Sint-Michiel,

imprimerie et maison d’édition à Bruges

1910-1920

En 1910 s’ouvrit au 47 de la Rue Flamande à Bruges (en face de l’église des jésuites) une librairie et commerce d’objets d’art sous le nom Sint-Michiel, à quoi s’ajouta bientôt une maison d’édition. L’enseigne – évidemment un Saint Michel terrassant le dragon – fut dessinée par l’artiste Brugeois Joe English. Le commerce se maintint en la même rue jusqu’à sa liquidation, mais semble au cours de l’année 1919 avoir déménagé au numéro 17. 

Avant la guerre, l’éditeur Sint-Michiel publia une douzaine de livres, trois du conteur populaire Edward Vermeulen[1] (dont un en coédition avec Futura, de l’éditeur Arnold Smits à Leiden) et trois consacrés à des textes choisis dans l’œuvre de Stijn Streuvels par le prêtre et littérateur Jozef Geurts (1871-1946)[2], (une coédition avec l’éditeur attitré de Streuvels, L. J. Veen à Amsterdam). La maison publia également un livre de chacun des auteurs suivants : de l’avocat et historien d’art Jozef Muls (1882-1961)[3], du père missionnaire devenu plus tard ethnologue de réputation internationale Léo Bittremieux (1880-1946)[4], du médecin courtraisien et promoteur du mouvement flamand Emiel Lauwers (1858-1921)[5], de l’enseignant, plus tard président du mouvement ouvrier chrétien, ministre du parti catholique et bourgmestre de Saint-Nicolas Hendrik Heyman (1879-1958)[6] et du Néerlandais et homme de lettres Félix Rutten (Sittard 1882 - Rome 1971)[7]. Nous ne saurons sans doute jamais ce qui amena ces auteurs à confier leurs travaux à un éditeur débutant, tout jeune homme au demeurant, localisé dans une ville éloignée de leur domicile. De toute façon, lier le nom de la nouvelle maison à celui, bien établi et prestigieux de L. J. Veen à Amsterdam, avait tout l’air d’un exploit.

D’autre part Sint-Michiel devint l’éditeur d’une nouvelle série sous le titre La vie spirituelle, une initiative de l’évêque de Bruges Gustave Waffelaert (1847-1931) et du directeur du séminaire de Bruges Jerôme Mahieu (1874-1955). Il s’agissait d’une coédition avec la Rooms Katholieke Boekcentrale à Amsterdam, soit encore une belle promotion pour le jeune éditeur de Bruges. Pendant la guerre la collaboration avec l’éditeur amstellodamois se poursuivit et deux traités savants de la main de l’évêque de Bruges furent publiés.

Durant cette première période, Sint-Michiel ne disposait pas de sa propre imprimerie et confia ses publications aux imprimeurs brugeois Adolf Van Mullem, Desclée de Brouwer et Sainte-Catherine, ou aux Pays-Bas à Thieme, Nimègue.

La maison édita également des cartes postales avec des dessins en couleur de l’artiste brugeois Jules Fonteyne. Il s’agissait de vues de Bruges et de personnages populaires, dans le style bien connu de Fonteyne. Nous n’en avons pas la certitude, mais supposons que ces cartes furent éditées avant la guerre. Il semble peu probable que Jules Fonteyne, revenu très anglophile et patriote après les années de guerre passées en Angleterre, aurait confié l’édition de ses dessins à une maison connue comme flamingante.

Dès la fin de la guerre, Sint-Michiel prit un nouvel essor. Les éditions se succédèrent à un rythme soutenu. Il ne s’agissait toutefois plus d’éditions indépendantes, mais à chaque fois de coéditions avec la Vlaamsche Boekenhalle d’Alfons De Groeve et dans un cas avec Futura à Leiden. Un livre volumineux était de la main du père dominicain Callewaert (1886-1964)[8], un autre du romancier Jozef Simons et un troisième du frère franciscain Evermar Van Moere (1889-1962) qui pendant la guerre avait participé aux activités du mouvement ‘Frontiste’[9]. Son livre se terminait d’ailleurs sur un éloge de Ons Vaderland, le journal du mouvement[10]. Deux ouvrages étaient du médecin flamingant Frans Daels et un de Jerôme Mahieu. L’influence de Cyriel Verschaeve était visible: il écrivit une préface pour Van Moere et une pour Daels ainsi que pour une anthologie de poèmes d’Albrecht Rodenbach. Par ailleurs plusieurs ouvrages de Verschaeve furent imprimés par Sint-Michiel qui disposait dorénavant de ses propres presses, et ce pour le compte soit de la Vlaamsche Boekenhalle, soit des éditions liées au journal Ons Vaderland à Bruxelles.

Sint-Michiel et les Couvreur

La maison d’édition Sint-Michiel a jusqu’à ce jour toujours été attribuée à l’avocat Alfons De Groeve[11], le fondateur des éditions Kerlinga[12]. Il aurait donc utilisé deux enseignes différentes, mais comment aurait-il pu continuer à éditer à Bruges pendant la guerre, alors qu’il s’était établi à Leiden ? Et pourquoi aurait-il, après la guerre, utilisé conjointement les noms de Huis Sint-Michiel Brugge et de Vlaamsche Boekenhalle Leuven-Leiden ? Nous attirons par le présent article l’attention sur les véritables initiateurs de la maison d’édition Sint-Michiel, qui avant la guerre opéra indépendamment de De Groeve, pour collaborer à plusieurs reprises avec lui à l’issue de celle-ci.

