Généalogie et histoire des familles St Mard et alliées du comté de Chiny (Meuse (55) France, Gaume (Province de Luxembourg) Belgique).
«Le futur a un passé.
L' avenir a une mémoire!»
S’ils ont mené une vie ordinaire, nos ancêtres nous ont légués peux de traces. Nous pouvons les aborder par une étude de leur patrimoine, pour peu qu’ils possèdent des biens. Les petits gens, les très pauvres seront donc probablement exclu par cette approche. Le cultivateur aisé achète, vend, hérite des terres. Des actes notariaux sont rédigés, des successions enregistrées… Si la justice de paix permet de découvrir les menues disputes de la vie quotidienne et les différents d’argent, elle nous permet rarement de connaître la position sociale de l’individu.
Suivant les époques, la qualité des archives est très variable. L’historien a une marge de manœuvre limitée. Certains fonds d’archives ont été détruit (guerre, révolution, incendie, inondation, pourriture…), d’autres n’ont pas été déposé. Si au 19ème siècle, les registres de l’administration des domaines et de l’enregistrement permettent de reconstituer les minutes non déposés par les notaires et les actes sous signatures privées, sous l’ancien régime, une majorité d’acte n’est pas enregistré dans les œuvres de lois.
Au plus nous remontons le temps, au plus nous sommes confrontés au silence assourdissant des archives. L’étude de la famille Saint Mard est facilitée par la rareté du patronyme. De plus, certain d’entre eux ont exercé des mandats municipaux, d’autres ont des biens. Les jugements de la prévôté d’Etalle ne nous permettent pas de connaître l’activité professionnelle et le statut social de Pierre l’aîné St Mard et Marie Maillet père et mère de François, Hubert et Jean les St Mard fondateurs des trois branches généalogiques.
Pierre l’aîné St Mard (+ 1693) est un bourgeois de Buzenol. Il et propriétaire d’un troupeau de cochons, de dix bœufs qu’il a fait hiverner treize semaine en 1691 chez Jean Hubert. Il semble avoir une activité de transport de marchandises en relation avec les forges de Montauban (procès du 29 juin 1694) ;
La position sociale de deux de ces fils est un peux mieux connue : François (+ 1715) est mayeur de Dampicourt en 1699 ; Jean (+ 1725) est censier de l’abbaye d’Orval à Verneuil-Petit en mai 1704.
Revenons aux trois branches.
La première, la descendance de François St Mard et Anne Thiry à Dampicourt s’éteint rapidement du côté des hommes mais par les femmes se rattachera au 19ème siècle à la descendance de Jean St Mard et Marguerite Henry de Verneuil-Petit. Dans cette première descendance, un seul personnage est documenté : Philippe François époux de Françoise Lambert et Anne Collignon, laboureur, échevin et maire de Dampicourt.
La deuxième, la descendance de Hubert St Mard et Anne Brasseur a peut être connu un déclassement social, ce qui est certain une partie de cette descendance s’est appauvrie. A Torgny et Chenois, ils sont maçons et tailleurs de pierres, à Lamorteau cordonniers mais vannier, journalier et charbonnier à Harnoncourt.
La troisième, la descendance de Jean St Mard et Marguerite Henry à Verneuil-Petit semble avoir connu une plus grande stabilité. Ils sont agriculteurs : laboureur, censier à Verneuil-Petit. Excepté les baux de l’abbaye d’Orval et les professions nommées dans les registres paroissiaux, Verneuil-Petit n’est pas documenté car je n’y ai pas travaillé. De cette descendance est issu Jean-Baptiste St Mard époux d’Anne Marie Simon, séminariste, adjoint-maire de Dampicourt au début du 19ème siècle. Les Saint-Mard de Dampicourt sont des cultivateurs aisés. Ils sont propriétaires de leurs terres. Deux des fils de Jean-Baptiste et Anne Marie Simon sont charrons à Velosnes. Cette profession sera exercée par au moins deux générations.
Philippe François St Mard (1705-1789) est l’unique représentant du 18ème siècle pour lequel nous avons une documentation exploitable. Le cadastre de 1766, pour la première fois, permet d’avoir une vue d’ensemble des propriétaires de la vallée du Ton1. Les tabelles récapitulatives établies par la justice recensent 786 propriétaires. Si 1,15 % des propriétaires ont plus de 50 hectares de biens, parmi eux les communautés des habitants, le Vicomte d’Harnoncourt, le seigneur de Montquintin ; une large majorité (54 %) des propriétaires a moins de 1 hectare de biens. Au total, 89 % des déclarants sont propriétaires de moins de 10 hectares.
Philippe St Mard avec ses 11 hectares et demi se situe dans un groupe de septante-sept propriétaires (soit 9,8 %) ayant entre 10 et 50 hectares. Le groupe est fort hétérogène, il reprend des seigneurs et nobles, des communautés, des institutions (les pauvres, les bourses), des bourgeois, des indivis.
Les tabelles de certains villages ne mentionnent pas le statut social et la profession du propriétaire. De ce fait sur 786 propriétaires uniquement 63 sont repris comme bourgeois : 17 laboureurs, 11 manœuvres, 2 marchands, 1 tisserand et 32 dont nous ne connaissons pas la profession.
A cette époque, le nombre de maison pour le village de Dampicourt, Mathon et les Aigremonts est de 29 maisons. Il est peuplé de deux personnes du deuxième ordre, quarante-deux laboureurs, un cordonnier, un fileur de laine, trois maréchaux-ferrants, deux serruriers, cinq tisserands, deux tonneliers et d’un noble vivant de ses revenus2.
Malgré l’absence des journaliers, mélangés avec les laboureurs, ce décompte reste une bonne base pour analyser la hiérarchie villageoise. Indépendamment des hommes d’église, le sommet de la hiérarchie est occupé par les nobles et les seigneurs qui possédaient environ seize pour cent de la vallée du Ton entre Saint-Mard et Lamorteau (Torgny compris). Les seigneurs de Dampicourt, Mathon et les Aigremont sont nettement moins puissant que leurs voisins le Vicomte d’Harnoncourt et le seigneur de Montquintin, évêque suffragant de Trèves.
Jean Ferdinand de Prés de Barchon, seigneur de Mathon et des Aigremont est propriétaire de 45 hectares et demi, feu mademoiselle de Suys à Dampicourt était propriétaire de 35 hectares, par contre le Vicomte d’Harnoncourt détient 261 hectares et Jean Nicolas de Hontheim, seigneur de Montquintin, 82 hectares.
Depuis longtemps, le pouvoir des seigneurs a été fort limité, les villages ont été affranchi à la « loi de Beaumont ». Les habitants, bourgeois, disposent de leurs biens, ils peuvent être plein propriétaire. Ils sont libres de choisir leurs activités. Les charges financières et les taux des banalités (four à pain, moulin) sont définis et fixés3.
Dans les villages de Lorraine, les laboureurs sont minoritaires et occupent le haut de l’échelle économique et sociale4, hors noblesse bien entendu. Ils existent trois sortes de laboureurs, le laboureur propriétaire de ses terres et prairies, le laboureur fermier ou censier qui loue la terre, et le laboureur à la fois propriétaire et fermier, son domaine comprend des biens en propres et des biens en location.
