabaret, tenu par Jeanne « Fineke », déjà en 1914. Ceci m’a été rapporté par Pierre d’Haufayt. Elle avait déjà un âge respectable, d’origine flamande, elle n’était jamais parvenue à prononcer de façon orthodoxe notre patois wallon, encore en usage pratiquement, par tous à cette époque. J’ai oublié le nom de son mari, qui je me souviens, devait marcher à la baguette devant cette petite vieille toute maigrichonne.
Quand je la rencontrais, elle me disait « vo vo steu eul fieu du keukeu du moukeu »… Les surnoms d’origine du côté paternel !
Quelques années plus tard, devenu jeune homme, il m’est parfois arrivé d’aller y consommer une pils « Declercq », le temps semblait avoir été figé, Fineke, physiquement, ne semblait pas changer.
-14-
Le comptoir(bar), les tables et chaises, toujours les mêmes. Son mari était décédé depuis peu, ce qui m’est resté ( c’est sans doute la dernière conversation que je tins avec elle) dans la mémoire, est l’évocation qu’elle fit de la mise en bière de son époux. C’était, je pense, à l’origine, lorsque les pompes funèbres utilisèrent la gaine plastic, dans laquelle on enveloppait le défunt avant la mise en bière. La façon dont elle narra l’événement, avec son intonation bien caractéristique, surtout, c'est lorsqu’elle évoqua la fermeture de la tirette éclair, qui nous mit tous dans un état d'hilarité à peine contenue.
Voilà, maintenant faisons demi-tour, et descendons le Grand Marais.
Formant le coin avec la rue de Soignies(présentement Tour Vignoux) : L’ancienne maison communale, occupée par Monsieur Gaube instituteur de l’époque ; il avait un fils. Il quitta son poste de suite après la guerre, afin d'aller enseigner en Allemagne, pour le compte des forces d’occupation. Par la suite, j’entendis dire que son fils s’était aussi engagé dans les forces armées. Le mur du jardin borde le Grand Marais jusqu’à la petite chapelle.
A gauche, un peu renfoncées, des maisons dont la première était habitée par le garde- champêtre Andrieux, je me souviens de lui, impressionnant, descendant de son vélo, portant de grosses moustaches en guidon de course! Il avait un fils Pierre, aujourd'hui décédé. A côté, résidait "Tachette" et son épouse paralysée dans un fauteuil. "Tachette" fut tué accidentellement par une voiture, le long du mur du parc. Je me demande si le prénommé et bien connu "La Guerre" ;ancien carrier, n'habita pas l'endroit.
Continuons
notre cheminement, et dirigeons nous maintenant vers l’ancien jeu de balle. A
gauche, dans le premier virage, en coin, c’était une fermette où a habité
Raymond le facteur, ce fut ensuite
Pluquet qui y habita, il y tint un commerce
de vélos, et
était représentant de mobylettes de la marque "Motobécane".
La maison
suivante, était une épicerie tenue par Henriette, dite: du "du
Camousseu", en ce temps là, les pré-emballages, on ne les connaissait pas,
les marchandises étaient vendues en vrac, ce qui donnait une odeur bien
particulière, et bien spécifique à chaque épicerie, due sans doute à
l’endroit et l’ordre de stockage des marchandises. Ici, c’est ma mémoire
olfactive qui prend le pas ! De temps à autre, ma grand-mère m’
envoyait y chercher l’une ou l’autre emplette :allant du savon noir au
kilo, jusqu’à x grammes de pâte
de pommes que j’adorais.
La maison
attenante à l’épicerie, appartenait à Yvonne sa fille; mariée avec Jean
Fleurquin : un fils Edmont de quatre ou cinq ans mon aîné.
Eux aussi
étaient âgés, il était menuisier, ce qui me marqua, c’est lorsqu’un jour
Paul me fit visiter leur grenier. Nous y trouvâmes, debout, en évidence
contre le mur un cercueil; celui du grand-père prévoyant. Cela je l’ai
retenu !
Dans
l’angle, au fond, la maison d’où le nom de Fontaine me revient, mais sans
garantie. Après avoir viré à droite, la maison des " Moumours",
le fils Dugnoille : Georges et sa femme Liliane, les enfants, deux fils :
Léonce de trois ou quatre ans mon aîné et Elie plus jeune, deux filles:
Marie-Louise et Odette.
Nous
arrivons enfin au dernier virage, à gauche, où habita Mme Hochart : la
maman du boucher, dont la boucherie était située plus loin, à la maison formant le coin avec la rue principale de Mévergnies.
(St Gervais)
Plus
tard, dans la maison de Mme Hochart,
viendrait y habiter Louis
Colin, l’ancien boucher, et à la maison du fils, ce sera Marcel Nachez le
peintre.
En face,
le mur de la propriété Moroy, derrière ce mur, une prairie où était installée
la perche de la société de tir à l’arc dont Henri Moroy fut le président ;
mon père succéda à la présidence.
De
la Place vers le Moulin..
Je
propose maintenant de virer vers la place, et de prendre attention vers
le côté
gauche en direction du bas du
moulin.
La première
grande maison rencontrée, est celle
des Moroy, c’était une épicerie, on y accédait par deux escaliers de pierre
bleue : à l’entrée, à droite le magasin.
Je me
souviens très bien de Monsieur Moroy, un ancien instituteur, descendant des
propriétaires des carrières Moroy( Voir le fascicule de l’historique des
carrières par le curé Pardonge.)
Monsieur
Henri Moroy, avait des moustaches en guidon de course, comme nous disions. Il
eut pu paraître sévère, mais il n’en était rien, et d’une patience
à toute, épreuve avec ça.
Monsieur
Moroy était déjà âgé à l’époque, il avait deux sœurs dont j'ai retenu
le nom d'une seule : Victoria , elles non plus n’étaient plus de première
jeunesse.
Lorsque
j’entrais dans l’épicerie, pour aller y chercher quelque sucette ou autre
sachet surprise contenant une poudre, que nous appelions du « sûr »
ainsi que l’une ou l’autre
babiole . Quand ce n’était pas Monsieur Moroy, qui se présentait, c’était
l’une des sœurs, toujours la même ; Victoria, l’autre la suivait en
trottinant. Des personnes très, très gentilles.
-16-
je
l’avais réservé pour me procurer
un sachet surprise chez Wastiau. Nom donné aussi à l’épicerie Moroy. J’en
connus l’origine en parcourant l’ouvrage du Curé Pardonge.
Il était
déjà assez tard, lorsque le bus
nous reconduisit à Brugelette, il fallait encore parcourir à pied le chemin
vers la maison.
Je me présentai
quand même chez Wastiau, le crépuscule pointant.
Naturellement, la porte était
fermée, je frappai tant et si bien que Monsieur Moroy vint m’ouvrir, et
lorsque je lui demandai un sachet de « sûr » il en fut aussi
surpris que du contenu
qu'il était sensé contenir !
Très
gentiment, il me donna satisfaction, me demandant quand même pourquoi
j’arrivais à pareille
heure. Ceci est resté ancré dans mes neurones, en
partant, il me dit, c’est comme si je l’entendais encore : "
toi, tu as de la suite dans les idées "
Je dois
encore ajouter, que par la suite
une nièce vint habiter chez eux, elle s’appelait Léona. J’appris que la
vie assez austère en avait eu raison, et qu’elle avait quitté ses hôtes,
mais cela c’est ce que j’entendis dire.
Si, je me
suis étendu un peu sur cette famille, c’est parce que ce furent quand même
des personnages marquants de Mévergnies ; pour moi en tout cas..
Toujours
à main gauche, vient ensuite le Presbytère, où je retiens le nom du curé:Joseph
Delmée : catéchisme, communion, enfant de chœur, souffleur d’orgue
avec mes amis d’enfance, voilà tout ce qu’il me rappelle. (J’en dis
davantage dans mes mémoires et souvenirs de jeunesse dont je mettrai quelques
extraits dans le présent ouvrage)
Vient
ensuite, la maison où habitaient les parents de Robert Permanne; dit « eul
cadeût »
Pour
suivre,,
la maison du coin de la rue de la Procession, qui était un cabaret tenu par Léa,
dite: « du Petit Bougre » et son mari Jules Declève, dit: « du
Bounneût » dit aussi :« Chouchoule »
Sur
l’autre coin, aussi un cabaret tenu par les parents Colin, dont le père était
dénommé « eul Nwôr » et sa femme Josephine . Ils étaient
déjà très âgés à l’époque. Leurs descendants Louis le boucher, Raoul
garde-Champêtre, Angèle l’épouse de Robert « du cadeût »,
Marcel, et une autre sœur Germaine qui habitait Gages. Le père Colin avait la
réputation de braconner avec son chien.
En mitoyenneté, la maison suivante : Potiez qui était aussi un cabaret, et même un ancien salon. Je n’ai en mémoire que Diane ; elle était, je pense la nièce, elle maria par la suite, Pierre Lelangue fils d’Emile, le maréchal-ferrant du village.
-17-
En
venant du Grand Marais

A l’époque,
je ne me souviens plus, qui habitait la petite maison accolée à celle des
Pottiez, ce
fut un couple personnes âgées qui s'occupèrent des affaires d'église. Par
la suite, je sais que ce sont les époux Delrue qui y habitèrent,
On trouve
après: l’église entourée du vieux cimetière et le monument aux morts.
Toujours sur la gauche : l’école des sœurs. Je me souviens de deux bonnes-soeurs, la première très âgée : Sœur Bathilde, elle fut la dernière personne à être enterrée dans le cimetière ceinturant l’église, en 1947, et ce, je pense, par dérogation spéciale. L’autre, sœur Marie-Augustin, que je connus à l’école gardienne.
Continuons, et descendons vers le moulin. Nous arrivons à la petite épicerie que tenait Dalie; grand-mère de Lucie Rosseels, avec qui je fis ma communion en 1947. A côté, la maison des « Fanfotte », le père :"D'Zireu" deux fils : "Milo" et Jean ainsi qu’une fille. Marie .
Attenant à leur habitation, le salon cabaret, tenu par la mère et les sœurs Rasse :
Eva et Nelly qui épousa Benoit Denayer, son fils Fernand, de un an mon cadet. Plus tard, il sera le directeur de l’école St Louis de Brugelette. On disait Eva, Marguerite et Nelly : " du Sot Variste"
C’est là ,que les bals se tenaient, lors de fêtes locales, telles que la Ducasse et autres.
Ensuite,
la maison de Joseph « du Facteur »,
grand-père des enfants Destrebecq.
Nous arrivons maintenant à l’habitation du Bourgmestre : Louis Thullier, sa femme, un fils et une fille. Il était le propriétaire du moulin. et fut Bourgmestre pendant la guerre et une période de l'après-guerre.
Viennent ensuite, les deux maisons en retrait de la route. La première appartenait aux grands-parents de Jean-Marie Detrain(son père était restaurateur), la seconde où habita Germaine Dumont , bien plus tard elle eut Léon Amoris pour compagnon.
Plus bas, en bout de rue, la ferme Liétard où, j’ai connu le grand-père : Joseph dit « du Nière » ( il sonnait les cloches de l’église), un de ses deux fils : Georges, le père de Jacques d’un an mon aîné, ainsi que la fille: Nelly, qui mariera plus tard le fils de Jean Fleurquin : Edmont. L’autre fils de Joseph, s’appelait André: dit « du Nière », Virons à droite, et toujours à main gauche : la maison de la mère de Louis Thullier. Cette maison subit un incendie en 1952.
Arrivé sur le pont de la Dendre, un regard vers la chute de l'ancien moulin, où tant de fois, étant gamins, nous allions nager. Pas de pollution à l’époque !
Nous plongions dans le "gouffre", comme nous appelions alors la base de la chute, l’abri de la roue à aubes était couvert, en ce temps elle fonctionnait encore de temps à autre. Je me souviens, lorsque du pont nous jetions un regard vers le cours d'eau, des bancs de poissons nageaient entre les roseaux.
A cette époque, les berges étaient naturelles et montraient un aspect bien plus sauvage de l'endroit.
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La Place de Mévergnies
Vue prise à hauteur de la maison « Fanfotte » vers la Place
Attention la vue est antérieure à la période ci décrite. vers (1910)
On n’y distingue pas le monument aux Morts
A l’avant-plan, à droite la maison des « Fanfotte » suivie de l’épicerie de Dalie.
Plus loin, le mur du jardin des religieuses qui tenaient l’école. Remarquez les maisons chaulées, leurs bases goudronnées, sans corniches ni gouttières.

.. et aujourd’hui
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Le Moulin – Vue d’ensemble

Les vannes, la
vieille roue à aubes et le pont.
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En période de crue, la Dendre débordait assez régulièrement. La victime, en était la famille "Turlute". Leur jardin était inondé, avec sans doute aussi quelques ennuis à leur habitation. Leur nom de famille, était Dosimont . Je demande l’indulgence aux descendants de toutes les personnes que je cite ainsi, s’ils me lisent, qu'ils me pardonnent cette liberté d'expression.
Il y avait donc le père dit « Turlute », la maman qui était handicapée d’un bras, il y avait deux filles : la cadette Simone, l’aînée Laure qui plus tard mariera Raymond un tailleur de pierre, et bon joueur de balle pelote ; originaire de Maffle je pense.
Plus loin, le cimetière où, la grande majorité des personnes citées reposent.
Trois cent mètres plus loin, la famille de Joseph Defossez, sa femme… les fils Arthur et Franz : un ami d’enfance, ainsi que sa sœur… de deux ans sa cadette.
Plus loin, au coin de la route, le cabaret de « Tazar » d’Haufayt et de son épouse née Marichal. Plus tard, Constant Frébutte et Célina son épouse, reprendront le commerce pendant bien des années encore.
Nous arrivons ensuite à la gare, (commune aux deux villages Mévergnies et Attre) sur laquelle, je ne m’étendrai pas ici. Voilà, c’est le moment de faire demi-tour, en reprenant la route en sens inverse, et ainsi continuer la description des habitations, toujours côté gauche. La première maison, celle des Dauchau : où j’ai connu la mère et la fille. Ensuite la maison du "Saudard", qui fut trouvé mort au mur du dépôt.
Nous arrivons ensuite, à la maison Pistral: les grands-parents de James. C’était aussi un estaminet ! Ici je pense déborder un peu, car l’habitation et son fameux marronnier sont située sur le territoire d'Attre . Qu’à cela ne tienne, Attre et Mévergnies sont pour moi sentimentalement pareils..
J’ai très bien connu Maria, lorsque je passais devant la maison, pour me rendre à la gare, où je prenais le train pour Ath, et ainsi me rendre à l’école.
