Introduction à la psychologie de la perception
A. Définitions :
Psychologie : « Ensemble des manières de penser, des sentiments, des états de consciences et analyses de ceux-ci. »
Perception : « Processus de recueil et de traitement de l'information sensorielle. »
Nous ne intéresserons ici qu'à l'aspect fait social et non à la psychologie individuelle, il ne s'agira donc que d'une moyenne comportementale et non de généralités.
B. Les sens :
Pour des raisons de facilité et de visualisation, on représente le plus souvent les 5 sens autour d'un pentagramme. Cela est également lié à la théorie de la Gestalt ( équilibre des 5 sens et interactivité).
On proscrira, en règle générale, le traitement olfactif et gustatif ( sauf horeca, parfumerie, chimie,.....) pour de simples raisons de goûts communs. Je ne développerai donc ici que les 3 sens « supérieurs », les autres étant trop individuels que pour être traités dans un contexte social.
1. Toucher « Sens à l'aide duquel on reconnaît, par le contact direct de certains organes, la forme et l'état extérieur des corps. ( 5 types de toucher : contact, pression, chaleur, froid, douleur) .»
On y distingue deux relations positifs/ négatifs
CHAUD / FROID
ARRONDI / ANGULEUX
Une relation dépendant de la couleur, de la texture et de la température LISSE / RUGUEUX
Cette dernière relation est assez versatile, un marbre lisse est attirant mais désagréable au toucher car froid, un crépis de murs est répulsif mais plus chaud, de la soie est lisse et brillante mais agréable et un ours en peluche est rugueux mais chaud et attirant.
Toutes ces sensations sont stockées dans notre cerveau et nous nous en souvenons avant même de toucher un objet quelconque. Ce souvenir peut être si puissant que certains, lorsqu'ils prennent un objet métallique ont ce goût en bouche rien qu'en touchant. Donc, nous voyons sur ce simple exemple qu'une sensation de toucher peut provoquer un goût et que la vue est une forme de toucher faisant appel à une simulation de sens par le cerveau.
Nous avons acquis ce vocabulaire lors de nos premières années, ce qui explique que les enfants et bébés veulent tout toucher. Or notre civilisation est du « Pas touche ! C'est caca ! », ce qui développe rapidement un tabou du toucher ainsi qu'une névrose due à la contradiction éducation/instinct.
Notons immédiatement qu'un enfant ayant une conception normale du toucher aura de plus grande chance dans la vie étant donné l'ajout de facteur de certitude et de connaissance. Le problème est que nos édiles moraux savent fort bien que cette attirance au toucher fait partie des attirances sexuelles, c'est l'aboutissement naturel en fait de cette curiosité enfantine qui est censée se terminer par l'accouplement à l'adolescence. Ce n'est pas un concept freudien, c'est simplement l'équipement dont nous a doté la nature et destiné à nous attirer mutuellement
Ce qui explique que nos civilisations assez prudes aient toujours rejeté le toucher comme une curiosité mal placée ( bien entendu tous les autres sens jouent leur rôle).
Applications :
Y Murs rugueux ou dotés d'une latte à hauteur des hanches, peu de gens s'y appuieront car sensation désagréable. Les murs resteront donc propres.
Y Un banc en bois aide à la concentration car ne refroidit pas les membres qui y reposent. Par contre, un bureau métallique sera souvent insupportable car désagréable à l'appui donc, plus fatigant. Le pupitre de chimiste est souvent détesté au ceria pour ces raisons, plus impression d'inamovibilité. Il est blanc, lisse, arrondi et lourd donc froid pour beaucoup de raisons, on utilise en effet, des matériaux isolants tels le bois ou des synthétiques divers afin de ne pas dissiper désagréablement la chaleur corporelle.
Y Un barbelé, provoquera souvent des frissons rien qu'à la vue parce qu'on s'imagine facilement les chairs déchiquetées sur les pointes.
Y Jacques augmente la distance entre et lui et ses élèves pour diminuer les contacts, il s'en sert comme d'une arme, on ne peut blesser que ce qu'on peut toucher ( à un certain niveau bien sûr, après, cela s'estompe).
N'oublions pas non plus que le toucher est lié à l'équilibre mais aussi au sentiment de sécurité, on se sent plus relax et moins sur ses gardes sur la moquette de son salon que dans un cross country.
Exception faite des professions médicales qui doivent toucher pour soigner mais on observe des névroses allant jusqu'au refus des soins et une habiletés des pratiquants en médecine qui doivent effectuer certains « rites » d'approche pour ne pas effaroucher.