Une deuxième distinction se fait en fonction de la taille des exploitations. Le gros laboureur lorrain aura une exploitation d’une taille maximale de 80 hectares. Les moyens laboureurs exploitent entre dix et trente hectares. En dessous de 10 hectares, on parlera de petit laboureur. Certains auteurs utilisent l’appellation de demi-laboureur pour désigner les exploitants de micro-exploitations mais il s’agit souvent de journaliers ayant un ou deux hectares.
Si le laboureur a une plus grande liberté économique, s’il a une certaine aisance, elle reste très relative car tout peut être remis en question par un accident, la maladie, la mort du chef de famille, les mauvaises récoltes… En cas de coup dur, les laboureurs les moins aisés pourraient être entraînés dans un cercle vicieux d’endettement amenant à terme à la liquidation de l’exploitation.
La puissance sociale des laboureurs « repose sur leur situation de donneurs d’emploi et de bailleurs de matériel à leurs voisins plus démunis obligés de compenser en fourniture de travail gratuit.5» Les laboureurs et les manouvriers entretiennent des rapports de force où chacun défend ses intérêts, mais le manouvrier est dominé et fourni une main d’œuvre bon marché lors des grands travaux agricoles (fenaison, moisson, battage des grains en hivers).
Les artisans forment une classe sociale intermédiaire entre les laboureurs et les journaliers.
Les journaliers, le groupe social le plus important en nombre d’individus, travaillent pour les autres. Ils vivent dans la pauvreté. Tout en bas de l’échelle sociale se trouve les exclus : mendiants et indigents. En l’absence de couverture sociale, le moindre accident de la vie avait des conséquences importantes, un journalier ne sachant plus travailler devenait indigent. En Gaume, au début du vingtième siècle, existait de nombreuses chaumières, simples cabanes de bois recouvertes d’un toit de chaume, situées au bord d’une route et à l’écart du village, à l’écart de toute vie sociale6.
Philippe St Mard, « moyen laboureur », fait-il partie de cette « poignée de « coqs de village », concentrant fortune et pouvoir », dominant « de très haut une masse de manouvriers et de micro-exploitants7» ?
Philippe St Mard est le deuxième plus gros propriétaire qualifié de bourgeois. Le rôle d’imposition de la taille en 1772 corrobore cette position. L’imposition des roturiers peut être facilement comparée à la liste de bourgeois. Le rôle comprend vingt-quatre articles dont un frappant la communauté des habitants. Philippe St Mard doit payer une des trois plus importantes cotisations.
L’exploitation de Philippe est composée de 85 % de terres labourables, 10 % de prairies et 3 % et demi d’enclos. Il possède six à huit chevaux. Son activité principale est cultivateur mais nous ne pouvons pas exclure une petite activité d’élevage de chevaux. Deux puissants chevaux de type ardennais suffisaient pour tracter une charrue.
Tout comme son père François, par deux fois Philippe est élu maire pour une année. Il est aussi huit fois simple échevin et sept fois premier échevin entre 1750 et 1774. Le 3 mai 1775, la loi de Beaumont est abrogée par Marie-Thérèse d’Autriche, elle se réserve la nomination du maire et des échevins8. Philippe continue d’exercer cette magistrature. Le 20 juillet 1776, il prête serment de « bongard » « aux fins de s’acquitter fidèlement de sa commission sans port faveur ni inimités. »
Philippe est incontestablement un notable de Dampicourt, tout en étant illettré. S’il est un laboureur aisé, il reste un petit propriétaire vis-à-vis d’autre villageois, par exemple Pierre Lalangue, Sergent de la basse justice, qualifié de manœuvre dans le cadastre de 1766 mais propriétaire de 46 hectares.
Henry Saint Mard (1702-1742) époux d’Anne Marie Themelin achète en 1730 une maison à Latour. Il est maître d’école. En 1732, il est échevin de Latour. Il s’installe vers 1738 à Torgny où il exerce la fonction de marguillier. Il a la garde de l’église du village, de son entretien. Il convoque l’assemblée de la paroisse et rend des comptes à la fin de son mandat. Au sein de la paroisse, c’est une fonction chargée d’honneur.
Sa veuve revend la maison de Latour en 1743.
Nous n’avons pas d’éléments permettant de reconstituer son patrimoine et son niveau social. C’est un notable lettré.
Henry est l’ancêtre des sous-branches de Torgny et Chenois, Lamorteau et Harnoncourt.
La sous-branche de Lamorteau issue de Jacques (1737-1788) Saint Mard fils du marguillier de Torgny semble connaître un déclassement social.
Jacques époux d’Anne Louis exerce la profession de maître maçon tout comme son frère Jean-Baptiste installé à Torgny. Le deuxième frère, Henry (1741-1804), est manœuvre à Lamorteau. Par contre, deux de ses trois fils sont cordonnier et le troisième journalier. Les cordonniers savent signer mais Joseph le journalier ne le sait pas.
Quel est la position sociale de Jean (1775-1836) époux d'Anne François et de Charles (1780-1853) époux de Marguerite Genin, les deux cordonniers ? Et celle de Joseph (1777-1846) époux d’Anne Marie Paul, leur frère manœuvre ?
Les trois couples sont propriétaires de leur maison et de quelques biens.
| Propriétaires | Maison | Jardin | Terre labourable | Prairie |
| Jean – hypothèse basse | 1 a 50 | 20 a 50 | 69 a | 45 a 10 |
| Jean – hypothèse haute | 1 a 50 | 23 a + 2 a de verger |
2 h 12 50 | 59 a 40 + 25 a 50 de pâture |
| Charles | 48 c | 6 a 50 | 1 h 36 a | 7 a |
| Joseph | 2 a 88 | 5 a 89 | 13 a |
Les maisons de Jean et Charles sont de classe 7, celle de Joseph de classe 8. En 1844, la classification des maisons se fait de 1 à 9. Le tarif d’évaluation d’une maison de première classe est de 102 francs, de dernière classe (9) 6 francs. Les maisons de classe 7 sont valorisée à 18 francs et celle de classe 8 à 12 francs.
Le cadastre de 1844 recense neuf cordonniers dans la commune de Lamorteau englobant les villages de Harnoncourt et Torgny. Charles y est renseigné comme journalier.
| Résidence | Quidam | Superficie |
| Torgny | Harbonnier (de) Jean Baptiste | 36 c |
| Torgny | George Jean François | 3 a 71 |
| Lamorteau | Urbin Charles et consorts par indivis | 20 a 20 |
| Torgny | Baduraux Jean Baptiste | 62 a 95 |
| Harnoncourt | Noël Jean Baptiste | 76 a 52 |
| Lamorteau | Genin Charles | 1 h 25 a 60 |
| Torgny | Lucius Nicolas et consorts par indivis | 1 h 25 a 70 |
| Lamorteau | Urbin Charles | 3 h 25a 47 |
| Harnoncourt | Martin François | 7 h 97 a 32 |
Deux des neufs cordonniers ne sont pas propriétaires d’une habitation. Pour les sept autres, la taille de celle varie entre 36 centiares et 5 ares 60, et sont classée de 5 à 8.