Ces initiateurs étaient les cinq frères et la sœur Couvreur qui vinrent s’établir à Bruges. Nous n’avons que partiellement pu retracer qui d’entre eux fit quoi en ce qui concerne Sint-Michiel. Il étaient les enfants de l’instituteur en chef de Lapscheure, Louis Couvreur (Lapscheure 8 juin 1862 – Agen, Lot-et-Garonne, France 28 janvier 1923) et d’Octavie Minnaert (Lapscheure 1 juillet 1856 – 2 avril 1921), qui leur avaient donné leur prénom par ordre alphabétique: Aimé, Bertha, César, Désiré, Elias, Flora (1894-1895), Gérard et Hilaire (12/08 - 8/10/1898). Les cinq garçons obtinrent tous leur diplôme d’instituteur à Torhout, l’aîné ayant même pu poursuivre ses études et devenir régent. Aucun d’entre eux n’exerça toutefois le métier de façon continue.

Aimé et César Couvreur

A l’origine de la librairie et de la maison d’édition doit se trouver César Couvreur (Lapscheure 23 août 1890 – Privas, Ardèche 1958)[13]. En 1910, à peine ses études terminées, il vint s’installer à l’adresse Rue Flamande 47[14]. Il n’avait que vingt ans et il n’est donc pas exclu que son frère aîné Aimé (Lapscheure 4 novembre 1888 – Renaix 2 février 1951) fut également associé aux débuts des activités. Aimé ne persévéra pas dans le métier des livres et tout de suite après la guerre il alla habiter Renaix où il épousa Marie Dobegies. Après avoir appris les rudiments de l’industrie textile il revint à Bruges où il fonda une bonneterie à l’adresse Rue Rouge 25. Au début des années trente il retourna à Renaix et y termina sa carrière en qualité de directeur des établissements textiles Van Caeneghem[15].

Le parcours de César Couvreur fut plus mouvementé. Le 4 août 1914 il se porta volontaire auprès des Chasseurs à pied. En novembre de la même année, pris par la grippe espagnole, il fut admis à l’hôpital militaire de Calais[16]. Début 1915 on le retrouve au centre d’entraînement de Valognes (Manche). A partir de juin 1916, ayant été promu sergent, il fut envoyé au front. Promu adjudant en mai 1917 il fut mentionné à l’ordre du jour de l’armée avec la citation: S’est révélé de façon superbe dans des circonstances difficiles. Par arrêté royal du 5 juin 1918 la Croix de Guerre lui fut décernée avec la mention suivante: Au cours d’un bombardement violent, s’est porté en première ligne pour avoir des renseignements précis au sujet de la situation. A, par sa tranquille bravoure, maintenu l’émulation de ses hommes, malgré la pluie de projectiles qui les accablait. Le 7 novembre 1918 il fut promu sous-lieutenant et fit partie de l’armée d’occupation en Allemagne. Le 8 juillet 1919 il reçut son congé illimité et rentra dans la vie civile[17].

César Couvreur a joué un rôle dans le mouvement Frontiste. Pendant sa formation à Valognes il faisait partie d’un groupe de miliciens flamingants qui se réunissaient ‘dans une pièce séparée au café du village, afin d’y lire les lettres venues du front, d’y chanter des chansons flamandes, d’y lire la presse éditée aux Pays-Bas et d’y oublier leurs soucis’. Nous restons fidèles à nos anciens principes, ce qui n’est pas toujours facile, déclara Couvreur dans une lettre publiée par Vrij België[18]. La guerre n’était pas terminée lorsqu’il s’engagea dans les activités des Anciens combattants flamands et du Parti du Front. Le 2 Novembre 1918 il défendit les positions des Frontistes, de concert avec Filip de Pillecyn et Joris Van Severen lors d’une réunion à Bruges à laquelle participait également Frans Van Cauwelaert[19]. Le 15 novembre, avant de partir pour l’Allemagne, il participa à Gand à la fondation du Parti du Front et devint membre de son ‘Conseil Suprême’[20]. En novembre 1919 il était quatrième candidat sur la liste de son parti à Bruges, lors des premières élections législatives d’après-guerre[21].

En 1920 la Sûreté de l’Etat signala que Couvreur avait pris la parole à Alost lors d’une manifestation du Onze juillet, qu’il y avait fustigé des abus dans l’armée et critiqué l’attitude de l’épiscopat envers le père Callewaert[22]. Il fut un des meneurs lors de la manifestation des Anciens combattants flamands le 29 juillet 1920 au cours de laquelle le Parlement fut pris d’assaut. En conséquence, il fut le 25 novembre suivant dégradé pour faits graves, non prévus par la loi[23]. D’autre part on le soupçonna d’avoir commis un attentat à la bombe[24]. Des souvenirs de famille racontent qu’il aurait eu l’intention de mettre le feu au siège de l’université de Gand, mais ne put mettre son projet à exécution, ses compagnons s’étant désistés. De toute façon il appartenait à la fraction la plus révolutionnaire du mouvement, qui voulait obtenir par la terreur l’indépendance de la Flandre. A partir de juin 1919 et jusqu’en 1922 il dirigea, d’abord à Gand puis à Bruxelles le journal Ons Vaderland, organe du Parti du Front[25]. Dans cette activité il se trouvait fortement sous l’influence du prêtre activiste Robrecht De Smet (1875-1937)[26], qui dans sa correspondance l’appelait ‘Empereur’ et écrivit à son sujet: Je ne connais pas de garçon plus noble que lui. A une autre occasion De Smet concéda que César était très négligent, mais répéta qu’il le considérait néanmoins comme un type excellent[27].

