Une famille Saint-Mard (1613 à nos jours)


premier document


Accueil

Présentation

Chronique
des Saint-Mard


Les Saint-Mard

Cadre géographique et historique

Actes et documents

Archives familiales "Noël"

Patrimoine des Saint-Mard

Généalogies

Articles

Bibliographie

Sources

Liens

Plan du site



Généalogie et histoire des familles St Mard et alliées du comté de Chiny (Meuse (55) France, Gaume (Province de Luxembourg) Belgique).

«Le futur a un passé.
L' avenir a une mémoire!»


Roger Saint-Mard et le Laurent Meeus

Lettre du 23 octobre 1980

Provenance : Petrofina Société Anonyme; Rue de la Loi 33; 1040 Bruxelles

Auteur : Gérard Locquet


"Cher Commandant St Mard,

Comme promis, je vous fais parvenir ci-joint la vue d'ensemble de l'action du "Laurent Meeus" durant la guerre, que je compte intégrer dans l'histoire de Pétrofina.

Je profite de l'occasion pour vous remercier du chaleureux accueil que vous m'avez réservé lors de ma visite à Nothomb.

A bientôt le plaisir de vous revoir.

Voulez-vous présenter mes hommages à Madame St Mard.

Bien cordialement"


Laurent Meeus, Armement Purfina / Petrofina

Le Laurent Meeus, photo extraite du site :
belgian-ships.be

Laurent Meeus, Armement Purfina / Petrofina

Le Laurent Meeus, photo extraite du site :
Rotterdamsche Droogdok Maatschappij
- Agrandir l'image -

Texte annexé à la lettre

Auteur : Gérard Locquet. La version définitive du texte a probablement été publiée dans LOCQUET Gérard, ed., Contribution à l'histoire de Pétrofina, Bruxelles, Pétrofina, 1980.

"Quant à la flotte de Petrofina, elle va payer à la guerre sous-marine, un tribut très lourd. Seul le "Laurent Meeus" échappera à la destruction. Etonnante odyssée que celle du "Laurent Meeus". Elle se confond avec l'histoire de la guerre elle-même. L'Atlantique, la Méditerranée, l'Afrique du Nord, la Sicile, l'Italie, les ports du sud de la France: il sera sur tous les théâtres d'opération - à l'exception de la Manche se jouant des mines, navigant en zigzag pour éviter d'être une cible pour les U-Boote, ces redoutables sous-marins allemands qui sèment la terreur parmi les navires-citernes; attaqué cent fois; touché, jamais.

Le 8 mai 1940 au soir, il quitte l'écluse d'Ijmuiden, dans le nord des Pays-Bas: sa mission est d'aller charger des produits à Port Arthur, sur le golfe du Mexique.

Il est à Beachy Head, sur la côte sud-est de l'Angleterre, le 10 mai au matin, quand toutes les radios annoncent l'invasion de la Belgique. Il est à Port Arthur à la mi-juin, quand Paris tombe et que la France demande l'armistice. Dans la guerre, il y sera le 20 novembre, lorsqu'à San Pedro, en Californie, un ordre de réquisition sera apposé sur le mât avant, à la requête de la mission économique, qui relève du gouvernement belge en exil.

A ce moment-là, la Grande-Bretagne est seule dans la guerre. Le "Laurent Meeus" est associé aux convois qui la ravitaillent en pétrole brut. Puis il participe à l'approvisionnement en produits de deux pays du Commonwealth de l'Afrique Occidentale: la Sierra Leone et la Gold Coast qui, plus tard, deviendra le Ghana. C'est là notamment que la Grande-Bretagne trouve ce qui sert à faire la guerre: le fer et la bauxite - exploité comme minerai d'aluminium - en Sierra Leone; la bauxite et le manganèse - utilisé dans fabrication des aciers spéciaux - de la Gold Coast. C'est là qu'elle trouve aussi ce qui sert à la payer: l'or et les diamants. Le "Laurent Meeus" fera trois voyages de la raffinerie de Curaçao dans les Antilles néerlandaises à Freetown, capitale de la Sierra Leone, devenu la plaque tournante du trafic entre l'Amérique à l'Afrique Occidentale, et deux autres de Curaçao à Takoradi, en Gold Coast. Au court d'un de ces voyages, vingt-quatre hommes de l'équipage d'un pétrolier (...) torpillé sont recueillies en mer.