Au vue du tableau ci-dessus, Jean et Charles se positionnent légèrement en dessous de la moyenne mathématique de la surface de biens d’un cordonnier dans la commune de Lamorteau (1 hectares 70 ares).
La moyenne de la surface au sol des maisons est de 1 are 78. Charles, père de six enfants, est donc largement en dessous de la moyenne.
Dans les actes notariaux, je n’ai pas trouvé d’indice évident de pauvreté, d’indigence ou de misère. Mais que signifient ces trois termes. La pauvreté est un état relatif qui s’apprécie vis-à-vis de l’ensemble d’une société déterminée. Etre pauvre, c’est être les moins riche de la communauté mais tout en pouvant satisfaire à ses besoins essentiels, c’est-à-dire pouvoir manger, se vêtir et se loger.
« L’indigence est la privation pour certaine personne des choses nécessaires à la vie ; c’est le défaut d’équilibre entre les ressources, d’une part, et les besoins, d’autre part.9 » Cet état absolu est réversible, l’indigent peut améliorer sa situation par une remise au travail, un changement de travail mieux rémunéré…
La misère est le stade ultime. C'est un état permanent d’indigence où l’individu a un abandon de lui, ou l’individu vit une déchéance, une dépression morale complète. « La misère est donc un mal peu guérissable, assez souvent héréditaires.10 »
En 1839, le secrétaire communal de Dampicourt s’oppose à un projet d’une coupe de 25 à 30 chênes destinée à financier la réfection de l’église. Il déclare : « …Si l’on vend, il ne restera rien aux habitants dont les trois quarts sont indigents.11» S’il ne faut probablement pas prendre le terme « indigent » dans le sens décrit ci-dessus, le secrétaire communal donne une information précieuse qui recoupe la description de la hiérarchie villageoise. La majorité des habitants sont des journaliers qui « se tuaient à la tâche et qui vivaient dans le plus extrême dénuement.12 ». La majorité des habitants sont pauvre.
Dans tous les cas, une seule certitude, aucun des individus de ce groupe n’est indigent.
Dans le cas de Charles et de Jean (hypothèse haute), la surface en terre labourable, supérieure à un hectare, permet d’envisager qu’il avait une activité agricole complémentaire (une micro exploitation) qui leur offrait des moyens de subsistances supplémentaires.
Joseph Saint Mard, journalier, quatre enfants à charge, peu de biens devait être dans une situation bien plus pauvre. Tout comme la grande majorité des journaliers (68 %), il a moins de 50 ares, mais il est propriétaire d’une maison relativement grande (2 ares 88, classée 8).
| Superficie | Nombre de journaliers | % |
| < 10 a | 43 | 41,35% |
| < 50 a | 28 | 26,92% |
| < 1 ha | 12 | 11,54% |
| < 2 ha | 15 | 14,42% |
| < 3 ha | 5 | 4,81% |
| < 4 ha | 1 | 0,96% |
| 104 | 100,00% |
Il est plus difficile de se faire une opinion sur Joseph car son patrimoine est connu uniquement par le cadastre de 1844 et la déclaration de succession du 22 avril 1847. Dans cette dernière, sa veuve déclare 23 ares 61centiares dont une demi-maison consistant en corps de logis, écurie contiguë et petit jardin derrière. Il est fort probable que le couple était pauvre.
A la génération suivante, Elisabeth Saint Mard (1805-1863), fille de Jean et Anne François épouse Jean Joseph Gonry, charron à Lamorteau. La communauté Gonry-Saint Mard est propriétaire de 72 ares 29 dont une maison de 1 are 44 de classe 6. A la fin de leur vie, ils semblent être propriétaire de 1 hectare 20 ares.
En 1844, avec ses 72 ares, il est le deuxième « plus gros » charron sur cinq. Le couple donne l’impression d’être « dynamique » dans la gestion de leur bien. Entre 1846 et 1857, ils empruntent quatre fois et hypothèquent leur maison. Pour pouvoir le faire plus d’une fois, ils doivent avoir remboursé toutes les sommes. De plus en 1849, Elisabeth achète comme bien propre une seconde maison, et en 1857, le couple hypothèque une troisième maison en construction.
La profession de charron n’exigeant pas de terre, nous ne pouvons pas évaluer le niveau social du couple sur base uniquement de la surface de terre, pâture et jardin. Par contre l’accroissement du patrimoine, le remboursement des dettes laisse sous-entendre qu’ils n’étaient pas pauvre et bon gestionnaire.
Au vue des différents éléments, le déclassement social doit être considéré comme relatif pour les cordonniers mais total pour Joseph le journalier.
A la différence de la sous-branche de Lamorteau issue de Jacques Saint Mard (1737-1788), la sous-branche de Harnoncourt issue de Henry (1741-1804) fils du marguillier de Torgny connaît un important déclassement social.
Il s’agit du groupe le moin biens documenté. Les petits gens n’ont pas les moyens d’acheter régulièrement des terres et prairies. Ils ne laissent que peux de traces de leur vie.
Alors que ses deux frères sont maçons, Henry époux d’Anne Marie Antoine est manœuvre. A la génération suivante, le déclassement se confirme. Son fils Mathieu (o 1779) est vannier et journalier ; son autre fils Jean-Félix (1792-1856) est vannier et charbonnier à Lamorteau.
Jean Nicolas (o 1798), fils de Mathieu exerce la même profession que son père : vannier ambulant et journalier. Par contre le fils de ce dernier, Hubert (1826-1883), avec seulement 3 hectares 54 ares de terre et pré est dit cultivateur.
Mathieu et Jean Nicolas sont qualifiés de journaliers dans les bulletins de propriétés de la commune de Lamorteau en 1844. Cent et six propriétaires y sont renseignés comme journalier. La superficie de leurs biens varie de 18 centiares à 3 hectares 52 ares, trois d’entre eux ne sont pas propriétaire d’une habitation.
Quarante pour cent et demi des journaliers ont moins de 10 ares et vingt-huit pour cent entre 10 et 50 ares. Mathieu s’inscrit dans cette seconde catégorie (16 ares 47centiares).
Treize pour cent quatre-vingt des journaliers ont entre 50 ares et 1 hectares, Jean Nicolas s’inscrit dans cette troisième catégorie (54 ares 28 centiares).
Les journaliers ou manouvriers n’ont pour richesse que leur force de travail. Ils divisent en quatre catégories13 :
Excepté le journalier fils de laboureur, qui constitue un cas particulier, tous les journaliers ont besoins d’une activité complémentaire en plus du travail effectué pour les laboureurs et cultivateurs pour s’en sortir. Le journalier travail dur pour s’en sortir. Pauvre, la vie à la campagne leur offre plusieurs petits moyen de subsistance tel que le glanage, usage les autorisant à ramasser dans les champs les épis ou pomme de terre rester à terre dans les trois jours de la fin de la récolte ; l’affouage ou droit de ramasser le bois mort ; l’usage des pâtures commune s’il possède une bête… De plus le travail de moisson était souvent payé en grain, dont la farine pouvait assurer une année de pains14.