Avec l’aide financière de l’entrepreneur de travaux Honoré Debusschere, parent de Verschaeve, César Couvreur monta à Bruxelles une maison d’édition et une librairie sous le même nom que le journal et confia un certain nombre d’impressions à l’imprimerie Sint-Michiel. Le Parti du Front estimait cette activité comme étant de la plus haute importance et lorsqu’elle ‘prêta’ un de siens, Filip de Pillecyn, en tant que rédacteur au nouveau journal flamand De Standaard, elle stipula: Les arrangements pris par la Parti du Front avec Couvreur en ce qui concerne maison d’édition ne seront pas contrecarrés par des initiatives de la part de messieurs Van Cauwelaert et Van de Perre[28]. On craignait donc que la division Livres du Standaard fasse la concurrence à la maison fragile dirigée par Couvreur. La condition ne fut d’ailleurs pas acceptée par les administrateurs du Standaard.

Le 6 mars 1920 César Couvreur épousa Anne-Marie Van Sante (Wetteren 1900 - Montesquieu-Volvestre 1945), la sœur du dominicain et Frontiste Carlos Van Sante (1896-1947)[29]. Quoique habitant sans doute déjà Bruxelles depuis fin 1919, ce n’est qu’en date du 17 mars 1920 que le déménagement de Couvreur est signalé dans les registres de la population de Bruges, vers l’adresse Avenue de l’Armée 6 à Bruxelles. En 1921 le jeune couple s’installa chez madame Van Sante mère à l’adresse Drève des Gendarmes 57 à Uccle, où Robrecht De Smet, brouillé avec son évêque, chercha également refuge et où le fils aîné Dirk (Thierry) naquit. On reprocha à Couvreur de la négligence dans sa gestion de Ons Vaderland et de l’hebdomadaire illustré De Tijdspiegel. Il s’était à coup sûr fourré dans un véritable guêpier, dans lequel les radicaux (tels que Robrecht De Smet) et les modérés (Hendrik Borginon et Adiel Debeuckelaere) s’entre-déchiraient. Couvreur reçut l’ordre d’aller faire une collecte de fonds aux Pays-Bas, mais il fut court-circuité par Borginon, qui très probablement draina les finances obtenues vers le journal anversois concurrent De Schelde. D’autre part le cardinal Mercier prit fort mal certains articles violents, parus dans Ons Vaderland et en mai 1920 défendit à son clergé d’encore lire ou promouvoir de quelque façon ce journal, sous peine de péché mortel[30].

César Couvreur avait lié son avenir à celui de Ons Vaderland, entreprise bientôt agonisante et dont le bailleur de fonds Debusschere se désintéressa[31]. Lorsqu’au mois de février 1922 le journal cessa de paraître et que la librairie et la maison d’édition furent entraînées dans la débâcle, César vint travailler quelque temps auprès de son frère Aimé et prit provisoirement son logis à l’étage de l’atelier de confection. Il mit à la même occasion un point final à ses activités flamingantes. On ne peut exclure que la façon dont Debusschere et d’autres compagnons de route tels que Joseph Goossenaerts, Jérôme Leuridan et même Robrecht De Smet l’abandonnèrent et fondèrent sans lui le nouveau journal Vlaanderen, fut la cause de sa décision et de son évolution ultérieure.

A partir de là, le ménage Couvreur entama une vie de nomade que nous avons pu reconstituer dans ses grandes lignes. Fin 1922 il partit pour la France, en compagnie de son frère Gérard et de son père, qui toutefois décéda à Agen, le 28 janvier 1923. César s’installa comme cultivateur à Grenade (Landes), où naquit son fils Carlos 1923 – Marseille 1973). En 1925 il déménagea vers Fonsorbes (Haute-Garonne), où il exploita une laiterie et d’où il entra en correspondance avec le député Gustaaf Sap, au sujet de sa pension militaire[32]. Les résultats ne répondirent sans doute pas à ses attentes, car nous le retrouvons à Bruges à la fin des années vingt, où son fils cadet Emile naquit. (1930 – Arpajon 1983). Le ménage résida aux adresses, Rodestraat 25, ensuite Boomgaardstraat 2 et Van Voldenstraat 14. César devint vendeur pour la bonneterie de son frère Aimé. Lorsque celui-ci ferma l’atelier et s’en retourna à Renaix, César continua comme «représentant de commerce » et il semble que l’occupation précise que ce terme recouvrait n’eut pas l’heur de plaire à ses frères, ce qui jeta un froid entre eux. César se défendit auprès de sa sœur en lui écrivant «il faut bien vivre »[33].

