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Notices sur Jean DONNAY

Jean Donnay
Cheratte, le 31 mars 1897; Herstal, le 2 août 1992.
Correspondant de la Classe des Beaux-Arts le 4 janvier 1973 ;
membre le 4 juin 1981.
Graveur et artiste-peintre.

par Pierre COLMAN

Jean Donnay est né à Cheratte, modeste bourgade mosane sise à une dizaine de kilomètres en aval de Liège ;pas dans la vallée, mais sur la crête, au hameau de Sabaré. il y a vécu toute sa vie.Enraciné comme un vieux chêne.  Vers l'Ouest, le paysage, vu comme d'un haut balcon, vaste, s'ordonne autour des amples courbes du fleuve. Vers l'Est s'étend le pays de Hervé, bocage au relief capricieux. Ses yeux se sont enchantés également de l'un et de l'autre, dès qu'ils se sont ouverts et jusqu'à ce qu'ils se ferment à jamais. Son père, ses grands-pères «et tous leurs frères» étaient artisans armuriers, il le précise dans un curriculum vitae adressé à notre Académie. Mais aucun d'eux n'était graveur sur armes ; dans ce métier, la spécialisation est de règle. Jean Donnay y insistait à l'occasion ; sans nier s'être familiarisé avec la matière et les outils, dès son enfance, dans l'atelier paternel. Ses débuts font penser à un récit édifiant du temps de la comtesse de Ségur. Dès l'âge le plus tendre, il collectionne et copie les belles images ; spécialement celles « qui racontaient les guerres de l'Empire », se souviendra-t-il. Son instituteur remarque ses dons.Lors de l'avènement d'Albert Ie r , il lui fait copier « a u crayon noir» un portrait du nouveau roi et un portrait de la famille royale et il a l'audace de faire parvenir les deux oeuvrettes au Palais avec un commentaire de son cru. L'adolescent reçoit 25 francs de gratification. Il devient un héros local.
L'année suivante, à l'âge de treize ans, il entre à l'Académie des Beaux-Arts de Liège, dans la classe d'art décoratif, avec dispense du cours préparatoire de dessin. Il a pour maître le peintre Auguste Donnay, auquel on aurait tort de le croire apparenté.Quatre ans plus tard, il décroche la médaille. Mais ses vacances sont tragiques. « Nous habitions sur la route de Rabosée où, la nuit du 5 au 6 août 1914, on s'entre-tuait. Les cris de cette nuit et, au petit jour, la réalité du carnage me sont restés dans la mémoire et dans le coeur»,

L'Académie rouvre ses portes en 1915. L'artiste en herbe en reprend le chemin, à la demande expresse de François Maréchal, fils d'armurier lui aussi et «pays», puisqu'il est né à Housse; robuste talent et fichu caractère. Maréchal va être un de ses nouveaux professeurs, et celui qui va compter le plus, à côté d'Adrien de Witte, d'Évariste Carpentier et d'Emile Berchmans. Huit de ses condisciples resteront présents à sa mémoire près de soixante ans plus tard : « Lucien Lafnet, Scauflaire, Mambour, Pitot, Morsa, Lambert, Berni, M m e Pirenne » ; Lafnet surtout, « l'un des plus doués et le plus généreux» de la bande. 