A la bonne saison, leur porte était souvent ouverte, en passant sous le marronnier, je ne manquais jamais de crier un bonjour à Maria. Le souvenir d’Oscar est plus flou.
Mais qui pourrait en parler mieux que James ?
Une chose cependant à ajouter, en ce qui concerne le marronnier, pour lequel, j’ai toujours eu une certaine fascination. A tel point; en 2007 on en avait taillé les branches jusqu’au tronc et, je craignais qu’il ne survive. Deux ans plus tard, il était à nouveau là : magnifique !
Toujours à ce propos, je peux affirmer sans me tromper, qu’il est bien plus que centenaire, puisque j’en ai trouve les traces sur le plan Popp d’Attre. (1850 ?)
Laissons maintenant la parole à James Pistral lorsqu’il déclare :
Le travail réalisé par Monsieur Raoul Baron, instituteur à Mévergnies(malheureusement décédé trop jeune et dont l’érudition était très utile)
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sur les carrières de Mévergnies, étude complétée par l’Abbé J.Pardonge, curé de Mévergnies et paru dans le bulletin bimestriel, volume 4 de mai 1980 du cercle Royal d’Histoire et d’Archéologie d’Ath et de la région m’a beaucoup intéressé d’autant plus que mon grande père Oscar Pistral avait travaillé à la carrière en tant que valet. Je suis, par conséquent, heureux d’apporter un témoignage.
Dans les années 1931-1933, rue du Marronnier, j’étais beaucoup en vacances chez mes grands-parents paternels habitant la maison isolée près d’un marronnier au carrefour des routes gare de Mévérgnies-village d’Attre et d’Attre à Brugelette ; cette maison et ce carrefour sont d’ailleurs repris page 135 du bulletin..
En ce temps là, mon grand-père Oscar Pistral mesurant plus de 2 ms,chaussant du 47 et aussi doux qu’il n’était fort conduisait des chars chargés de pavés des carrières de Mévergnies à la gare de Mévergnies pour transbordement dans des wagons. Son attelage était un très lourd char aux grosses roues cerclées de fer et tracté par… 6 chevaux.
Toujours au lit(car les premiers transports étaient matinaux), j’entendais le bruit de l’attelage depuis le cimetière ; je me levais prestement pour voir mon grand-père conduire son attelage. Malgré la montée de la route et la lourde charge, je n’entendais que « Mina,Flora,Blondine, hue » d’une voix très calme. De notoriété mon grand-père était un spécialiste de la traction avec tant de chevaux.
Puis, peu avant la guerre, les chevaux furent remplacés par un tracteur « Lanz » au pétrole. Le bruit de l’échappement de ce moteur lent était bien moins romantique que le martèlement des 24 fers des pattes des chevaux. Mon grand-père n’eut plus ce travail à la carrière( il devint manœuvre)et la carrière cessa bien vite ses activités.
Le marronnier Pistral – Montée vers la gare
La route : toujours pavée de nos jours

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Il fut blessé à la carrière de Maffle et fut handicapé de 1939 à 1953; allocations d'accidents du travail minimes, mutuelle quasi inexistante; ce fut la misère économique. Comme il y avait des chèvres dans un nombre important de maisons à Attre et à Mévergnies, Oscar avait élevé un bouc pour les saillies, ce qui rapportait un peu de quoi manger, mais quelle odeur à 100 mètres.
Anecdote : J'avais presque dix-huit ans ; j'étais allé chez Oscar avec mon père ; une dame vient avec une chèvre à saillir ; je vais voir et mon père me dit : rentrez, vous êtes trop jeune pour voir cela !!!
Fin de citation
En poursuivant, juste après le pont, au bord de la Dendre : la petite maison habitée par Jules Rasse, son épouse Germaine et leur fils André de mon âge, il épousera plus tard Josette : l’une des filles de Léon Amoris. Vint y habiter ensuite un Bruxellois, qu'on prénommait" Pain d'épice" . Cette maison est maintenant rasée.
Nous longeons l’entrepôt de la meunerie, pour arriver à une vaste construction où habitait le « Pérau » disait-on. Je me souviens, je ne sais plus en quelle circonstance, je m’étais rendu chez lui, et il m’avait montré des sabres qui dataient de Napoléon, ce qui me frappa, c’était le tranchant qui coupait comme un rasoir.
Puis nous arrivons à trois fermes consécutives : Celle de Jules Hannotière, qui était, je pense, le frère de Michel.
La ferme de François Berthe, et de son épouse dont j‘ai oublié le prénom.
A côté, Jules Berthe : le fils de François, le propriétaire de la ferme citée ci-avant. Jules épousa Augusta, ils eurent deux fils. L’aîné Franz, avec qui j’usai mes fonds de culottes sur les bancs de l’école St Louis de Brugelette, et son cadet Michel, que je connaissais moins bien.
C’est là, au temps où nous habitions le Petit Marais que ma mère m’envoyait muni de mon petit « garlot » pour aller y chercher le lait et parfois le beurre.
Des gens très gentils et affables, Augusta et Jules. Je me souviens aussi de leur ouvrier agricole Léon Bossart avec qui, bien plus tard, j’eus encore l’occasion de tailler une bavette
Continuons vers la Place, la maison suivante était celle des Faignard dont je ne garde qu’un souvenir très vague, ils avaient un fils un peu plus âgé que moi.
Nous arrivons ensuite au cabaret tenu par Robert Permanne et son épouse Angèle Colin, ils avaient un fils : René d’une paire d’années mon aîné. Encore tout gamin, certains après-midis de congé, Angèle me permettait de jouer sur le billard " à bouchons ", c’était une très gentille personne.
En mitoyenneté encore un cabaret, comme vous pouvez le constater, cela ne manquait pas à l’époque.
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Celui-ci, était tenu par le « Pélot », je ne l’ai connu qu’une très courte période, par la suite ils furent remplacés par Léa dite « du petit Bougre » et de son mari Jules Declève dit « Chouchoule » qui avaient tenu le cabaret au coin de la rue de la Procession comme j’ai déjà eu l’occasion de l’indiquer.
La maison suivante un peu en renfoncement, c’était encore un cabaret tenu par Mme Anna D'Haufayt dite « Filogeain » et grand-mère d’Yvette, par la suite, la maison fut habitée par Yvette et Raôul Baron instituteur qui remplaça Monsieur Gaube.
En poursuivant, nous arrivons maintenant à la maison de Joseph dit « Bobotte » tailleur de son état. Son épouse c’était Henriette et avaient une fille :Maria.
Joseph, avait une jambe de bois, suite à la guerre de 14-18. Toujours est-il, que lorsqu’il marchait dans la rue, nous avions peine à le suivre, il fallait le voir lancer cette jambe ! De même dans son atelier, de gros fers à repasser posaient sur une grande table couverte de feutre, il n’avait pas son pareil pour s’y lancer et s'y asseoir pour coudre.
Jusque dans les années deux mille Maria maintint sa petite mercerie qui ne payait pas de mine, mais renommée parce que l’on pouvait y découvrir ce qu’on ne trouvait ailleurs.
En mitoyenneté, la maison du cordonnier dit « L’angleû » Arthur de son prénom.
Là, pas de recherche à faire c’était un anglais qui avait fait la guerre 14-18, il était resté dans la région pour convoler en justes noces avec Fidéline. Son atelier était tout petit, installé près de la fenêtre devant le comptoir du petit magasin de chaussures. IL y fleurait bon les cuirs, les diverses essences et graisses qu’il utilisait. Il était difficile à décoder, il parlait notre wallon avec un horrible accent britisch, en quarante ans, il n’avait pas progressé d’un iota !
Il appréciait la bière « Saison » brassée par Declercq de Chievres ; son quartier général si je puis dire, se trouvait chez Filogeain. A l’insu de Fidéline, lorsque cette dernière devait s’absenter pour un moment, mon Arthur filait chez Filogeain dont le cabaret était voisin, et toujours très pressé il commandait dans son charabia :
« Abiye Filogenne, ène’ saisonne à bouchonne »,(vite Filogeain une saison bouchonnée) Il la dégustait puis s’en retournait bien vite de crainte de se faire surprendre par Fidéline qui n’aimait pas ça paraît-il !
En 1970, ce fut mon père, qui habita cette demeure. Je ne peux résister de narrer cette anecdote, tout en honorant sa mémoire. Lorsqu’il eut pris sa pension, l’après-midi, son passe temps favori, c’était de regarder un film à la télévision, un western de préférence. Il faut dire, qu’il était devenu malentendant, dû à son emploi au bruyant arsenal de Cuesmes. Il s’était bien laissé convaincre de se procurer un appareil auditif, mais il ne voulait l’employer prétextant qu’il n’aimait pas porter
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" une batterie de cuisine" à l’oreille. Mon épouse et moi avions l’habitude de lui rendre visite une fois ou deux par semaine. En sortant de la voiture, on entendait jusque sur la rue, les coups de feu générés par le film à la télévision. On se serait cru à Fort Apache !
Lorsque nous rentrions, nous trouvions Papa collé à la télévision, une main à l’oreille pour mieux entendre encore. Un jour en l’occurrence, c’était la " charge de la brigade légère " il adorait cela, mais, tous profitaient de l’ambiance!
C’est avec une pointe de tendresse et de nostalgie que j’ai tenu à relater cette petite anecdote.
Je reviens à la période d’après guerre, à côté habitaient Constant et Célina Frébutte, deux fils : Georges et Roger, deux filles : Ginette qui avait mon âge et Josée plus jeune. Je me souviens, d’avoir accompagné Ginette munie de son «garlot » pour aller chercher du lait chez « Maria du parc », nous passions par le Grand Marais où une petite drève existait encore. La fermette était située juste à l’orée du mur du Parc. En fait c’était Delplace leur nom de famille.
J’aurai l’occasion d’y revenir. A côté habitait la famille Gérard et Gisèle Para et leurs deux fils.
Ensuite, avant d’atteindre le jeu de balle, la maison dont la grange jouxtait cette dernière était occupée par de vieilles personnes, dont je n’ai plus qu’un vague souvenir. Plus tard, transformée, André Liétard(du Nière) qui était postier; l’occupera avec son épouse.
Continuons en longeant le jeu de balle, nous arrivions à hauteur de la boucherie de René Hochart, et de son épouse Lucienne. Il était parfois arrivé de me rendre à sa boucherie, sa maigreur et ses yeux globuleux me mettaient mal à l’aise, il était cependant très affable. Plus tard je le vis vendre des escargots sur la Place d’Ath. La rue ici décrite se trouvait être la « rue de la Station » ainsi nommée depuis la rue des Carrières jusqu’à la gare : actuellement, il s’agit de la rue St Gervais. Mitoyen avec la boucherie Hochart, un cabaret(encore) : le café de la Perche tenu par Rasse, Fernand si je ne me trompe, un ancien combattant et invalide de la guerre 14-18, si ma mémoire m’est restée fidèle,il avait été gazé . Je le revois dans sa chaise roulante.
De l’autre côté de la rue, cachant une prairie, un vaste mur s’étendait depuis l’épicerie Moroy jusqu'à la boucherie de Louis Colin.
En face du « Café de la Perche », une grille donnait accès à cette prairie, à environ une cinquantaine de mètres: la Perche verticale de la Société de tir à l’arc. Ici, il faut que je profite de l’occasion, pour dire, que dans le courant de 1946 me semble-t-il , Monsieur et Madame Culot étaient venus installer à l’entrée de cette prairie un cinéma muet ambulant, un genre de baraquement en bois : démontable.
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La photo du haut, à gauche, l'ancien jeu de balle.
Sur la photo du bas, c'est approximativement à l'endroit du conifère que se trouvait la roulotte de Monsieur Culot.
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Non sans talent, Monsieur Culot commentait le film pendant son déroulement.
Je me souviens, d’un très vieux camion de l’époque de 1918, qui véhiculait la roulotte qui leur tenait lieu d’habitation.
Je ne sais ce qui se passa, mais j’entendis dire, que lors d’une tournée, le cinéma avait été incendié, ils revinrent installer leur roulotte dans la prairie Moroy, prés de la grille d’entrée. Je les ai connus là encore plusieurs années.
Mais continuons notre cheminement, toujours les habitations côté gauche..
A droite, il n’y avait rien de construit, puisque comme cité ci plus haut, un mur s’étendait jusqu’à la boucherie de Louis Colin.
Poursuivons, nous atteignons l’habitation d’Auguste et de Maria Sabine; son épouse : un fils nommé "Zizi" qui avait fait de la résistance. Cette habitation, était voisine de celle de mes grands-parents.( avant guerre) J’y vins au monde en 1936. Maria Sabine était amie avec ma grand-mère, elles se voyaient journellement, et plus encore, lorsque je fis mon apparition. Plus tard, lorsque je la rencontrais, elle ne pouvait s’empêcher de me conter, et me rappeler qu’elle m’avait souvent tenu dans ses bras, qu’un jour j’avais perdu ma " tute ", et que je pleurais sans discontinuer. Le soir, en se déshabillant, elle devait retrouver l’objet de mes tourments dans son ample corsage !
Nous arrivons ensuite, où habitèrent mes grands-parents, mais dont j’ai perdu le souvenir des occupants dés après la guerre.
La maison suivante, était habitée par Mathieu et son père dont les patronymes me sont restés inconnus. Le souvenir que je garde de Mathieu : un personnage assez exubérant. qui joua à la balle pelotte. De son père un souvenir visuel, handicapé ou malade, petit et chauve.
Nous arrivons ensuite, aux trois habitations contiguës des frères et soeur Leleux.
Angèle Leleux dite « d’eul Crappe », son compagnon Jean Smet fils de « Manio » et sa fille Mireille qui habite toujours Mévergnies, elle est de mon âge. Plus tard, elle épousera Jos Destrebecq; lui aussi de Mévergnies, et un de mes grands amis d’enfance.
La maison contiguë : Fernand dit : « Eul Nand d’eul Crappe »,et de son épouse, ils avaient un fils. A côté, l’autre frère Auguste dit : « Eul Gus d’eul Crappe » Ce dernier, avait un atelier de réparation de vélos, j’allais souvent lui rendre visite ,pour le voir réparer les vélos. A chaque rencontre, comme « Fineke », il se plaisait à rappeler que j’étais « Eul fieu du Keukeu du Moukeu » A cette époque, il se maria avec Nelly, deux enfants : une fille et un garçon.
Avec son frère Fernand, âpres au travail, ils érigèrent le vélodrome, dont je parlerai plus loin. A côté, la maison de Michel Hanotière, et de son épouse Augusta, deux filles : Janine et…, l’une un peu plus âgée que moi, l’autre plus jeune. Michel Hannotière était grainetier. Il chantait aussi aux messes à l’église.