Le 27 février 1931 le ménage quitta Bruges pour de bon, en compagnie de Madame Van Sante mère, pour s’installer à Lavelanet de Comminges (Haute-Garonne), et l’année d’après à Montesquieu-Volvestre (Haute-Garonne), où César s’adonna à l’élevage de poulets, canards, dindons et lapins. Peu avant la période du Front Populaire il adhéra au Parti Communiste et pendant la guerre il s’engagea avec ses fils dans les FFI. En 1945 son épouse décéda d’un cancer du sein. La lettre écrite par César pour annoncer à sa sœur la mauvaise nouvelle, témoigne de sa grande douleur et de son désarroi. Ce fut son dernier contact avec la famille en Belgique[34]. Après avoir cessé ses activités en 1950, César se retira dans une maison de retraite à Privas (Ardèche) où il mourut en 1958[35].

Désiré et Elias Couvreur

Tandis que César faisait la guerre, Désiré Couvreur (Lapscheure 25 juillet 1891- Bruges 11 mars 1947) vint s’installer le 20 octobre 1915 dans la maison de la Rue Flamande. Il doit avoir joué un rôle dans l’activisme flamand, avec les problèmes que cela entraînait après la guerre, car au cours de la Seconde guerre mondiale il bénéficia d’une indemnisation de la part de la Commission Borms, d’un montant de 111.000 frs. Après la première guerre il quitta Bruges peu avant César, soit le 14 janvier 1920 et alla habiter successivement à Aarschot et à Diest. Il revint bientôt à Bruges et s’installa auprès d’Elias dans la rue Cour de Gand. Ayant épousé Marie Clais, le couple alla habiter Quai des Ménétriers 16, où il exerça le métier d’expert comptable, tout en se taillant une certaine réputation en tant que joueur d’échecs.

Le quatrième frère, Elias Couvreur (Lapscheure 21 juillet1892 - Bruges 25 juillet 1955) vint courant du mois de juillet 1913 s’installer à Bruges, rue de la Main d’Or, après avoir brièvement enseigné à l’école pour enfants de pêcheurs à Heist. Lorsque la guerre éclata il se porta volontaire et devint premier sergent dans les services médicaux. Tout comme son frère il faisait partie des soldats de sensibilité flamingante. Dans une lettre éditée par Vrij België en date du 29 octobre 1915, il exprima sa conviction que la libération de notre chère patrie apportera la solution de la Question flamande et que le proche avenir verra la réalisation de tous nos rêves de jeunesse[36].

Début 1916 Elias se porta volontaire pour le corps expéditionnaire qui devait combattre les Allemands en Afrique Orientale. Au mois d’août 1916 il faisait partie des services médicaux lors de la Bataille de Tabora, qui se termina par une victoire décisive des Belges, suivie par une autre victoire l’année d’après à Mahenge. Ce fut à la suite de ces victoires que la Belgique reçut mandat de la Société des Nations afin de gérer le Rwanda et le Burundi, anciennes colonies allemandes.

La guerre terminée, Elias prolongea son séjour en Afrique en travaillant pour l’Union Minière. A l’automne 1919 il revint en Europe et le 5 décembre quitta l’armée, titulaire de nombreuses décorations et de huit galons de front. Il semble avoir nourri de la nostalgie pour l’Afrique et s’ouvrit à Cyriel Verschaeve de son désir d’émigrer vers l’Afrique du Sud, projet qui toutefois n’aboutit pas. Dès son retour à Bruges il s’occupa activement de l’imprimerie et de l’édition et entretint une correspondance suivie avec Verschaeve, au sujet de l’édition de ses œuvres[37]. Lorsque dans le courant de l’année1920 les activités de Sint-Michiel touchèrent à leur fin, il s’installa Place des Orientaux, tout à fait en dehors du circuit commercial et y ouvrit une librairie sous le nom de Couvreur Frères.

Au mois de septembre 1921 il épousa l’artiste peintre Marthe Dupon (Roulers 23 juin 1890 – Bruges 6 juin 1976). Elle venait d’être élue conseiller communal de Bruges, sur la liste du parti catholique, à l’occasion des premières élections communales d’après-guerre. Lors des élections d’octobre 1926 elle ne figura plus sur la liste. Sans doute sous l’influence de son mari, elle avait pris une position tranchée dans le débat sur l’amnistie réclamée pour les anciens collaborateurs, et l’aile syndicale du parti qu’elle représentait, ne partageait pas les mêmes convictions[38]. Cela n’empêcha pas une amitié durable avec le chef des syndicalistes chrétiens à Bruges, le chanoine Achille Logghe, à qui elle tint souvent compagnie dans sa vieillesse. 