L’activité complémentaire de Mathieu et Jean Nicolas Saint Mard est connue, ils sont vannier. Ils tressent l’osier, « espèce de saule dont les rameaux, jaunes, longs et flexibles, servent à tresser des paniers, des corbeilles… 15» La récolte de l’osier s’effectuait en hiver, les rameux étaient écorchés et trempés, puis séchés. Jean Nicolas est dit vannier ambulant, pour vendre sa production, il devait prendre la route. Journalier, vannier et colporteur, tel était ses professions.
Mathieu et Jean Nicolas Saint Mard sont propriétaires d’une maison de classe 9 pour Mathieu et de classe 8 pour Jean Nicolas. A Harnoncourt, aucun journalier n’est propriétaire de maison des classes 1 à 5. Si onze pour cent des maisons de la classe 6 et neuf pour cent des maisons de classes 7 appartiennent à des journaliers ; soixante-huit pour cent de celles de classe 8 et septante-cinq pour cent de celles de classes neuf appartiennent aux journaliers. Mathieu et Nicolas ne dérogent pas à la norme du village.
Tous les deux hypothèquent lors maison pour garantir un emprunt d’argent. En 1847, Jean Nicolas hypothèque en plus 32 ares de champs, soit environ soixante pour cent de ses biens.
S’il ne fait aucun doute que ses deux familles étaient relativement pauvres, je n’ai pas trouvé de documents mentionnant qu’ils étaient indigents.
L’épouse de Jean Nicolas avait un statut social important dans la communauté villageoise, Marie-Thérèse Genin était la sage-femme pour les communes d’Harnoncourt, Dampicourt et Torgny16.
Dans son bulletin de propriété en 1884, Jean Félix est qualifié de charbonnier. Neuf propriétaires exercent cette profession consistant à fabriquer du charbon de bois. La forêt de Guéville, dominant depuis le sommet de la cuesta bajocienne la vallée du Ton, fournissait la matière première. Ils y construisaient des meules de branches de charme, d’acacia, de chêne ou de châtaignier, sans mélanger les espèces, les recouvrant d’une chape de terre. La meule était incendiée, la calcination à l’étouffé durait trois à quatre jours. Venait ensuite le travail le plus pénible, les charbonniers ouvraient la meule incandescente et en extrayaient le charbon brûlant. Travail des plus pénibles.
Six charbonniers sont de la famille Bouillon. Le plus petit charbonnier est propriétaires de 2 ares 87 centiares comprenant une maison et un jardin, le plus gros possèdent 5 hectares 87 ares (maison, jardin, terres labourables, prairie, verger).
Les biens de Jean Félix comprennent une maison de 52 centiares et de classe 8, un jardin et des terres labourables pour un total de 73 ares 66 centiares, soit 57 ares 19 centiares de plus que son frère Mathieu d’Harnoncourt. Ces quelques bien lui fournit un petit complément mais il doit nourrir une famille de sept enfants, les deux autres sont morts en bas âge.
S’il est le septième plus important charbonnier, il est largement dépassé par Jean Antoine Bouillon (2 hectares 30 ares) et Jean-Baptiste Bouillon (5 hectares 87 ares).
Comme son frère, en 1844, il hypothèque sa maison, 4 ares de jardin et 16 ares 20 centiares de terres labourables pour garantir le remboursement d’un emprunt.
Si comme pour les vanniers journaliers de Lamorteau, je n’ai pas de trace d’indigence, entre 1844 et 1856 son patrimoine se réduit de manière considérable. La déclaration de sa succession datée du 30 juillet 1856 ne reprend qu’un quart indivis d’une petite maison avec corps de logis et écurie et 4 ares de terre. La profession qu’il exerce, la taille de sa famille, la diminution de son patrimoine me laisse penser que la famille devait être pauvre.
Les registres d’état civil et le bulletin de propriété de 1844 renseigne la même profession pour Hubert, à savoir cultivateur. Mais vingt ans après sont décès, sa veuve, Marie Joseph Georges n’est propriétaire que de 3 hectares 54 ares dont cinquante pour cent lui appartiennent en bien propre. En 1887, elle avait reçu 1 hectare 32 ares de sa mère.
Deux possibilités se présentent :
Par comparaison, le même problème se pose dans les bulletins de propriété de 1844 de Lamorteau. Douze des cinquante-quatre cultivateurs ont moins de 1 hectare, vingt-deux ont entre 1 et 5 hectares. Ils n’ont pas plus de biens que bon nombre de journaliers.
Si Hubert n’avait pas d’autre activité, il ne pouvait qu’être pauvre. Mais Jean Gallet dans « Seigneurs et paysans en France17 » décrit l’existence de journaliers petits propriétaires à la tête de micro exploitations agricoles de un à deux hectares. La rupture de 1789 est avant tout une rupture politique, si les seigneurs ont perdu leur pouvoir et revendu nombre de terre, les gros cultivateurs, anciens laboureurs, travaillent toujours de la même manière. Le statut social des petits cultivateurs et des journaliers ne s’est pas améliorer depuis le début du siècle. La hiérarchie villageoise reste donc similaire à celle de la fin de l’ancien régime. A la fin du 19ème siècle, la mécanisation fragilisera cette population. Les manouvriers trouveront de moins en moins d’emplois auprès des cultivateurs. Ils deviendront ouvriers notamment dans la sidérurgie qui se développe dans le bassin Lorrain.
En Gaume, « huit à neuf hectares suffisaient pour faire vivre une famille18 » à cette époque. Nous en sommes très loin du compte. Hubert ne peut qu’être un journalier propriétaire d’une toute petite exploitation agricole.
La sous-branche de Torgny issue de Jean Baptiste Saint Mard fils du marguillier du même lieu forme un groupe homogène de tailleurs de pierres et de maçons. De cette branche est issu les Saintmard maçon à Chenois et Saint-Laurent-sur-Othain.
Jean Baptiste Saint Mard époux de Catherine Mereaux, fils du marguillier exerce les professions de maçon et tailleur de pierre. Ses quatre fils exercent les mêmes professions. Si pour la première génération de maçon (Jean Baptiste) les archives sont avares en informations, les deux générations suivantes sont bien documentées.
Jean Baptiste, le fils du Marguillier et son épouse sont propriétaires d’une maison avec un petit jardin derrière situé en la dite commune de Torgny.
Qu’en est-il de ses fils ?
| Quidam | Village | Profession | Total des biens | Maison |
| Première génération | ||||
| Henry (1767-1844) x Marie Jeanne Neveu |
Torgny | Maçon et tailleur de pierres | 2 h 67 a 70 c (35 a 85 c en 1844 après la mort d’Henry) |
Classe 7 |
| Jean-Baptiste (1770-1847) x Marie Marguerite Dubois |
Torgny | Tailleur de pierres | 93 a 69 c | Classe 5 |
| Charles ( 1780-1855) x Jeanne Catherine Hablot |
Torgny | Maçon | 68 a 70 c | Classe 8 |
| Nicolas Denis (1785-1839) x Jeanne Catherine Bieuvelet |
Torgny | Maçon | 1 h 5 a 9 c | Classe 6 |
| Deuxième génération | ||||
| Henry (o 1812) x Marguerite Ribonnet |
Chenois | Maçon | 1 h 62 a 74 c | |
Le cadastre de 1844 nous apprend qu’il y a onze propriétaires maçons à Torgny, Henry époux de Marie Jeanne Neveu venant de mourir, sa veuve n’est pas reprise comme maçon. Les biens de se dernier ont dû être liquidé ou partagé à la fin de l’année 1844, ce qui explique la très forte différence entre le cadastre, la déclaration de succession et la reconstitution du patrimoine. Nicolas Denis y est repris comme cultivateur, il n’est donc pas non plus repris dans les statistiques de ce groupe.