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Il y avait ensuite, eh ! bien oui, encore un cabaret, on disait chez l’Athois, je me souviens d’un gamin de mon âge, mais c’est tout. Ils furent assez vite remplacés par Robert Cabotaire, son épouse et une fille.
Je me souviens, Robert s’était mis à la coiffure pour hommes, le salon c’était le bistrot, je devais être l’un de ses premiers clients, car en fait ils étaient deux à coiffer : lui avec ciseaux et tondeuse(à main) et sa femme qui me tournait autour: Es conseillère. Cela m’est resté, parce que je me souviens, la séance fut interminable. Quant aux résultats, je m’en fichais ; du moment que ce fut terminé !
C'est ainsi qu'il fit son apprentissage sur le tas.
Ensuite, on arrivait à la maison de Lidye, une flamande, qui avait du mal d’assimiler la langue,(difficulté supplémentaire le patois) Je l’entendais plutôt baragouiner. Elle avait trois fils; dont deux beaucoup plus âgés que moi : Benoît Denayer qui mariera Nelly Rasse, le second dont le prénom m’échappe, et enfin André Neckelput, qui doit sans doute toujours habiter le village.
Nous arrivons cette fois à la bâtisse jaune, que fit construire Omer Dupire pour son commerce, à côté, l’ancienne maison où habitèrent les Destrebecq et qu’ensuite Omer repris en installant un atelier de réparations vélos, etc..
Enfin, en bout de rue, la maison où habitèrent les Delrue : Eul Gaucheu, Irma du Gaucheu et leur fils Freddy.
Boucherie
Louis Colin
Jetons maintenant un regard en face, l’ancienne boucherie de Louis Colin, et de son épouse Louise d’origine bruxelloise. Sa boucherie avait très bonne réputation. Je me souviens de son pâté, que nul autre ne faisait comme lui.
Lorsque accompagné de ma grand-mère, ( « Bobonne », comme je l’appelais), soit lui, soit Louise, immanquablement m’offraient une tranche de saucisson.
Ils n’avaient pas d’enfants, je me souviens, après guerre Louis invitait les gosses à aller écouter à la radio, les arrivées du tour de France que commentait Luc Varenne.
C’est sans doute là, que je dus entendre Luc Varenne pour la première fois.
Cela ne s’oublie pas ! N’est ce pas Paul ?
Pour toucher à l’histoire des carrières, à l’origine, cette maison, avait été une écurie appartenant aux Moroy (page 137 des notes de l’Abbé Pardonge) ensuite, ,transformée en habitation. Vers 1840, le plan Popp (Art.251 100a) y indique un bâtiment rural.
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Les
Canuyer
Passons à la grande habitation, avec le perron, face à la rue Raoul Nachez, c’est la que je connus la ferme : Canuyer dont j’ai oublié le prénom des parents, mais pas celui de leur fille Ghislaine, elle mariera par la suite le fils de la librairie, qui était située à Brugelette près du passage à niveau. Vinrent par la suite y habiter les Brifeuil.
Suivant le plan et la matrice Popp de l’époque, Art.251 99a, le propriétaire en était Henri Moroy; Bourgmestre et cultivateur à Mévergnies, décédé en 1865.
Pendant un certain temps, il prendra la direction de carrières. C’était un ancêtre de Monsieur Henri Moroy, instituteur à Attre dont j’ai parlé précédemment (voir pages 136, 137 et 138 des notes de l’Abbé Pardonge, qui ne fait pas mention de cette demeure, mais plutôt de celle de sa sœur Amélie, épouse Balot qui est située en face : une légère confusion que j’ai mise un moment à démêler )
Les
Père
Enfin, nous arrivons à la maison où habitèrent Georges Père et Marguerite Rasse, ainsi que leurs trois fils : Jules, Alexandre et Jean-Paul (qui sera le dernier Bourgmestre avant la fusion des Communes), c’était aussi un cabaret, il avait pour caractéristique d’être le seul à Mévergnies à ne pas vendre la bière Declercq.
Jules, je l’ai peu connu, Alexandre j’eus souvent l’occasion de le rencontrer pendant ma carrière militaire, puisque lui aussi faisait partie de la « grande muette »
Jean-Paul, le plus jeune, était mon aîné de trois ou quatre ans. Il était signaleur à la S.N.C.B. Des personnes très agréables, toutes disparues trop tôt.
Suivant les notes de l’abbé Pardonge, leur habitation avait servi à l’hébergement des charretiers flamands qui venaient chercher de la chaux issue des carrières Moroy. (Page 137)
Les
Cuvelier
De l’autre côté de la rue, l’ancienne ferme, où habitait la famille Cuvelier dont je n’ai retenu que le nom des deux filles : Geneviève l’aînée et Marie-Ange la cadette.
Une propriété qui formait un vaste rectangle, avec des annexes donnant sur la rue de Soignies(rue Roul Nachez) Un mur en mœllons la ceinturait en entier.
Sur la profondeur, elle s’étendait jusqu’au sentier (sentcheû - pièssînte) du « Piston » ,qui n’existe plus à l’heure actuelle. Sur la largeur : du coin de la rue, une grange, suivie de la façade de la bâtisse, un perron y donne accès, plus loin prolongée par le mur, qui fait face à la rue St Joseph, et se prolonge d’une quarantaine de mètres dans la rue des carrières.
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La dernière fois que j’y suis passé, ce mur s’écroulait à certains endroits.
Pour en revenir à un peu d’histoire, cette propriété a appartenu à Madame Veuve Balot, née Amélie Moroy et maîtresse de carrières, elle n’était autre que la sœur de Henri Moroy, cultivateur et Bourgmestre de Mévergnies.
Ils habitèrent donc pratiquement l’un en face de l’autre.
C’est dans cette propriété que fut érigé un four à chaux, sans doute déjà au début du 19ième siècle, exploité par les Moroy, dont la dernière du nom : Jeannette Moroy apparaît en 1912, c’est son mari Victor Carton qui s’occupera de l’entreprise jusqu’au tout début des années 1930.
Ce four, était situé selon le plan Popp, cadastré parcelle 71 derrière la maison le long de la rue Raoul Nachez. Vers 1909, cet ancien four servira de « tremplin » vers un broyeur installé dans une grange. En effet, la chaux était acheminée depuis les fours à chaux situés au chemin de Gages. Un chemin de fer à faible écartement (chemin de fer Decauville) avait été établi, partait de ces fours, passait par l’actuelle rue St Joseph, pour atteindre le mur actuel. Une ouverture y avait semble-t-il été pratiquée. Les wagonnets atteignaient ainsi leur destination. En même temps, ce chemin de fer servait au transport des déchets, pour combler le trou de la carrière qui était située la long du chemin de la Tour Vignoux. Je me souviens, adolescent, d'y être allé jouer.
Ce trou, sera complètement comblé par les ordures ménagères et autres dans les années 1960-1970.
C’est en 1914-1918 que furent détruites les infrastructures de l’ancien four et du broyeur.
Le four à chaux situé au chemin de Gages subira le même sort en 1940-1945, les pierres en furent récupérées au profit du champ d’aviation de Chièvres.
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Un
four à chaux

C’est probablement ce type de four à chaux, qui fut installé dans la seconde moitié du 19ième siècle(1854) par
Auguste Pierman et Amélie Moroy
Ce four, semble être resté en fonction jusqu’au début du 20ième siècle. Lorsque l’activité du four cessa, vers 1909, il servit de rampe pour alimenter un broyeur, installé dans une grange de l’ancienne maison d’Amélie moroy(notes de l’Abbé Pardonge page 138) par Monsieur Petit, le mari de Flavie Moroy fille d’Oscar. Cette infrastructure disparaîtra complètement durant la guerre 1914-1918.
Rue
des Carrières
Puisque nous sommes dans la rue des carrières, continuons-y notre cheminement.
Nous prendrons cette fois le côté droit du chemin, à partir de la rue St Joseph. Pour la petite histoire elle était appelée « chemin de la Guinguette vers 1840.
La
rue des carrières s’appelait le « chemin du Bois », déjà depuis
le village.
La première maison légèrement en retrait : appartenait à Hector Pasté et son épouse Julie, leur jardin jouxtait les deux rues. Ils avaient une fille : Hélène, elle était infirmière elle épousera Jean Machtelinckx.
Les Nachez
Ensuite, un pignon en front de rue abritait un « Wc et la « remise » de l’habitation qui formait un L, et qui appartenait aux époux Nachez : Marcel dit « du yeûf » et Adrienne. Un peu en retrait à gauche, le corps du logis, au rez-de-chaussée : deux pièces, dont l’une donnait accès aux chambres situées à l’étage situées au-dessus de la remise.
Ils avaient une fille : Andrée et un fils : Guy, de mon âge.
Cette maison plus que modeste ne possédait pas de jardin. Je me suis attarde un peu sur la description de cet habitat, pour rappeler combien il pouvait être sommaire, même à cette époque.
De suite après guerre, Marcel avait travaillé au terrain d’aviation de Chièvres, il
s’était ensuite installé comme petit indépendant peintre- tapissier
Je le revois, sa petite charrette attachée au vélo chargée de rouleaux, brosses et peintures. De son côté, Adrienne, était parvenue à agencer un petit commerce de peintures et papiers peints dans la minuscule pièce principale.
Marcel jouait du violon, chaque semaine, il animait les bals des environs dans l'orchestre réputé d’Emile Defossez de Brugelette.
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Mes
grands-parents
Vous aurez aussi remarqué que mes grands-parents avaient la bougeotte, la maison suivante mitoyenne, avec les Nachez était celle qu’ils louèrent, lorsqu’ils quittèrent le Grand Marais à la fin de la guerre.
Elle était quand même un rien plus confortable, toutes les pièces situées au rez-de- chaussée : Deux grandes chambres, une cuisine et un « living » spacieux. A l’arrière un vaste jardin, d’où par certains jours de canicule, j’ai encore la sensation de sentir les effluves de plantes condimentaires tels que le thym et autres odeurs florales que ma grand-mère y cultivait.
Curieusement, le mur à l’arrière de la maison étaient constitué de moellons, ce qui n’était pas le cas de la façade, ceci, sans doute dû à une restauration.
En face des deux maisons, une prairie, séparée par le mur de la ferme Cuvelier.
Le fond de cette prairie était délimité par le sentier du Patard, que nous appelions le sentier « du Piston » Ce sentier, partait du coin de la maison Gaston dit « du Piston » située au chemin de Soignies(rue Raoul Nachez), parcourait le mur de la ferme Cuvelier, et ensuite la prairie décrite ci plus haut pour atteindre la cabine électrique toujours existante. Le vélodrome, que par la suite je décrirai plus loin. De l’autre côté du sentier, avant d’attendre cette cabine électrique, des champs et des prairies. Presque en face de cette cabine, le bâtiment abandonné du bureau de la nouvelle carrière. Le toit en était une plate-forme, sur laquelle, nous grimpions pour y jouer et ainsi avoir un poste d’observation. J’y voyais aisément la maison de mes grands-parents. Cet ancien bureau, a été aménagé en lieu d'habitation. Enfin ce sentier aboutissait à la « bosse » dont je reparlerai plus tard.
Présentement,
comme d’autres, j’ai pu constater que ce sentier a été condamné, je me
pose des questions sur la légalité de ces suppressions. (Le plan cadastral les
recensait déjà au début du 19ième siècle)
Les Huet
Mais revenons à la rue des Carrières, à côté de mes grands-parents, une fermette : elle appartenait à Omer Huet dit « du tchot » et Marie son épouse, un fils : Jules, à peine plus âgé que moi.
Ils possédaient une ou deux vaches ainsi qu’un cheval, qui avaient pour tâche principale de tirer un lourd wagonnet rempli de sable jaune, extrait du trou situé dans la prairie située à l’arrière de l’étable. Je me souviens parfaitement de cette carrière de sable, parfois nous allions y jouer, l’eau ne la remplissait pas.
Le wagonnet, « la berline » comme l’appelait Omer, était posée sur des rails. Elle pouvait circuler par une rampe, jusqu’au fond du trou.
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Lorsqu’elle était bien remplie, Omer y attachait un câble en acier, sortait de la carrière de sable, et allait atteler le cheval avec une vache. Par un système de câble et poulie, la berline devait être arrachée du fond..
J’ai toujours en mémoire la force et l’énergie que devaient développer les pauvres bêtes, lors de l’impulsion initiale, précédent, l’arrachement du wagonnet du fond..
Omer n’avait pas une réputation de douceur avec ses bêtes, il y allait au fouet, au bâton occasionnellement, et ce n’étaient pas des caresses.
Il
arrivait parfois qu’elles n’y parvinssent, ce n’était alors que coups,
jurons et cris. Il arrivait parfois aussi que le cheval se cabre, en entraînant
la vache avec lui.
La maison suivante était occupée par les époux Mouton : Marcelle et…. Je les connaissais surtout de vue.
Aimé
le bourrelier
Nous arrivons maintenant chez Aimé et Clothide, Aimé dit « eul Meû Colas »
Colas était-ce son patronyme ? Je l’ignore. Aimé était bourrelier(Gorlie), son atelier était contigu à sa maison, qui était plus récente que bien d’autres.
J'aimais me rendre dans son atelier pour le voir travailler avec adresse à la création et réparations des harnachements des chevaux et autres. J'aimais par-dessus tout y humer les odeurs si particulières de cuirs et des essences servant à leur entretien.
Ses outils : alènes, tranchets, enfin toute la panoplie était soigneusement rangée, accrochée, sur un tableau au-dessus de sa table de travail.
J'ajouterai encore qu'Aimé était "Clerc", c'est à dire qu'il était organiste attitré à l'église. A une époque, avec André Rasse, nous étions « souffleurs » de son orgue.
Voici ce que j’en dis dans un extrait de mes souvenirs de jeunesse : Ma carrière d'enfant de chœur se termina ainsi pour entrer dans la fonction de "souffleur", d'orgue ce qui me plaisait bien mieux. C'est ainsi, que je rejoignis André Rasse au jubé, où notre rôle, consistait à donner du souffle à l'orgue.
Ici, un mot d’explication s’impose : l'orgue d'église comme chacun le sait est un instrument à vent, l'air qui l'alimente provient d'un grand soufflet de taille variable suivant l'importance de l'instrument.
Dans le cas présent, le nôtre l'était suffisamment pour nos jeunes jambes, car, l'air qu'il fallait injecter dans le soufflet, se faisait à l'aide de deux pédales en bois, placées latéralement, à environ deux mètres à l'arrière de l'orgue, ces pédales que je trouvais énormes, émergeaient d'une paroi de bois, derrière laquelle se trouvait le souffle,t sur lequel, je me souviens parfaitement, étaient déposées deux énormes blocs de pierre.
