Généalogie et histoire des familles St Mard et alliées du comté de Chiny (Meuse (55) France, Gaume (Province de Luxembourg) Belgique).
«Le futur a un passé.
L' avenir a une mémoire!»
Archives Noël et Archives de l'Etat à Arlon : le rapport
Jean-Baptiste Saint-Mard est né le 14 septembre 1837 à Dampicourt (Province de Luxembourg, Belgique) et est décédé le 30 mai 1924 à Dampicourt (Province de Luxembourg, Belgique) à l'âge de 86 ans.
Il est cultivateur, propriétaire et bourgmestre à Dampicourt
Il est le fils de Louis St Mard (1806-1878) et Anne-Agathe Guillaume (1810-1863).
Marie-Joseph Saint-Mard est née le 12 août 1832 à Velosnes (Meuse, France) et est décédée le 9 avril 1924 à Dampicourt (Province de Luxembourg, Belgique) à l'âge de 91 ans.
Elle est la fille de Jean François Joseph St Mard (1803-1846) et Catherine Benoît (1799-1871).
Le couple se marie le 6 février 1866 à Dampicourt (Province de Luxembourg, Belgique). Il s'agit d'un mariage consanguin. En effet, ils sont cousins germains, c'est-à-dire qu'ils ont des grands-parents communs : Jean-Baptiste St Mard et Anne-Marie Simon.
Le couple a six enfants :
Louis Saint-Mard était échevin à Dampicourt, Jean-Baptiste, son fils, est nommé Bourgmestre de la commune de Dampicourt le 22 janvier 18881 en remplacement du sieur Claude J. démissionnaire.
Dans le cadre de cette communauté, nous avons un lot d'archives familiales incomplètes. Les deux actes de sorties en notre possession concernent des échanges de terres. Nous n'avons pas les actes de liquidation de la succession de la communauté après leur décès.
Le dépouillement des archives notariales de Virton (AEA) n’a pas apporté d’éléments nouveaux, excepté la vente d’une emprise pour la construction d’une ligne de chemin de fer en 1877 (2 ares 61 centiares)2.
La taille de l’exploitation de la communauté Saint-Mard-Saint-Mard est de minimum 21 hectares. La collection d’actes n’est pas complète, le plus récent date de 1919. Mais en tenant compte de leur âge, 82 et 87 ans, il est fort peux probable qu’ils aient acquis de terres après 1919.
La taille maximale atteinte par l’exploitation serait de 21 hectares 28 ares.
| n° | type | surfaces | pourcentage | |
| 1 | Terre | 18 h 48 a 51,5 | 84,59% | |
| 2 | Prairie | 3 h 13 a 79 | 14,36% | |
| 3 | Jardin | 15 a | 0,69% | |
| 4 | Friche | 7 a 88 | 0,36% | |
| Total | 21 h 85 a 18,5 | 100,00% |
|
Nous sommes en présence d’une importante exploitation agricole familiale. Si le rapport terre labourable – prairie est similaire à l’exploitation de leurs parents, oncle et grands-parents à Dampicourt, la superficie totale est largement supérieure. Le grand-père Jean-Baptiste avait une exploitation de 15 hectares, son fils célibataire Jean-Baptiste 10 hectares 75 ares, son autre fils Louis, père de Jean-Baptiste et oncle de Marie-Joseph Saint-Mard a une exploitation de 14 hectares 48 centiares en 1864.
| n° | type | surfaces | pourcentage | |
| 1 | Acquisition en vente publique | 13 h 71 a 73 | 62,77% | |
| 2 | Partage après décès – signature privée | 3 h 38 a 09,5 | 15,47% | |
| 3 | Acquisition – signature privée | 2 h 49 a 90 | 11,44% | |
| 4 | Acquisition – notaire3 | 1 h 46 a 76 | 6,72% | |
| 5 | Échange – signature privée | 51 a 40 | 2,35% | |
| 6 | Partage –signature privée | 27 a 30 | 1,25% | |
| Total | 21 h 85 a 18,5 | 100,00% |
|
La part hérité est relativement faible (15 %) par contre la communauté acquière beaucoup de terres et prairies lors de vente publique et d’achat de gré à gré (signature privée et notaire). Presque 81% de la surface de l’exploitation a été achetée.
