Notices biographiques
(Classement par ordre alphabétique)

 

BARTHÉLÉMY (Auguste-Marseille)
Né à Marseille en 1796, ce poète français commença sa carrière littéraire dans des journaux légitimistes comme le Drapeau blanc. En 1825, Charles X lui octroya une allocation suite à la publication d'une ode sur Le Sacre. C'est à cette époque que débuta sa collaboration avec
Méry avec qui il publia des satires politiques sous la forme de poèmes héroï-comiques. Ce genre littéraire n'était pas sans risques puisque la publication d'une relation en vers d'une visite qu'il fit au duc de Reichstadt lui valut un procès et la prison. Libéré à la Révolution de Juillet, Louis-Philippe lui accorda une pension qui lui fut retirée peu après. Il mourut le 23 août 1867.


BOUSSU (Gilles-Joseph de)
Historien et littérateur, né à Mons le 13 octobre 1681, y décédé le 9 mai 1755. Il était licencié en droit, et remplit, en 1714, 1732 et 1737, les fonctions d'échevin de sa ville natale. Il fut député des États du Hainaut et ses lettres de noblesse lui furent octroyées par Charles VI le 30 juillet 1717. Il s'adonna d'abord à la littérature et publia plusieurs tragédies en vers d'une conception et d'un style médiocre. C'est par des publications historiques que cet écrivain s'est fait remarquer ; on lui doit une Histoire de la ville de Mons, publiée en 1725, avec une suite jusqu'en 1754 ; une Histoire de la ville de Saint-Ghislain, publiée en 1737 et une Histoire de la ville d'Ath, parue en 1750.
& Matthieu, Biographie du Hainaut, 1re livraison, p. 80 ; Aug. Vander Meersch, dans Biographie nationale, t. II, col 871-872 ; Mathieu, Biographie montoise, pp. 23 et 281.


CORET (Jacques)
Le jésuite Jacques Coret naquit à Valenciennes en 1631 et mourut en 1721, à Liège où, nous dit Feller sa « mémoire est encore en vénération. » On lui doit de nombreux ouvrages de dévotion et de piété parmi lesquels Le triomphe des vertus evangeliques representé dans les actions heroiques de S. Aye, édité par la veuve Siméon de la Roche.


CRIQUILLION (Alexis-Joseph)
Jurisconsulte, né à Mons le 11 juillet 1755. Il était le fils de Jean-Baptiste et de Marie-Laurence Marlier. Il pratiqua comme avocat au Conseil souverain du Hainaut ; il écrivit un
Mémoire présenté aux États de Hainau, A leur Assemblée générale du 30 Mars 1784, Pour l'Établissement d'un Canal dans la Province puis un Second mémoire présenté aux États de Hainau, A leur Assemblée générale du mois de Janvier 1786, en vue de l'établissement d'un canal vers la Flandre et les publia en 1787 avec un autre travail intitulé : Vœux des négociants du Hainau, adressés aux États, Pour l'Établissement d'un Canal vers la Flandre. Il fit paraître en 1790 un Mémoire sur les causes de la décadence du commerce des Pays-Bas et sur les moyens de le rétablir d'une façon avantageuse à la nation. On a imprimé encore une Motion faite le 15 novembre 1792 à la réunion des Amis de la Liberté et de l'Égalité.
& Matthieu, Biographie du Hainaut, 2e livraison, p. 150.