Elias liquida bientôt sa librairie et s’associa avec son beau-frère, le sculpteur Gérard Dupon (Roulers 1895 – Bruges 1970) et avec les sœurs Dupon. Ils fondèrent un atelier d’art et un commerce de meubles et objets religieux. Dans ce but ils acquirent une vaste maison, rue Cour de Gand 25, offrant de l’espace pour de nombreux habitants. Là vinrent vivre les couples Gérard Dupon, Joseph Pyck-Dupon, Elias Couvreur-Dupon ainsi que Albert et Anna Dupon. Bertha Couvreur, le père Louis Couvreur, Désiré Couvreur et d’autres vinrent y loger provisoirement. Elias s’occupait surtout du transport et du placement des statues et du mobilier d’église. En 1927 le couple Couvreur se retira de l’association et s’établit à Sint-Andries. Elias y fonda une société de transports sous le nom de Taxis Brugeois. Il devint le chauffeur attitré du chanoine Logghe, du notaire Henry Van Caillie et d’autres personnalités brugeoises non motorisées. Avec Logghe il entreprit même un voyage de villégiature jusqu’au Cap Nord. Les contacts suivis avec les chefs de la ‘Gilde’ et du parti catholique, firent qu’il ne joua entre les deux guerres aucun rôle dans le parti nationaliste flamand. Pendant les journées de mai 1940 il s’employa dans un service d’aide au soldats et plus tard au Secours d’Hiver. Par manque de voitures et de carburant son entreprise de taxis devint inactive.

Couvreur entretenait toutefois des relations amicales avec le chef local de ce parti, Jef Devroe, et sur ses instances il se laissa nommer bourgmestre de la commune de  Sint-Andries à partir de juillet 1941 jusqu’à la fusion de cette commune avec Bruges en octobre 1942. Il assuma également la fonction de secrétaire du Cercle d’études pour mandataires communaux, fondé dans le but de donner une formation aux nombreux nouveaux mandataires issus du parti nationaliste. En 1943 il entra au service de l’Union des ouvriers manuel et intellectuels, syndicat collaborationniste et fut envoyé à Lille pour s’y préoccuper des intérêts des ouvriers belges du bâtiment, travaillant pour les Allemands dans le Nord de la France. Ceux-ci n’étant plus payés après le débarquement des troupes alliées, Couvreur fut envoyé en Allemagne afin d’y aller quérir de quoi payer leurs salaires. On l’y expédia d’une ville à l’autre et il échoua finalement à Wittenberg (Allemagne de l’Est), où on l’embrigada dans une organisation paramilitaire. Peu après il fut arrêté, accusé d’avoir apporté son aide à des prisonniers russes qui  tentaient de s’échapper. Libéré à l’arrivée des Alliés, il parvint à rejoindre Anvers, où il se cacha et écrivit à sa femme qu’il partait pour l’étranger. Il s’en alla demander asile auprès de son frère à Montesquieu-Volvestre. Il n’y fut toutefois pas particulièrement la bienvenue, mais demeura néanmoins plus d’un an en France. Il prit alors contact avec la justice belge, par l’intermédiaire de son épouse et se déclara prêt à se soumettre à la justice. Fin novembre il arriva à Knokke et y fut arrêté le 12 décembre 1946.revint en Belgique où il fut arrêté et condamné à trois ans de prison. Remis en liberté fin septembre 1948, il obtint sa réhabilitation en 1950[39]. Jusqu’à sa mort il vécut à Knokke.

Gérard et Bertha Couvreur

Le cinquième frère, Gérard (ou Geert) Couvreur (Lapscheure 5 février 1896 – 1 décembre 1944) vint habiter en avril 1919 à la Place des Orientaux et prit sa part des activités dans la maison Sint-Michiel. En septembre 1920 il quitta Bruges pour Bruxelles, Il est fort probable qu’il collabora avec César. Il partit ensuite avec lui en France, mais n’y resta pas longtemps. De retour en Belgique il épousa Marie Diet, et devint hôtelier à Knokke où il exploita l’hôtel La Santé, Avenue Lippens. En 1939 il accompagna le comte de Lalaing, ambassadeur de Belgique à Budapest, en tant que précepteur de ses enfants. En 1942 il revint à Knokke où pendant les derniers mois de l’occupation il fut actif dans la Croix Rouge. Il mourut des suites d’un arrêt du cœur au cours d’une randonnée à bicyclette dans sa commune natale.

En plus des frères Couvreur, Berthe Couvreur (Lapscheure 14 octobre 1889 – Knokke 29 août 1950) vint également habiter Bruges, dans la rue de la Main d’Or, ensuite à la Place des Orientaux et enfin dans la rue Cour de Gand. Elle fut également active pour Sint-Michiel, le fait que sa fille possède encore de la correspondance de cette maison, tendant à prouver que Berthe s’occupait des travaux de secrétariat. Plus tard elle travailla dans l’atelier de confection de son frère Aimé, avant de se marier avec Cyriel Diet (1894-1968), marchand de cycles à Knokke.

Tous les enfants Couvreur s’occupèrent donc de livres et d’édition : César et Aimé en tant que fondateurs de Sint-Michiel, Désiré en tant que gérant de la maison pendant la guerre, secondé par Gérard et succédé par Elias une fois la guerre terminée, ainsi que Berthe aussi bien pendant qu’après la guerre. Elias et Gérard (ou Désiré) tinrent en plus leur librairie éphémère à la Place des Orientaux, tandis que César et Gérard s’occupaient de livres et de journaux à Bruxelles.