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Face aux pédales, à une hauteur d'environ 1,5m, par une fente, un guide en bois nous indiquait la hauteur du soufflet. Le plus haut était le mieux,, cela nous permettait le repos lorsque Aimé, l'organiste, ne maltraitait pas trop l'instrument.
Inutile de dire qu'à l'époque actuelle, tout cela fonctionne à l'énergie électrique, idem pour les cloches, qu'il m'est d'ailleurs arrivé d'actionner manuellement, pas toujours de façon très catholique je l’avoue. .
Pour lire ses partitions, Aimé chaussait ses lunettes sur l'extrême bout du nez, ce qui lui donnait un air du plus comique qui soit. A ses côtés, le "Chanteur" Michel Hanotière, s'époumonait toujours à l'extrême limite, pour se congestionner au violet.
Nous prenions parfois un malin plaisir, à laisser l'orgue avec un minimum d'air, Aimé s'en rendait compte, nous voyions alors émerger sa tête, son expression en disait plus que des paroles, très vite, nous sautions sur les pédales et le système repartait.
Cette fonction devait se terminer très vite, un jour, lors des funérailles d'un ancien combattant, au terme de l'office, tout s'était bien déroulé, Michel venait sans doute d'entamer son dernier chant latin, en force, comme à l'accoutumée, accoudé au coin du pupitre, quand d’une poussée plus forte de sa vocalise, il fit claquer un pet monstrueux,
André et moi pris d'un fou rire en étions tombés des pédales.
Plus grave encore, Aimé venait d'entamer l'hymne National, nous n'avions plus la force de réagir, la Brabançonne se dégrada en un misérable couac, elle reprit un peu de vigueur lorsque Michel Hanotière, en catastrophe, s'installa aux pédales, mais trop tard ! Toute l'assemblée se retourna vers le jubé. Ce jour là marqua la fin de mon aventure cléricale !
Poursuivons..
Je m’excuse pour m’être égaré quelque peu, mais reprenons notre périple dans la rue des Carrières.
De l’autre côté de la rue, à peu près en face de chez Aimé : deux maisons.
Celle de gauche, dont j’ai un oubli total de leurs habitants. L’autre à droite était occupée par un Berger, les Vrank je pense.
Derrière la maison des Vrank, un vaste verger. A droite, le terrain contigu appartenait aux carrières.
Le
vélodrome
C’est là, pas éloigné du chemin, que se trouvait un concasseur. Je n’en suis plus certain, mais, il me semble encore avoir vu l’énorme trémie rouillée de la machine, en tout cas, elle fut démontée de suite après guerre. Par la suite, il n’en resta que le socle avec un grand trou béant, à l’endroit où se trouvait la trémie. Je me souviens, nous y jetions des pierres, dans nos jeux, sans doute l’avons nous remblayé en partie..
C’est là, qu’en 1947 les frères Auguste et Fernand Leleux mirent en chantier la construction d’un vélodrome. Ils avaient été eux-mêmes coureurs cyclistes.
Ils tirèrent parti du socle du concasseur, pour en surélever la piste, et ainsi élaborer les deux premiers virages de la boucle.
Ils n’avaient pas ménagé leur sueur, pour arriver au terme des travaux auxquels j’ai assisté étant gamin. Les photos prises de satellite en montrent très bien le tracé.
Derrière la cabine électrique, l’emplacement de l’ancien bureau, et la carrière que gamins nous appelions trou « au pain »
Son
emplacement.
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Les carrières
Si, nous poursuivons notre chemin tout droit, celui-ci, nous conduit dans un cul de sac vers les anciennes carrières Duchateau, situées de part et d’autre du chemin du Patard. A la fin du 19ième siècle, ce chemin conduisait vers Gibecq. Il a été déplacé vers la gauche pour pouvoir exploiter ces carrières qui pointent vers Frésignies.

Photo satellite Google Earth
extraite et arrangée.
C’est, à l’entrée de ce chemin, qu’habitait Roger Ars et sa maman, dont je n’ai plus qu’un vague souvenir. Roger était cheminot, il quitta ce monde jeune.
Prenons le virage à gauche, avant d’arriver à « la Bosse », la première maison était celle du Toine Guédère; un peu ballot et innocent ; je me demande maintenant, si ce n’était pas le frère de Georges Guédère.. C’est dans la maison contiguë, qu’habitait Manio, le père de Jean Smet; compagnon d'Angèle d'èle Crappe.
Plus loin, toute la configuration de la bosse a changé. Au pied de la bosse, un chalet habité y était érigé, il est disparu .L’habitation sur la gauche: était aussi, un ancien cabaret, occupé par la famille de Jules Frébutte, qui fut maïeur de Mévergnies, deux filles : Liliane et Renée. Liliane épousera Roger Lesceux, ils habitent actuellement au coin des rues des carrières et St Joseph. Renée partit habiter Chièvres je pense. A la fourche, si on se dirige vers Gibecq, à environ 300 mètres, habitait une famille : Les « l’Hiver » disait-on, en réalité c’était Bréda leur patronyme. Il y avait la maman : Madeleine, les enfants : Emile, James, Richard,Oscar et la fille Marie-Louise.
Si, on se dirige vers le Patard à 300 mètres à droite, une maison qui était occupée par Merrine " d’èle Trappette ", qui tenait le cabaret " d’èle Trappette " J’ai bien connu Merrine, nous allions souvent jouer à la bosse et la rencontrions de temps à autre. L’origine du café, en a très bien été explicitée dans les notes de l’Abbé Pardonge. (Page 132 du fascicule) Le bistrot, se trouvait à l’épicentre des carrières : endroit rêvé pour ce commerce, lorsque les carrières étaient encore florissantes. Je me suis toujours demandé comment, ce cabaret a subsisté jusqu’au début des années cinquante. Sans doute, occasionnellement, pour l’un ou l’autre fermier du Patard.
Plus loin, la ferme de Georges Guédère un ancien combattant de14-18, je connaissais aussi son fils Roger et son épouse, plus tard il livrera de la bière, je me souviens du dépôt dans la cour de l’ancienne ferme.
Je dois bien avouer que des habitants de fermes isolées du Patard, je n’en ai guère gardé de souvenirs.
La rue St Joseph
Faisons demi-tour, et revenons en direction du village. A la fin de la rue des Carrières, au carrefour en T, empruntons la rue St Joseph.
La première maison de droite, a été habitée de suite après guerre par Séraphine et sa fille, la couturière dont je n’arrive plus à accrocher le nom. Pour rappel, j’en ai déjà fait la description dans mon rapport sur le Grand Marais. Coïncidence, dont je me rends compte maintenant, à la fin de la guerre, ils ont dû déménager vers la rue des Carrières, à la même période que mes grands-parents. La fille de Séraphine mariera un immigré italien, ils continueront d’y habiter encore pendant des années.
Sidonie
Adjacente à cette maison, un genre d’annexe, dont on accédait à la porte d’entrée de l’unique pièce par trois escaliers : l’habitat de Sidonie.(Flavie ?) C’est non sans une certaine émotion, que je me souviens d’elle. Une petite vieille, d’un âge indéfinissable, mal soignée, d’une hygiène douteuse : elle eut pu passer pour une sorcière avec ses cheveux raidis. Elle avait, d’après ce que j’entendis dire, une fille.
Quels étaient ses revenus ? De quoi subsistait-elle ? Je ne l’ai jamais su, mais ce qui est certain, la protection sociale à cette époque n’en était encore qu’à ses débuts.
Nous les gosses, nous aimions bien Sidonie : De sa voix cassée et rauque, elle chantait des chansons antérieures à la grande guerre.
Lorsque nous voulions la faire chanter, nous lui refilions une " mastoque "( 5 centimes), C’était surtout pour le plaisir de la faire chanter, car les paroles mi- françaises, mi-wallonnes étaient difficiles à saisir. Avec une pointe de cruauté, comme en sont capables les enfants, étant donné qu’elle devenait malvoyante, au lieu d’une « mastoque » nous lui refilions un bouton. N’est ce pas Paul ?
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L’été, par beau temps, en début d’après midi, elle laissait la porte ouverte, sans doute après le repas. De la rue, nous la voyions dans son vieux fauteuil en osier. Elle faisait la sieste, en pratiquant consciencieusement une ronflette : la bouche ouverte, auréolée de jaune d’œuf; sans doute un ingrédient de son repas.
Évidemment, nous faisions suffisamment de bruit pour la sortir de sa torpeur, ainsi pouvions nous entendre ses rouspétances dans un wallon bien de Mévergnies.
Oui Sidonie, tout comme Gaspard vous faisiez partie du folklore de l’époque.
Vous resterez toujours dans ma mémoire..
Après cette petite pointe de sentimentalité, regardons du côté gauche, une fermette où habitaient les parents de Roger Lesceux, son père dit « du Calonieu »
La maison d’à côté, était occupée par Camille Rasse, dit « du Cul » excusez-moi l’expression. Son fils François a tenu un garage de réparation voitures juste en face: dans la grange de la propriété de Jeannette Filogeain.
Jeannette, avait un fils Jean qui, je l’entendis dire travaillait à la police judiciaire de Mons.
Cette propriété, avait dû être une petite ferme, que je n’ai jamais connu comme telle.
Pour la petite histoire, en compulsant les archives du cadastre Popp, j’ai trouvé que cette habitation avait appartenu à la fin du 19ième siècle à Monsieur Balot, marchand de fer, le beau-frère d’Amélie Moroy.
Continuant
notre chemin, à gauche un jardin, ensuite un petit champ, à droite un mur
cachant le vaste verger de la propriété de Jeannette, qui à
l'heure actuelle est remplacé de parcelles bâties.
La Blontrine
La Blontrine, était le nom donné à cette fermette située face à la route de Gages, elle était tenue par Clément Gardinal et son épouse Elvire Dugnoille, leur filles Pauline, Monique et le fils Paul, ainsi que la grand-mère paternelle :Fernande.
Paul, qui avec Guy Nachez, durent être mes premiers compagnons de jeu, quand après guerre, je revins en terre Wallonne. Mon frère se joignit à nous quelques mois plus tard.
Évidemment, de la Blontrine, j’en ai gardé une moisson de souvenirs.
Clément était gentil, affable et parfois nerveux, la maman de Paul une très gentille personne, à l’inverse de Clément elle était calme. Je me souviens aussi de la douceur avec laquelle elle s’exprimait.
De la grand-mère, je me souviens d’une personne très courageuse, âgée, elle avait la particularité de se tenir bossue; suite au contact dune vache, elle se déplaçait à l’aide d’un bâton.
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A l’arrière, mitoyenne à l’habitation une étable abritait deux ou trois vaches, une basse-cour, avec un assortiment de volailles, ainsi qu’un beau verger.
Dans le fond la grange, un hangar, où je me souviens François dit « du Cul » était venu garer un ancien camion militaire, sans doute, en attente de réparation.
Je ne peux certes pas narrer tous les bons moments et les jeux, qu’enfants nous y avons vécu. Entre autres, nous allions à la maraude, nous avions commencé dans le verger de Paul, nous grimpions dans le pommier, y mangions des pommes parfois encore vertes sous l’œil réprobateur de la grand-mère, qui pour nous apeurer nous menaçait de son bâton. Sans doute incités par un premier succès, ensuite, grimpant le mur, nous étions allés goûter au néflier de Jeannette Filogeain.
Notre petit sport, nous sommes parfois aller l’exercer jusque dans le verger de Frésignies. Ces choses étaient possibles à cette époque, tout cela est maintenant révolu. Il est arrivé une ou deux fois, sans que rien ne le laisse présager, Clément faisait semblant se mettre à notre poursuite, un jour, je me souviens, en traversant les champs, nous avions atteint la route de Brugelette à Gages.
D’autres fois, en hiver dans la neige, nous tendions des pièges aux moineaux à l’aide du tamis qui servait à tamiser les cendres du poêle. Nous le placions en porte-à-faux à l’aide d’une baguette qui elle-même était reliée par un fil jusqu’à notre cache, dessous quelques graines comme appât. Il est arrivé, qu’au moment crucial, après avoir tiré le fil, avec deux ou trois moineaux prisonniers, Clément sortait d’une autre cache en bondissant comme un diable hors de sa boîte pour aller les libérer. C’était un farceur Clémént. Plus tard, il devint facteur.
Congo ?
Tonkin ?
Engageons nous maintenant dans la route de Gages, face à la « Blontrine », des prairies de part et d’autre, à gauche, à son extrémité, un ruisseau qui était bordé de magnifiques saules ; ce ruisseau prenait sa source du côté de Frésignies. Nous y pêchions des épinoches, présents à foison. Ce même ruisseau passait dans le bas des Couturettes, mais j’y reviendrai. Cette rue est appelée « le Tonkin » allez savoir pourquoi ? Si quelqu’un peut me renseigner ! Deux cents mètres plus loin un carrefour encaissé, croisement avec la rue de Frésignies, à droite à 75 mètres une maison où habitait Amoril et plus tard la famille de Lucien Dosimont ; fils de Charles et Laure du Petit Marais. Le lieu dit était le Congo, pourquoi ?
A gauche, à une centaine de mètres sur la droite une habitation, derrière, l’ancienne carrière Moroy. Elle fut habitée par Amoril, ensuite par la famille Carlier. Dans son exposé, l’Abbé Pardonge en parlant d’Oscar Moroy dit, je le cite «Il préparait alors l’exploitation du trou sur Brugelette chemin vers Gages, prés de la maison habitée par Arthur Carlier(1965)Le travail était facilité par le fait que l’on avait déjà extrait du sable et fait des briques à cet endroit »(vers 1898)
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Vue
générale de l’endroit concerné
![]()

Ceci étant dit, je peux affirmer, qu’à proximité, j’y ai encore connu une briqueterie en fonctionnement, tenue par Amoril de suite après la guerre(vers 1947)
Plus loin, nous arrivons au château de Frésignies, que d’aucuns qualifient de ferme.
A cette époque de fin de guerre, j’y ai connu un genre de cloître ou couvent, où il devait y avoir un nombre restreint de religieux. En ce qui me concerne, je n’ai connu que le sympathique Père Gustave lorsqu’il se rendait à Mévergnies, en passant par la Blontrine. Quand l'occasion se présentait, cela lui arrivait de boire un petit verre.
Revenons au carrefour et continuons notre chemin dans la route du Tonkin, à une cinquantaine de mètres sur la gauche, se trouvaient les vestiges des fours à chaux.