Il en fera six pour amener de l'essence de New York à Londres, entre le mois d'août 1942 et le mois d'octobre 1943. C'est à New York, en novembre 1943, qu'on le dote d'un second pont, un échafaudage monté sur le pont existant, qui va lui permettre de transporter des avions, des chasseurs: quatre à l'avant, six à l'arrière. Ainsi lesté de sa double charge - des avions de guerre sur le pont, de l'essence dans ses réservoirs - le "Laurent Meeus" traverse à nouveau l'Atlantique. Mais pour une autre destination: la Méditerranée.

C'est que, dans l'entretemps, l'espoir à changé de camp. Le cours de la guerre s'est inversé. En novembre 1942, les Américains ont débarqué en Algérie et au Maroc. Les Britanniques, vainqueurs à El-Alamein, ont pris Tripoli (janvier 1943) et ouvert la route de la Tunisie où la résistance de l'Axe prend fin le 12 mai. L'attaque de la Sicile commence le 10 juillet. Celle du sud de l'Italie en septembre, par le débarquement des Anglais en Calabre et celui des Américains à Salerne. La Méditerranée absorbe la majeure partie de l'effort de guerre anglo-américain. Le " Laurent Meeus" décharge ses avions à Alger et sa cargaison d'essence à Cagliari en Sardaigne. Dès ce moment, le 5e armée américaine ne cessera de l'utiliser pour la conquête de l'Italie qui va durer un an et demi. Il est devenu le "Lucky ship", celui à qui jamais rien n'arrive. Parmi les équipages des autres tankers, on s'interroge: " Fera-t-il partie du prochain convoi ?" On se réjouit d'en être lorsqu'il joue le rôle de "Commodore ship". A vrai dire il est partout. Il charge à Naples; décharge à Porto San Stefano, entièrement rasé où, à défaut de possibilité d'amarrage, deux chars de quarante tonnes le maintiennent durant le déchargement de sa cargaison d'essence d'avion; ou à Livourne où les Américains ont libéré un étroit chenal jusqu'aux quais en découpant au chalumeau les tôles déformées des épaves. Il transporte tout: des camions, des munitions et, dans ses réservoirs, de l'essence, rouge pour les transports à terre, bleue pour les vedettes de l'US Navy, verte pour les avions. Il ramènera à Naples le "Long John", un canon de marine de 60 tonnes que les Américains avaient installé dans la poche d'Anzio, avant que Rome ne fût déclarée ville ouverte.

Après quoi, c'est le débarquement sur la Côte d'Azur qui se prépare. Et le "Laurent Meeus" transportera des milliers de tonnes d'essences de Bizertz à la Maddalena, la petite île située entre la Corse et la Sardaigne; puis une fois le débarquement réussi, de Bizerte vers les ports français de Port-de-Bouc, Marseille et Toulon.

Le 8 mai 1945, la guerre est finie en Europe. Elle ne l'est pas dans le Pacifique. Le 5 juin, le "Laurent Meeus" est à Port Saïd où on l'équipe pour la navigation en Extrême-Orient. Le Japon capitulera avant qu'il n'y arrive.

Son premier voyage de la paix, il le fera à Aruba, dans les Caraïbes, pour l'approvisionnement de la Belgique. Le 21 novembre 1945, il rentre à Anvers qu'il avait quitté le 28 août 1939: pas une avarie, pas une égratignure. La chance ? "L'homme n'est qu'une chance infinie, dit Albert Camus. Mais il est le responsable infini de cette chance".