D'autres, et non des moins notoires, ne s'y seront pas gravés: Ochs, Lemaître, Dupagne, Crommelynck, Steven., il conserve, néamoins, ders peintures de ceux-ci .
Dès 1916, il participe à une exposition collective; «c'est mon premier grand succès», se souviendra-t-il. De 1916 à 1918, il suit aussi des cours du soir de culture générale, en dehors de l'Académie, mais non loin, à l'École normale de la rue Jonfosse. Son ambition ne se limite plus à une carrière de peintre en bâtiment capable d'exécuter de belles oeuvres décoratives, la chose est claire. En 1920, il obtient le prix qui porte le nom d'un autre homonyme (bien peu de noms sont plus répandus que celui-là dans la région liégeoise) : Leopold Donnay. Il va en décrocher deux autres : en 1923 le prix triennal et cinq ans plus tard le prix du Trianon, décerné par la Section liégeoise des Amis de l'art wallon.
Mais il s'est tourné, avec un succès foudroyant, vers l'art de graver. Il s'y est essayé dès 1916, en compagnie d'un photographe nommé Gillard. Cinq ans plus tard, il est le tout premier à s'inscrire au cours que François Maréchal inaugure dans son Académie. Il l'y seconde. Il lui succédera dix années plus tard « après bien des hésitations ». Dans l'intervalle, il a volé de succès en succès. Il s'est offert sa première presse en 1925. L'année suivante, il s'est vu couronné par le prix Marie et il s'est forgé un succès personnel lors de l'exposition de la gravure liégeoise à Brighton. En 1929, il a obtenu un diplôme d'honneur de première classe à l'exposition internationale de Barcelone. Il s'est imposé comme illustrateur avec Muses, mon beau souci de Noël Ruet et Le coeur de François Remy d'Edmond Glesener (pour les Cinquante, bibliophiles bruxellois). Il a gravé Six aspects du travail au pays de. Liège pour la Section moderne de l'Union liégeoise du livre et de l'estampe. Puis Six aspects du pays de Liège pour l'éditeur liégeois Mawet («remake» en 1942 avec les mêmes textes et d'autres planches). Puis, sur commande d'une autre maison d'édition liégeoise. Le Balancier, un Chemin de croix qui fait sensation, entre autres à Paris, où on l'admire au Salon d'automne de 1932 : le critique du Figaro n'hésite pas à écrire que cette série « le classe définitivement parmi les maîtres » ; on ne s'en étonne pas aujourd'hui,
encore que l'on n'ait pas de peine à détecter des faiblesses. Un «jeune prodige qui a su, si vite, se porter au premier rang», résume Jules Bosmant en 1930. Jean Donnay ne s'était pas «enterré» à Sabaré, comme l'avait craint François Maréchal. Il avait collectionné les bourses de voyage. S'il a boudé l'Italie, il s'est rendu souvent à Paris, et pour la première fois en 1920. En 1925, il a été introduit dans la galerie Fabre, à l'intervention du peintre liégeois Iwan Cerf, qui faisait son chemin dans la «Ville-lumière». Il y exposera jusqu'en 1938
de régulière façon, remportant de beaux succès d'estime, mais ne s'enrichissant pas, «car les affaires là-bas sont ultra-moches», comme il l'écrit lui-même. Il y nouera de solides amitiés. En 1929, il sera l'un des invités du groupe « La jeune gravure contemporaine ». En 1935, il sera parmi les fondateurs du groupe «Le Trait». La capitale n'est pas la seule ville française à faire ses délices. Rouen l'attire et le retient, en lui donnant des impulsions décisives. Arles et Marseille le séduisent. Comme fait aussi, et durablement, la Hollande. Il en prend le chemin en 1930, invité par un marchand d'art de Haarlem qui souhaitait le voir graver des vues de son propre pays, J. H. De Bois. Il fait de ce voyage une sorte de pèlerinage dans les pas de Rembrandt, dont il se sent l'humble et fervent disciple. Il consacre des planches à sa ville natale, Leyde, à sa maison d'Amsterdam, à l'église où se trouve sa sépulture. Il note que certains paysages sont restés fort proches de ce qu'ils étaient au XVIIe siècle. Il se replie sur lui-même pendant le second conflit mondial. Il ne grave ni en 1940, ni en 1941, comme en témoigne le catalogue publié sous ses yeux en 1972. Il transpose son amertume dans des paysages hivernaux. Il est plus explicite dans Route de France
1940, gravé en 1943, et dans Liège 1944, qui montre un quartier ravagé. A la Libération, sa joie éclate dans L'Aurore ; il en crée deux versions, estampe et tableau. En 1946, il grave Jours noirs, pays natal ; il l'enverra à l'exposition « Guerre à la guerre », montée à la librairie La Proue à Bruxelles, du 16 décembre 1961 au 4 janvier 1962 : pas moins de cent et huit artistes, dont Dürer, Goya et Picasso, Ensor, Lismonde et Olyff. En 1946, le prix de la Province de Liège consacre ses talents. Et l'Association pour le progrès intellectuel et artistique de la Wallonie, qui s'est fondée l'année d'avant, riche de hautes ambitions, le recrute. Il expose sous ses auspices. Il récidivera en 1950, au sein d'un groupe, « Dix pointes et brosses». 

