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La monnaie à travers l'Histoire : la Grèce.

L'or et l'argent étaient depuis longtemps utilisés comme moyen d'échange et dès l'an 2500 avant JC les Babyloniens avaient déjà inventé un système de poids. C'est vers le VIIe siècle av JC que les marchands ioniens ont imaginé de les marquer de façon à les reconnaître aisément. Au début, ce fut un poinçon quelconque, mais comme la marque des marchands respectables finit par être acceptée dans d'autres maisons que la leur, il devint indispensable qu'on pût la distinguer parfaitement.
1 Un progrès décisif fut accompli par les rois de Lydie au VIIe siècle av JC. Comme la plupart des rois, ils contrôlaient la production de métaux précieux sur leur territoire, aussi trouvèrent-ils à la fois profitable pour eux-mêmes et pratique pour le monde du commerce de mettre les métaux en circulation par l'intermédiaire du trésor royal qui en garantissait la valeur et le poids et d'où ils sortaient frappés à l'effigie royale, la tête de lion de la dynastie des Mermanades 1
La première monnaie lydienne était en électrum, alliage naturel d'or et d'argent d'origine alluviale, qui avait sa valeur propre, indépendamment de sa teneur en or et en argent. Mais il ne semble pas qu'aucune indication de valeur ait jamais été portée sur les monnaies d'électrum asiatiques.
2 Le dernier des rois lydien, Crésus (561-546 av JC) abandonna l'électrum pour une monnaie bi-métallique d'or et d'argent dont la valeur avait un rapport fixe. Ce système bi-métallique fut repris par les Perses et, vers la fin du VIe siècle av JC, une monnaie composée de dariques d'or (du nom du roi Darius) et de sicles d'argent fut créée pour l'empire perse. Les pièces d'or et d'argent étaient frappées à l'effigie du Grand Roi tenant un arc à la main. Le motif ne changea pratiquement pas jusqu'à la conquête du pays par Alexandre. 2
3 Avant l'invention de la frappe de la monnaie, les Grecs du continent utilisaient une monnaie faite de "broches" de fer et de cuivre dont dix faisaient une poignée ou "drachme".Dans la Gréce proprement dite, les premières pièces firent leur apparition à Egine, vers 625 av JC. où une communauté commerçante très prospère possédait une réserve abondante d'or et d'argent. Elle prit comme emblème la tortue de mer. 3
4 Corinthe, principale communauté marchande à l'ouest de l'isthme, fut la deuxième grande cité à battre monnaie, probablement vers 575 av JC. ; le statère corinthien avait cours à trois drachmes. Pégase, le cheval ailé, était l'emblème de ses pièces et leur valut le nom de "poulain".
Les premiers poulains ne portaient au revers qu'un simple carré creux comme les pièces d'Egine mais, par la suite, les Corinthiens eurent l'idée de faire figurer un second motif à la place du carré creux et ainsi la pièce reçut une impression sur chaque face. L'avantage n'était pas uniquement esthétique, en changeant le motif du revers il devenait possible de différencier les diverses unités monétaires.
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Lorsque les premiers statères corinthiens commencèrent à circuler librement en Grande Grèce, il arriva fréquemment que les autres cités les refrappent à leur propre compte. Mais il était difficile de refrapper les plus anciennes pièces, celles qui présentaient un carré creux au revers.
Les Grecs d'Italie méridionale inventèrent une technique qui leur permit d'obvier à ce défaut : il s'agit de la frappe incuse. Une pièce incuse est une pièce qui présente le même motif sur les deux faces, mais tandis que le motif apparaît en relief sur une face, il est imprimé en creux sur la face opposée. Il suffisait de placer la pièce à refrapper entre deux coins pour obtenir une monnaie incuse.
5 Les motifs étaient très beaux et caractéristiques de leur époque par leur rude simplicité. La chouette avait figuré sur les monnaies d'Athènes dès environ 575 av JC. Vers 525 av JC, une nouvelle pièce de quatre drachmes fut mise en circulation, le tétradrachme. La chouette fut portée au revers des pièces athéniennes et remplacée à l'avers par la tête d'Athéna. C'était la première fois que des traits humains recevaient une telle importance sur une monnaie. Il semble que les Athéniens en aient été si fiers qu'il ne purent se résoudre à la changer par la suite. 5
Au cours des années qui suivirent l'apparition des premiers tétradrachmes athéniens et des stratères corinthiens à deux faces, de nombreuses cité grecques entreprirent de frapper monnaie. Pour certaines ce ne fut peut-être q'un geste d'indépendance mais, pour d'autres, il s'agissait de répondre à un véritable besoin économique. Tel fut le cas d'Olympie.
Les graveurs de coins bénéficiaient déjà d'une expérience de plusieurs générations dans la figuration d'animaux mais ils étaient encore malhabiles à la représentation de traits humains. L'oeil de face et le sourire archaïque étaient des conventions qui déformaient la vision naturelle pour traduire les qualités idéales de l'âme. Ce style était d'ailleurs bien adapté à la représentation de figures divines.
Le vif intérêt que les artistes portèrent à la représentation de l'homme dans la période qui suivit les guerres Médiques se concrétisa rapidement sur toutes les pièces grecques à l'exception de celles d'Athènes. 6
77 En Sicile, les graveurs ont joui d'un grande liberté d'exécution et étaient autorisés à signer leurs coins.
Ils réalisèrent également ce qu'il y a de plus difficile pour un graveur de coins, la représentation de face du visage humain.
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La conquête des riches mines d'or de Thrace, permit à Philippe de Macédoine d'imposer ses statères et de supplanter les dariques qui étaient jusqu'alors l'étalon d'or du monde antique. Les statères d'or formaient une grande partie du butin rapporté à Rome par les légions. Ils se répandirent également dans le Nord et l'Ouest et furent imités par les Gaulois et les Bretons, ornés de motifs celtes. 9
10 La monnaie grecque ne se répandit dans l'Ouest que fortuitement. Mais en Orient, son regain de faveur, encouragé par la politique d'Alexandre, fut rapide. Alexandre adopta le système monétaire d'Athènes en l'étendant à la frappe de l'argent et de l'or. Avoir son effigie sur les monnaies avait été jusque là le privilège des dieux ; après sa mort, Alexandre fut le premier homme en faveur de qui on enfreignit cette règle.
11 En Egypte, l'effigie royale avait quelque chose de divin et elle demeura inchangée pendant des générations : chaque monarque faisait graver son portrait sur sa monnaie. Ces monnaies sont remarquables pour la fidélité avec laquelle elles reflètent la force ou la faiblesse de chacun d'eux. 11


Légende des images.

  • fig 1 Lydie, tiers de statère en électrum. VIIe siècle avant JC
  • fig 2 Perse, darique d'or, Darius, vers 515 avant JC
  • fig 3 Egine, statère d'argent, vers 600 avant JC
  • fig 4 Corinthe, statère d'argent, vers 550 avant JC
  • fig 5 Athènes, tétradrachme d'argent, vers 510 avant JC
  • fig 6 Syracuse, tétradrachme d'argent, vers 450 avant JC
  • fig 7 Leontini, tétradrachme d'argent, vers 466-422 avant JC
  • fig 8 Thurium, tétradrachme d'argent, vers 410 avant JC
  • fig 9 Grande Bretagne, statère d'or, vers 50 avant JC
  • fig 10 Egypte, tétradrachme d'argent de Ptolémée Sôter, vers 305 avant JC
  • fig 11 Egypte, pièce de cuivre de Cléopâtre VII, 48-30 avant JC