Les Couvreur et le nationalisme flamand

Les frères Couvreur, plus particulièrement César et Elias, avec Désiré et Gérard dans leur sillage, se situaient dans le camp des nationalistes flamands, celui des anciens combattants flamands et du Parti du Front. Leurs contacts avec Cyriel Verschaeve étaient fréquents et dataient de pendant la guerre. La famille conserve un mot de ce dernier répondant à César que celui-ci n’avait pas oublié son imperméable lors de sa dernière visite et que d’ailleurs, lors de ses fréquentes visites antérieures il n’avait jamais porté un tel vêtement[40].

Les livres publiés par Sint-Michiel avant la guerre ne colportaient aucune idéologie, alors qu’après la guerre la radicalisation des gérants se traduisait dans les publications de la maison. La production en fut toutefois de courte durée.  Ce n’est qu’en 1919 que des livres furent édités, chaque fois en coédition, tandis qu’en 1920 à une ou deux exceptions près, Sint-Michiel se limita aux activités d’imprimeur.

L’imprimerie s’activa pour les livres édités par César à l’enseigne de Ons Vaderland. Il s’agissait d’une demi douzaine d’œuvres littéraires de Cyriel Verschaeve, mais aussi de textes plus agressifs: des pamphlets anonymes du même Verschaeve (reprise d’articles parus dans Ons Vaderland) et quelques pamphlets consacrés aux soldats flamands au front de l’Yser, à Auguste Borms, au Parti du Front et au nationalisme flamand, dans une série éditée sous le titre Storm en Drang. En outre, des poèmes de Piet Van Rossem et de Ward Hermans, ainsi que des textes de Lodewijk Dosfel, Paul Davidts, Hendrik Jacobs (1875-1944), Paul Kenis et Jozef Simons[41]. Une édition à remarquer fut celle de la traduction (parue simultanément chez Elsevier pour les Pays-Bas) du livre prophétique de John Maynard Keynes, The economic consequences of the peace, dans lequel l’économiste faisait la critique véhémente du Traité de Versailles. En tout il s’agissait d’une vingtaine de livres et d’opuscules parus en 1919 et 1920.

En 1919, César et Elias étant encore sous les armes, ce furent Désiré et Gérard qui menèrent les affaires et qui imprimaient même le journal des Frontistes, Ons Vaderland. On peut le déduire du fait que les abonnements étaient souscrits chez eux et qu’ils correspondaient avec les auteurs en ce qui concerne les épreuves d’impression. Ainsi,  Jozef Simons s’enquérait-il des épreuves de ses articles pour Ons Vaderland. Il y avait d’ailleurs avec lui une correspondance suivie : il signalait son adresse à Anvers (mai 1919), puis de son casernement à Seraing (6 juin 1919) et insistait pour recevoir les épreuves de son Bonifacius Suikerbuik. Dans le courant de 1919 le père Callewaert fit savoir qu’il devait se rendre à Torhout et qu’au retour il viendrait chercher logis auprès des Couvreur. Il leur demanda de bien vouloir inviter leur compagnon d’armes Berten Pil, qui se trouvait à Oostkamp, et formula l’espoir que César et Elias seraient déjà rentrés: Nous pourrons passer la nuit ensemble, en prières et en méditations. Ce serait splendide, leur écrivit-il[42]. Verschaeve, Simons, Pil, Callewaert, De Smet: les relations des frères les situaient clairement dans le camp des nationalistes flamands.

En ce qui concerne Alfons De Groeve, il n’eut rien à voir avec Sint-Michiel ni avant ni pendant la guerre. Ce n’est qu’après l’Armistice qu’il coédita plusieurs livres avec elle et qu’il fit imprimer chez elle deux ou trois livres édités par lui. Pour les coéditions il faisait mentionner uniquement Louvain et Leiden, tandis que pour ses éditions indépendantes il mentionnait également Bruges et Gand.

Après le départ de César et de Désiré, la maison Sint-Michiel trouva un nouveau collaborateur en la personne d’un compagnon d’armes, lui aussi fondateur du Parti du Front, Achiel Geerardyn (1894-1969), qui fin 1919 vint habiter chez Elias et Gérard. L’édition cessa, cette activité étant été transférée par César à Bruxelles. Bientôt l’imprimerie des Couvreur cessa également et fut vraisemblablement reprise par Geerardyn, qui fin 1920 fonda sa propre imprimerie et maison d’édition sous le nom d’Excelsior[43], établie à la Rue Saint-Trudon 21[44].

Andries Van den Abeele

Publications Sint-Michiel

1910

Edward Vermeulen, Herwording, roman

1913

Emile Lauwers, Eenige lessen over heelkundige ziekenverpleging

Jozef Muls, Steden (204 p., imprimerie Sainte Catharine, décembre 1913)

Edward Vermeulen, De dieperik, roman, dessins par Joe English (coédition Futura, Leiden)

1914

Leo Bittremieux, Mayombsche penneschetsen (imprimerie A. Van Mullem, mars 1914)

Hendrik Heyman, Grepen in het sociaal leven. Eene reeks sociale studiën (imprimerie A. Van Mullem)

Jeroom Mahieu, Over geestelijk leven, met algemeen overzicht door Mgr. Waffelaert, série Het geestelijk leven, n° 1 (coédition avec R. K. Boek-Centrale, Amsterdam, imprimerie A. Van Mullem)