Mais sa santé s'est gravement détériorée. Il a « craché ses poumons », au témoignage oral, brutal, de Robert Crommelynck. Il devra séjourner au sanatorium d'Eupen. Il sera condamné à l'inactivité pendant de longs mois : dans son catalogue, rien en 1950, rien en 1951, cinq pièces seulement en 1949, sept en 1952, huit en 1953; de 1951 à 1954, il est suppléé à l'Académie de Liège par Georges Comhaire. Tout au long de la quarantaine d'années qu'il a encore à vivre, il devra se ménager avec une attention sans faille.
Il le fera efficacement à souhait, puisqu'il dépassera l'âge de 95 ans. En 1957, son oeuvre fait l'objet d'une grande rétrospective au Musée des Beaux-Arts de Liège. La presse locale est chaleureuse. Le Soir est attentif. Son soixante-cinquième anniversaire sonne inexorablement la fin de sa carrière de professeur à l'Académie ; apothéose administrative,
il avait été nommé directeur pour 1961-1962. En 1965, il reçoit le titre de cadet d'honneur du travail de Belgique ; avec le petit sourire, certes, dont s'enchantaient ses intimes.
Il se penche sur son passé. Il aime à partir d'oeuvres anciennes pour en créer de nouvelles. Il évoque le souvenir de J. H. De Bois dans un recueil qu'il intitule «Le voyage de Hollande» (avec un tréma sur l'y, à l'ancienne) ; la plus récente des trente-deux estampes figure dans le catalogue (n° 751) sous l'année 1967. En 1973, il reçoit le prix septennal de la Province de Liège. La plaquette commemorative éditée par le Service des affaires culturelles garde le souvenir d'une manifestation extraordinairement chaleureuse. Diverses autres publications voient le jour. L'une d'elles est une monumentale monographie qui se signale à l'attention en bien et en mal : cinq textes courts signés d'autant de citoyens prestigieux de la Cité ardente; un album copieux dont les planches font l'objet d'un commentaire «inspiré d'un entretien avec Jean Donnay » et nonobstant d'une bien fâcheuse indigence ;
un catalogue limité à l'oeuvre gravé.Ce couronnement de carrière se parachève, l'année suivante, par son élection à l'Académie. Mais assister aux séances de la Classe des Beaux-Arts deviendra vite au-dessus de ses forces. Ses vingt dernières années s'écoulent doucement. Il ne grave presque plus ; il se limite aux petits formats. Il peint encore. Il dessine d'abondance. Il quitte de moins en moins ses pénates. A l'occasion de son 80e , puis de son 90e anniversaire, il est à nouveau fêté avec chaleur. Il avait été promu grand officier de l'ordre de Leopold en 1984; il était entré dans les ordres nationaux dès 1930, en qualité de chevalier de l'ordre de la Couronne.

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En 1980, il avait donné un article intitulé « Mes maîtres et mes amis» à La Vie wallonne (t. 54, p. 158-174), la revue liégeoise qui l'a soutenu indéfectiblement. Le premier article substantiel sur son compte avait été publié par elle, en 1926-1927, par Charles Delchevalerie, qui allait devenir son « grand ami ». C'était dans le tome 7. Différents auteurs parlent de lui dans les tomes 8, 9, 10, 15, 22, 25, 32, 44, 46, 48, 66 et 69; l'amitié est constamment au rendez-vous. Jean a repris pour la revue le rôle d'illustrateur attitré
qui avait été celui d'Auguste. Il lui a donné un texte relatant ses souvenirs d'élève quand elle a publié un bouquet d'hommages « À la mémoire d'Auguste Donnay» (t. 2, n° 4, 1921, p. 174-177). Trois maîtres : Auguste Donnay, Adrien de Witte et François Maréchal. Puis un ami de beaucoup son aîné : Armand Rassenfosse. Et enfin trois de ses propres élèves, décédés depuis peu :Armand Lambricht, Roger Thomas et Maurice Wéry. Le ton est celui de la simplicité, avec des notations pénétrantes, souvent savoureuses, parfois gentiment caustiques. A vrai dire, le titre ne tient que fort partiellement ses promesses. Pas un mot sur Evariste Carpentier ; Jean Donnay avouera ailleurs n'avoir «pas gardé beaucoup de souvenirs» de lui. Pas un non plus sur Emile Berchmans. Même silence au sujet de plusieurs amis qui restaient certainement très chers à son coeur. Au sujet de Charles Delchevalerie,
d'abord, alors que tant de lettres chaleureuses se trouvent dans l'épais dossier que l'écrivain avait constitué sur l'artiste, et qu'il a donné, avec une montagne d'autres, au Musée de la vie wallonne à Liège (57B/M/90801). Et au sujet de mécènes devenus de grands amis. D'abord les Hariga père et fils, Félicien (natif de Housse comme François Maréchal) et Jacques, médecin psychiatre liégeois ; ils ont collectionné ses oeuvres avec une passion dont a témoigné une attachante exposition montée en 1983 et dont témoignent de riches
archives. Puis un historien et écrivain : Léon Linotte. Cette amitiélà, qui a duré plus de quarante ans, s'est épanouie dans un livre intitulé « Terre de Cheratte » publié en 1973, illustré de trois eauxfortes, tiré à cinquante-cinq exemplaires seulement ; elle a engendré un privilège extraordinaire : un droit de préemption permanent sur tout ce qui naissait du pinceau de l'artiste. L'ami dit posséder aujourd'hui les quatre cinquièmes de l'oeuvre peint, évalué à deux cents pièces; il en élabore le catalogue. Il conserve par ailleurs celui de l'oeuvre gravé, continué jusqu'à son terme, une copie que la disparition de l'original rend singulièrement précieuse. Il s'est porté acquéreur de la presse de l'artiste. Il poursuit l'élaboration d'une monographie qui dira tout. Et au sujet d'un ami qui était peut-être le meilleur des meilleurs : Georges Comhaire. Ce fut son premier élève ; ce fut son successeur ; un recommencement, c'est frappant ! Après sa mise à la retraite, il allait le voir chaque semaine ; ils visitaient ensemble les expositions ; ils discutaient gravure, peinture et surtout littérature. Ils ont partagé des cimaises. Jean a fait à l'eau-forte le portrait de Georges. Georges a fait à l'huile le portrait de Jean. Et il a noté sur une de ses gravures « planche imprimée par Jean Donnay ». Ils ne manquaient pas de se dédicacer leurs oeuvres l'un à l'autre. Ils s'offraient des livres : un exemplaire des Cahiers d'un artiste. Juin-novembre 1914 de Jacques-Emile Blanche, est passé de la bibliothèque d'Armand Rassenfosse à celle de Charles Delchevalerie, puis à celle de Jean Donnay, puis à celle de Georges
Comhaire. Entre le maître et l'élève, il y avait cependant bien d'autres différences que celle de l'âge; on risque de l'oublier à force de les rapprocher l'un de l'autre.
Si Jean Donnay avait pris pour titre « Mes maîtres et mes élèves, mes amis et mes ennemis », dans un souci de symétrie, il n'aurait sans doute consacré au quatrième terme qu'une phrase : «Je ne m'en connais pas». Il était bien trop binamé pour s'en faire.