DECAMPS (Gonzalès)
Gonzalès-Marie-Joseph Decamps (Carnières, 1er mai 1852 - Hornu, 2 novembre 1919) fit ses humanités au collège Saint-Stanislas à Mons puis obtint le titre de docteur en droit de l'université de Louvain en 1875. Il entra au barreau de Mons et y plaida une quinzaine d'années puis se tourna vers le journalisme. Il collabora au journal le Hainaut, au Journal de Mons et du Hainaut, à l'Indépendance belge puis, dès son premier numéro, fin 1888, au Journal de Mons, il devint en 1909 le rédacteur en chef de La Province. La Première Guerre mondiale interrompit la publication de La Province et Gonzalès Decamps, alors sans ressources, fut employé à l'administration communale de Mons. Très malade, il mourut dans le dénuement en 1919 dans sa modeste maison hornutoise.
Gonzalès Decamps restera connu des Montois par ses recherches historiques et par ses abondantes publications. Il était l'ami d'Ernest Matthieu et d'Alphonse Wins et partageait avec eux ce goût pour l'histoire de Mons et du Hainaut. Ses recherches furent encouragées par Léopold Devillers qui lui ouvrit les portes du dépôt des Archives de l'État à Mons. Clovis Piérard écrit à son propos : « Il traita maints sujets grâce à ses connaissance étendues qui, du droit, l'avaient conduit à l'histoire, à l'archéologie, à la philologie, aux sciences économiques, sociales et politiques. » Et il insiste sur son caractère totalement désintéressé qui lui faisait communiquer « à ceux qui faisaient appel à son érudition, le fruit de ses efforts, le résultat de ses recherches, quantité de renseignements précieux qui, pourtant, lui avaient coûté un patient labeur et de longues veilles. »
La bibliographie de Gonzalès Decamps est très importante et a été établie par Clovis Piérard dans un numéro de la revue La Vie Wallonne.
& Clovis Piérard, Gonzalès Decamps, dans Biographie Nationale, t. IV, col. 133-135 et Une figure hennuyère : Gonzalès Decamps (1852-1919), édition de la revue La Vie Wallonne, 1957.


DECLÈVE (Jules)
Jules Declève (Mons, 13 février 1838 - 28 novembre 1906) fit ses études à l'Athénée royal de Mons avant de suivre les cours de droit à l'Université de Bruxelles d'où il sortit, en 1857, avec le diplôme de candidat notaire. De retour à Mons, il fut employé dans une étude notariale et s'adonna à l'approfondissement de matières qui n'avait pas (ou peu) été abordées au cours de ses études et il publia son premier ouvrage en 1863 : Dissertation sur les six premiers articles de la loi hypothécaire du 16 décembre 1851.
« Des considérations de famille le décidèrent à abandonner le notariat pour s'établir dans une charge d'agent de change qu'il remplit jusqu'à son dernier jour. »
Il s'adonna alors à l'étude de sujet divers qui déboucha sur la publication de nombreux ouvrages sur le droit, l'histoire, l'archéologie, le folklore, la littérature, etc. Son étude Roland de Lassus, sa vie et ses œuvres, publiée en 1894, fut particulièrement remarquée en Belgique et à l'étranger ; son œuvre théâtrale wallonne n'est pas négligeable : son Totor el choumaque fut un véritable triomphe...
& Émile Hublard, À la mémoire de Jules Declève, dans Annales du Cercle archéologique de Mons, t. XLIV, pp. 1-8.


DONCKER (Philippe-François-Joseph)
Publiciste, né à Tournai le 23 septembre 1773, mort à Bruxelles le 22 février 1834. Il abandonna la carrière administrative pour entrer au barreau et fut l'un des fondateurs du journal politico-littéraire l'Observateur (publié de 1815 à 1820) où il faisait une vigoureuse opposition aux tendances du Gouvernement néerlandais. Il fut suspendu de l'exercice de sa profession d'avocat, en 1820, pour avoir, avec d'autres avocats, publié une consultation en faveur de Vander Straeten, poursuivi pour un ouvrage qui déplaisait aux ministres du roi Guillaume (De l'état actuel du royaume des Pays-Bas et des moyens de l'améliorer). Cet épisode lui valut d'être emprisonné, de revoir ses positions jusque-là favorables à la réunion de la Belgique à la Hollande et de le faire pencher du côté de la révolution de 1830. Après la révolution de 1830, il fut nommé secrétaire général du département de l'Intérieur. Il rédigea l'
Annuaire du département de Jemmape, pour l'an XII de la République française.
& Matthieu, Biographie du Hainaut, 3e livraison, p. 205 ; Aug. Vander Meersch dans Biographie nationale, t. VI, col. 120-121.