Une grosse partie des pierres, ayant semble-t-il servi aux travaux effectués par les Allemands en 40-45 sur la plaine d’aviation de Chièvres. Je me dois de dire que là, nous sommes sur le territoire de Brugelette.
La rue d’Anvers
Reprenons la route, au carrefour, direction la chapelle St Joseph. Arrivés là, tournons dans la rue d’Anvers, à droite, d’abord une prairie, que j’ai toujours connue telle. En effet, je me souviens d’y avoir joué au football, au temps où j’allais encore à l’école St louis de Brugelette, cela se situe vers 1946-1947. Nous étions heureux, d’avoir de vraies cages de gardiens de but, ainsi qu’un terrain bien marqué avec de la chaux. Dans mon esprit, cela m’est resté bien plus longtemps marqué, que la chaux sur le terrain.
La première maison appartenait à la famille Bureau ; Adhémar si ma mémoire m’est restée fidèle. Je me souviens que le fils était de grande taille et courtisait la fille du chef de gare de Mévergnies(Le Fisco) Des habitations suivantes, leurs occupants, je n’en ai guère de souvenirs. Au bout de la rue, à droite habitait Joseph « du Fatiquant », ce ne devait pas être son patronyme avec un « du » devant !
Y habitaient également: Irma Mollet et sa fille Janine, de charmantes personnes.
Son habitation avait dû être une ancienne fermette. Comme Roger Guédère, lui aussi était livreur de bière. Je me souviens très bien du « Zef », lorsqu’il venait nous livrer un bac de grandes bouteilles de bière de ménage : de la blonde, ensuite il y eut la triple blonde. Un homme charmant qui aimait causer, je le revois encore, avec son grand tablier de grosse toile écrue qu’il portait en travers du torse. Il était resté vieux célibataire je pense. Je n’ai jamais su , s’il avait fait d’Irma sa compagne.
On était plutôt discret sur le sujet à cette époque !
Il m’est arrivé, d’aller chez eux, sans doute pour une commande. C’était l’hiver, comme le stock de boissons était entreposé dans ce qui fut une vieille étable, èl Zef se faisait du souci par rapport aux gelées, qui, il faut l’admettre étaient bien plus sévères que présentement.
Voilà, nous débouchons à l’intersection des rues de la Procession et des Couturettes.
En face, la maison où habitait Léon Bossart, son épouse Adéle, et leur fille Fernande: elle se maria à Jean Leblond un ancien athlète, qui participa aux jeux olympiques d’Helsinki en 1948 je pense. Il fut signaleur à la SNCB. J’ai un souvenir assez marqué de ces personnes, en effet, accompagné de ma « bobonne » il arrivait qu’elle rende visite à Adèle, qui avait une maladie invalidante, je me souviens de la blancheur de son teint et de la coupe particulière de ses cheveux. Je me souviens surtout, que pendant mon court passage chez les enfants de chœur, un matin d’hiver, avoir accompagné le curé, qui lui présenta la communion au lit. L’éclairage blafard de la chambre, accentuait une atmosphère bizarre pour moi. Très peu de temps après Adèle quittait les siens.
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La
rue d’Anvers

A
la sortie de la rue d’Anvers
Vers les Couturettes
A gauche, le petit chemin qui conduit aux Couturettes, à droite le jardin de Léon Bossart. Sur la gauche, un mur qui conduisait à proximité de la maison de la famille Bette dont je n’ai retenu que le nom de la fille : Denise. Elle devait avoir mon âge puisque je pense avoir fait ma communion en même temps qu’elle. Le long de cette habitation, coulait, et coule probablement encore sous forme d’égout le ruisseau venant de Frésignies. En effet, en lieu et place du ruisseau, nous y trouvons actuellement une bouche d’égout, les épinoches d’antan que nous y pêchions devraient maintenant jouer en nocturne !
Dans le fond, un Estaminet qu’on appelait Chez Guinguette, tenu par la maman d’Edgard Caroche, j’ai oublié son nom.
A côté, un autre « cabareut », c’était le grand-père Defossez et son épouse Josephine . Ils étaient les grands-parents de Franz: un ami d’enfance.
Au coin de cette habitation, empruntons maintenant les Couturettes proprement dites. Le chemin se rétrécit, de suite à droite, c’était la maison d’Edgard Caroche cité plus haut. Edgard, s’était marié avec Rosa, veuve de guerre, elle avait un fils Henri Vanderspiegel issu de son premier mariage. Henri avait l’âge de mon frère Pierre né en 1940.
Rosa était la sœur d’Irma, l’épouse du Gaucheu habitant la Place.
Edgard vendait des légumes en itinérant, à l’aide de sa charrette tirée par un mulet.
Je me souviens, en allant à l’école, il m’était parfois arrivé de rentrer saluer Rosa pour l’une ou l’autre raison. Je la vois encore, s’affairant à trier et placer les légumes, sans doute en vue de ravitailler la charrette d’Edgard.
Je me souviens, que de suite après la guerre, certains fruits étaient encore rares : bananes, oranges etc..
Encore deux maisons sur notre droite, la première occupée par Désiré Cange(Levèbvre) et son épouse…. Ils n’avaient pas d’enfants.
La seconde et dernière maison des Couturettes, était occupée par la famille Wantiez que j’ai très bien connue et pour cause.. Le père François Wantiez, un homme calme et paisible, la maman Angèle Cange(Levèbvre), les filles Francine et Berthe. En 1947, je fis ma communion avec Francine, ensuite quelques années plus tard, étant à l’armée, à l’occasion d’un bal donné au salon du village, disons que je fis plus ample connaissance. Notre histoire dura quelques mois, mais elle ne colla pas.. Berthe était de deux ans la cadette de Francine.
A partir de cet endroit, le chemin se rétrécissait encore en un vaste sentier bordé de part et d'autre de prairies jusqu’à la rue Lelangue à Brugelette.
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La rue de
la Procession
Rejoignons la rue de la Procession, à l’intersection de la rue d’Anvers. La première maison en ce temps là, était occupée par les époux André Liétard et son épouse dont le nom ne me revient pas. Comme je pense déjà l’avoir dit, André était le frère de Georges, le fermier du bas de la rue du Moulin(rue St Gervais)
A côté, la famille Cornu, dont je me souviens de la mère: deux fils, l’un avait pour prénom Josse, l’autre, j’ai oublié(James?). Par contre, j’ai leur image dans la tête, tout comme toutes les personnes citées dans ce document. Ils avaient la particularité d’être grands, plus âgés que moi. Au temps où j’habitais encore le Petit Marais, j’ai encore la vision de voir le frère de Josse, qui avait un teint plus halé et les cheveux plus noirs. Sans doute revenait-il de la gare de Mévergnies, après sa journée d’école. Par la suite, je vis Josse à l’occasion de tirs à l’arc dans la localité.
La maison en face comme je l’ai déjà décrit, appartenait à la famille de Léon Bossart.
La maison suivante, était occupée par Xavier ; le beau-père d’Hector Pasté, et le père de Julie(ils habitaient à l’entrée de la rue des Carrières)
Pratiquement en face, l’habitation qui fait coin avec le Petit Marais : la famille Destrebecq, qui était venue habiter là, et dont j’ai déjà fait la description.
A gauche, une étable qui appartenait à Albert Dufrane(dit du « Chireu », cette étable a été rasée. A droite les époux Rivière, Jeanne l’épouse ; deux fils, Jean et Roger.
Plus loin, la maison dont le pignon est à rue, était l’habitat de Maria Vincent: une personne déjà âgée. Je me souviens d’autant mieux d’elle, étant donné, que notre chien: "Loulou", un incorrigible chasseur de volatiles, était allé faire une incursion dans son poulailler, il n’avait pas fait dans le détail. Mon père l’indemnisa pour les dégâts, ce que je peux en dire ; nous n’avons pas manqué de volaille à table les jours qui suivirent..
La maison suivante, en surélévation par rapport au chemin était tenue par l’ horloger Notebaere. Il avait une petite vitrine sur la droite, il fallait gravir quatre à cinq escaliers pour y accéder. Lorsque je passais dans la rue, régulièrement, j’allais lècher la petitr vitrine et y regarder , les montres , horloges et baromètres qui me fascinaient.
Dans la décennie suivante, Emile et Maria Delplace achetèrent cette maison pour l’occuper à leur tour.
Plus loin, nous aboutissons de nouveau dans la rue St Gervais.
La
rue Raoul Nachez
La Forge
Souvenez-vous, j’avais indiqué la façade de la ferme Cuvelier (celle qui fut la maison d’Amélie Moroy) dans la rue des Carrières. L’entrée de la cour, se trouve être dans la rue Raoul Nachez, ainsi que des annexes datant du 19ième.
A gauche, il s’agissait de la maison où la famille Delrue habita, en fait cela dut aussi être une fermette, étant donné que l’arrière donnait dans une vaste cour. C’est là que nous trouvions l’entrée de ce qui fut la forge.
C’est là que vers 14 ou 15 ans j’avais trouvé à m’occuper pendant les vacances scolaires. Emile Lelangue(dit Milo Fémie) en était le patron, il travaillait avec ses deux fils: Marcel et Pierre. Louise(dite du Major) l'épouse de Milo.
Milo, la soixantaine bien sonnée, était maréchal-ferrant, métier qu’il avait inculqué à ses deux garçons. Marcel approchait la quarantaine, il avait été prisonnier de guerre. Pierre lui était plus jeune, il avait à peine 25 ans ; une bonne dizaine en plus que moi. A cette époque il y avait encore pas mal de chars avec des roues en bois, Ils avaient entrepris de construire des remorques métalliques, avec roues dotées de pneus.
Beaucoup des roues étaient récupérées des stocks de l’armée ; ce qui ne manquait pas après guerre. Au retour de son service militaire, ce fut Pierre qui s’occupa du montage de ces remorques. Il découpait les poutrelles pour en former le châssis et les posait sur des vieux fûts installés aux quatre coins pour ensuite les souder à l’arc. Je le revois comme si j’y étais ! Marcel, lui, s’occupait plutôt des charrues, extirpateurs etc.. que les fermiers donnaient à réparer. Il y avait encore beaucoup de chevaux de trait, journellement, l’un ou l’autre fermier conduisait un cheval à ferrer. C’était soit Marcel, soit Pierre, qui rentrait le cheval dans le travail, pour ensuite s’activer à ajuster les fers rougis à la taille du sabot. L'odeur bien particulière, semble m'être restée dans les narines. Plus rarement, Milo s’en occupait.
Je faisais de menus travaux, par exemple, couper des boulons rouillés au burin sur des charrues, pour pouvoir en remplacer le soc. D’autres fois je meulais pendant des heures des bouts de fer cylindriques pour en diminuer le diamètre, pour les adapter au châssis de la future remorque.
Peu après, l’acquisition d’un tour rendit le travail plus facile.. Ils étaient adroits avec le matériel dont ils disposaient.
J’ai sans doute assisté, à l’une des dernières opérations concernant l’élaboration finale d’une roue de char. Milo et le charron d’Attre, travaillaient en coopération.
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Georges, le charron, avait son atelier près de la gare: sur le territoire d’Attre. Lorsque ce dernier avait terminé une roue, il fallait qu’elle soit cerclée, il la portait alors à la forge à Mévergnies, où Milo s’occupait du cerclage. Un véritable travail de précision. La circonférence du cercle, devait être ajustée à la roue: légèrement plus petite que cette dernière. La soudure étant établie par battage du fer chauffé. Le cercle entier était alors chauffé au rouge, puis présenté tenu par des pinces sur la roue. Le cercle était enfonce par martèlement, le mariage cercle–roue s’opérait, par combustion des endroits excentrés. Dès que c’était adapté au goût de Georges, et de Milo, des seaux d’eau étaient jetés sur le cerclage qui enserrait alors définitivement la roue. Du pur artisanat ! Aujourd'hui, ces bâtiments ne sont plus que ruine.
Les
Parents de Raoul Nachez
La maison tenant à la cour de la forge, était occupée par les parents de Raoul Nachez; Raoul était le Président National des Prisonniers de Guerre 1940-1945.
J’ai bien connu ses parents, surtout le père dont je suis incapable de me souvenir du prénom. Retraité, journellement, il venait faire son petit « tour » à la forge.
Je le revois, de taille moyenne, les cheveux grisonnants taillés en brosse.
Je
me souviens de leurs deux petites filles, les filles de Raoul, lorsqu’elles
venaient en vacances à Mévergnies. Le nom de l’aînée Liliane, pour
laquelle j'avais un petit béguin d'adolescent, la
benjamine s’appelait Evelyne. Elles habitaient Bruxelles ou dans les Ardennes.
Les Amoris
A la maison suivante, on trouvait la famille de Léon et Léonie Amoris, ainsi que les parents de Léonie. Son père, s’appelait Victor, dit du Cuirassieu, sa mère le nom m’échappe. Je pense même, qu’en ce temps là, la sœur de Léonie; Bertha vivait aussi chez eux. Léon et Léonie n’avaient que des filles, dont je vais essayer de me remémorer les prénoms: Liliane, Berthe, Josette, Micheline et Edith. Léonie mourut assez jeune, des suites d’une péritonite.
Léon était un grand ami d’enfance de mon père, souvent, il tenait un rôle de comique dans des pièces théâtrales jouées une fois l’an au salon du village.
Les
Lelangue
Plus loin, habitaient Emile Lelangue,(Milo) son épouse; Louise dite « du Major » ainsi que Marcel dont j’ai déjà parlé. Pierre, lui était marié.
Louise, tenait un commerce de quincaillerie, j’ai très bien connu cette famille. De très charmantes personnes. Comme je le disais, je travaillais à la forge pendant les vacances scolaires. L’après-midi, vers 15h30, nous arrêtions le travail pour aller
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goûter ( r’chineu) chez Louise. Elle préparait de bonnes tartines, qu’elle beurrait elle-même, accompagnées d’une bonne confiture de fraises.
J'enfilais à chaque fois trois ou quatre grandes tartines, sous l’œil amusé de Milo et des fils.
Pendant
des années, j’ai gardé des contacts intermittents avec cette famille. Emile
et Louise quittèrent ce monde, c’est Pierre et Diane qui habitèrent la
maison. Pierre contracta une méningite dont il ne remit pas complètement.
C’est à la forge qu’il termina sa vie dans des circonstances tragiques. Un
comble, quelques années plus tard, ce fut Marcel, qui lui aussi disparut, dans
les mêmes circonstances en ce lieu où ils avaient toujours, tant travaillé.
Un drôle de destin !