Dans le portrait peint par Comhaire, il est devant les rayons de sa bibliothèque. Le dos de plusieurs des livres portent des noms bons à relever : Flaubert, Anatole France, Chateaubriand, Alain et Rainer-Maria Rilke, mais aussi Ingres et La Basse-Meuse. Autre témoignage au sujet des lectures de Jean Donnay : la transcription manuscrite d'un texte de Montaigne, «De l'institution des enfants » ; c'est évidemment le professeur qui cherchait là des leçons de sagesse. 

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Son oeuvre se répartit en parts fort inégales. La plus importante, et de loin, c'est l'oeuvre gravé; le catalogue publié en 1973 totalisait 809 numéros; il n'est pas tout à fait exhaustif ; en 1981, Jean Donnay disait que le «nombre réel» dépassait le millier. Les peintures sont en quantité indéterminée ; Léon Linotte saura sans doute dénombrer les huiles ; mais les aquarelles... Quant à l'oeuvre de l'illustrateur, il est assez ample pour avoir fait l'objet d'une exposition, quatre ans avant son décès ; le catalogue recoupe en bonne partie celui des gravures ; il englobe des créations qui ne sont pas des illustrations au sens strict du terme. Comme graveur, l'artiste s'est montré un virtuose de l'eauforte, de la trempe d'un Frank Brangwyn, d'un Jules De Bruycker, « un incomparable praticien », comme le proclame Jules Bosmant dès 1930. Il maîtrisait les difficultés des grands formats (chacune
des trois planches du Triptyque industriel mesure 800 x 600 mm !).Il était capable de graver debout, devant ses élèves (dont Léon Wuidar, qui l'a raconté quarante ans après avoir été un témoin admiratif) ou devant un paysage (encore enfant, Walthéry, le dessinateur de bandes dessinées, issu du même terroir, l'a vu à l'oeuvre) ; la plaque dans la main gauche, la pointe dans la droite, griffant le vernis, non le métal, comme on le répète. Lors de l'impression, il a longtemps aimé les «cuisines» que réprouvent les puristes. Il s'abstenait volontiers de polir les matrices, qu'il préparait lui-même, car il appréciait le grisé qu'il obtenait ainsi. Des matrices en zinc, et non pas en cuivre, comme on le lit si souvent;
le coûteux métal rouge ne s'imposait que pour les tirages relativement considérables, comme ceux des illustrations d'éditions bibliophiliques. Il encrait, paumait, retroussait avec brio. L'âge venu, cette maîtrise se mue en une sorte de magie : avec des moyens d'une confondante simplicité, il fait tout dire à l'encre et au papier.
Les autres procédés de taille douce lui avaient eux aussi livré leurs secrets. A preuve l'in-folio qu'il a publié en 1956 sous le titre « Procédés de gravure en creux », et dont on ne compte que six exemplaires. U y a gravé les textes comme les illustrations. Il y a livré d'habiles pastiches des maîtres qu'il admirait entre tous :pour le burin, Mantegna ; pour la pointe sèche et l'eau-forte, Rembrandt; pour le vernis mou, Fragonard et Quentin de La Tour ; pour l'aquatinte au sucre, Poussin, Daumier et à nouveau Rembrandt ; pour la manière noire, Chardin (et c'est la seule nature morte qu'on connaisse de lui). L'élaboration de ce traité l'a poussé à délaisser l'eau-forte moins rarement que d'habitude. Le catalogue ne manque ni de burins (583, 601 à 603, 617, 630, 631, 661, 785, 804 à 806, 808), ni de pointes sèches (85 à 88, 92, 113, 126, 659, 747, 748), ni d'aquatintes (65, 102, 607 à 611, 625), ni de vernis mous (44, 91, 100, 409, 599, 605, 606), ni d'encres au sucre (366, 581, 623, 624, 723). Aucune autre gravure à la manière noire, cependant. Et en dehors de la gravure en creux, presque rien. Des bois en tout petit nombre, et non catalogués. Pas de lithographie ; la litho en couleurs mentionnée dans le catalogue de la vente de l'atelier de Georges Comhaire est en fait une reproduction de tableau. Pas de monotype, procédé qui a séduit tant de peintresgraveurs. Pas de sérigraphie, innovation tellement « dans le vent ».
Jean Donnay a certainement beaucoup appris de François Maréchal. Mais sans doute davantage encore des artistes du passé auxquels il vouait un culte. Il a noté sur telle eau-forte (cat. 581) « D'après Corot, plume » ; sur telle autre (cat. 723) « d'après Rembrandt, dessin à la plume d'oie, procédé sucre». Il rend un hommage appuyé, encore que d'accent résolument moderne, aux Trois croix du génial Hollandais dans Le Golgotha (cat. 118). Il ne se lasse pas de le copier librement, choisissant tel ou tel détail, en vue de démonstrations ou pour son plaisir ; il s'en explique dans un avertissement lorsqu'il réunit en album ce qu'il nomme des Rembrandt iana, oeuvrettes échelonnées entre 1958 et 1963 (cat. 637 à 640, 653, 654, 679 à 681, 691 à 696, 706, 708, 709,721 à 723). Une de celles de 1961 (cat. 679) porte comme sous-titre Griffonnements; un mot (cantonné bien à tort dans le domaine de la sculpture par mon Petit Robert) qui vient souvent à l'esprit devant ses oeuvres graphiques ; une façon de faire à laquelle il confère souvent une séduisante efficacité.
Illustrateur, il a livré tantôt des cuivres, dont l'impression a été confiée à un taille-doucier, tantôt des dessins à l'encre de Chine traités dans l'esprit de la gravure sur bois, à reproduire par des procédés mécaniques. Il a donné en 1925 deux des quatorze illustrations, qualifiées de « bois originaux », d'un livre de Madeleine Dispas, Choses de Wallonie ; a-t-il entaillé lui-même le bloc, du bois debout, à en juger par le caractère du trait ? c'est douteux.Dessinateur, tout lui est bon. Il tire du crayon-feutre de superbes effets. Il réussit à merveille dans l'art difficile du lavis. Il sait celui de mettre des rehauts de crayon de couleur ou de pastel. Il maîtrise admirablement celui de l'aquarelle, qui lui est cher dès ses débuts. Dans sa peinture à l'huile, il se tient à une matière maigre, loin de tout empâtement, à l'exemple d'Auguste Donnay.
Il ose parfois des accords de tons passablement déconcertants. Il ne plante pas son chevalet en pleine nature; il construit ses tableaux à l'atelier sur base de croquis enlevés sur le motif, voire sur base d'une de ses propres gravures. «Ce n'est pas difficile...disait notre ami R. Liard... quand on ne sait pas. Mais lorsqu'on sait... » ; ces lignes ironiques, il les écrit au bas d'un lavis montrant deux peintres au travail avant de le glisser dans une lettre adressée à Georges Comhaire en 1991.