En 1844, dans la commune de Lamorteau, il y a 21 maçons, 6 charpentiers, 3 tailleurs de pierres et un peintre. S’ils représentent septante pour cent des professionnels du bâtiment, les maçons ne sont propriétaires que de cinquante-cinq pour cent des biens se rattachant à ce groupe. Les tailleurs de pierres représentent dix pour cent des propriétaires et 4,6 % des superficies.
Sur base des superficies, nous pouvons les diviser en trois groupes :
Avec une superficie minimale de 68 ares 70 c et une maximale de 2 hectares 67 ares, nos Saint Mard maçon font partie des mieux nantis de leurs professions.
La comparaison avec les autres professions reste délicate. Sur base uniquement des superficies immobilières, il n’est pas possible de déterminer s’ils sont aisés ou pauvres. Les jardins et les terres devaient être principalement consacré à l’usage du ménage, peut-être apportait-ils un revenu complémentaire. Il est a souligné que je n’ai pas trouvé d’acte mentionnant une quelconque indigence dans ce groupe.
Au niveau de l’habitation, leur sort est plus variable. Dans le village de Torgny, dix maçons sont propriétés des maçons, l’un d’entre eux n’en a pas. La norme, c’est la maison de classe 7 (60 %), Henry de Torgny s’inscrit dans cette catégorie. Un seul maçon a une demeure de classe 5, Jean Baptiste époux de Marie Marguerite Dubois s’il n’est pas le maçon ayant les plus de biens, il est celui qui a « la plus belle maison ». Treize des cent vingt-quatre maisons du village sont de classe 5, dont la majorité, huit, appartiennent à des cultivateurs.
Nicolas Denis époux de Jeanne Catherine Bieuvelet avec ses 1 hectare 5 ares et sa maison de classe 6, en tant que maçon est bien nanti par rapport aux autres maçons mais s’il était cultivateur comme le prétend le cadastre de 1844, il serait pauvre.
La moitié des maisons Torgny sont de classes 7 à 9. Elles appartiennent principalement aux journaliers mais excepté les aubergistes, les charpentiers et les maréchaux-ferrants, toutes les professions sont représentés dans ces trois classes.
De nos trois maçons et tailleurs de pierres à Torgny, Charles époux de Jeanne Catherine Hablot est le moins bien nanti, il a le moins de bien et une maison de classe 8.
Si on les compare avec les maçons de Torgny, le maçons de Chenois, Henry x Marguerite Ribonnet avec ses 1 hectare 62 ares fait partie des mieux nanti de sa profession.
| Quidam | Village | Profession | Description de la maison | Maison |
| Première génération | ||||
| Henry (1767-1844) x Marie Jeanne Neveu |
Torgny | Maçon et tailleur de pierres | Un corps de logis, grange, écurie contiguë | Classe 7 |
| Jean-Baptiste (1770-1847) x Marie Marguerite Dubois |
Torgny | Tailleur de pierres | Un corps de logis, écuries et grangette contiguës | Classe 5 |
| Charles ( 1780-1855) x Jeanne Catherine Hablot |
Torgny | Maçon | Une maison avec écurie, grangette contiguë | Classe 8 |
| Nicolas Denis (1785-1839) x Jeanne Catherine Bieuvelet |
Torgny | Maçon | Une maison, avec écurie contiguë | Classe 6 |
| Deuxième génération | ||||
| Henry (o 1812) x Marguerite Ribonnet |
Chenois | Maçon | Une maison avec écurie et grangette contiguë | |
La structure des maisons (corps de logis, grange ou grangette, écurie) tend à prouver qu’ils exerçaient une petite activité de cultivateur soit pour leur propre consommation, soit pour un revenu supplémentaire. En Gaume, l’écurie est l’étable, on y abrite les chevaux mais aussi les bœufs, voir le taureau.
S’il n’est pas toujours aisé de percevoir le statut social des hommes, les femmes sont très mal documentées.
Abordons le sujet au travers de six d’entre elles, quatre épouses et deux célibataires.
| Quidam | Village | Profession | Profession de l’époux | Biens |
| Première génération | ||||
| Catherine (1772-1838) |
Torgny | Journalière | 1 chambre (maison de classe 9) = 31 c (partie de la maison de son frère Charles) |
|
| Deuxième génération | ||||
| Marguerite (o 1819) x Jean Everling (mariage tardif, elle a 34 ans) |
Torgny | Couturière | Maréchal-ferrant | Une maison d'habitation (corps de logis, écurie, remise et jardin derrière d'environ 4 ares, ainsi qu'un bâtiment forge et un jardin derrière d'environ 6 ares) + 12 a de terre |
| Marie Elisabeth (1808-1865) x Jean Baptiste Guerlot |
Torgny | Maçon | Une maison + 58 a 50 c | |
| Françoise Sophie (1810-1858) | Torgny | 28 ares + 1 maison (corps de logis, écurie, grangette) | ||
| Anne (o 1822) x Nicolas Félix Hubert |
Torgny | Charpentier | Une maison (corps de logis, écurie et grangette) | |
| Adèle (o 1843) x Joachim Isidore Michel |
Chenois Virton Pin-Izel |
Directeur de carrière | Une maison d’habitation (corps de logis, écurie) à
Virton (revendue en 1884) + Minimum 40 ares |
|
Les deux célibataires.
Catherine fille de Jean-Baptiste et Catherine Mereaux est incontestablement pauvre. Elle est journalière et ne possède qu’une maison de classe 9 de 31 centiares ou plus exactement une chambre au devant de la maison de ses parents, qu’elle a reçu lors du partage de cette dernière en 1806. Le reste de la maison appartient à son frère Charles époux de Jeanne Catherine Hablot. Elle est pauvre mais pas indigente, il est fort probable que la cohabitation dans un même bâtiment entraîne une forme de solidarité familiale entre elle et son frère.
Françoise Sophie a quelques biens, une maison avec écurie et grangette et 28 ares de terres. Elle meurt relativement jeune (48 ans) et semble bénéficier de l’aide de ses sœurs Marie Jeanne et Marguerite épouse de Jean Everling. A la fin de sa vie, elle est malade et dicte un testament en faveur de ses deux sœurs et son beau-frère. Il n’est pas à exclure qu’elle était pauvre mais il n’y a pas d’indice d’indigence.
Les épouses.
Trois des quatre époux ont une profession en rapport avec celle du père de l’épouse : Maçon, charpentier et directeur de carrière. Pour ce dernier, nous ne connaissons pas sa profession au jour de son mariage.
La quatrième, Marguerite épouse un maréchal-ferrant.
Toutes ont une maison comprenant un corps de logis, une écurie, une grangette. Nous n’avons pas la description de la demeure de Marie Elisabeth qu’en à celle de Marguerite, elle comprend un bâtiment de forge.