Le "président Franqui" n'est pas un "lucky ship" ...."

Président Francqui

Preacute;sident Francqui, Armement Purfina / Petrofina

Le Président Francqui, photo extraite du site : belgian-ships.be

Navire belge de l’armement Purfina, construit en 1928 et coulé par les sous-marins allemands U255 et/ou 336, le 29 décembre 1942. Le Président Francqui faisait partie du convoi ON.154. Le convoi quitta Liverpool le 18 décembre 1942 à destination de New-York City.
Cinq marins y ont perdu la vie. Le Capitaine Gilbert Bayot a été capturé par le sous-marin U225. Les quarante-trois survivants ont été recueillis par les corvettes canadiennes HMCS Prescott et HMCS Shediac.

Commandant St Mard

Roger Eugène Saint-Mard, né le 14 juillet 1912 à Sélange (Belgique), décédé le 25 mars 1994 à Nothomb (Belgique). Fils de Théophile Constant Saint-Mard (1881-1967) et Catherine Poekes (+1959). En 1942, à Cardiff, il épouse Mabel Quinton Julia Cooper (1913-2004).

Pêle-mêle (visite de Paul Saint-Mard, fils de Roger Saint-Mard, le 20-06-1997)

Roger Saint-Mard a quitté Arlon à 14 ans et a fait des études à l'école maritime à Anvers. Pour les payer, il travaillait comme marin sur des navires étrangers. A 21 ans, il est devenu Capitaine au long-cour, à 24 ans Commandant. Avant 30 ans, il prit le commandement du "Laurent Meeus".

Durant la deuxième guerre mondiale, lors d'une escale aux USA, il apprit la mort de son frère Jules. Ce dernier était pilote à St Athans (Cardif, Pays de Galle) et son avion s'écrasa suite à une panne. Jules logeait chez la famille Cooper. Roger en venant rechercher (et brûler) les affaires de son frère, rencontra celle qui allait devenir son épouse (Maby Cooper).

Après la guerre, Roger commanda d'autre pétrolier dont le "Turbine Tanker Elisabeth".

Tanker Elisabeth, Armement Purfina / Petrofina

L'Elisabeth, photo extraite du site : belgian-ships.be

Roger n'a pas fait l'objet d'article dans la presse car il n'allait pas aux commémorations, sauf une fois en 1964, au Consulat de Belgique à Londres.

Ligue Maritime Belge a.s.b.l

Sommaire archives 1 : http://www.lmb-bzb.org/index_files/Sommaire.htm

Le Commandant Saint-Mard est cité dans l’article repris ci-dessous, à la page 45 du fichier Pdf : A. Delporte , M/S Fina Norvege : an illustration of naval construction surgery, Bruxelles, 01-12-2007 in Archive 1 du 01/09/2007 au 31/12/2007 (http://www.lmb-bzb.be/archives/archives%201.pdf)

« On October, 22nd 1967, the m/s FINA NORVEGE left Hoboken for Antwerp
With all of the control equipment etc that had to be loaded for the tests, the departure was delayed and the dock was not left before October, 24th. Captain Segers was in charge, and Mr. Saint Mard, the war hero of the LAURENT MEEUS was representing the owner. »

« Le 22 octobre 1967, le m / s FINA NORVEGE a quitté Hoboken pour Anvers.
Avec tous les équipements de contrôle… qui ont dû être chargés pour les essais, le départ a été retardé et le quai ne sera pas quitté avant le 24 octobre. Le Capitaine Segers était en charge, et M. Saint-Mard, le héros de guerre du LAURENT MEEUS représentait le propriétaire. » 

> Le Laurent Meeus : Convois 1940-45, localisations...>


Parenté entre Thierry Saint-Mard et :

Accueil


Copyright © 2003-2010; Thierry Jean Saint-Mard
Revise le: 28-05-2010
Une famille Saint-Mard : http://users.skynet.be/saintmard/index.html