L'épicerie de Bertha dite (du Toine)
La maison suivante, la dernière avant la maison communale, était une épicerie tenue par les époux Jean Cange(Lefèbvre) et Bertha d’Haufayt. Lui, était le frère d’Angèle et de Désiré Cange habitant aux Couturettes. Elle, était la sœur de Benoit « Tazar » qui tint le café à la gare, et fille de Victor D'Haufayt.
Une
petite anecdote : ils possédaient un loulou mâle tout blanc, qui un jour,
alla engrosser la chienne de mes grands-parents à la rue des carrières. Résultat:
deux chiots, que mes grands-parents gardèrent pour m’en offrir un. C’est
celui-là, qui fit les dégâts dans le poulailler de Maria Vincent à la rue de
la Procession , dont précédemment, j’ai narré les funestes penchants.
Gaston
dit (du Piston)
La maison de l’autre côté de la rue, était habitée par Gaston dit « du Piston » Un sentier la séparait du mur de la propriété Cuvelier. Ce sentier, que nous appelions le sentier du Piston, était en réalité le sentier du Patard (Plan Popp) conduisant aux carrières.
Je connaissais bien Gaston, par contre l’accident, dont fut victime son père survenu aux carrières en 1912 m’était inconnu. C’est dans les notes de l’Abbé Pardonge que j’ai découvert ce drame. Je cite :
Félicien Dutilleul, né à Mévergnies le 22 octobre 1866, décédé le 10 août 1912.
L’accident eut lieu à la carrière de m Petit-Moroy le 6 août 1912. Au cours de la matinée, aidé de son fils Gaston, Félicien, appelé habituellement Joseph et prénommé « el Piston », avait préparé une mine, cela pour mettre une plaque tournante sur le plan incliné de la carrière.
Il revint avant la reprise du travail à 1 h½ et, après avoir fait monter son fils, il mit le feu à la mine. C’est à ce moment que se produisit l’accident, il fut
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projeté dans l’eau du fond du trou. Quand la fumée fut dissipée, son fils l’y vit et l’en retira pour le ramener chez lui. Trois médecins furent bientôt à son chevet et décidèrent de le faire transporter à l’hôpital d’Ath. Le soir à 6 h, huit hommes le transportèrent sur une civière à Ath.
Ils mirent deux heures pour faire le trajet. Joseph leur recommandait de ne pas aller trop vite pour ne pas se fatiguer, car la chaleur était grande. A Ath, on ne lui fit rien ce soir là, le lendemain, on lui amputa le bras gauche ; mais comme l’épaule était atteinte, on ne put lui sauver la vie ; il devait mourir le 10 août à Ath.
Détail navrant, le 8, jour de l’accident à 1h1/2, M.Petit l’attendait pour lui dire de cesser le travail et lui assigner une autre besogne. Voici maintenant l’origine de son surnom de « Piston » Le père de Félicien qui tenait le local de la perche(actuellement maison Ch carlier) aimait battre le tambour lors des tirs pour souligner une belle victoire.
Quand ses amis apprirent la naissance de Félicien en octobre 1866, ils dirent ; « Comment va-t-on l’appeler ? » - " Son père c’est le tambour, lui, ce sera le piston" Tous les détails, je les tiens de son fils Gaston décédé depuis, lui aussi.
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Fin de citation- Texte en date de
l'année 1967.
Le fascicule relate pas mal d'accidents mortels dans les carrières de Mévergnies.(Pages 140,141,142 et 143 de ce fascicule)
On
peut imaginer les conditions de travail !
Avant d'aboutir au Grand Marais, après la maison de Gaston du "Piston", on trouve celle, où habitèrent la famille de Charles Carlier, son épouse et leur fils Jacques.
J'ai des souvenirs d'eux, lorsqu'ils vaquaient à leur jardin, mes grands-parents habitaient alors la maison voisine; surprenant de tels souvenirs! Cela devait se situer vers 1941.
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La
rue de la Tour Vignoux
Plongeons maintenant notre regard du côté de la rue de la tour Vignoux.
La première maison à gauche, appartenait à " Cabot " :certainement un surnom, je ne me souviens pas de son prénom, ni celui de sa femme du reste. D'eux, je n'ai gardé qu'une bonne mémoire visuelle.
Leur habitation, avait la particularité de se trouver en contrebas du chemin; pour y accéder, il y avait bien cinq escaliers à descendre.
La
ferme Delplace
Plus loin, du même côté, c'était la ferme d'Emile Delplace (Milo) et son épouse Maria: dite (du Parc) Sans doute, parce que leur ferme jouxtait le parc du château d'Attre. Je me souviens aussi très bien de leur fille, dont le prénom m'échappe, à l'époque, elle était âgée d'environ 16 ou 17 ans.
Ce qui me fait garder ce souvenir: c'est qu'en allant chercher le lait pour mes parents ou grands-parents, Maria m'invitait à rentrer, elle prenait mon "garlot", afin d'aller le remplir dans la pièce voisine. J'avais alors tout loisir de contempler la photo de leur fille posée sur la table.
La répétition de cette vision, au rythme du nombre de "garlots" ,a sans doute fini par l'ancrer dans mes neurones. Elle était photographiée, couchée de côté, sur des ballots de paille, appuyée sur un coude, la main soutenant le menton. (C'est vous dire si j'en ai un souvenir précis !)
Plus tard, elle fréquenta un jeune homme, qui habitait la rue d'Anvers; leur couple avait comme particularité; la différence de taille, lui, était près de deux fois plus haut qu'elle. Il faut dire qu'elle n'était pas bien grande.
Je n'en suis plus certain, mais, il me semble que Milo et Maria avaient aussi un fils, je me demande même, si plus tard, ce n'était pas lui le tenancier du café Mercier à Ath. Je fais peut-être une confusion avec le fils de Monsieur Baron: Etienne; qui tint ce café dans les années nonante.
Plus tard, il acquirent la maison de " l'horlogeu" à la rue de la Procession, les Persincq reprirent leur ferme.
Olga dite (du Petit Bougre)
En face de la ferme Delplace, la maison d'Olga: elle était la sœur de Léa qui tint un café sur la place de Mévergnies. Je n'ai pas la souvenance qu'elle fut mariée. Plus loin, les 2 maisons en retrait, ont appartenu aux carrières, mais je n'ai pas gardé de souvenirs de leurs habitants. Excepté; Marie-Louise Bréda qui y habita plus tard. Plus loin, la maison qui était en bordure du chemin appartenait à un facteur : Victor Cordier. L'ancienne carrière, qui fut remblayée dans les années soixante, se trouvait un peu à droite et à l'arrière de son habitation..
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L'Estaminet de la Tour vignoux.
Avant d'arriver au bout du mur du parc, nous trouvions le Café de la Tour Vignoux, tenu, par Isabelle: dite" du Bounneut" Elle succéda aux grands-parents maternels de James Pistral : Joseph Vandenecke et Blanche D'Haufayt. J'ai connu les enfants de Zabelle : Edouard, Jules et sa fille Denise, tous étaient mariés. A côté, en mitoyenneté, la maison était occupée par: Désiré(D'Zireu) et Emma Carolin. Ces deux habitations furent rasées
La
pompe
En face, établie le long du mur du parc, antérieurement, une belle grande pompe puisait l'eau provenant d'une source. Celle-ci, dut alimenter les maisons proches pendant des décennies.
Un jour, en passant à proximité, c'était, dans les années soixante, je vis qu'elle avait disparu. Pour moi, c'était la disparition d'un morceau d'histoire..
Plus tard, en passant dans la rue du Passe Tout Outre à Attre, je la vis, installée garnissant le jardin d'une habitation. Je ne doute pas qu'elle fut acquise légalement, mais j'eus préféré la voir dans son contexte.
Mme
Lambert
Au bout du mur du parc; à gauche une maison à rue, elle était habitée par Mme Vve Lambert et son fils. L'autre fils, l'aîné, c'était Jules Lambert d'Attre qui longtemps s'occupa du syndicat Socialiste. Au pignon de leur maison, un passage offrait un accès à l'arrière, vers deux autres maisons.
Ma
tante
Dans la première, c'est la que pendant la guerre habita ma tante Marie-Josée et mon cousin Christian Coring. Mon oncle par alliance, avait été tué à la guerre en 1940 à Lorient lors d'un bombardement. Ma tante quitta cette maison en 1946 lorsqu'elle se remaria.
Famille
Declèves
Vint alors y habiter, Edouard Declèves: dit " du Bounneut", fils d'Isabelle, il avait marié une française dont le nom est sorti de ma mémoire. Ils avaient des filles, dont j'ai retenu le nom de l'aînée: Elise.
Edouard, avait travaillé dans les mines de charbon, il avait été retraité relativement jeune. Je garde de lui, le souvenir d'un homme cordial, volubile, prompt à rendre service. Lorsqu il conversait en société, on avait tôt fait de le repairer, sa voix, bien caractéristique couvrait l'assemblée.
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Vers
les Trieux
En passant par le sentier aujourd'hui disparu.. Dirigeons-nous de l'autre côté de la route, pratiquement, en face, un chemin donne accès à une maison située à droite. Habitation qui fut occupée par les Boulard; Suzanne, et son fils Freddy qui avait mon âge. Freddy était un peu plus jeune que moi, je n'eus pas beaucoup l'occasion de le côtoyer.
L'ancienne habitation Declercq
Dans le fond, une vaste ferme habitée par les Dannau. Les anciens propriétaires en étaient la famille Declercq, maîtres carriers. Derrière cette ferme, se trouve toujours l'ancienne carrière; actuellement sous eau. La première qu'ils exploitèrent sur le territoire de Mévergnies. ( Voir page 8: Le Grand Marais)
Là, je suis en contradiction avec l'abbé Pardonge lorsqu'il déclare en page 133 de son fascicule. Je cite: "Un autre trou aurait été situé un peu plus loin au-delà du chemin qui conduit à la maison Declercq(actuellement ferme Schiettecatte) Il ne reste plus de trace de ces trous". Fin de citation.
Remarque: Comme je l'indique plus haut, ce trou existe bel et bien !
Avant d'atteindre la ferme, un modeste sentier, donnait un accès en direction des
Trieux. Comme le sentier du Piston, il est disparu.
Les
Dupont
Par ce sentier, la première maison rencontrée, était celle de la famille Dupont; Albert, son épouse Mathilde née Boulard et deux fils: Oscar et Franz si je me souviens bien. Oscar était l'aîné; un de mes compagnons de jeunesse. Ses parents, aussi bien Mathilde, que Albert étaient très comiques dans leurs expressions. Oscar était né la même année que moi, il était du genre turbulent. Un jour, j'étais parti jouer chez lui, nous étions allés fumer en cachette dans la prairie située derrière, en contre bas de leur maison. Nous étions cachés par la " brelle" : le talus en français. Je m'en souviendrai toujours, ce fut ma première expérience de fumeur. Après une ou deux bouffées, qu'Oscar m'incitait à avaler "comme un homme" je dus devenir vert avec la tête qui me tournait. Le moins qu'on put en dire, l'expérience ne fut pas concluante du tout.Je ne fus du reste pas le seul à avoir le ventre serré !
Je m'en souviendrai toujours ; c'était des "Belgas", un Paquet rouge avec en impression une femme, ornée d'un chapeau à plumes (genre mousquetaire)
Plus tard, à l'armée, cela ne m'empêcha de m'y remettre..
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Vue
vers les
Trieux
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Vers
les Trieux
Hormis quelques familles, ou personnes des Trieux, je n'ai gardé qu'un souvenir très diffus des lieux.
En effet, le plus loin où je me rendais, en général c'était, chez Oscar Dupont.
Naturellement lorsque je passais dans la rue Blanche à Attre, plus loin je, savais me trouver aux Trieux.
Plus d'une fois, accompagné de mon père, j'étais allé à la ferme de René Facq située dans le virage après la rue Blanche.
La famille Charles Louis Lefranc
Je ne sais en quelle occasion, je me suis aussi retrouvé une ou deux fois à la ferme de Charles-Louis Lefranc, que je connaissais, par sa présence, lorsqu'il allait à la forge lors de ferrages de chevaux ou autres travaux. Il avait une grande et belle famille. A cette époque, je ne les connaissais surtout que de vue, à l'exception de Rachel qui fit sa communion la même année que moi.
Je vais quand même tenter de me souvenir de leurs noms; de toutes et tous: Yvonne, Lucienne, Lucia , Rachel, Monique, Josette, Nicole, pour les filles. Oger, Eugène, James, Maurice, Marcel, Yvon, Bernard pour les garçons.
Bien des années plus tard, je les connus quasi tous davantage, par l'intermédiaire de nos bons amis: la famille Goguillon-Lefranc Monique.
La famille Raten
Au Trieux, je connaissais la famille Raten; Jules et son épouse Marguerite, deux garçons Léo et Jean-Marie, une fille, l'aînée: Simone. Léo avait mon âge, nous avions fait notre communion le même jour, plus tard, je le vis souvent. Plus tardivement, il avait opté tout comme moi pour la carrière militaire. Malheureusement, il n'est plus. Comme d'autres, il s'en est allé tels: André, Josse, Oscar et mon frère Pierre.
Dolphine et Nénesse
Je ne sais, si c'est sur Attre, ou aux Trieux qu'ils habitèrent, j'ai aussi connu Nénesse et Dolphine, deux personnages atypiques. C'était la mère et le fils, souvent ils déambulaient vers Mévergnies, ou en revenaient. On les voyait alors, la mère en tête d'un côté du chemin, et un peu en retrait de l'autre côté Nénesse.
Ils progressaient ainsi tout en se chamaillant. Lorsque Nénesse était vraiment plus irascible, bien inoffensif, il montait le verbe lorsqu'il croisait le premier passant rencontré. Évidemment, il fallait les connaître, j'ai connu plus d'une personne, surprise par le comportement de ces inoffensifs débiles.
Dolphine et Nénesse, qui pourrait m'en parler ?
Quelques
extraits de mes souvenirs de jeunesse.
A Mévergnies.
(Souvenirs de guerre)
Mais, au village natal, que s'était-il passé en ce début des hostilités ? Bobonne et Cacar avaient participé à l'exode de la population. Arrivés dans le Nord la France, après avoir été victimes des bombardements, parmi les colonnes de fugitifs, ils s'étaient vite rendus compte que mieux valait rentrer chez -soi. Ils rejoignirent leur domicile, encore bien avant la capitulation belge. Ils s'aperçurent, que notre maison, ainsi que d'autres du Petit Marais avaient reçu la visite d'hôtes indésirables, et que pas mal d'objets avaient été dérobés.
Dans les jours qui suivirent, ils devaient déménager le contenu de notre maison, le partager pour en tenir la moitié en gardiennage, l'autre partit chez ma tante MarieRose qui habitait à Attre.