Avec 58 ares et demi, Jean Baptiste Guerlot époux de Marie Elisabeth se classe dans le groupe des maçons propriétaire de 11 a 80 c à 95 a 13 c. Vis-à-vis du groupe professionnel, il est au dessus de la moyenne mathématique (39 ares 9 centiares). Il se situe à une position intermédiaire entre « les maçons petits propriétaires et ceux plus gros propriétaires ».
Si on le compare avec les statistiques cadastrales de Lamorteau, Jean Everling époux de Marguerite n’a pas beaucoup de biens comparativement aux sept maréchaux-ferrants en 1844. Tout comme pour les maçons, la profession se divise en trois groupes :
Avec 12 ares, Jean-Baptiste Guerlot se rapproche du premier groupe. Il est donc fort probable qu’il était un des plus petits maréchaux-ferrants de la seconde moitié du 18ème siècle à Torgny sans pour autant pouvoir parler de pauvreté ni d’indigence. Avait-il besoin de terre ? Son métier était peut être suffisamment rentable pour assurer l’aisance de sa famille.
Le statut social de Joachim Isidore Michel époux d’Adèle ne peut être déterminé faute de donnés, excepté qu’il exerçait une fonction de direction. Cela sous entend un statut supérieur à celui d’un manœuvre ouvrier.
Les premières générations St Mard à Verneuil-Petit sont des censiers ou laboureurs fermiers. Ils exploitent les terres de l’abbaye d’Orval c’est-à-dire un domaine comprenant « trois petites masures, trois jardins, deux chènevières, en terres labourables dont plusieurs jours sont exempts de terrage, en prés fauchables et en droits dans aux terres des Rhodelles aussi exemptes de terrages. » La puissance de l’abbaye d’Orval lui a certainement permis d’acquérir des terres de qualité, offrant au censier un bon rendement. Mais cette aisance était conditionnée au renouvellement du bail à ferme.
Jean (+ 1725) époux de Marguerite Henry ne peut avoir la confiance des Abbés d’Orval s’il n’a pas les aptitudes pour valoriser leurs biens à Verneuil-Petit. Comme dit plus haut, différents indices laissent penser que ses parents, Pierre l’aîné et Marie Maillet ont une activité agricole et une activité de transport de marchandises à destination des forges de la région. En regroupant les diverses données reprisent dans les procédures de la justice prévôtale d’Etalle, Pierre est propriétaire d’un troupeau de cochon qu’il fait paître dans les bois, de dix bœufs, des chevaux, deux chariots pour des transports en relation avec la forge de Montauban et loue un jardin verger.
Nous pouvons en conclure que Jean connaît le métier de cultivateur, de plus à défaut de savoir s’il est lettré, il sait signer.
Le bail à ferme est transmis à ses enfants, et petits-enfants (Jacques, Pierre et Catherine). Le statut de censier offre une aisance précaire car elle peut être remise en cause en cas de non renouvellement du bail à ferme.
Dans les registres paroissiaux de Verneuil-Petit, les Saint Mard sont essentiellement des laboureurs.
La sous-branche de Dampicourt est issue du groupe de Verneuil-Petit via Thonne-les-Près, village au pied de la citadelle de Montmédy.
Cette branche est un accident de l’histoire. Jean-Baptiste (1767-1816) Saint Mard époux d’Anne Marie Simon n’aurait pas dû devenir cultivateur mais était destiné à la prêtrise. Néanmoins, la tradition agricole perdure durant tout le dix-neuvième siècle.
Le groupe de Dampicourt est le mieux documenté grâce à la conservation d’un lot d’actes ayant appartenu à trois générations de Jean-Baptiste Saint-Mard.
Quel est leur position sociale dans la communauté villageoise ?
| Quidam | Superficie des biens | Fonction municipale | ||
| Première génération | ||||
| Jean Baptiste (1767-1816) x Anne Marie Simon |
14 hectares et demi à la mort de Jean-Baptiste | Adjoint Maire | ||
| Deuxième génération | ||||
| Jean-Baptiste (1800-1890) célibataire |
10 hectares 75 ares | |||
| Louis (1806-1878) x Anne Agathe Guillaume |
14 hectares | Echevin | ||
| Troisième génération | ||||
| Jean-Baptiste (1837-1924) x Marie Joseph (1832-1924) Saint-Mard (cousin germain homonyme) |
21 hectares | Bourgmestre | ||
Comparons-les avec leurs confrères cultivateurs.
L’échantillon cadastral de 1822 comprend les villages et bourg de Dampicourt, Couvreux, Montquintin, Saint-Mard et Vieux-Virton. Jean-Baptiste ayant des quelques ares à Villers-la-Loue, il y a une petite différence, insignifiante, entre la reconstitution de son patrimoine et les surfaces prisent en compte pour les statistiques.
Quarante-huit propriétaires sont repris comme cultivateur dans les bulletins de propriétés de 1822 pour les villages précités.
| Qualificatif | Nombre | % |
| 0 à 1 h | 12 | 25,00% |
| 1 h à 5 h | 16 | 33,33% |
| 5 h à 10 h | 7 | 14,58% |
| 10 h à 20 h | 7 | 14,58% |
| 20 h 30 h | 3 | 6,25% |
| 30 h à 40 h | 1 | 2,08% |
| 40 h à 50 h | 2 | 4,17% |
| Total | 48 | 100,00% |
Presque septante-trois pour cent d’entre eux ont moins de 10 hectares de terre (25 % de 0 à 1 h, 33, 3 % de 1 h à 5 h et 14,5 % de 5 h à 10 h). La première exploitation Saint-Mard n’est ni une petite, ni une grande propriété, elle se classe dans une tranche intermédiaire de sept propriétaires ayant entre 10 et 20 hectares. Dans l’échantillon, Jean-Baptiste est le dixième plus gros agriculteur mais suivant la reconstitution du son patrimoine, il devait être le neuvième plus gros cultivateur des dits villages avant son exil en 1815. Si nous nous limitons au village de Dampicourt, il est le plus gros cultivateur du village. Pour les cinq villages, il est aussi le vingt-et-unième plus gros propriétaire19 toute profession et qualité comprise y compris les communautés des habitants.
Si l’activité de « laboureur » était la principale, à sa mort en 181620 à Velosnes, il est propriétaire de treize chevaux qu’il a emporté avec lui dans son exil. La tradition familiale affirme qu’il élevait des chevaux et les vendait aux garnisons militaires.
N’ayant trouvé aucune trace de dette avant son exil, le ménage Saint-Mard-Simon devait être aisé, par contre l’exil à Velosnes en 1815 avait entraîné un appauvrissement passager21.
Affinons sa position sociale.
Trois années d’étude de niveau universitaire en font un des plus instruit du village, si pas le plus instruit. Mais nous nous trouvons encore fort influencé par le pouvoir des anciens seigneurs, ils occupent la fonction de maire (Jean Etienne Ferdinand Deprès de Barchon seigneurs de Mathon et des Aigremonts, puis Joseph de Neunheuseur seigneur des mêmes lieux).
La fonction de maire étant la chasse gardée des anciens seigneurs, les compétences de Jean-Baptiste lui permettent d’être l’adjoint maire de la commune à partir de 1806, soit environ vingt ans après sont installation dans le village.
