Généalogie et histoire des familles St Mard et alliées du comté de Chiny (Meuse (55) France, Gaume (Province de Luxembourg) Belgique).
«Le futur a un passé.
L' avenir a une mémoire!»
Au commencement, il y a la curiosité, la tradition orale et le sentiment de déracinement. Il y a des légendes familiales qui font rêver mais qui ne répondent pas aux questions. Il y a la famille de Dampicourt et de Virton, mais elle me dit que nous ne sommes pas d'ici.
Puis le hasard intervient et la recherche commence.
En février 1996, je visite les Archives du Royaume à Bruxelles et découvre une salle avec tous les microfilms de l'état civil et des registres paroissiaux de Belgique. Une semaine plus tard, sans avoir jamais lu le moindre ouvrage de généalogie, je me plonge dans les tables décennales de Dampicourt. Je prends note de tout les Saint-Mard et puis dépouilles les registres d'état civil.
Le soir même, je montre à Papa mes découvertes. J'ai trouvé mon arrière arrière-grand-père sans difficulté. Un document de la ville d'Anvers m'avait donné son nom et la filiation entre lui et mon grand-père. De plus Saint-Mard étant un patronyme rare, il me suffisait de noter toutes les informations sur les Saint-Mard de Dampicourt. Choix efficace, ils ont tout le même ancêtre Jean Baptiste, excepté une Anne Saint-Mard.
Après un départ fulgurant, la recherche piétine. Jean Baptiste Saint-Mard (1767-1816) ne naît pas, ne meurt pas à Dampicourt. Il y fonde une famille avec une fille du village mais il n'y a pas d'acte de mariage. Jean Baptiste vient de nulle part.
Néanmoins, l'acte de mariage de son fils Louis Saint-Mard ouvre une piste de recherche (x1836 à Agathe Guillaume). La famille s'est installée à Velosnes (55, France) en 1815. Mais où consulter les microfilms français. Le centre généalogique de l'Eglise de Jésus Christ et des Saints des Derniers Jours (Mormons pour résumer) offre la possibilité de consulter les microfilms du monde entier. Je commande les bobines de Velosnes, les dépouilles, complète la liste de collatéraux mais ne résout pas l'énigme de Jean Baptiste.
A partir de ce moment là, la légende se déchaîne. Tout le monde à son mot à dire, son souvenir à raconter. Jean Baptiste serait arrivé à la révolution, serait un prêtre. On aurait de la famille en Bourgogne... En fait, de l'autre côté de la colline, il y a une concentration de Saint-Mard à Verneuil-Petit (55, Meuse). Il y a aussi une Anne Saint-Mard à Thonne-la-Long, c'est la marraine d'un des fils de Jean Baptiste. Il y a dans les registres paroissiaux un mariage Madeleine Joannes / Jean Saint-Mard (1732-1775) mentionnant Verneuil-Petit. Il y a beaucoup d'indices mais je ne les vois pas. La légende pollue mon esprit.
Puis une solution apparaît. Charles Damoiseaux, un cousin de Papa connaît une cousine à Saint-Mard qui posséderait une caisse d'archives. Ah ! La fameuse boite d'archives. Depuis longtemps temps, j'en entends parler. C'était même devenu un mythe. Et voilà, un mercredi de mai 1998, Charles, Papa et moi sommes en route. Madeleine et Amand Noël nous reçoivent chaleureusement. En une après midi, la recherche redémarre. Jean est né à Thonne-les-Prés, village à côté de la citadelle de Montmédy.
La boite d'archives contient des documents religieux sur Jean Baptiste, un extrait d'acte de baptême, mais aussi des actes militaires concernant son frère Jean Joseph et plus de 15 cm d'actes de notaires, de jugement... Une mine d'or que je photocopierais le 20 et 21 juillet 1998. Durant ces quelques jours en Lorraine, grâce à l'aide de Madeleine et Amand Noël, j'ai rencontré Gisèle Gillardin à Velosnes (en face de l'église). De mémoire, elle m'a nommé sa parentèle. Nous nous sommes aussi rendus à la Mairie où nous avons dépouillé les registres d'état civil en présence de la secrétaire de Mairie. Un an plus tard, lors d'une autre visite, j'ai rencontré monsieur le Maire.
Nous nous sommes aussi rendus chez le diacre de Rouvroy. Lors de la collecte visant à rassembler aux Archives de l'Etat à Arlon les registres paroissiaux, celui contenant les mariages de 1796 est resté à la cure. La date en couverture était postérieure à la création de l'état civil. Il n'a pas été microfilmé ni inscrit dans les tables paroissiales. J'avais enfin en ma possession tous les actes concernant Jean Baptiste Saint-Mard, mais il restait un personnage hors du commun.

Durant mon séjour de l'été 1998, je me suis rendu à la maison communale de Rouvroy à Dampicourt. Le Bourgmestre, monsieur Gobert m'avait autorisé à consulter les registres d'état civil. Je travaillais dans le coin repos et lors de la pause café, je me suis retrouvé à dépouiller un registre du Conseil Communal entouré par le Bourgmestre Gobert, la secrétaire communale, l'employé du bureau population et les gardes-champêtres. Lorsque j'y suis retourné un an plus tard, l'ambiance était différente, le Bourgmestre Gobert venait d'être hospitalisé à la suite d'un malaise.