Felix Rutten, Landen en lién (imprimerie Sainte Catherine, juin 1914)

[Stijn Streuvels], Uit Stijn Streuvels’ werken I. Gevoel en leven : jeugd, godsdienst, zeden en gewoonten, portretten en karakters, bijeengebracht door Joz. Geurts, avec portrait de Streuvels par Jules Fonteyne (coédition avec Veen Amsterdam)

[Stijn Streuvels], Uit Stijn Streuvels’ werken II. Gevoel en leven : huisgezin, leven en dood, bijeengebracht door Joz. Geurts.(coédition avec Veen, Amsterdam)

[Stijn Streuvels], Uit Stijn Streuvels’ werken III. Natuur: natuur en jaargetijden, uit de dierenwereld, bijeengebracht door Joz. Geurts (coédition avec Veen, Amsterdam)

Ces trois derniers livres imprimés par Boek- Courant- en Steendrukkerij G. J. Thieme, Nijmegen.
[Edward Vermeulen] Zantingen ten bate der Vlaamsche jeugd in het werk van E. Vermeulen (imprimerie Desclée de Brouwer)

1916

G. J. Waffelaert, Eening der minnende ziel met God, of Handleiding tot de christelijke volmaaktheid naar de leering, bij voorkeur, van gelukzaligen Ruusbrouck, série Het geestelijk leven n° 2-3 (248 p., coédition avec R.K. Boek-Centrale, Amsterdam)

1918

G. J. Waffelaert, De geestelijke duif opvliegende Godewaarts, of de drie baanvakken van den weg der volmaaktheid, série Het geestelijk leven, n° 4 (coédition avec R. K. Boek-Centrale, Amsterdam)

1919

Laurentius Julius Callewaert, Op den uitkijk (coédition avec Vlaamsche Boekenhalle, Leuven-Leiden; imprimerie Sainte Catherine, 412 pp.)

Frans Daels, Voor Moeder en Zuigeling, préface par Cyriel Verschaeve et dessins de Joe English (coédition avec Vlaamsche Boekenhalle, Leuven-Leiden)

Albrecht Rodenbach, Keurgedichten, préface par Cyriel Verschaeve (coédition avec Vlaamsche Boekenhalle, Leuven-Leiden)

Jozef Simons, De vroolijke en stichtende historie van Bonifacius Suyckerbuyck (coédition avec Vlaamsche Boekenhalle, Leuven-Leiden).

Evermar Van Moere, franciscain, Soldatenleven. Een bijdrage tot de oorlogsfolklore van den Vlaamschen soldaat,. préface par Cyriel Verschaeve (coédition avec Vlaamsche Boekenhalle, Leuven-Leiden)

Edward Vermeulen, De zwarte pokken, roman (coédition avec Futura, Leiden).

Cyriel Verschaeve, Judas, 3de druk (coédition avec Vlaamsche Boekenhalle, Leuven-Leiden)

1920

Frans Daels, Operatieve Verloskunde, avec dessins de Joe English (coédition avec Vlaamsche Boekenhalle, Leuven-Leiden)

Jeroom Mahieu, Het inwendig gebed, série Het geestelijk leven n° 5 (coédition avec Vlaamsche Boekenhalle, Leuven-Leiden, imprimerie A. Van Mullem)

Edward Vermeulen, Herwording (tweede druk, coédition avec Vlaamsche Boekenhalle)

Cyriel Verschaeve, Uren bewondering voor grote meesterwerken: I. Lucifer (une édition par Ons Vaderland, Brussel, et une par Vlaamsche Boekenhalle, avec Sint-Michiel, Brugge comme imprimeur)

Ook II. Adam in Ballingschap en III. Noach, furent édités la même année par Ons Vaderland (également par Vlaamsche Boekenhalle?) et sans doute imprimés par Sint-Michiel. Nous n’avons pu en retrouver d’exemplaires.. Uren bewondering voor groote meesterwerken IV (steden), V (schilders) en VI (toondichters)  furent édités en 1921 par Ons Vaderland et ensuite par Excelsior, le successeur de Sint-Michiel.

(texte non publié)


[1] G. DURNEZ, Edward Vermeulen, dans: Nieuwe Encyclopedie van de Vlaamse Beweging (NEVB), Tielt, 1998, p. 3263; M. VERMEULEN, Edward Vermeulen (Warden Oom), VWS-Cahiers, automne 1977.

[2] M. KELLENS, Jozef Geurts, dans: NEVB, p. 1296.

[3] G. GYSELEN et L. SIMONS, Jozef Muls, dans: NEVB, p. 2107.

[4] M. VAN COPPENOLLE, Figuren uit het Brugsche, Brugge, 1936, p. 23; Lexicon van West-Vlaamse schrijvers, Deel 3, p. 34; J. VERMEULEN, Leo Bittremieux, VWS-cahiers, n° 146, 1991.

[5] R. VAN LANDSCHOOT, Emiel Lauwers, dans: NEVB, blz. 1804.

[6] L. WILS, Hendrik Heyman, dans: Nationaal Biografisch Woordenboek (NBW), Dl. XII; L. WILS, Hendrik Heyman, dans: NEVB, p. 1443; P. VAN MOLLE, Het Belgisch Parlement 1894-1972, p. 177.