Deux éléments expliquent cette importance. L’importance de l’héritage dépendra du nombre d’hérités survivants ou ayant une descendance au moment du décès des parents. Le grand-père Jean-Baptiste St Mard avait quatre enfants. Louis St Mard et Anne Agathe Guillaume, parents de Jean-Baptiste Saint-Mard ont eu huit enfants dont sept héritiers, Joseph Alphonse est décédé à l’âge de 4 ans. Jean-François Joseph Saint-Mard et Catherine Benoît, parents de Marie-Joseph Saint-Mard ont eu cinq enfants.
La taille de l’exploitation de Jean-Baptiste et Marie-Joseph étant largement supérieure à celle de leurs parents, ils ne peuvent la constituer que par achat.
L’information fournie par les procès-verbaux de ventes publiques ne se limite pas à des mutations foncières. Entre les lignes, les articles de conditions, nous découvrons la vie des vendeurs.
La vente publique du 30 mai 18874 est une vente forcée. Elle est provoquée par un créancier de Jean Baptiste Noël (Babisse) et d'une certaine manière met un terme à la procédure entamée dans le cadre de la construction du chemin de fer Virton-Lamorteau, et visant à définir les propriétaires du terrain. Jean-Baptiste Noël dit Babisse affirme être le seul propriétaire, mais au vu de l'acte de vente, nous pouvons constater que Jean-Baptiste est covendeur pour un huitième de la parcelle. Ce dernier la rachète.
Dans un autre registre, la vente publique du 15 octobre 18835, nous montre la fragilité de la puissance. Le banquier Weyland apparaît dans différentes ventes comme le créancier du vendeur. Babisse fut un de ses "client". Ici, les rôles sont inversés, il est le faillit. Jean-Baptiste achète 21 ares 81 centiares lors de cette vente.
Dans les actes de ventes publiques, il est souvent prévu que l'acheteur se "soumet à toutes servitudes actives et passives dont la parcelle est sujette". Lors de la vente publique du 4 mars 19196, Jean-Baptiste achète 3 ares dans une parcelle divisée en deux. Il est expressément convenu un droit de passage pour un chariot sur le terrain de Jean-Baptiste pour établir un passage entre le chemin et le terrain acheté par Joseph Stasser-Mangin.
Dans presque toutes les ventes publiques, le vendeur n'appartient pas à la famille (97,1 % des ventes) mais pour les 2,9 % restant, il s'agit d'un cousin au couple.
Dans les ventes de gré à gré, la proportion est inversée : 94,2 % des vendeurs sont des proches parents (28,3 % frères / sœurs ; 65,9 % cousins). Contrairement aux ventes publiques, la vente de gré à gré se fait toujours au comptant.
L'achat de gré à gré permet notamment de mettre fin à une indivision. Le 16 novembre 18957, Marie-Joseph Saint-Mard achète à ses frère et sœurs (Marie, Jean-Louis, Marie-Catherine) les trois quarts de 56 ares 10 centiares leur appartenant. Le quart restant est la part échue à Marie-Joseph. La vente se fait pour un prix de 615 francs.
La transmission du patrimoine entre les générations s’effectue de deux manières dans le cas présent : la succession est partagée ou elle est liquidée en vente publique.
La succession de Jean-François Saint-Mard père de Marie-Joseph et celle de Jean-Louis frère de Marie-Joseph, tous deux demeurant à Velosnes, représentent 10 % de la surface foncière. Chacune des deux successions ont plus ou moins de même valeur. Le 8 octobre 18718, le partage à l'amiable des biens délaissés par Jean-François Saint-Mard se fait sans soulte ni retour, cela implique un partage égal entre les héritiers. Il y a aussi effet rétroactif et les copartageants deviennent propriétaires des biens en date du 1 janvier 1871.