2. Ouïe « Sens par lequel sont perçu les sons. »
C'est un sens presque totalement subordonné à l'usage de la parole et dont la fonction première de signaler un danger, une proie,.... à quasiment disparu ( sauf ambulances, pas sur la sol, explosion,.....). En développant un langage articulé, l'Homme à fait de la parole son vecteur social par excellence et a permis par là même le développement de l'écriture qui est, avec le feu, dans les premières auto-évolutions de l'Homme.
Paramètres : Vitesse, intonation, niveau sonore, vocabulaire,.....
Il est lié au toucher de par la distance et les « bulles personnelles » ( le murmure est réservé aux relations de corps à corps ou quasi). La vue permet également de discerner un langage gestuel important ( mimiques, expression, positions, tics, gestes,....).
On remarque souvent que les lieux désagréables au toucher sont inaptes à la pratique de la discussion, pour des questions essentiellement de résonance.
Applications :
Dans le traitement sonore d'une pièce, éviter les arrondis, ils peuvent provoquer des phénomènes de lentilles ( surdensification locale du son) et sont très diffciles à gérer. Exemples : plafond en voûte concentre le son au centre géométrique de l'arc de voûte ; si vous parler contre le mur d'une pièce ronde, le son vous reviendra en glissant en rond contre la paroi et inversement, dans le phénomène de voûte, un son proféré contre le mur, au niveau du chapiteau d'arête sera propagé jusqu'au chapiteau inverse et nulle part d'autre ( on confessait ainsi, jadis, les lépreux).
Une surface a en règle générale les mêmes propriétés sonores que lumineuses, ce sont deux ondes, elles ont donc un comportement semblable, excepté sur l'écho. « Répétition d'un son due à la réflexion des ondes sonores par un obstacle et qui provoquera la sensation auditive de multiplication de ce son ». Une surface lisse et brillante sera donc froide et réflective, une paroi pelucheuse ( velours) sera donc absorbante et chaude.
Il n'y a pas de règle générale en acoustique ( science des sons), tout dépendra toujours de la destination de la pièce. Les méthodes à utiliser sont si nombreuses qu'une session de cours complète est nécessaire à sa compréhension.
3. La Vue
La vision est considérée comme le capteur le plus évolué de l'homme, il est le plus précis et donne la plus vaste gamme d'information à notre corps. Par exemple, on estime la quantité de données traitée par les nerfs visuels à fois plus que celle traitée par les nerfs auditifs. Il est aussi le sens le plus « humanisé » des cinq, en effet, il est devenu un outils essentiels à notre civilisation tant sur le plan de la connaissance, de la mémoire, de la compréhension que de l'orientation. Je vais traiter ici, une partie très controversée de la vision, le traitement de la couleur, car les modernes ont tout tenté pour éradiquer ces sensations, les considérant comme fariboles voire frivolité. Les sentiments symbolisés par une couleur sont autant du fait de l'excitation du nerf visuel que du contenu social et historique de la couleur, le phénomène de la « madeleine de Proust » peut fort bien être engendré par une couleur ( voyez une couleur lavande et l'odeur revient,...). Un point important d'emblée, ces couleurs ne sont que des catalyseurs, elles n'induisent pas un état d'esprit mais leur permanence est un puissant suggestif.
On le voit, les couleurs se combinent, s'opposent voire se conjuguent, les règles du bon goût peuvent aussi être de rigueur car les conventions sociales, modifiées selon l'origine ethnique du public ciblé, sont susceptibles de réduire un tel travail à néant.
Exemple pratique : Un shérif de l'Arizona a peint les murs de ses cellules en bandes roses et vert pâles, résultat, le taux de bagarres en prison à spectaculairement baissé, les prisonniers n'arrivant plus à développer une agressivité suffisante que pour se battre. Par contre, ce dispositif destiné à avoir la paix, peut provoquer de graves lésions comportementales à haute dose ( perte de confiance, ne plus supporter son milieu car « humilié », phobies,...). La couleur est un facteur subliminal important mais la plupart de ses effets restent encore à étudier mais c'est si peu efficace que ces dix dernières années, presque tous les gouvernements du monde font repeindre leurs zones de pauvreté, afin de calmer et de contrôler plus efficacement ces zones, ainsi, on leur offre aussi l'éclairage public.....
Le contre-exemple des hôpitaux et centres psychiatriques peints pendant de longues années en blanc uniforme est frappant, cette habitude a été prise à cause de la chaux utilisée à l'origine puis parce que le blanc est fort aisé à nettoyer ( excepté le sol rouge-brun pour que l'on perçoive pas le sang). Par contre le taux de dépression dans ces cas de figue augmentent. Donc, on revient maintenant à de chaudes couleurs pastels qui apaisent ou rassurent.
L'utilisation de bassins ou d'aquarium est également très répandue, la couleur douce et les chatoyances apaisent et le taux d'humidité se stabilise ( vue+toucher), l'odorat peut être traité mais tout le monde n'apprécie de nouveau pas cette odeur.