* * *

Sa thématique est tout sauf restreinte. À ses débuts, il se fait remarquer parce qu'il « exalte l'usine et magnifie les travailleurs », pour reprendre le titre de l'article que lui consacre Maurice Marcinel dans La Wallonie du 14 août 1925; parce qu'il magnifie «De Arbeid in de kunst», comme le dit R...dans Vooruit du 1e r mai précédent. Deux textes parmi les plus
anciens de ceux qui ont été publiés à son sujet. Aux yeux de Mark F. Severin, présentant en 1980 la Section de gravure de la Classe des Beaux-Arts, il reste un «témoin de la vie industrielle liégeoise ». On pense à des planches comme celles de la série des Six aspects du travail au pays de Liège : Échafaudages, Tuyauterie, Le Lingot, Terril, La houillère, Haut-fourneau ; ou celles du Triptyque industriel commandé par la Ville de Liège en 1938 pour le Lycée Léonie de Waha : La carrière, Haut-four et La houillère. Mais aussi à des huiles comme La forge des armuriers (s.d.). Mais l'héritage de Constantin Meunier et de François Maréchal se charge d'accents dramatiques : Les chômeurs, Maladies de la mine, et surtout L'émeute, dont trois versions se succèdent : 1925, 1933, 1936.Les travailleurs, ce sont aussi ceux des champs. Gravures, comme Août, Le char, Le labour et Les démarieurs de betteraves; tableaux comme Les faucheurs (1933). Labeur rude aussi ; mais le chant de l'alouette au lieu du fracas des machines. La violence peut surgir : L'ornière (1929).
Les sujets religieux tiennent une place importante. Ce sont surtout des scènes de la Passion. Ainsi le retentissant Chemin de croix qui requiert le meilleur de sa créativité de 1929 à 1931 ; ainsi Le reniement de Pierre gravé à l'eau-forte en 1934; ainsi le tableau daté de 1947 auquel a été donné le titre de Maternité noire, alors qu'il s'agit d'une Piétà. La fuite en Egypte hante son esprit ; il en donne une paraphrase moderne dans Les emigrants (1927). Il se plaît à installer des scènes bibliques dans un paysage de la Basse-Meuse, son cher « petit pays parfumé d'histoire et de légende » ; les mots qui lui viennent lorsqu'il dédicace à Georges Comhaire un exemplaire de l'eau-forte intitulée Le Pèlerin. Sans scandaliser,
ni même surprendre ; Auguste Donnay avait situé l'Annonciation dans la Basse-Ourthe ; Gustave van de Woestyne avait amené la Madone dans la vallée de la Lys. Les rois Mages (1926, 1930 et 1933), L'adoration des bergers (1931), Ruth et Booz (1933), Le fils de la veuve de Naïm (1935), L'annonce aux bergers (1938) montrent le côté optimiste de cette veine-là.