La succession de leur oncle Jean-Baptiste Saint-Mard se réglera par une vente publique le 31 août 18909. Jean-Baptiste et Marie-Joseph sont covendeurs pour un septième. Ils achètent 2 hectares 56 ares 15 centiares pour un prix de 3.755 francs hors frais d’enregistrement. La vente rapporte 15.960 francs hors frais de vente dont un septième leur revient (2.280 francs). Pour agrandir son exploitation, la communauté dépense plus qu'elle n'hérite. Elle a donc le moyen de financer ses acquisitions.
Reste deux modes d'entrée du patrimoine : l'échange (2,35 %), le partage d’une indivision (1,25 %).
Les échanges se font sans soulte ni retour. La valeur des lots est donc identique mais pas nécessairement la superficie (qualité des biens). L'un des échange se fait avec Jean-Baptiste-Auguste Saint-Mard, le frère de Jean-Baptiste (34,6 % famille) ; l'autre échange se fait avec le Baron de Bonhomme (65,4 % hors famille).
Le 14 juin 190210, la commune de Dampicourt et Jean-Baptiste mettent fin à une indivision à l'aide d'un partage. Sur une parcelle de 43 ares 70 centiares, la communauté Saint-Mard reçoit 27 ares 30 centiares.
Au sein du lot étudié, nous avons certains actes qui peuvent être attribués de manière spécifique à Marie-Joseph Saint-Mard. Cette dernière est propriétaire de 3 hectares 85 ares 29 centiares soit presque 12 % de l’exploitation.
Le reste des biens appartient à la communauté ou à Jean-Baptiste Saint-Mard.
| Année | Terre | Prairie | Friche | Jardin | Total | % |
| 1855 | 56 a 51 | 56 a 51 | 2,66% | |||
| 1860 | 56 a 51 | 56 a 51 | 2,66% | |||
| 1865 | 70 a 81 | 70 a 81 | 3,33% | |||
| 1870 | 2 h 99 a 30,5 | 8 a 33 | 3 h 07 a 63,5 | 14,48% | ||
| 1875 | 6 h 00 a 90,5 | 75 a 91 | 6 h 76 a 81,5 | 31,85% | ||
| 1880 | 7 h 33 a 29,5 | 75 a 91 | 15 a | 8 h 24 a 20,5 | 38,79% | |
| 1885 | 13 h 48 a 99,5 | 91 a 21 | 15 a | 14 h 55 a 20,5 | 68,49% | |
| 1890 | 15 h 48 a 34,5 | 2 h 34 a 74,75 | 15 a | 17 h 98 a 09,25 | 84,63% | |
| 1895 | 15 h 81 a 24,5 | 2 h 34 a 74,75 | 15 a | 18 h 30 a 99,25 | 86,18% | |
| 1900 | 16 h 09 a 54,5 | 2 h 34 a 74,75 | 15 a | 18 h 59 a 29,25 | 87,51% | |
| 1905 | 16 h 78 a 24,5 | 2 h 62 a 04,75 | 15 a | 19 h 55 a 29,25 | 92,03% | |
| 1910 | 18 h 31 a 90,5 | 2 h 69 a 92,75 | 7 a 88 | 15 a | 21 h 24 a 71,25 | 100,00% |
|
Nous constatons deux périodes de fort accroissement.
Entre 1870 et 1875, le couple achète plusieurs parcelles agricoles. En 5 ans, la taille de l'exploitation est multipliée par deux et demi.
La deuxième période de forte croissance se situe entre l'année 1880 et 1890. Les surfaces agricoles sont plus que doublées. Le 28 mai 1884, le couple achète pour 4 hectares 98 ares 30 centiares de terre à Dampicourt. Jean-Baptiste est âgé de 47 ans et Marie-Joseph de 52 ans. En 1890, l'exploitation a une taille de 18 hectares 59 ares 29 centiares (84 % de la surface maximale).
Pendant les 30 années suivantes, la taille de l'exploitation augmentera de manière constante pour atteindre 21 hectares 28 ares 71 ¼ centiares en 1919 (acte le plus récent du lot d'archives familiales).
Le 5 janvier 187811 (135) le couple achète la nue-propriété de la maison de leur oncle.
