Restauration d'orgues / Organ restoration
Église Saint François
à Bornival
Restauration de l’orgue
Journal des travaux
(1998-2000)
Auteur de projet : Jean Ferrard [Sic]
Résumé :
Les origines de l’orgue de Bornival restent très incertaines. Sa
restauration a permis de confirmer que sa « dernière mouture
» est bien de Gheude, les deux frères, Jean-Louis (1824-1899)
et Florian (1826- ? ), facteurs d’orgues établis à Nivelles
de 1844 à 1876. Deux signatures dans le
soufflet (1863), et une facture au nom de
f.Gheude utilisée pour caler une calotte de Bourdon, en attestent.
C’est cet état de l’instrument qu’il a été décidé
de conserver, ce petit orgue de 6 jeux n’étant pas encore très
« romantisé », sa conception restant très classique.
Pourtant très certainement, le buffet (du XVIIIe siècle) a
contenu un autre instrument. Buffet qui a été transformé,
déjà avant Gheude, avec une fenêtre accueillant un clavier
plus étroit, donc sans doute deux états différents ont
existé avant Gheude, mais était-il déjà à
Bornival ? Avec sa balustrade fort bien assortie ? Ou bien a-t-il été
construit là par Gheude avec des éléments anciens, nouveaux,
ou de récupération ? Le facteur d’origine reste inconnu. On
peut juste supposer que les éléments anciens proviendraient
de l’atelier nivellois de François-Joseph Coppin (1718 ou 19-1771),
à qui succèdent Adrien-Joseph Rochet (1749-1823) puis Antoine
Coppin (1767-1843). Le mystère reste entier.
Cet orgue tout simple de Gheude nous présente un style charnière,
encore très traditionnel, tout en introduisant une harmonisation plus
flûtée, assez douce, mais bien typée.
Caractéristiques :
Buffet de 4’ en chêne massif, montrant plusieurs
traces de modifications. Une tourelle centrale de 5 t. et deux plates-faces
de 8 t. chacune, comprenant 16 t. de la Montre 8’, et 5 t. du Prestant 4’.
Console en fenêtre, à l’arrière de
l’instrument. Un clavier de C1 à F5, 54 notes, en chêne plaqué
d’ivoire, feintes en ébène. Bras de châssis et frontons
des touches plaqués de poirier. 6 tirants de registres de section carrée,
avec boutons en bois tourné et médaillons en porcelaine, disposés
de part et d’autre du clavier en deux rangées verticales de 3 tirants,
avec au dessus de chacune, la trace d’un quatrième trou, bouché.
Composition :
Montre 8p
Bourdon 8p
Prestant 4p
Flûte 4p
Nasard 3p
Doublette 2p
Tuyauterie fort disparate. Des tuyaux très anciens
(XVIIe) se mélangent à d’autres (du XVIII et XIXe), et les plus
récents, sans doute postérieurs à Gheude, (fin XIXe)
pour les basses du Prestant 4’, et une grande partie de la Montre 8’. La
première octave du Nasard manquait, malgré les perces faites
dans la chape et le faux-sommier, douze nouveaux tuyaux ont été
(re)placés. Quelques t. des basses en bois du Bourdon 8’ et de la Montre
8’ sont placés sous le sommier, la tête en bas.
Sommier à registres, chapes clouées, faux-sommiers
renouvelés, en chêne, sur supports carrés. Soupapes collées
en queue. Ressorts avec un bout applati, boursettes « alternées
». Postages en plomb.
Mécanique suspendue, vergettes en sapin. Abrégé
(sur une planche de récupération, un fond de laye) en chêne,
rouleaux en chêne et sapin.
Soufflerie avec grand réservoir à deux plis,
avec deux pompes mues à bras. Ventilateur électrique (début
XXe, conservé). Pression = 85mm.
Accord : A = 444 Hz à 20°, tempérament
égal.
L’église, ainsi que tout son mobilier dont l’orgue, et ses fresques
ornant le plafond, est classée monument historique.
(cette
photo est un anaglyphe 3D, à regarder avec des lunettes adéquates,
rouges et cyan)
CORBAIS - Relevage des orgues, 1 clavier et pédalier, 8 jeux,
2001
Historique de l'orgue:
L'orgue fut construit en 1845 par Hippolyte Loret, de Laeken, pour 2725
francs, y compris les aménagements de la tribune.
Deux chapes restent libres sur le sommier, la première sans doute
pour un clairon 4' en Basse et Dessus, jamais placé, et l'autre
pour une trompette de Pédale, ou un 16'?, (13 notes, avec gravures
séparées dans le sommier) jamais placé non-plus.
En 1987, Guido Schumacher (Eupen) effectua un dépoussiérage,
et harmonisation, ainsi que le placement d'un pédalier moderne (30
notes) en tirasse permanente du clavier.
Le grand entretien commencé en 2001 par Etienne Debaisieux
(Longueville), a révélé de grosses faiblesses du sommier,
devenu trop peu étanche de tous côtés avec impossibilité
d'y remédier sans le démonter complètement. D'où
la décision d'entreprendre ces travaux plus conséquents de restauration
complète du sommier en atelier, et d'où aussi une durée
des travaux un peu allongée... Mais l'orgue a retrouvé maintenant
sa vigueur, et sans avoir fait une restauration complète (La tribune
s'affaisse lentement mais sûrement, et tout l'orgue se déforme
à sa suite...), ce "relevage", c'est ainsi que l'on nomme une remise
en bonne condition d'un orgue, lui permettra de retrouver son usage régulier
au sein de l'église.
Composition de l'orgue:
1 clavier 56 notes:
- Gambe 8' (en partie en façade)
- Bourdon 8' (en Basse et Dessus)
- Prestant 4' (en partie en façade)
- Flûte 4'
- Quinte 2' 2/3
- Doublette 2'
- Tierce 1' 3/5
- Trompette 8' (en Basse et Dessus)
Pédalier de 30 notes, en tirasse permanente.
C'est un orgue de composition encore assez "classique", avec quelques jeux
de mutation "à l'ancienne" (Quinte et Tierce), mais qui laisse apparaître
les tendances de l'orgue "romantique": pas de mixture, un jeu de Gambe 8'.
Lors des travaux de réharmonisation, on a retrouvé des morceaux de vieux
journaux, qui servent à caler de manière étanche les
calottes des tuyaux bouchés (Bourdon, Flûte...) et certains sont
encore de l'époque de Loret, puisque datés de 1843.
Eh oui! Il y avait déjà des publicités en ces temps
reculés!