Généalogie et histoire des familles St Mard et alliées du comté de Chiny (Meuse (55) France, Gaume (Province de Luxembourg) Belgique).
«Le futur a un passé.
L' avenir a une mémoire!»
La vallée du Ton aval commence au bourg de Saint-Mard où le Ton reçoit les eaux de la rivière la Vire et se termine sur le territoire de la commune de Torgny où il se jette dans la Chiers. La plus grande partie du territoire de Torgny ne fait pas partie du bassin du Ton.
En fond de vallée se trouve les villages de Saint-Mard, Dampicourt, Rouvroy, Harnoncourt et Lamorteau. Montquintin domine la vallée, Couvreux se trouve dans un fond de vallée perpendiculaire à la vallée du Ton. Le ruisseau de Couvreux ou du Fauchois rejoint le Ton à Ecouviez, commune française voisine de Lamorteau. Torgny bâtit à mi pente de la cuesta bajocienne se situe dans la vallée de la Chiers.
Au dix-huitième siècle, la vallée est divisée en plusieurs seigneuries :
Durant la révolution française et le premier empire, la vallée se divise en cinq communes :
Puis en 1823, une première fusion de commune réduit le nombre à trois communes :
Du nord au sud, le paysage se décompose en deux systèmes. La dépression de pied de côte de la Vire et du Ton aval, « dominée par la bande forestière du front de la côte bajocienne, offre un paysage de prairie et de cultures sur relief ondulé. L’habitat autour de Virton est groupé en village.1 » Elle couvre la quasi totalité du territoire étudié à l’exception du sommet de la cuesta bajocienne faisant partie du replat du Pays Haut lorrain français.
Si le territoire n’est traversé par aucune grande route, il l’est par la « route » reliant les petites villes de Virton, voisine de Saint-Mard et de Montmédy, petite ville de garnison du nord du département de la Meuse (France). La « route » suit principalement la limite ouest du fond de vallée du Ton excepté entre Dampicourt et Rouvroy où elle se rapproche du Ton et traverse la plaine alluviale souvent inondée lors des saisons pluvieuses et à la fonte des neiges. Vers 1850, une véritable route est construite pour relier les deux villes. Elle reprend le tracé du chemin et incurve vers l’ouest entre Dampicourt et Rouvroy pour ne plus être coupée lors des débordements du Ton.
Un chemin relie Saint-Mard à Longuyon (Meurthe-et-Moselle, France) au travers de la cuesta et de la forêt de Guéville. D’autres chemins de moindre importance relient les villages entres eux et vers leurs voisins notamment français (Thonne-la-Long, Verneuil-Petit, Velosnes, Allondrelle…). En hivers et lors des saisons pluvieuses, les chemins reliant Torgny, village enclavé, entouré par la France sur trois de ses cotés, sont de très mauvaises qualités.
Le relief vallonné, peu montueux, avec buttes témoins, plateaux et une cuesta est un paysage d’érosion consécutif à une succession de couche de roche dure et plus tendre. Les eaux de la Vire et le Ton ont érodé les marnes sableuses de la formation d’Aubange mais ont butté contre les argiles bitumeuses laminaires grises de la formation d’Aubange (pied de la cuesta) et n’ont pu entamer les calcaires sableux orangés de la formation de Longwy (bajocien).
La composition du sol se décompose en quatre ensembles :
D’une manière générale, la carte des sols correspond à la carte géologique :
La source de la rivière le Ton se situe à 370 mètres d’altitude, dans la commune de Châtillon. Ses eaux sont limpides et glacés. Il rejoint la Vire en aval du village de Saint-Mard. Dans le village, le niveau du Ton est rehaussé pour le bon fonctionnement du moulin. Un déversoir rejette le surplus d’eau du Ton dans la Vire voisine d’une dizaine de mètre. La Vire a sa source à Battincourt à 300 mètres d’altitude et s’y appelle la Batte. A Musson, après sa confluence avec le ruisseau des Ecrevisses, elle prend son nom de Vire. A Dampicourt (Aigremont), le Ton est rejoint par la Chevratte ou ruisseau des Forges dont la source se situe à Bellefontaine (300 m d’altitudes).
Le Ton rejoint la Chiers à la limite des communes de Torgny et d’Ecouviez (France). La Chiers est un affluent de la Meuse.