Printemps 1998, retour chez les Mormons et nouvelle découverte. Thonne-les-Prés n'est qu'une étape. Les Saint-Mard n'y restent pas. Le village d'origine est Verneuil-Petit. Mais, je ne trouve plus d'acte au-delà de 1701. L'acte de Jean en 1701 précise qu'il est paroissien de Montquintin. Les registres de Montquintin ne simplifient pas la situation. Avant 1690, il n'y a pas de Saint-Mard. Après deux groupes se forment. Mais pas de Jean.
Dans une lettre, le conservateur de Montmédy nous avait signalé une généalogie Saintmard établie par une certaine Madame Jones. Papa fini par trouver son adresse et elle nous envoya une copie de l'arbre. Cela m'a permis de regrouper plusieurs Saint Mard isolés. Une relecture de mes notes ainsi que des notes de René Lenoir, me permis de découvrir un lien entre cette généalogie et ma mienne. Un lien de parrainage entre Jean et Françoise fille d'Hubert (départ de la généalogie).
Mes recherches de 1997 m'avait permis de découvrir qu'Anne Saint Mard était une de mes ancêtres via la famille Guillaume.
Au vu de tous ces éléments, j'ai acquis l'intime conviction qu'Hubert St Mard (x Anne Brasseur) et mes ancêtres Jean St Mard (x 1701à Marguerite Henry, + 1725) et François St Mard (x 1692 Anne Thiry) père de Anne, ont un ancêtre commun. Il était donc temps de reprendre le chemin des archives. Entre temps, les microfilms avaient déménagé à Arlon. Quatre visites permirent de compléter les arbres et de consolider l'hypothèse de départ. Les trois groupes (2 sur Dampicourt et 1 à Verneuil-Petit) sont liés par parrainage. L'idée d'une origine à Etalle devenait de plus en plus précise. Dans son acte de mariage, le 27 avril 1692 à Dampicourt, Jean St Mard est dit venant de la paroisse d'Etalle (Province de Luxembourg, Belgique), mais les registres paroissiaux d'Etalle ne permettent pas d'établir le lien car il ne remonte pas au-delà de 1692. Il faut donc envisager de travailler sur d'autres archives. A Bar-le-Duc, il y a 27 mètres linéaires d'archives notariales à exploiter et René Lenoir n'a pas trouvé de contrat de mariage en 1701. Côté belge, il y a les archives de la prévôté de Virton dont dépend Dampicourt et celle d'Etalle, les justices locales de Dampicourt, Etalle et Montquintin, les notaires de Virton (qui commence vers 1706) et un ou deux notaires à Etalle.
Printemps 2003, Richard Saint-Mard de Villers-sur-Semois, me contact et m'invite chez lui. Il est issu de la descendance d'Hubert via Torgny et Saint-Laurent-sur-Othain. Il a commencé à dépouiller les Oeuvres de Lois d'Etalle et considère que Pierre Saint Mard le paroissien d'Etalle, né avant 1659, époux de Jeanne Marguerite Le Thun, est l'ancêtre commun des deux branches Saint-Mard de Dampicourt et de celle de Verneuil-Petit.
Le lien généalogique n'est pas consolidé mais l'hypothèse est crédible. A nouveau, je dois reprendre le chemin d'Arlon, aller au-delà des microfilms et dépouiller des archives judiciaires. Un second chantier doit être entamé dans le cadre de l'étude des archives familiales Anaïs Noël. Le rapport rédigé, il faut établir des comparaisons à partir du cadastre, des rôles d'impositions et du Mémorial Administratif.
Pour compléter la descendance de Jean St Mard, j'ai correspondu avec différentes personnes, j'en ai même rencontré deux. Un jour de l'été 1999, je me suis rendu chez la famille Rousseaux à Montmédy. L'employée de la Poste m'indiqua que leur maison se trouve à côté de la caserne de pompier et j'y ai rencontré un couple charmant.
La deuxième rencontre eu lieu un mois plus tard, le 11 août 1999. Le jour du soleil noir. Je n'avais jamais vu autant de monde à Montmédy et dans les alentour. Partout dans les campagnes, il y avait des campeurs. Le jour J, le ciel était bas, mais je pris l'option de me rendre avec ma copine et Papa à la citadelle. A la buvette, je reconnus Pierre Adnet et lui passa une généalogie. Nous n'avons eu que cinq minutes pour parler car il y avait trop de monde. Après nous nous sommes installés sur le rempart, près de l'église, Montmédy à nos pieds. Le spectacle ne nous a pas déçus. Nous avons vu l'éclipse totale du soleil. Une troué dans les nuages a permis de voir le soleil noir. Inoubliable.
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Revise le: 25-12-2003
Une famille Saint-Mard : http://users.skynet.be/saintmard/index.html