Un relevé des vingt plus forts contribuables de Dampicourt en 1806 apporte des renseignements complémentaires. Avec une contribution de vingt-deux francs six centimes, il est le douzième contribuable. Deux autres cultivateurs le surpassent, Jean-Baptiste Guillaume (72 francs 5 centimes) mais il s’agirait d’un gros fermier et Jean Philippe Genin (93 francs 34 centimes). Le rapport entre la contribution de Jean-Baptiste et celle des anciens seigneurs (les deux plus forts contribuables) est de 1 à 11 ; de 1 à 4 entre Jean-Baptiste et Jean Philippe Genin ; et de 1 à 3 entre Jean-Baptiste et Jean-Baptiste Guillaume.
Si en terme de superficie, Jean-Baptiste est le plus gros cultivateur-propriétaire, appelé anciennement laboureur, il n’est que le troisième en terme de revenu.
Incontestablement, Jean-Baptiste Saint-Mard, le plus atypique de mes ancêtres, est un notable aisé qui s’est très bien intégré dans son village d’adoption.
La deuxième et troisième génération Saint-Mard à Dampicourt a un profil identique. Nous nous trouvons en présence de cultivateur propriétaire de leurs terres. L’éducation reçue par leur père en fait au minimum des lecteur-écrivant, leur signature est de bonne qualité.
Mais le contexte a changé. Les anciens propriétaires sont morts. Les territoires romans du Duché de Luxembourg sont sous administration belge, et sont intégrer à la Belgique par traité en 1839. Les vingt dernières années du siècle sont marquées par l’arrivé du chemin de fer dans la vallée (ligne Virton-Montmédy).
Si la taille de l’exploitation de Jean-Baptiste (célibataire) est inférieure de 3 hectares et demi, celle de Louis est presque égale à celle de ses parents. La succession égalitaire telle pratiquée dans la région, ne les a pas appauvris, ils ont pu se constituer de belles exploitations. Leur niveau d’aisance doit être similaire à celui de leur parent. La perte de revenu de Jean-Baptiste est compensée par son célibat.
N’ayant pas intégré Dampicourt à l’échantillon cadastral de 1844, nous ne saurons pas s’ils sont les plus gros propriétaires du village, mais nous pouvons l’envisager pour Louis. La mort des seigneurs a entraîné la liquidation de leur patrimoine, des fermiers ont pu devenir cultivateur-propriétaire, d’autre cultivateur-propriétaire ont pu agrandir leur domaine. Anne Marie Simon veuve de Jean-Baptiste Saint-Mard (père de Jean-Baptiste et Louis) n’a pas ou n’a pas pu acheter des terres et prés ayant appartenu aux anciens seigneurs. De part la diminution d’influence de famille seigneuriale et la nouvelle hiérarchie des propriétaires, la structure sociale du village s’est modifiée.
Comparons-les avec leur homologue de la commune de Lamorteau en 1844.
| Qualificatif | Superficie | Nombre |
| < 1 ha | 12 | 22,22% |
| 1 à 5 ha | 22 | 40,74% |
| 5 à 10 ha | 5 | 9,26% |
| 10 ha à 20 ha | 12 | 22,22% |
| > à 20 ha | 3 | 5,56% |
| Total | 54 | 100,00% |
Septante-deux pour cent des cultivateurs ont moins de 10 hectares, ce qui nous fait un pourcentage quasiment identique à celui des villages de Dampicourt, Couvreux, Montquintin, Saint-Mard et Vieux-Virton en 1822. Proportionnellement, il y a un peux plus de cultivateurs dans la tranche 10 à 20 hectares, vingt-deux pour cent contre quatorze pour cent et demi pour les villages de l’échantillon 1822.
La structure est fort différente pour les exploitations de plus de 20 hectares, trois contre six pour l’échantillon 1822. Dans la commune de Lamorteau en 1844, les trois plus grandes exploitations ont une superficie respective de 36, 54 et 74 hectares.
Au vue du tableau ci-dessus, nous pouvons classer les deux exploitations Saint-Mard de la deuxième génération dans la même catégorie que celle de leurs parents Saint-Mard-Simon. Celle de la troisième génération (Saint-Mard-Saint-Mard) se classe dans une catégorie supérieure mais sans pouvoir rivaliser avec les plus gros cultivateurs-propriétaires de la vallée. Jean-Baptiste Saint-Mard-Saint-Mard était probablement un des plus gros cultivateur de Dampicourt.
A Lamorteau (commune), les dix-huitième à vingtième propriétaire les plus importants ont un peux plus de 14 hectares et demi ; les vingt-sixième à vingt-huitième propriétaires ont 11 hectares de biens. Dans la hiérarchie des propriétaires, Louis a une position proche de celle de son père.
Si le niveau d’aisance à la deuxième génération semble le même que celui de la première génération, il ne peut qu’être supérieur à la troisième génération. Sans pour autant savoir si cela a influencé le niveau d’aisance du couple Jean-Baptiste et Marie-Joseph Saint-Mard, nous avons affaire à une union consanguine entre cousins germains homonymes. Mariage arrangé, mariage d’argent ? Le mariage de Jean-Baptiste Saint-Mard avec une fille de cultivateur aisé aurait peut-être été tout aussi fructueux si pas plus.
A l’exception de Jean-Baptiste célibataire, Louis (première génération) et Jean-Baptiste (troisième génération) exercent des fonctions municipales, échevins pour le premier malgré un exil de quinze ans à Velosnes et bourgmestre pour le second. Tous les deux sont comme le premier Jean-Baptiste des notables dans le village de Dampicourt.
Dans le groupe de cultivateurs-propriétaires de Dampicourt, des liens de solidarité intergénérationnel peuvent être mis en évidence entre :
Jean-Baptiste célibataire donne l’impression d’être le fils sacrifié, celui qu’on ne marie pas. Seul, Anne-Marie ne peut exploiter les terres, elle a besoin d’une aide. Elle ne se remarie pas, donc elle réquisitionne ses fils. Deux restent à Velosnes, deux rentrent à Dampicourt. L’un se marie, Louis, l’autre aide sa mère, Jean-Baptiste.
Le même Jean-Baptiste célibataire héberge sa nièce Marie-Joseph de Velosnes avant son union avec son cousin Jean-Baptiste Saint-Mard, fils de Louis Saint-Mard et Anne Agathe Guillaume. Il vend en 1878 sa maison à ses neuve et nièce précités qui peuvent user et disposer dudit immeuble à compter de la vente comme bon leur semblera mais n'en jouiront qu'à compter du décès du vendeur. Durant deux générations, la maison se transmet dans la descendance. Nous pouvons envisager que la vente a été faite à des conditions avantageuses en échange de l’aide des dits neveu et nièce. Jean-Baptiste célibataire vieillissant met sa maison à disposition du couple qui travaille pour lui en attendant de constituer leur propre exploitation.
Le cas de Louis procède du même principe. Il vend sa maison à ses filles Anne Julie Virginie et Marie Joséphine. Néanmoins, il faut bien qu’il se loge. Les deux sœurs ont peux de biens, deux hectares pour Anne qui acquièrent certains biens en indivision avec sa sœur Marie Joséphine. La viabilité de l’opération sous-entend un lien d’entraide intergénérationnel, elles jouissent de la maison et en contrepartie s’occupent de leur père.