FONSON (Michel-Joseph)
Écrivain né à Mons le 3 février 1744 [la Biographie nationale indique la date de 1737], y décédé le 27 décembre 1812. Il fit ses humanités au collège de Houdain, sa philosophie et sa théologie à l'Université de Louvain où il prit les grades de licencié in utroque jure et de bachelier en théologie. Admis dans le diocèse de Malines, il rentra, en 1775, dans le diocèse de Cambrai et remplit pendant quinze ans à Mons et aux environs les fonctions de prédicateur. Il refusa le serment lors de la Révolution et à cause de ses infirmités ne reprit pas de fonctions ecclésiastiques après le Concordat. Michel Fonson a publié plusieurs opuscules (Exhortation très courte aux religieuses supprimées qui sont d'avis de demeurer dans le monde, publiée en 1783 et Les adieux de sœur Rose à son cloître, publiée en 1784) dont le plus intéressant est Le Petit tableau de la ville de Mons [...].
& Matthieu, Biographie du Hainaut, 4e livraison, p. 291 ; A. Vander Meersch dans Biographie nationale, tome VII, col. 182.


LABARRE (Louis)
Après un bref passage dans l'enseignement primaire d'où il fut révoqué suite à ses prises de position anti-hollandaises, Louis Labarre (Dinant, 1810 - Ixelles, 1892) participa à la révolution belge puis devint rédateur en chef du Charivari belge. Il séjourna ensuite en France et revint en Belgique pour y travailler à la Tribune de Liège puis à la rédaction du journal républicain la Nation. Il publia de nombreux ouvrages et pamphlets dont certains furent publiés sous pseudonymes.


MARSIGNY (Agathon-Benjamin-Joseph)
Né à Walcourt le 27 juillet 1812, il était docteur en philosophie et lettres. Il consacra sa carrière à l'enseignement et fut successivement professeur de rhétorique au Collège de Charleroi, professeur de poésie au Collège communal de Mons, de 1824 à 1850, puis préfet des études à l'Athénée royal de Mons, de 1850 jusqu'à son décès survenu le 13 août 1873. Il participa activement à la vie intellectuelle montoise, notamment dans la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, et il publia plusieurs recueils de poèmes et d'études littéraires. Charles Rousselle écrit que « Son érudition était grande et son mérite littéraire incontesté. »
& Rousselle, Biographie montoise du XIXe siècle, pp. 176-177.


MATHIEU (Adolphe)
Adolphe Mathieu naquit à Mons, le 22 juin 1802 (une plaque commémorative a été placée sur la façade de la maison de la rue de la Grande Triperie où eut lieu l'événement) ; il était le fils du notaire Charles-Joseph-Bernard Mathieu et de Philippine-Julie-Josèphe Senault. Passionné par la littérature, il écrivit très tôt des satires dont l'une, à la mémoire de son grand-oncle maternel le conventionnel régicide Lesage-Senault, lui valut une condamnation à une année de prison, réduite ensuite à une forte amende. Ses études de droit terminée, on tenta de l'occuper dans l'étude paternelle, en vain. Mathieu ne pensait qu'à la littérature et il faisait paraître ses œuvres dans les journaux locaux (Le Dragon, l'Écho du Hainaut dont il fut le principal rédacteur). Très impliqué dans la vie culturelle montoise, il fut l'un des membres fondateurs de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut et de la Société des Bibliophiles belges séant à Mons dans les publications desquelles il fit paraîtres ses œuvres littéraires et ses travaux historiques. Sa carrière littéraire se prolongea dans les journaux locaux et nationaux et en 1840, il fut nommé au poste de bibliothécaire communal. Une brouille avec les autorités locales lui fit perdre son travail et l'amena à régler ses comptes dans la revue Le Guersillon qu'il fonda spécialement pour l'occasion. Il quitta sa ville natale pour s'établir à Bruxelles en 1852 et entra à la Bibliothèque royale où il devint conservateur en chef. Il mourut à Ixelles, le 13 juin 1876.
& Alphonse Wauters, dans Biographie nationale, t. XIV, col. 33-44.