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Saint-Mard confluence du Ton et de la Vire |
La Chiers à Torgny prairie de Velosnes (France) |
Les eaux du Ton fertilisent un fond de prairie relativement étendu. Le rapport à la rivière varie d’un endroit à l’autre, tantôt bénéfique, tantôt nuisible.
Le village de Lamorteau situé au niveau du lit de la rivière, souffre de ses débordements : « De temps immémorial, la localité a été connue et citée pour la fréquence de ses inondations. Pendant la plus grande partie de l’hiver, des rues entières et tout spécialement celles dites Régnier, Anglissant étaient en état complet de submersion et les habitants, véritables insulaires, devaient, souvent en compagnie de leur bétail, chercher à l’étage un abri, encore mal assuré, contre la crue des eaux. (…). »2
Le Ton provoque deux nuisances plus secondaires :
D’une manière générale, le Ton provoque quelques nuisances pour les prairies le joignant mais est bénéfique pour le reste du fond de vallée.
Ruisseaux affluent de la Vire :
Ruisseaux affluent du Ton :
Le paysage est façonné par l’industrie principale si pas exclusive des villages de cette région : l’agriculture. La surface agricole utilisé (SAU4) est de presque 77 % (¾ terres labourables, 1/4 prairies). Les bois occupent 20 % du territoire.
Carnets de statistiques : Occupation des sols
Elles sont divisées en quatre classes cadastrales à l’exception de Saint-Mard qui en possèdent une cinquième.
| classe 1 | classe 2 | classe 3 | classe 4 | classe 5 | |
| Moyenne | 14,07% | 32,80% | 39,18% | 12,33% | 1,63% |
Carnets de statistiques : Les terres labourbales
Saint-Mard =
Dampicourt =
Harnoncourt (Lamorteau et Rouvroy)=
Torgny =
Montquintin =
Saint-Mard =
Dampicourt =
Harnoncourt (Lamorteau et Rouvroy)=
Torgny =
Montquintin =
Saint-Mard =
Dampicourt =
Harnoncourt (Lamorteau et Rouvroy)=
Torgny =
Montquintin =
Saint-Mard =
Cinquième classe :
Dampicourt =
Harnoncourt (Lamorteau et Rouvroy)=
Torgny =
Montquintin =
La nature des cultures va déterminer le travail de la terre :
La charrue est attelée par quatre à six chevaux et conduite par deux hommes. Si c’est possible, le laboureur attellera plus de chevaux pour travailler les terres de médiocres qualités. S’il ne peut le faire, le labour prendra plus de temps.
Les engrais proviennent uniquement des pailles consommées dans les villages. Suivant les villages, les terres des deux ou trois premières classes ne sont fumées complètement que tous les six ans. Les autres le sont à des époques plus éloignées et ne donnent que de médiocre récolte.
La succession des assolements est de trois ans pour les terres des quatre premières classes, et de six pour celles de la cinquième, conformément au tableau qui suit :
| 1ère classe |
2ème classe |
3ème classe |
4ème classe |
5ème classe |
1e année froment |
1e année froment |
1e année 1/2 froment 1/2 méteil |
1e année méteil |
1e année méteil |
2e année 1/2 orge 1/2 avoine |
2e année 2/5 orge 3/5 avoine |
2e année avoine |
2e année avoine |
2e année avoine |
3e année 1/8 trèfles 1/8 pommes de terre 6/8 jachères |
3e année 1/10 pommes de terre 9/10 jachères |
3e année 1/12 trèfles 1/12 pommes de terre 1/10 jachère |
3 années jachères |
La terre reste en jachère pendant quatre années |
La succession des assolements est de trois ans pour les terres des trois premières classes et de quatre pour celles de quatrième, conformément au tableau ci-après :
| 1ère classe |
2ème classe |
3ème classe |
4ème classe |
1ère année 1/2 froment 1/2 méteil |
1ère année 1/2 froment 1/2 méteil |
1ère année 1/2 froment 1/2 seigle |
1ère année 1/2 froment 1/2 seigle |
2ème année 1/2 avoine 1/2 orge |
2ème année 1/2 avoine 1/2 orge |
2ème année avoine |
2ème année avoine |
3ème année 1/7 trèfle 1/7 pommes de terre 5/7 jachère |
3ème année 1/10 trèfle 1/10 pommes de terre 8/10 jachère |
3ème 1/12 trèfle 11/12 jachère |
Repos deux ans. |
La succession des assolements est de trois ans pour toutes les classes conformément au tableau ci-après.