La maison comprend un corps de logis ayant deux places bas et deux places haut; cave et grenier, écurie, grange, remise, et un jardin de 15 ares derrière et sur le côté.
Les voisins sont Bouvier, la veuve Herbain-Dropsy, et Auguste Saint-Mard.
La vente se fait pour un prix de 3.500 francs : 3000 francs pour la maison et 500 francs pour les meubles se trouvant dans la maison et dépendances.
Le prix de la vente devra être payé aux héritiers de Jean-Baptiste Saint-Mard (l'oncle vendeur), un an après son décès. Chaque héritier reconnaîtra avoir reçu la somme de 250 francs.
Dès la vente de la nue-propriété, l'acquéreur pourra user et disposer de l'immeuble comme bon lui semblera et il n'en jouira qu'à compter du décès du vendeur.
Cet accord laisse entendre une situation d'"entraide" entre les parties, comme cela c'était produit entre Jean-Baptiste l'oncle et sa mère Anne Marie Simon.
Avant son mariage, il est fort probable que Marie-Joseph demeurait chez son oncle. Le 11 octobre 186312 lors d'une vente à Dampicourt, Jean-Baptiste Saint-Mard représente sa nièce Marie-Joseph Saint-Mard (acheteuse), mais on ne précise pas le domicile de cette dernière. Elle a trente et un ans. Le 21 janvier 186613, soit deux semaines avant son mariage, lors d'une vente publique son oncle Jean-Baptiste la représente.
Nous n'avons pas de trace d'achat d'une maison avant 1878.
Nous pouvons envisager le scénario suivant : Jean-Baptiste l'oncle vit avec sa maman Anne Marie Simon jusqu'à son décès le 30 avril 1847. Après leur mariage, Jean-Baptiste le neveu vient vivre dans la maison de sa grand-mère Anne-Marie Simon. En 1846, Jean-Baptiste l'oncle devient propriétaire de la nue-propriété de la maison. Un an plus tard, Anne Marie Simon décède.
Dans un premier temps, Jean-Baptiste l'oncle a pris le rôle de son père dans la gestion de l'exploitation puis en 1836, Jean-Baptiste le neveu vient en "renfort".
Ce scénario a l'avantage d'expliquer comment Jean-Baptiste l'oncle et le couple Saint-Mard ont pu vivre dans un premier temps avec peu de terre.
1
Archives privées, 22 janvier 1888 : Ministère de
l'Intérieur (Bruxelles), Nomination au poste de Bourgmestre.
2
Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Notariat de
Virton, FONTAINE Edouard (1872-1900), minute n° 1157
3
Y compris l’achat de la nue-propriété d’un
jardin de 15 ares
4
Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Notariat de
Virton, FONTAINE Edouard (1872-1900), minute n° 3657
5
Archives privées, Notaire FONTAINE Edouard (1872-1900),
Virton, Enregistré à Virton, le 24-10-1883 (volume
203, folio 6)
6
Archives privés, Notaire Lambinet-Jeanty de Virton,
Enregistré le 13 mars 1919 (volume 285, folio 99, case 13)
7
Archives privés, Acte de vente sous seing privé, fait
à Dampicourt, Enregistré à Virton le 26
novembre 1895 (volume 78, folio 65, case 5)
8
Archives privées, Acte de partage sous seing privé,
Enregistré à Virton le 22 décembre 1871.
9
Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Notariat de
Virton, FONTAINE Edouard (1872-1900), minute n° 4554
10
Archives privées, Acte de partage sous seing privé,
Enregistré à Virton, le 19 juin 1902 (volume 39, folio
25)
11
Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Notariat de
Virton, FONTAINE Edouard (1872-1900), minute n° 1290
12
Archives privées, Notaire Lambinet, Virton, Enregistré
à Virton le 16-10-1863 (volume 141, folio 74 recto, cases 3 &
suivantes)
13
Archives privées, Notaire Lambinet, Enregistré à
Virton le 30-01-1866 (volume 147, folio 86 recto, case 6)
Copyright © 2003-2006; Thierry Jean Saint-Mard
Revise le: 16-06-2006
Une famille Saint-Mard : http://users.skynet.be/saintmard/index.html