[7] Grote Winkler Prins, lemma Rutten, Felix. Rutten avait épousé (mariage dissous en 1929) l’écrivain Marie Koenen, qui publia également à Bruges chez les éditions Wiek Op.

[8] B. VAN CAUSENBROECK, Jules L. Callewaert, dans: NEVB, p. 679-81; P. J. A. NUYENS, Jules Carolus Callewaert, dans: NBW, IV, 1970; Lexicon van West-Vlaamse schrijvers, Deel 2, blz. 25; H. VERLEYEN, Julius Callewaert, VWS-cahiers, hiver 1976.

[9] D. VANACKER, De Frontbeweging, de Vlaamse strijd aan de IJzer, Koksijde, 2000, p. 119.

[10] Pieter Stefaan Van Moere ne persévéra pas dans sa vocation religieuse et devint agent d’affaires à Bruxelles. Sous le nom de Petro Van Moere il publia plusieurs livres consacrés à des sujets professionnels et un recueil de poèmes.

[11] L. SIMONS, Geschiedenis van de uitgeverij in Vlaanderen, Deel II de twintigste eeuw, Tielt, 1987, p. 35-37; S. MAES, Alfons De Groeve, dans: NEVB, p. 1359.

[12] A. VAN DEN ABEELE, Kerlinga, Brugse uitgeverij, dans: Biekorf 2001, blz.

[13] L. VANDEWEYER, César Couvreur, dans: NEVB, p. 815. Les informations de cet article sont à compléter et corriger par le présent article.

[14] Adresses et autres données: Archives de la ville de Bruges, Registres de la population et listes électorales.

[15] Au vu de son annonce mortuaire en Français, il s’était adapté à la situation renaisienne.

[16] [Oscar Dambre], De offergang van Lode de Boninge en Frans Van der Linden, Temse, 1934.

[17] Informations militaires concernant César et Elias Couvreur: Ministère de la Défense, Service central du matricule, c/o Musée de l’Armée, Bruxelles.

[18] D. VANACKER, a.w., p. 79

[19] Idem, p. 407

[20] A. DE BRUYNE & T. VAN MOERBEKE, Vierenveertig brieven van Robrecht De Smet aan Jules Charpentier, dans: Verschaeviana, 1984, pp. 9-120, p. 19.

[21] G. DEMAREST, De Vlaamse beweging te Brugge 1918-1930, mémoire de licence RUG 1975.

[22] E. VAN DEN BERGHE, dans: Wetenschappelijke Tijdingen, 1984, p. 246-248.

[23] L. VANDEWEYER, César Couvreur, a.w.; Service central du matricule.

[24] E. VANDENBERGHE, a.w.

[25] L. SCHEPENS & L. VANDEWEYER, Ons Vaderland, dans: NEVB; p. 2306; L. VANDEWEYER, Machtsstrijd in het Vlaamse Front. De ondergang van “Ons Vaderland”, de geboorte van “Vlaanderen”, dans: Wetenschappelijke Tijdingen, 1985, p. 206-224.

[26] R. VAN LANDSCHOOT, Robrecht H. De Smet, dans: NEVB, p. 2565-67.

[27] A. DE BRUYNE & T. VAN MOERBEKE, a.w.

[28] G. DURNEZ, De Standaard, het levensverhaal van een Vlaamse krant 1914-1918, Tielt, 1985, p. 108.

[29] L. BUNING & L. VANDEWEYER, Carlos Van Sante, dans: NEVB, p. 2693.

[30] L. VANDEWEYER, Machtsstrijd in het Vlaamse Front, a.w., p. 211.

[31] A. DE BRUYNE & T. VAN MOERBEKE, a.w., pp. 32 et 90.

[32] Ministère de la Défense, Service central du matricule, c/o Musée de l’Armée, Bruxelles.

[33] Archives M. Diet, Knokke-Heist.

[34] Idem.

[35] Information de la part de Dirk Couvreur, les Ponts de Cé (Maine et Loire).

[36] D. VANACKER, a.w., p. 54.

[37] Archief en Documentatiecentrum van het Vlaams Nationalisme (ADVN), Verschaevearchief, correspondance Cyriel Verschaeve – Elias Couvreur.

[38] G. DEMAREST, a.w.

[39] Dossier Elias Couvreur, Archief Krijgsraad, Brussel.

[40] Archives M. Diet, Knokke-Heist.

[41] Sur chacun de ces auteurs, à l’exception de Henri Jacobs on trouvera une notice dans NEVB.

[42] Archives M. Diet, Knokke-Heist

[43] A. VAN DEN ABEELE, Excelsior, Brugse drukkerij en uitgeverij, (en préparation).

[44] Je remercie Mr. et Mme Myriam Vincke-Dupon, dr. Johan Couvreur, Mr l’Abbé Elias Couvreur, Mme Marie-Anne Diet, Mr. Dirk Couvreur, Mme Frieda Pyck, Mr. l’Abbé Piet Buysse,  Messieurs Guido Vermeersch, Lucien Van Acker, Jan D’Hondt et le professeur Ludo Simons.