Les deux branches Saint-Mard de Velosnes sont issues de Jean-Baptiste St Mard adjoint maire de Dampicourt et Anne Marie Simon.
Le choix du cœur à changer le destin de Joseph (1798-1873) et Jean-François Saint-Mard (1803-1846), fils de ces derniers. Ils engrossent deux filles du village, les épousent. Si Joseph reste cultivateur, Jean-François devient charron. Ancêtre des garagistes, le charron, artisan du bois et du métal, fabrique et répare tout ce qui roule dans un village (charrette, brouette) mais aussi les charrues et araires. Tout comme le bourrelier22 et le maréchal-ferrant23, le charron exerce un artisanat en rapport direct avec le monde des paysans.
Un fils de Jean-François sera charron (Jean-Baptiste (1828-1895)), sa fille Marie-Joseph (1832-1924) épousera son cousin Jean-Baptiste (1837-1924), cultivateur à Dampicourt.
Les données concernant le groupe de Velosnes sont lacunaires mais restent exploitables. Jean-François hérite 4 hectares 44 ares de ses parents. Les biens sont situés essentiellement sur le territoire de la commune de Dampicourt. En 1871, ses biens sont partagés entre ses héritiers (3 hectares 88 ares).
Le patrimoine de son fils Jean-Baptiste (1828-1895) époux de Marie Demantin nous est connu grâce à un procès. Après la mort des époux, les héritiers se disputent l’héritage. Leur mariage a été tardif, Jean-Baptiste avait quarante ans. Elle est veuve et a des enfants, il est célibataire. Le couple n’aura pas d’enfant.
Le patrimoine du couple est propriétaire de 9 hectares 7 ares à Velosnes, Bazeilles et Torgny, villages voisins. Le jugement du 1er mai 1895, malheureusement, décide que « prix de la vente devra revenir aux parties dans la proportion de leurs droits », mais ne précise pas la clé de répartition des droits. Nous ne pouvons avec certitude connaître la part appartenant en propre à Jean-Baptiste. Coupons la poire en deux, nous obtenu un patrimoine de 4 hectares et demi, soit une valeur identique à celle de son père.
Comparons nos deux charrons avec leurs voisins de la commune de Lamorteau (1844).
| Résidence | Quidam | Superficie |
| Harnoncourt | Gonry Jean Philippe | 3 ares 33 |
| Torgny | Urbin Jean | 6 ares 34 |
| Torgny | Baduraux Sébastien | 66 ares 40 |
| Lamorteau | Gonry Jean Joseph | 72 ares 29 |
| Harnoncourt | Gonry Jean joseph | 1 hectare 2ares 90 |
Incontestablement, Jean-François et son fils Jean-Baptiste ont plus de biens que les charrons de Lamorteau. La superficie de leurs biens est compatible avec une petite activité agricole annexe. Jean-Baptiste est propriétaire d’un bâtiment servant d’écurie quant à Jean-François peut être a-t-il mis ses biens en fermage.
Sur base de ces seuls indices, Jean-François et Jean-Baptiste étaient des charrons aisés.
Les descendants de Pierre St Mard et Marie Maillet d’Etalle, ont connu des destins différents. Les individus y jouent un rôle clé, la descente ou l’ascension sociale d’une branche est toujours liée à son « auteur ».
En trois générations, la branche issue de François, fils du couple précité, s’éteint à Dampicourt. Son niveau social était enviable pour l’époque (laboureur aisé, échevin et maire).
La branche issue d’Hubert, fils dudit couple précité, connaît des hauts et des bas. Certains de ses descendants seront pauvres mais d’autres seront des artisans aisés, principalement les maçons et tailleurs de pierres, véritable dynastie dont les rameaux se disperseront à Chenois et Saint-Laurent-sur-Othain.
La branche issue de Jean, fils benjamin dudit couple précité, conservera une tradition agricole jusqu’à la première guerre mondiale de 1914-1918. Les cultivateurs de Dampicourt, sans être les plus gros de la vallée, auront une aisance économique certaine et un statut social important dans le village. Ils exerceront des mandats municipaux (adjoint maire, échevin, bourgmestre).
1
Saint-Mard, Vieux-Virton, Dampicourt, Couvreux, Montquintin,
Rouvroy, Harnoncourt, Lamorteau, Torgny
2
Emile Tandel, Les communes luxembourgeoises, tomme III,
l’arrondissement de Virton, Institut archéologique
du Luxembourg, Arlon, 1890, page 102
3
Bernard Joannes, Rouvroy page 91
4
Paul Delsalle (Université de Besançon), Nos
ancêtres les laboureurs à travers les archives, La
revue française de généalogie, n° 145,
avril/mai 2003
5
Guy Supin, La France à l’époque moderne,
Paris, Armand Colin, 2000, page 52
6
Constantin Chariot, Mémoire en Images : Le pays
Gaumais, Alan Sutton, 1999, page 19
7
Serge Bianchi, Michel Biard, Alan Forrest, Edouard Gruter, Jean
Jacquart, La terre et les paysans en France et en Grande-Bretagne
du début du XVIIe à la fin du XVIIIe siècle,
Armand Colin, 1999, page 103
8
Bernard Joannes, Et si Rouvroy-aux-Moines et Harnoncourt
m’étaient contés…, Les éditions
de la Joyeuserie, 2003, page 93
9
Emile Chevalier, De l’assistance dans les campagnes.
Indigence, prévoyance, assistance, Paris, Librairie
nouvelle de droit et de jurisprudence Arthur Rousseau Editeur, 1889,
page 40
10
Chevalier, page 56-57
11
Bernard Joannes, Et si Dampicourt et Mathon m’étaient
conté…, Les Editions de la Joyeuserie, 2005, page
63
12
Jean Gallet, Seigneurs et paysans en France 1600-1793,
Editions Ouest-France, 1999, page 60
13
Gallet, page 58
14
Chevalier, pages 60, 65
15
Dictionnaire Le petit Larousse, Librairie Larousse, édition
1972, page 648
16
Bernard Joannes, Et si Dampicourt et Mathon m’étaient
contés…, Les éditions de la Joyeuserie,
2005, page159.
17
Gallet, page 58
18
Marcel Fourny, L’habitat et le village en Lorraine,
Edition du SI le Méridional – Rouvroy, 1998, page 14
19
Propriétaires résidents ou assimilés. Assimilés
= successions non liquidés ou siège principal de
l’activité.
20
Archives familiale, Inventaires après décès du
11 novembre 1816
21
A son décès en 1816, le couple est endetté mais
cette situation est uniquement due à leur fuite précipitée
à Velosnes. Anne-Marie Simon va vendre à réméré
quelques biens praires à son beau-frère pour apurer
les dettes. Cela sera suffisant et avant le retour à
Dampicourt, elle y achètera quelques terres. Le couple n’a
donc jamais du être indigent ni même pauvre.
22
Le bourrelier fabrique notamment les colliers des animaux de trait
(chevaux et bœufs).
23
Ferre les chevaux.
Copyright © 2006; Thierry Jean Saint-Mard
Revise le: 16-06-2006
Une famille Saint-Mard : http://users.skynet.be/saintmard/index.html