Jean Donnay se mesure, surtout à ses débuts, avec des sujets littéraires : Salammbô, Paphnuce le stylite, Le lys rouge ; des titres que l'on rapprochera du portrait évoqué plus haut. La Légende dorée lui inspire trois planches (cat. 35, 36 et 102). Il perd un peu son latin dans le cas de son Plutarque (cat. 109), sous-titré De viris illustrious, où il s'amuse à faire une place à Napoléon ; élucubration passablement baroque, parfois nommée Annibal passant le col du Mont-Genèvre. Les commandes d'illustrations qu'il honore le mettent en face
de textes fort divers. Les auteurs sont pour la plupart du cru : Alfred Micha (en 1919 et en 1924, mais ce travail-là remonte à 1917, et c'est ainsi le premier en date), Noël Ruet, Charles Delchevalerie (pour la deuxième et la troisième édition de ses Images fraternelles), Adrien de Mélotte de Lavaux, Jules Bosmant, Hubert Colleye, René Tonus, Alice Gilbart-Saucin, Élise Champagne, Irène Berditchevsky-Jadot, Léon Linotte...

Mais voici aussi Valéry Larbaud, Henri Davignon, Edmond Glesener, Albert Henry, André Bâillon, Franz Hellens... Sans oublier Yann Lovelock, auteur d'une anthologie de la « Belgian dialect poetry » publiée en 1980 sous les auspices de l'UNESCO, dont la couverture s'orne d'un dessin de lui.Tout jeune, avant et après la guerre, il avait fait de petits travaux «alimentaires» pour un journal liégeois, L'Express: publicités cinématographiques, dessins humoristiques, caricatures d'hommes politiques. Il a gravé aussi beaucoup d'ex-libris. Et un alphabet (cat. 622), où les majuscules se dressent devant des figures ou des paysages. Et des diplômes, en particulier pour la Province de Liège (cat. 459) ; « structure admirablement symbolique aussi adaptée au monde de 1973 qu'à celui de l'immédiate avant-guerre : l'oeuvre n'a pas vieilli », opine le député permanent Marcel Lamelle, dont l'avis ne sera pas unanimement partagé. Le graveur lui-même n'est pas loin de nous faire un clin d'oeil lorsqu'il écrit «symbolique, car que faire d'autre pour un diplôme?»
Une figure féminine de lui, plongée dans l'affliction, a embelli un télégramme de luxe des P.T.T. destiné aux condoléances.
Il s'intéresse un moment au sport. Ainsi dans L'auto (cat. 137) et dans Mouvements, qui met en scène trois joueurs de football (cat. 156). Mais il s'en lasse vite. «J'ai abandonné la planche des Lutteurs que vous avez vue gravée et qui m'apparaissait assez moche. J'en ai fait un nouveau projet avec une foule dans la prairie et toujours la scène de lutte, mais avec les personnages plus petits et donnant le plus d'importance au paysage», écrit-il le 9 février 1929 dans une longue lettre, adressée à Albert Marlier, consacrée à l'illustration du « Coeur de François Remy » (Bibliothèque royale Albert Ie r , Musée de la littérature, 2943/15). Il ne s'est jamais lassé des sujets intimistes. Témoins la Vieille moulant du café (1918), où il est encore proche de ses maîtres, tout en montrant une belle vigueur, comme dans Lessiveuses (cat. 414). Témoin La Vieille, accoudée et chenue, le bras et les mains déformés. Et des Maternités, où l'on reconnaît habituellement sa femme et son fils. Et encore Intérieur de la maison parentale ou Coin du feu, aquatinte de 1956 d'après un croquis de 1922. Il saisit des scènes de rue, en particulier au marché de la Batte à Liège. Il fait des croquis d'après Malou... sa chatte. Comme il en fait d'après un coq, un porc, des vaches. Nous voici aux sujets animaliers. Le Nu le tente épisodiquement. Il le traite ordinairement à la pointe sèche. Il semble peu à l'aise devant le corps féminin. Il ne parvient guère à trouver la forme juste. Ni à traduire la vénusté ; sauf dans le dernier en date, de 1966, où passe le souvenir de Velasquez. Lui qui s'est dit peu sensible à l'art italien rend pourtant
dans La chute (cat. 758) une sorte de tribut d'admiration au Jugement dernier de la Sixtine. Il a laissé de très nombreux portraits. Il a peint le sien propre et celui de sa femme en 1936. Mais c'est la pointe de l'aquafortiste à la main qu'il s'est montré, tout au long de sa carrière, un maître du genre. Choisissons, presque au hasard : Georges Comhaire