Mes grands-parents avaient quitté leur maison en 1939 et, avaient aménagé dans une maison sise en face de la Maison Communale, c'est là que j'y passai mes premières grandes vacances de 1941. Ma mère m'y escorta, le trajet par train était long et peu sûr.
Lorsqu'il n'y avait pas d'alertes, c'était la priorité donnée aux convois de guerre, ce qui nous plaçait sur une voie d'attente. Il est vrai que nous avions tout le loisir d'admirer le paysage. Pour ma part, au rythme des soubresauts des roues sur le rail, j'étais intrigué par, ce que je croyais être le mouvement des fils des lignes télégraphiques entre les poteaux. Ceux-ci enjambaient le remblai comme des géants aux membres écartés.
Dans ces vieux wagons, aux compartiments rustiques, flanqués de banquettes en bois, régnait une odeur engendrée par le mélange de vapeur, d'escarbilles et sans doute de tabac, si caractéristique au chemin de fer de l'époque. Enfin Ath ! Tout le monde descend ! Nous glissons le long du convoi, pour côtoyer la locomotive qui crachote encore quelques jets de vapeur sortant de ses flancs.
Je remarque la face noircie du chauffeur se penchant vers le quai, puis aussi, la grille de sortie de la gare, gare qui pendant quelques décennies encore ne changerait pas d'aspect.
Il n'y avait plus de correspondance en direction de Mons, Mévergnies-Attre était l'une des gares qui jalonnait cette ligne. Le trajet se fit à pied, en direction du chemin Vert puis, là, passant par les " Bosses" de Maffle, on rejoignit Arbre. Enfin on distingua Attre et l’allée du Château bordée d'arbres, le château me fascina,.
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On traversa ensuite les " Quatre Chemins", pour rejoindre Mévergnies, en longeant le mur du parc, par-dessus duquel, telles de gigantesques ombrelles, des branches de grands chênes, hêtres, marronniers et autres essences ombrageaient une route, pavée de pierres. J’aimais le site, cette contrée, qui, à l'époque ne connaissait pas encore cette fringale de notre société de consommation, cause de toutes les pollutions destructrices de la nature. C'est fou, ce que l'évolution des vingt ou trente dernières années a pu enlever de romantisme à l'environnement. A commencer, par cette pollution visuelle et en CO que provoquent tous les véhicules automoteurs.
Retour
en Wallonie(Après guerre)
Au retour de la captivité de mon père, nous revînmes en Wallonie vers le mois de septembre 1945, nous allâmes habiter chez Bobonne et Cacar qui entre-temps avaient de nouveau déménagé, pour aller habiter à la rue des Carrières ; voisins d'une fermette dont les fermiers étaient les propriétaires de leur nouvelle habitation, les Huet. Mon frère, était resté à Gullegem, pour quelque temps, sans doute, pour que mes parents organisent leur nouvelle vie, car matériellement tout était à refaire. Pour mon père comme pour tous les prisonniers de guerre, les cinq années passées dans les camps, furent cinq années de perdues, ce n'était pas le cas de tous...
Il n'était plus question pour lui de reprendre son ancien métier, les routes se construisaient en béton, il fallut qu'il renonce à une profession où il excellait.
C'est ainsi, qu'il s'engagea aux Chemins de Fer comme manœuvre aux ateliers de l'arsenal de Cuesmes. Nous habitâmes quelques mois chez mes grands-parents. Durant cette période, on m'inscrivit à l'école catholique de St Louis à Brugelette, tenue par des frères Marianistes, ainsi que quelques instituteurs laïques.
Inutile de dire, que je ne parlais que bien peu le français, néanmoins je repris directement en 3ieme année, très vite je m'adaptai, les seules difficultés, étaient les cours de français, mais très vite je rattrapai le niveau de la classe. Une chose dont je me souviens, tout au début, cela devait sans doute être un cours d'analyse grammaticale Monsieur Segérs l'instituteur parlait de la phrase suivante : " La bicyclette est belle", il parlait du verbe eh bien ! A ce moment je me demandais quelle partie de la bicyclette pouvait être ce curieux machin que le "verbe". A cette époque, je parlais mieux la langue flamande (à ce moment là on ne disait pas encore le néerlandais par la suite beaucoup de mots de l'orthographe flamande furent changés pour en venir au néerlandais)
J'étais heureux chez mes grands-parents, cela contribua probablement à estomper mes difficultés linguistiques
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Mes parents, trouvèrent une maison en location. Par un hasard extraordinaire, c'était la même que nous avions occupée avant la guerre. Je ne me souvenais vraiment plus, que de la pièce principale. Avant de l'occuper, un maçon devait venir boucher une ouverture dans le mur mitoyen, car, au moment de la libération, avec les deux habitations mitoyennes, il en avait fait un café. A ce propos, plus tard, à la fin des années 50, je comptai encore dix-sept bistrots dans Mévergnies, qui ne comptait guère plus de 500 habitants, ceci était dû aux carrières de pierre dont toute activité avait cessé depuis déjà avant la guerre.
Nous aménageâmes donc au Petit Marais, dans notre demeure, que j'ai déjà décrite. Mon frère revint avec nous, il n'avait pas loin non plus pour se rendre à l'école gardienne. Comme moi, il fit de petites escapades, et comme pour moi, les bonnes sœurs fermèrent la porte au moment de la récréation. Pierre avait alors environ cinq ans. L'année suivante, il vint avec moi à l'école des Frères. En ce qui me concernait, cela ne marchait pas trop mal, j'avais dépassé le niveau général de la classe, puisque aux examens j'étais dans le groupe de tête en compagnie de Fernand Rasse (plus tard il s'appela Denayer et devint lui-même instituteur à StLouis et ensuite Directeur) et Franz Defossez il devait en être ainsi, jusqu'à la fin des primaires.
Fernand, habitait également Mévergnies, ainsi que Franz Berthe,Franz Defossez, Guy Nachez, tous étaient dans ma classe. Plus tard, il y eut les frères Dejonkere.
Nous n'étions guère nombreux du village, car à Mévergnies il y avait l'école communale, la plupart des gosses s’y rendaient. Nous respections nos instituteurs, d'ailleurs, ils n'auraient pas toléré le contraire, nous les apprécions: aussi, faisaient-ils tout ce qui était en leur pouvoir, pour que les élèves aient de bonnes connaissances. Je pense à Monsieur Oscar, qui lorsque nous étions distraits, inattentifs, ou que qu'on se taquinait, alors il jetait sa règle vers l'élève en défaut, il fallait, aller la lui remettre, je le revois, assis derrière son pupitre, au moment où nous lui présentions, il la reprenait très vite: pour nous en asséner un coup bien inoffensif sur le dos de la main. Nous prenions plaisir à essayer de l'esquiver, je dois dire, que je ne me débrouillais pas trop mal.
Nous étions espiègles, jamais des choses méchantes germaient dans nos esprits. Pas comme on peut en constater à l'heure actuelle !
En fait, il y avait plus de tolérance de la part du voisinage, tels, que des propriétaires de vergers, à l’occasion d’une maraude, qui nous couraient parfois après, et qui ne nous rattrapaient jamais. Leur action s'arrêtait là !
Nous ne détruisions rien. Il y avait aussi les carrières abandonnées, elles étaient notre terrain de prédilection, ce n'était pas exempt de danger, jamais nous ne fûmes inquiétés dans nos jeux par un quelconque panneau d'interdiction. A l'heure actuelle, il y a beaucoup plus d'intolérance: par la force des choses, car, le plus souvent, il s'agit de dépravations, vandalisme, et autres méfaits.
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Le Bélier
Je me souviens parfaitement, un jour à midi, en rentrant de l'école, nous étions arrêtés au bord d'une prairie où broutait un bélier, c'était en haut des Couturettes face à la demeure de Monsieur Jorion. Nous avions pénétré dans la prairie, et taquinions l'animal qui était lié à un pieu à l'aide d'une corde, celui-ci plutôt belliqueux et furibond tira tellement sur cette corde qu'elle céda. La propriétaire de l'animal était une dame nommée Gosse qui habitait quelque part aux Montils.
Avec l'agilité de nos jambes de dix ans, les deux Franz, et moi ne fîmes qu'un bond par-dessus les fils de la clôture, poursuivis par le bélier, qui tellement en colère fit un bond, pour atterrir comme nous sur le sentier des Couturettes. Les jambes au cou, poursuivis par le drôle, nous atteignîmes la place de Mévergnies, contraints de nous sauver dans l'église, à l'abri, derrière la solide porte du porche.
Nous entendîmes les coups dans la porte, il nous sembla que cela n'en finissait pas. Enfin il dut se fatiguer, la porte n'étant pas de petit bois, nous abandonnâmes notre abri avec mille précautions car l'animal nous visait particulièrement. Dans notre fuite, nous avions croisé une ou deux personnes, sans qu'il ne les ait remarquées semblait-il.
Ce que nous ne savions pas, c'est que Mme Gosse avait appris l'histoire, et qu'elle savait qu'il s'agissait de gosses sur le chemin de l'école. Elle était allée trouver Gaston; le garde-champêtre de Brugelette, (par la suite il fut chef de la police à Ath) il dut lui promettre de mener son enquête, car l'après-midi..
Une explication s'impose: En ce temps là, l'école st Louis était un internat tenu par des frères Marianistes. Nous, du village suivions l'école en externes.
Quatre instituteurs laïques, en ordre croissant des classes: Monsieur Thémon, Monsieur Seghers, Monsieur Oscar, Monsieur Jorion. Monsieur Thémon tenait la 1ère et la 2ième année; Monsieur Seghers la 3ième; Monsieur Oscar la 4ième, enfin Monsieur Jorion la 5ième et 6ième.
Les quatre classes étaient contiguës, séparées par une porte ; cela avait pour conséquence, une isolation acoustique moindre. A cette époque, j'étais dans la classe de Monsieur Oscar. Donc cet après midi là, nous entendîmes des éclats de voix venant de la classe de Monsieur Seghers; il s'agissait évidemment du garde champêtre que nous avions vu passer dans la cour. Nous les"coupables" dans la classe de Monsieur Oscar étions dans nos petits souliers, nous devinions bien le "pourquoi".
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Effectivement, lorsque, Gaston entra, et s'installa debout sur l'estrade, il n'en paraissait que plus intimidant, avec son haut képi, son ceinturon en baudrier; tout cela n'était pas pour nous rassurer. Je pense qu'au fur et à mesure qu'il changeait de classe, il avait le verbe croissant. Qu'est ce que les 5ième et 6ième allaient déguster !
Grand
soulagement, il se contenta de faire la morale ; cependant il dut confondre, car
dans ses exclamations, il parlait d'un bouc, nous avions eu à faire avec un bélier.
En fait, il ne cherchait pas les coupables, il savait parfaitement que le résultat
était atteint. C'était cela l'autorité et celle de nos maîtres !
La sonnette du Curé.
Il s'agissait du Curé qui précéda l'abbé Joseph Delmée, du fond de mes neurones, me revient le nom du curé Halin, ceci sans garantie !
A mon avis, la plus vilaine chose que nous ayons faîte, c'est l'histoire
du chat. Mes partenaires étaient, si je me souviens bien ; André Rasse, Franz
Defossez, Josse Destrebecq. Il faut dire qu'à la cure, la sonnette de Monsieur
le Curé, était une clochette, reliée par un fil de fer rejoignant une poignée,
qui se trouvait à la porte grillagée du jardinet, qui séparait la cure. Nous
avions trouvé un jeune chat abandonné, et nous l'avions attaché à la poignée
de du système. Dès que nous l'eûmes lâché, je ne vous dis pas le
tintamarre. Je sais aussi, que nous n'avons pas attendu le résultat, chacun
avait réintégré le foyer. Le lendemain, il y eut quand même quelques échos,
jamais personne ne sut qui était l'auteur de cette farce, quelque peu de
mauvais goût j'en conviens.
Les Toc Toc
Nous faisions parfois aussi des tocs tocs, c'est-à-dire, un gros boulon attaché à un fil, que nous attachions aux portes par une punaise, ensuite, à l'aide d'une bobine de fil, l'extrémité attachée à ce boulon, nous la déroulions, pour ensuite aller nous cacher derrière un obstacle, il ne restait plus, qu'à tirer à trois ou quatre reprises; c'était efficace !
A plusieurs reprises nos actions ciblèrent Mme Lambert, il y avait deux avantages: tout d'abord, sa maison était située au Petit Marais face au mur de l'ancien cimetière, qui cernait l’église. Mme Lambert était quelque peu simplette, cela nous amusait d'autant plus ; c'est connu les enfants sont un peu cruels. Nous attachions notre toc-toc, vingt cinq mètres de fil à dérouler, grimper le long du poteau téléphonique, qui était adossé au du mur du cimetière, puis, s'installer couchés au bord du mur, pour activer notre toc-toc. Là je vous laisse deviner le reste... Ces actions se faisaient le soir entre chien et loup.
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Le vin de
Monsieur le Curé
Pendant la période de mes primaires, je ne sais plus en quelle circonstance, je me retrouvai enfant de chœur, accompagné de Fernand Denayer, André Rasse, Jacques Liétard et d'autres qui entrent dans le flou de l'oubli. Ce que je sais, c'est que je n'y restai pas longtemps, suffisamment cependant pour me rappeler quelques anecdotes. D'abord, l'affaire du vin de messe, il ne nous fallut pas longtemps pour nous rendre compte, que Monsieur le curé préférait le vin à l'eau, parce que pendant l'office, lorsque nous devions lui verser le vin : aucun problème la burette entière disparaissait dans le calice, par contre le moment venu, où nous devions lui verser l'eau, il faisait écran avec les doigts, puis, d'un coup sec repoussait la burette d'eau vers le haut.
L'effet ne se fit pas attendre, la burette d'eau était copieusement remplie, tandis que celle du vin l'était plus "raisonnablement" ,et au moment, où il repoussait le calice vers le haut, plus rapides que lui, le contenu de la burette d'eau s'étalait au fond de celui-ci.
Il n'aimait pas ça Monsieur le Curé. Se doutait-il de quelque chose ? Nous avions pris l'habitude, de lamper un petit coup chacun à la bouteille; nous le trouvions délicieux ce vin de messe. Personnellement, je crois que c'était la première fois que je goûtais ce divin breuvage (évidemment)
Au lendemain de la guerre, nous étions encore privés de pas mal de denrées, ainsi par exemple: des oranges, des bananes, les moules; j'avais plus de neuf ou dix ans lorsque je pus les déguster, ainsi que d'autres choses encore. En tout cas le vin de Monsieur le Curé était remarquable, ceci ne s'effacera pas de ma mémoire.