MÉRY (Joseph)
Ce poète français naquit aux Aygualades (Bouches-du-Rhône) le 21 janvier 1798. D'opinion bonapartiste et libérale, il collabora à des journaux marseillais et parisiens et devint l'un des principaux rédacteurs du Nain Jaune.
Il collabora avec Bathélémy et prit part à la Révolution de Juillet. Il mourut à Paris le 17 juin 1866.


PROCUREUR (Pierre)
Pédagogue et grammmairien, né à Ath vers 1530, mort à Mons en mai 1603. Il fit ses humanités au collège d'Ath et obtint à la promotion de la Faculté des arts de l'université de Louvain le 26 mars 1552, la 26e place. En 1575, il fut appelé par les autorités binchoises pour prendre la direction du Collège de la ville. En septembre 1579, c'est le Conseil de Ville de Mons qui, l'ayant estimé « fort ydoine et experte », le nomma régent du Collège de Houdain. Il quitta ce poste en septembre 1584 tout en continuant à enseigner dans l'établissement et à y résider.
& Matthieu, Biographie du Hainaut, 9e livraison, p. 255 et dans Biographie Nationale, t. XVIII, col. 270-273 ; A. Mathieu, Biographie montoise, p. 251.


ROUSSELLE (Charles)
Jurisconsulte et historien, né à Mons le 12 mai 1833, y décédé le 21 février 1903, était fils d'Hippolyte-Antoine. Jurisconsulte de valeur, il s'était spécialisé dans l'étude du droit administratif et commercial et a publié un commentaire estimé de La loi sur les faillites, banqueroutes et sursis du 18 avril 1851 (Bruxelles, 1868, in-8°). Les fonctions de greffier du Tribunal de commerce à Mons lui furent conférées en 1883. Charles Rousselle s'était acquis une place notable parmi les historiens montois. Ses publications accusent de sérieuses investigations dans les archives et une érudition éclairée. Ce sont surtout des monographies spéciales sur la ville de Mons qui constituent l'œuvre très notable de cet historien ; les meilleures ont été publiées dans les Annales du Cercle archéologique de Mons dont il fut longtemps l'un des collaborateurs les plus féconds. Sa première étude parut en 1854 sous le titre : Souvenirs historiques. Des procès de sorcellerie à Mons (26 p. in-8°). Ses travaux les plus importants sont : Les agrandissements successifs de Mons, ouvrage basé sur de nombreux documents inédits et qui raconte avec exactitude les origines et les transformations de la capitale du Hainaut ; des recherches sur Les rues de Mons ; un répertoire des Vues gravées de la ville et des monuments de Mons, et une Biographie montoise du XIXe siècle, (Mons, 1900, in-8°). Charles Rousselle collabora en outre activement au Constitutionnel et au Hainaut.
& Matthieu, Biographie du Hainaut, 9e livraison, p. 301.


VANDER ELST (Valentin-Joseph)
Instituteur et ingénieur civil, né à Ronquières en 1797, mort à Cuesmes le 4 septembre 1872. Il fut commissaire voyer de l'arrondissement d'Ath et instituteur à Cuesmes.
Son étude sur les
Principes de la langue française est probablement son premier livre publié. D'autres suivirent, également consacrés à l'enseignement. Il publia des articles sur la linguistique dans les Mémoires et publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut. On lui doit également des ouvrages sur des projets de voies de communications (chemins de fer, canaux, etc.).
& Matthieu, Biographie du Hainaut, 10e livraison, p. 387 ; Rousselle, Biographie montoise du XIXe siècle, pp. 235-236.