(évidemment), le graveur Maurice Wéry, les peintres Auguste Donnay, Albert Lemaître (il dédicace à Comhaire le « 2 1 e état » !) et Auguste Mambour, sans oublier James Ensor, l'éditeur d'art et bibliophile Pierre Aelberts. le poète Louis Boumal, les échevins liégeois Alfred Micha (un de ses premiers admirateurs) et Olympe Gilbart, le recteur Graulich ; le sculpteur Robert Massart, qui, en retour, modèle son buste. Nombreux sont les anonymes, désignés par un prénom ou des initiales, des intimes.Au début de sa carrière surtout, différents monuments arrêtent son regard : à Paris, Notre-Dame, l'Hôtel de Sens ; à Rouen, la cathédrale, Saint-Maclou ; à Bruxelles, le Palais de Justice, l'église des Minimes; à Liège, Saint-Jacques, Saint-Jean, la Maison Havart ; cadrages et angles de vue sortent résolument de la banalité.De modestes sites urbains aussi, que ce soit à Liège ou à Bruxelles, à Paris ou à Rouen, à Amsterdam, Haarlem, Ijmuiden, Leyde, La Haye, Delft, Edam ou Marken. Plus pittoresque encore le port de Marseille comme il le montre dans Le Paquebot, oeuvre à part qui date de 1926. Dans ses Intérieurs d'église, il se montre fasciné par les jeux de l'ombre et de la lumière ; un peu dans celui qu'il a peint à Paris en 1923; beaucoup plus dans ceux qu'il a gravés. Les paysages industriels de la vallée de la Meuse l'inspirent en 1955 (La houillère) comme en 1925 (Terris). Celui d'Athus aussi: Paysage defer (cat. n° 234). Le fleuve aux amples courbes tel qu'il le voit de Sabaré l'enchante en toutes saisons et à toute heure du j o u r : une aquarelle de 1919, une huile et une eau-forte de 1924 en
sont trois exemples parmi beaucoup d'autres. Il n'échappe pas à la séduction du panorama de Liège. Quand il le grave pour la première série des Six aspects du pays de Liège (cat. 197), il n'a pas le souci de le rendre vraiment reconnaissable. Dans la seconde série, au contraire, il l'a (cat. 466). Comme il l'avait en 1934 (cat. 349) et en 1939 dans la suite gravée pour l'Exposition de l'eau (cat. 454).Comme il l'aura en 1953 (cat. 561). Mais c'est incontestablement le paysage bucolique qui parle le plus au coeur du « maître de Sabaré », surtout dans sa maturité. Le Hemlot (aquarelle, 1921) est d'un réalisme quasi photographique. Les Waides (huile, 1938) et La Fuite en Egypte (huile, 1944) ne sont pas sans rappeler la première École de Laethem-Saint-Martin. La barrière (huile, 1945) est d'une simplicité et d'une autorité vraiment admirables. Les dessins, qui bien souvent portent
l'indication précise de l'endroit choisi, sont innombrables. Les gravures presque autant. Parfois, un laboureur au travail, d'ordinaire vu de loin. Mais, le plus souvent, les êtres humains ne se montrent guère. En revanche, les signes de leur présence abondent : maisons, routes, clôtures ; et ceux qui sont bien de notre temps ne manquent point : pylônes et poteaux électriques, triangles de perte de priorité, ouvrages d'art de l'autoroute qui coupe en deux le pays de Hervé ; l'artiste a intégré tout cela à son univers sans perdre son sourire. La première et la seconde série des Six aspects l'amènent à se mesurer avec l'Ardenne ; il la voit peu amène, sous un ciel biblique. Les Hautes-Fagnes lui inspirent une prenante eau-forte (cat. 299) ; mais il ne s'éprend pas d'elles. Un puissant lien affectif le lie aux arbres. Il donne à l'une de ses planches un titre lourd de sens : L'arbre. Pays natal (cat. 513).
Il s'émeut devant deux Cerisiers, un Pommier, des Saules, des Peupliers; il s'exalte devant un majestueux Tilleul; il est chagrin parce qu'un superbe Châtaignier a été abattu, parce qu'un Arbre, près du château de Fontainebleau, est livré aux bûcherons; et sa pointe dit admirablement ce qu'il ressent. Comme son pinceau lorsqu'il s'émerveille devant un Arbre en fleurs (1952). Comme son crayon quand il reçoit d'Alexis Curvers mission d'illustrer une très poétique « Prose des forêts mortes » de Marcel Thiry, pour les Cahiers 3 et 4 (1954) de sa chère revue, La flûte enchantée.