| 1ère classe |
2ème classe |
3ème classe |
4ème classe |
1ère année froment |
1ère année froment |
1ère année froment |
1ère année froment |
2ème année orge |
2ème année orge |
2ème année 3/5 orge 2/5 avoine |
2ème année 1/2 orge 1/2 avoine |
3ème année 1/4 pommes de terre 1/4 trèfles 2/4 repos |
3ème année 1/6 pommes de terre 1/6 trèfles 4/6 repos |
3ème année repos |
3ème année repos |
La succession des assolements est de trois ans pour les terres labourables de toutes classes, conformément au tableau suivant :
| 1ère classe |
2ème classe |
3ème classe |
4ème classe |
1e année froment |
1e année froment |
1e année froment |
1e année froment |
2e année ¾ orge 1/4 avoine |
2e année 1/2 orge 1/2 avoine |
2e année 2/5 orge 3/5 avoine |
2e année avoine |
3e année 1/8 trèfle 1/8 pommes de terre 6/8 jachères |
3e année 1/10 trèfle 1/10 pommes de terre 8/10 jachères |
3e année 1/12 trèfle 1/12 pommes de terre 10/12 jachères |
3e année jachère |
« La division du territoire en saison présente un inconvénient grave, toutes les bonnes terres se trouvent réunies dans deux ; la masse de celle des deux dernières classes dont les récoltes sont assez éventuelle occupe la troisième ; en sorte que l’année qu’elle est en culture, le laboureur qui n’a pas été prévoyant se trouve fort gêné.»5
La succession des assolements est de trois ans pour toutes les classes, suivant le tableau ci-après :
| 1ère classe |
2ème classe |
3ème classe |
4ème classe |
1ère année froment |
1ère année froment |
1ère année 1/2 forment 1/2 méteil |
1ère année 1/2 méteil 1/2 seigle |
2e année 1/2 orge 1/2 avoine |
2e année 1/3 orge 2/3 avoine |
2e année avoine |
2e année avoine |
3e année 1/4 trèfle 3/4 jachère |
3e année 1/5 trèfle 4/5 jachère |
3e année jachère |
3e année jachère |
Les prés se divisent en trois classes cadastrales exceptés à Saint-Mard où il y en a une quatrième. L’encodage des bulletins de propriétés fait apparaître une cinquième classe à Couvreux.
| classe 1 | classe 2 | classe 3 | classe 4 | classe 5 | |
| Moyenne | 21% | 43% | 31% | 5% | 0% |
Carnets de statistiques : Les prairies et pâtures
Par défaut, les près occupent des terres qui ne sont pas utilisées par les labours. La plaine alluviale soumise au débordement des rivières. Les vallons et dépressions entre les labours. Ils collectent les eaux provenant des labours et en reçoivent les engrais. Certains d’entre eux sont traversés par un ruisseau.
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A titre d’exemple, entre Montquintin (altitude 323 m) et Lamorteau (altitude 194 m), se trouve un vallon encaissé entre des collines culminantes à 280 mètres (Solière) et 310 mètres (Havane). Le vallon est couvert de près. De part et d’autre se trouve des terres labourables. Au sud du village de Montquintin, lieux dit Truche Gilliot et Onze Jours, le vallon est plus large et sec. A mi pente, le ruisseau du Fond des Veaux prend source. Il se jette dans le Ton entre Lamorteau et la frontière française. Vue depuis Montquintin |
Saint-Mard =
Dampicourt =
Harnoncourt (Lamorteau et Rouvroy)=
Torgny =
(Tous sont arrosés naturellement)
Montquintin =
Tous les prés, à l’exception d’une partie de la dernière classe, sont situés sur un fond au nord du village de Couvreux, dans les revers des coteaux ou entre les terres labourables de 2e et 3e classes.
Saint-Mard =
Dampicourt =
Harnoncourt (Lamorteau et Rouvroy)=
Torgny =
Montquintin :
Saint-Mard =
Quatrième :
Dampicourt =
Harnoncourt (Lamorteau et Rouvroy) =
Torgny =
Montquintin =
La pâture est le lieu où les bestiaux viennent brouter l’herbe. Les prairies servent à produire le foin et regain pour les nourrir à l’étable. A Couvreux, seul la première herbe est recueillie puis les prairies servent de pâturages.
