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La monnaie à travers l'Histoire : l'Europe.
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Les Barbares qui envahirent la moitié occidentale de l'empire
romain au cours du Ve siècle ne possédaient pas de monnaie
propre : ils reprirent celle qu'ils trouvaient ou ils mirent fin à
sa fabrication, comme ce fut le cas en Angleterre pendant environ deux cents
ans. Par endroits, les envahisseurs conservèrent les ateliers
monétaires romains, comme ils le firent pour d'autres institutions
de l'empire. |
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Tandis que le sou d'or resta la pièce étalon de l'empire
byzantin, l'Occident, plus pauvre, le remplaça par le triens.
L'argent était rare et seul le bronze pouvait servir à l'usage
courant. Battre monnaie n'était plus un privilège impérial
et les rois créèrent des monnaies à leur nom. |
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Le monnayage du bronze et les rares émissions en argent disparurent
au milieu du VIe siècle. On ne frappa plus que des monnaies d'or,
fait étrange pour une économie déficiente. Mais cette
matière était utilisée à des fins fiscales ou
à des cadeaux royaux. Pour l'usage courant, aucune monnaie n'était
frappée. |
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La faiblesse des Mérovingiens est mise en relief par le fait que
leurs sujets usurpèrent leur droit de battre monnaie.
Lors des réformes monétaires des premiers Carolingiens, les
nouvelles pièces furent frappées au nom du roi, ce qui attestait
le rétablissement de son contrôle sur la monnaie. Elles furent
aussi plus grandes et plus minces, les flans étant découpés
dans des feuilles de métal martelé. On se prit à
considérer l'argent plus comme un moyen d'échange que comme
une richesse à thésauriser. |
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Au VIIIe siècle, la majorité de la population vivait dans
une économie féodale qui ne comportait que des paiements en
nature. Elle n'avait pas besoin d'un système complexe : la monnaie
carolingienne se limita donc à un petit denier d'argent qui suffisait
à répondre aux besoins de l'époque.
Les deniers de Charlemagne étaient soigneusement frappés mais
les motifs en étaient assez simples. |
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En Angleterre, les rois anglais exercèrent un contrôle strict
sur tout ce qui concernait le monnayage. Au Xe siècle, le royaume
entier reçut une monnaie uniforme frappée dans un grand nombre
d'atelier locaux auxquels les coins étaient fournis par les
autorités centrales. En stabilisant le poids de sa monnaie, Guillaume
le Conquérant lui donna plus de crédit à l'étranger
où elle se répandit sous le nom d'esterlin. |
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A l'origine, le monnayage était administré par les comtes
au nom des rois carolingiens. Au milieu du IXe siècle, les rois
commencèrent à conférer le droit de battre monnaie à
de grands écclésiastiques puis, le pouvoir royal déclinant,
les comtes prirent sur eux l'entière responsabilité du monnayage
et en gardèrent tout le profit. Ces émissions féodales
étaient de types variés mais traditionnalistes. |
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A partir du XIIe siècle, les pièces allemandes, appelées
bractéates, n'étaient frappées que d'un côté
et dans un flan si mince que le motif, en relief sur une face, apparaissait
en creux sur l'autre face. Les plus grosses étaient très fragiles
et peu pratiques pour un usage courant. Elles offraient cependant au graveur
un plus large champ où exercer son talent. L'ornementation était
souvent inspirée par la chevalerie . |
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La renaissance du commerce européen au XIe siècle fut
liée à la puissance maritime de Venise. Lorsque la monnaie
byzantine dégénéra, les Vénitiens se trouvèrent
dans l'obligation de fabriquer une monnaie de plus grande valeur, le grosso,
petite pièce en argent qui équivalait à vingt-quatre
des anciens deniers. |
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C'est avec l'essor des cités commerçantes de l'Italie du
Nord que la monnaie européenne prit vraiment naissance. En 1252, la
république de Gênes émit une pièce d'or de dix
soldi pour faire concurrence aux dinars sarrasins et aux taris normands qui
circulaient à travers la Méditerrannée occidentale.
La même année, la république de Florence frappa le premier
florin d'or. Venise émit sa première pièce d'or en 1284
pour remplacer la monnaie byzantine. |
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Le commerce florentin se faisant principalement vers le nord de l'Europe,
le florin fut imité au XIVe siècle par les seigneurs transalpins. |
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En Europe septentrionale, la monnaie d'or connut des débuts
difficiles. Saint Louis introduisit une monnaie d'or en France. Cette mesure
faisait partie d'une réforme monétaire plus vaste qui avait
pour objet d'étendre l'influence de la monnaie royale aux dépens
de la monnaie féodale. Le gros tournois,grosse pièce d'argent
émise en 1266 et valant douze deniers tournois, connut un succès
immédiat. Il fut frappé en grande quantité et trouva
des imitateurs dans les Pays-Bas et en Allemagne. |
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A la fin du Moyen âge, les Pays-Bas, région industrialisé
attirant les marchands, recevaient quantités de monnaies
étrangères et la leur acquis un caractère typiquement
européen. Cette monnaie était ouverte à toutes les
influences et ils empruntèrent à leurs voisins ce qui leur
convenait le mieux : le sterling, le gros, le florin, le noble, le franc
et le royal. De plus, les Flamands étaient riches et avaient besoin
de grosses pièces, doubles des pièces courantes : double gros
et double royal .L'art gothique tardif trouva là de larges champs
pour s'exprimer. Les monnaies de Flandre et du Hainaut offrent une illustration
complète de la vie économique de l'Europe à la fin du
Moyen Age. |
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Légende des images.
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fig 27 Rome, pièce de bronze de Théodat, roi des Ostrogoths,
534-536
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fig 28 Empire Franc, denier d'argent de Charlemagne, 768-814
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fig 29 Angleterre, penny d'argent d'Edouard le Confesseur, 1042-1066
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fig 30 Angleterre, penny d'argent de Guillaume le Conquérant, 1066-1087
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fig 31 Abbaye de Souvigny, pièce de billon du XIIe siècle
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fig 32 Saint Empire romain, bractéate d'argent de Frédéric
Barberousse, 1152-1190
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fig 33 Serbie, grosso d'argent d'Etienne IV Dragutin, 1272-1316
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fig 35 Florence, florin, vers 1252
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fig 34 France, écu d'or de saint Louis, vers 1270
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fig 36 France, gros tournois d'argent de saint Louis, 1266-1270
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fig 37 double royal de Guillaume III, 1356-1389
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