* * *

Jean Donnay ne s'est jamais rangé parmi les continuateurs de l'impressionnisme, passablement nombreux dans le sillage d'Évariste Carpentier, admirateur de Bastien-Lepage, mais aussi de Seurat. Il a été résolument allergique au surréalisme et à l'art abstrait. Il n'est pas peu imprégné de symbolisme, héritage d'Auguste Donnay. Il l'est davantage encore d'expressionnisme, surtout pendant l'entre-deux-guerres. Les titres en disent long : Dolor, L'exode, Les emigrants. Les taudis, La vieillesse, Les mendiants du portail, Les
pouilleux des cptais, Le pendu, L'hécatombe ; Dépouille (le singulier surprend) ajoute une touche onirique inhabituelle : des soudards éclopés venus de tous les âges défilent, laissant derrière eux un arbre brisé (cat. 214). Il participe aussi à la volonté de grandeur qui est dans l'air du temps. Puis l'âge, les épreuves physiques et morales tempèrent son
ardeur. Comme le note avec pertinence Paul Fierens (qui fait du graveur un éloge chaleureux égaré dans un chapitre intitulé « La peinture au XIXe siècle »), il renonce « petit à petit aux effets trop voulus, aux contrastes trop appuyés » ; allusion à des planches comme L'effort (cat. 101), si admiré en 1925. De plus en plus, il se méfie des entraînements de la mode. Il cultive le sens de la mesure et le goût de la litote qui sont dans sa nature. Il fortifie en lui l'admiration pour les maîtres d'autrefois, Rembrandt en tête. Il parvient
à donner aux images de son terroir et de son temps un sens universel. Il s'installe parmi les classiques. Modeste. Tel était le milieu familial dont il est issu. Tel il resta, même couvert d'honneurs. Tel ne fut certes pas son talent.

Pierre COLMAN

BIBLIOGRAPHIE

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Hommage à Jeun Donnay, peintre-graveur, 90 ans, Liège, 1987.
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Jean Donnay illustrateur, par Victor Henrard, Liège, 1988.
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Textes publiés dans la grande presse
Le catalogue de l'exposition de 1 9 9 4 livre la référence de textes publiés par Le
Journal de Liège, La Wallonie, L'Express, La Libre Belgique, Le Figaro, La
Métropole, La Meuse, Le Peuple, La Gazette de Liège et Le Soir entre
1 9 2 5 et 1 9 9 7 ; ceux des expositions de 1 9 7 9 et de 1 9 8 7 en livraient déjà
beaucoup. Les Archives de l'art contemporain en Belgique et le Service
des affaires culturelles de la Province de Liège sont fort riches en coupures
de presse.
Mémoires défendus à l'Université de Liège
Nicole BLEUZET, La femme duns lu vie quotidienne liégeoise de Léonard
Defrance à Jean Donnay, 1983, p. 69-71 et passim.
Joëlle BROUWERS, Les paysages d'Auguste Donnay et de Jean Donnay, 1986,
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Kathy HENDRICKX, Les illustrateurs liégeois contemporains, 1980, p. 59-61.
José MASCART, Jean Donnay, 1965.
Enregistrement
Entretien avec Jean Donnay et Georges Comhaire, 24 octobre 1981. Province
de Liège. Affaires culturelles. MPL 006.
Filmographie (RTBF)
52.1/34 : Art-Sciences-Lettres, 6.12.1957 (9'30).
71.81/68 : Portrait wallon, 25.5.1981 (46'55).
31.87/89/00 : Ce soir, 2.4.1987 (2'42).
31.88/139/00 : Ce soir, 3.6.1988 (l '33)
Le signataire tient à vanter ici l'obligeance de sa très regrettée amie
Françoise Léonard-Etienne, de M m c Claude Thilman, du Dr Jacques Hariga et
de MM. Jean-Pierre Lensen et Jean-Sébastien Vaessen ; mais aussi celle des
personnes qui ont mis à sa disposition les trésors documentaires dont ils ont la
garde, tant à Bruxelles, au Centre d'art contemporain de la Communauté française
et aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (aux Archives de l'art
contemporain et à la bibliothèque), qu'à Liège, à la Bibliothèque publique centrale
et au Cabinet des estampes et des dessins de la Ville, aux Collections artistiques
de l'Université, au Musée de la vie wallonne et au Service des affaires
culturelles de la Province.

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