Les pâtures sont des terres de mauvaises qualités, soit trop humide, soit trop sèche.
A Saint-Mard, ce sont des terres froides, lourdes et humides situées sur les hauteurs. A Dampicourt, il en existe de deux classes, les uns occupant des terrain marécageux avec une herbe de bonne qualité et couvert en partie d’aulnes comme celui de Champé appartenant aux habitants de Dampicourt et voisin de la commune de Saint-Mard ; ou occupant des terres sèches à l’herbe courte comme ceux de la Fontaine aux Dames proche de Beauregard.
A Harnoncourt, ils occupent des terres asséchées par les sables déposés par le Ton lors de ses débordements. A Torgny, ce sont des parties d’aisances situées sur les hauteurs et loin du village qui produisent peu d’herbes. Lors des sécheresse et chaleurs, le bétail les dédaigne car l’herbe y est trop dure.
Carnets de statistiques : Les prairies et pâtures
Les bois sont situés sur les hauteurs telles que la crête de la cuesta bajocienne entre Saint-Mard et Torgny (Bois de Guéville), le bois Lahaut au dessus de Couvreux et le bois d’Arrentement à la limite de Couvreux et Villers-la-Loue (Mont Rivaux). Une exception partielle, le bois de Dampicourt se situe sur un flanc du Mont Châtillon dont le sommet est cultivé (terre labourable).
La presque totalité des bois appartiennent aux communes y compris sous l’ancien régime où 90% de l’ensemble des forêts couvrant les neuf villages appartiennent aux communautés des habitants. Jean Evrard Vicomte de la Fontaine et d'Harnoncourt, plus grand propriétaires fonciers nobles détient 3,4 % de la superficie boisée en 1767.
Il se situe sur la cuesta bajocienne, est vaste et giboyeux. Il est boisé de hêtres, chênes, charmes, corneliers, coudriers, et divers bois blancs. Il se divise en trois classes cadastrales :
Il se divise en deux classes : la majorité du bois est de deuxième classe mais une petite partie est de première. Cette dernière est boisée sur une terre de minerai de fer, le sol est profond. Les essences dominantes sont le chêne, le hêtre et charme mêlés de coudrier, le saule…
La partie classée en deuxième catégorie a un sol rocailleux où les racines pénètrent difficilement. Le bois y est chétif et dominé par les saules, les coudriers…
Sur la commune de Couvreux, il se nomme aussi Bois Rivaux du nom du mont sur lequel il se trouve. C’est un bois de première classe au sol sablonneux dont les essences dominantes sont le chêne, le hêtre et charme mêlés de coudrier, le saule…
Il appartient à la commune et est de médiocre qualité. Les essences qui le peuplent, sont le charme, le coudrier, le cornelier, les bois blancs mêlés de peu de chênes et hêtres. Le bois a une belle tenue mais dépérit dès l’âge de 15-16 ans. Ils sont exploités tous les 21 ans.
AEA, Expertises des communes, 1819-1823
1
Ministère de la Région wallonne, Direction générale
des Ressources naturelles et de l’Environnement, Direction des
Eaux de surface, Direction des Eaux souterraines, Observatoire des
Eaux de Surfaces, Etat des lieux des sous-bassins
hydrographiques, Tome I : Etat des lieux, Sous-bassin
Semois-Chiers, Description générale des
caractéristiques du sous-bassin, avril 2005, page 16
2
Emile Tandel, Les communes luxembourgeoises, tome III, l’arrondissement de Virton,
Institut archéologique du Luxembourg, Arlon, 1890 : Extrait de la notice de M. Leclerc, instituteur
communal à Lamorteau (1877), pages 185-186
3
Tandel pages 185-186
4
SAU = ensemble des parcelles exploitées par des agriculteurs
à des fins de productions agricoles (cultures et prairies).
5
AEA, Expertises des communes (1819-1823), Torgny
Copyright © 2006; Thierry Jean Saint-Mard
Revise le: 29-09-2006
Une famille Saint-Mard : http://users.skynet.be/saintmard/index.html