Donc, notre manège dura un certain temps, pas bien long sans doute ! Un jour, André Rasse, le plus gourmand de nous, (il était d'ailleurs bien grassouillet il le fut d'ailleurs toute sa vie) ne pouvait nier avoir touché la bouteille, car une trace bien ronde, bien noire, lui marquait les lèvres au sortir de la sacristie.
Avant que je ne puisse réaliser, je me souviens, j'étais occupé d'allumer les grands cierges à l'aide d'un éteignoir, Monsieur le Curé surgit tel un diable hors de sa boîte pour surprendre André en flagrant délit.
A partir de ce jour là, le remplissage des burettes ne figuraient plus dans nos attributions ! Sans doute, avions nous commis l'erreur de remplacer la quantité que nous prélevions, par de l'eau ; en connaisseur, Monsieur le Curé ne tarda sans doute pas, à avoir quelques doutes. Il avait enduit le goulot de la bouteille de cirage noir, désignant ainsi indiscutablement André l'auteur du délit.
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L'incendie
Une autre fois, j'ai failli incendier l'église, involontairement bien sûr; j'avais eu la charge d'allumer l'encensoir, à un certain moment de l'office. Pour ce faire, je me rendis à la sacristie, où une boîte, remplie de charbons de bois en forme de grosses pastilles, était disposée sur une vieille chaise, ainsi, qu'un bougeoir garni de sa bougie. C'est, à l'aide de cette dernière, que je fis rougir le charbon de bois en soufflant dessus, et en accélérer l'incandescence, pour ensuite, placer la pastille dans l'encensoir, tout en balançant ce dernier, rejoindre l'assemblée.
Quelques minutes plus tard , il me sembla sentir une odeur de fumée, mais, comme personne ne réagissait, je mis cela sur le compte de mon odorat trop sensible; quand, brusquement, un retentissant cri "au feu", venu, on ne sait d'où, répercuta dans tout l'édifice; la sacristie était en feu. J'en étais le pyromane involontaire! Heureusement, les dégâts se limitaient à la chaise brûlée, dont, le fond en joncs était à l'origine de cette épaisse fumée, et d'un meuble qui commençait à se consumer.
C'est à la suite de cet événement, que se termina ma carrière d'enfant de chœur, pour entrer dans la fonction de "souffleur", d'orgue ce qui me plaisait bien mieux, c'est ainsi, que je rejoignis André Rasse au jubé, où notre rôle consistait à donner du souffle à l'orgue.
Cette anecdote, j'ai eu l'occasion de la narrer plus avant, en parlant d'Aimé le bourrelier.
Pour en revenir à la gare
de Mévergnies-Attre
Souvenez-vous; je ne m'étais pas étendu sur la description de la gare de Mévergnies-Attre. Encore une fois, qui pourrait mieux en faire l'exposé, que Monsieur James Pistral, dont la notoriété dans le milieu ferroviaire est bien établie. Il a d'ailleurs aussi écrit un ouvrage sur la gare de Maffle.
Voici l'historique qu'il décrit, en ce qui concerne la gare de Mévergnies-Attre:
La gare de Mévergnies
est distante de Brugelette de 1,5 Kms seulement ;
seul, le PN 16 (passage à niveau) coupe la voie entre les deux gares. Il
s’agit du PN coupant la route allant au couvent de Brugelette où se trouvait
la maisonnette de la garde-barrières appelée « baraque Canca ».
Jusqu’en octobre 1879, la gare s’appelait :
« Chièvres – Attre », année où elle prit la dénomination
actuelle.
Un bureau télégraphique
y fut ouvert le 1 juillet 1876 pour la correspondance privée. Le bâtiment était
du type « Etat belge type II ».Il était situé à droite de la voie
après le PN* 17, lorsqu’on se dirige vers Ath. Il renfermait le block 23 et
commandait le PN 17 à barrières roulantes actionnées par un treuil se
trouvant sur le quai, qui coupe la route Chièvres – Attre ou Mévergnies. En
cas de brouillard, le PN était normalement fermé, ouvert sur demande sans
annonce de train. La cour aux marchandises était située à droite de la voie
vers Ath. Elle comprenait deux voies, un quai de chargement (rampe) et un
gabarit ; on faisait passer sous ce gabarit les wagons chargés de lin (il
y en avait beaucoup à l’époque) pour se rendre compte s’ils pouvaient
passer sous les ponts.
Le raccordement de la « Sucrerie d’Attre »
exploitée par M+M Van Haecht et Cie et dénommée auparavant « Société
en Commandite Florimond Duchâteau
et Cie » était greffé sur une voie de la cour ; de même, une voie
y était réservée pour les Carrières
de grés de Mévergnies, distantes de plus de 3 Kms de la gare. Les pavés étaient
amenés sur deux remorques tirées par un tracteur Lanz jusqu’à la voie prévue,
où avait lieu le transbordement. Avant le tracteur Lanz, c’était mon
grand’père Oscar Pistral qui conduisait un attelage de 6 chevaux pour amener
ces pavés.
Un chemin de fer industriel à voie étroite
aurait relié les carrières de grés à la gare entre 1880 et 1887 ???.
Un
entrepôt de la sucrerie est actuellement occupé par une menuiserie.
De l’autre côté
de la gare, un dépôt était embranché au chemin de fer construit par les
Allemands pendant la Première Guerre, comme décrit ci-après.
*PN Passage à
niveau
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En 1917,
l’Administration allemande avait procédé au cours de la Première Guerre
à l’acquisition des emprises nécessaires à l’établissement d’un
cimetière d’obus qui serait situé le long de la voie d’évitement de la
gare de Mévergnies.Il
semblerait néanmoins
qu’une ébauche de raccordement ferroviaire ait été réalisée, mais les
plans indiquent que le démontage de la voie ferrée ait également eut lieu peu
après la fin de la grande Guerre. Néanmoins, en 1921, une voie de garage pour
les trains venant de Jurbise est créée à Mévergnies ; elle fut opérationnelle
en 1923 et la signalisation adaptée en 1924.Après l’Armistice, ces projets
sont oubliés et abandonnés jusqu’en 1938 où l’on reparle, à nouveau, de
construction du champs d’aviation.
La nouvelle
installation ne devait être en rien comparable à celle de 1917, l’aviation
ayant, entre-temps, subi un développement formidable.
La desserte
ferroviaire du champ d’aviation sera complétée par les Allemands pendant la
seconde guerre. A cette fin, elle n’a plus lieu depuis les voies principales,
mais depuis un faisceau de préparation de trois voies situé en gare de
Mévergnies.
La
construction du raccordement a été soignée, avec des rayons de courbes généreux ;
le développement des voies, au départ de la gare, a atteint les 15 Kms,
desservi par deux locomotives à vapeur.
Le
raccordement se divisait en deux parties ; l’une pénétrant à l’intérieur
de la base (environ 100 ms au-delà du carrefour de la Chasse Royale) et
l’autre se dirigeant vers Bauffe où existaient des embranchements vers les
ateliers de réparation et les quais de déchargement. Ces deux voies se
rejoignaient au sud de la base en formant donc une boucle.
Avant de traverser (comme dit ci-dessus) la route nationale 56, il a existé une voie longeant cette route sur la gauche pour desservir des abris pour avions qui étaient situés le long de la voie, courait jusqu’à l’abri modernisé dénnomé « Auberge de Lens » et fut démontée immédiatement après la guerre, en même temps que furent démolis les abris. La route nationale était interdite aux civils (entre la Chasse et le cimetière de Lens – j’ai coinnu) obligeant à effectuer le détours par les chemins de campagne (Mévergnies – Brugelette – Cambron – la Ferme des Wespelières – et)
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Le caractère
stratégique du raccordé – qui subissait de fréquents bombardements –
avait rendu la voie vulnérable ; souvent, elle fut réparée avec des
moyens de fortune, avec fixation des rails à l’aide de crampons fixés sur
des traverses en sapin non créosotées.
Après la
guerre, l’état du raccordement est tel que l’accès d’une partie (voies
de contournement vers Bauffe) est interdit aux locomotives de la SNCB. Néanmoins,
une partie des voies (près de la Chasse Royale) fut remise en état par des
prisonniers allemands qui étaient logés au camp. Le 1 octobre 1946, le faisceau
de préparation – devenu dépôt des Armées Alliées – sera repris par le
Gouvernement belge et géré par l’Office Mutuel d’Aide (OMA) qui
l’exploitera jusqu’au début des années 1950 où son rachat fut proposé à
la SNCB qui déclinera l’offre.
La Défense
Nationale, Département Aéronautique Militaire, occupera les installations en
juin 1950. La réfection des pistes de l’aérodrome sera envisagée en 1950
– 1951 et les matériaux de construction sont livrés par chemin de fer.
En 1950, suite au mauvais état de la voie,
l’accord est donné par la SNCB pour la réfection , par les militaires, des 3
Kms de voies situés depuis l’origine du raccordement jusqu’à la limite de
la Ville de Chièvres.
Il ne reste actuellement sur le site du dépôt
que des vestiges d’un chemin de fer à voie étroite ( ?) visibles
dans le pavage.
Un triste évênement en 1948, je pense:
Quand vous venez de la Chasse vers Mévergnies, vous traversiez la voie venant
du champ d’aviation vers le dépôt (qui est devenu propriété de Vilain pour
ses carcasses d’autos), puis, à 20,25 ms vous arriviez à la première barrière
du passage à niveau. Un jour, les barrières sont fermées pour le passage
d’un train ; une jeep avec 4 jeunes militaires américains de la base
vient s’arrêter au passage à niveau mais s’arrête sur la voie du
raccordement ; en ce moment, sans aucune mesure de sécurité, une
locomotive POUSSE une rame d’une trentaine de wagons vers le dépôt ;
comme il descend de la RN 56, cette rame roule vite et le premier wagon écrase
la jeep et tue les 4 militaires. N’est-ce pas malheureux de venir mourir si
loin de son pays et si bêtement !!!
J’ai déjà signalé aussi que « El Saudard » habitant le chemin vers Mévergnies après la maison Dauchot avait été trouvé mort le long du mur du dépôt sur la voie en face de la maison Dumont – le nazi (en 1942, je crois)
Le dépôt de munitions de la gare de
Mevergnies-Attre
Dans le courant de l’année 1917, le frère de l’abbé Thésin, greffier au parquet de Mons lui signala des travaux effectués à la gare de Mévergnies-Attre,ou plus exactement dans les champs situés en face de la gare et le long de la ligne d4th à Mons. Désirant se rendre compte par lui même de la nature de ces travaux, l’abbé prétexta une visite à une parente habitant Brugelette, Madame Daumerie, mère du lieutenant aviateur Joseph Daumerie à cette époque prisonnier à Magdebourg
Proposant à sa cousine une promenade à Mévergnies le long du chemin de fer, l’abbé pénétra dans les travaux et découvrit ainsi les préparatifs d’établissement
D’un grand dépôt de munitions le long de la ligne vers Brugelette, deux voies ferrées parallèles étaient bordées de casemates protégées par des remblais de terre et recouvertes de tôles ondulées. Elles étaient ouvertes et on gardées !
Aussi l’abbé y pénétra-t-il et constata qu’elles renfermaient des machines destinées au chargement d’obus de différents calibres. En face de la gare, vers Maffle, on installait de nombreuses voies de garage. A sa rentrée, Léonidas rédigea illico un rapport qui partit le lendemain.
Quelques semaines plus tard, il se rendit à Ath pour s’informer des causes et des conséquences d’un raid déplorable perpétré par l’aviation anglaise.
Il fit le voyage en train allemand et, au cours de l’arrêt en gare de Mévergnies, il prit un croquis établissant rapidement le plan du dépôt.
Dans le courant de janvier 1918, une recrudescence d’activité fut signalée dans ce dépôt. C’était le moment de veiller au grain. Les allemands employaient de la main d’œuvre belge fournie par les chômeurs de villages environnants. Cette fébrilité extraordinaire se poursuivit en février :trois équipes se relayaient de huit en huit heures et on pressait le travail parce que –disaient les soldats – une grande offensive était imminente C’est à cette époque que l’abbé Thésin fut arrêté par les allemands…mais l’information qu’il avait recueillie allait être utilisée à bon escient par les anglais…
En
guise d'épilogue..
Me voici arrivé au terme de cette rédaction, ce fut, pour moi un réel plaisir, de pouvoir relater mes souvenirs d'enfance, et d'adolescent. Je me suis rendu compte, qu'un tel travail de mémoire ne peut s'élaborer, que si l'on est resté accroché à ses racines. Je fus parfois surpris, de l'émergence de noms, de situations, et faits, que, je pensais être perdus à jamais dans les brumes de l'oubli. A force de me creuser l'esprit, brusquement, certains de ces éléments sont réapparus. C'est ainsi, que je me suis rendu compte, que notre cerveau est une machine merveilleuse; qui demande à être sollicitée!
Je suis conscient, que mon travail n'intéressera probablement, qu'une minorité de personnes, en effet, c'est avec effarement, que j'ai constaté, que la toute grande majorité, que j'ai connues et côtoyées ne sont plus.
Je leur dédie ce petit travail, en particulier à: André, Josse, Oscar, Léo, Richard(Pipe): mes amis d'enfance, ainsi que mon frère Pierre: disparus. La roue tourne, elle a aussi tourné pour moi, sans que je ne me rende bien compte de sa vitesse.
Les aléas de la vie m'ont éloigné du village;sentimentalement, j'y suis resté attaché.
Avant de collationner ce travail, le brouillon à été placé et l'est toujours sur un blog internet depuis le 19 novembre; en voici le lien: http://mevergniesmonvillage.skynetblogs.be, il a déjà été visité à plus de 1800 reprises. Par l'intermédiaire de ce blog, j'espérais avoir un contact ou l'autre, pouvant enrichir les textes, soit par de la critique, soit par un apport: malheureusement cette tentative s'est révélée stérile.
J'ai actuellement mis cet ouvrage en site propre il peut être évolutif avec de nouveaux apports.
En voici le lien : http://jeanstamanne.dyndns.org:81
Dans le courant de janvier, une petite brochure sera disponible sur demande.
J'ose, espérer, que malgré tout, l'une ou l'autre personne aura la tentation de se pencher vers le passé ! Et puis, plus tard, qui sait, dans bien des années, une personne, trouvera peut-être dans un coin de grenier, une vieille brochure poussiéreuse, qui l'aidera à se souvenir… S'il n'y en a qu'une, j'aurai atteint mon but !
Terminé à Ath, janvier 2010
Jean Stamanne.
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Quelques autres clichés
Clichés
du Petit Marais
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Autres
clichés du Grand Marais

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Autres clichés du
Grand Marais

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Du côté des Carrières
