Une famille Saint-Mard (1613 à nos jours)


premier document


Accueil

Présentation

Chronique
des Saint-Mard


Les Saint-Mard

Cadre géographique et historique

Actes et documents

Archives familiales "Noël"

Patrimoine des Saint-Mard

Généalogies

Articles

Bibliographie

Sources

Liens

Plan du site



Généalogie et histoire des familles St Mard et alliées du comté de Chiny (Meuse (55) France, Gaume (Province de Luxembourg) Belgique).

«Le futur a un passé.
L' avenir a une mémoire!»

Légende et réalité : Jean-Philippe Lavallé, dernier combattant de 1830

Jean Philippe Lavallé

Informations généalogiques

Il est né le 4 février 1809 à Saint-Mard, département des Forêts, France.

Il est le fils de Jean-Baptiste Lavallé (1780-1867) et de Marie-Joseph Authelet (o 1784).

Il épouse Marie Thérèse Larcher, le 14 janvier 1846 à Rumont (Meuse).

Le couple a sept enfants (Marie Zélie, Arsène Alcide, Jean Claude, Victor Henri, Joseph, Léopold, Marie Victorine).

Jean-Philippe décède le 19 février 1913 à Saint-Mard, province de Luxembourg, Belgique, âgé de 104 ans.

Préambule

Un jour, papa retrouva un ancien livre scolaire d'histoire, il ouvrit la page parlant de la révolution belge de 1830. Une gravure représentait Jean-Philippe Lavallé, dernier combattant de 1830. Il me dit : "On dit qu'il est de la famille".

Avant de commencer ma recherche, pour répondre à mes questions, ma grand-mère, mon père... m'avaient raconté beaucoup d'histoire, de légende. Au fil du temps et des découvertes, je me suis fait une opinion et j'ai fait un tri.

Jean Philippe Lavallé, était-ce une légende de plus ou une réalité ?

En établissant ma généalogie ascendante, je suis tombé sur une Lavallé, ni une ni deux, Papa me ressorti l'histoire de Jean-Philippe.

Alors que je me trouvais chez une cousine à Saint-Mard, je lui en ai parlé. De retour, chez elle, quelques heures plus tard, elle avait emprunté à une voisine, une généalogie des Lavallé. Tout concordait, il était bien de la famille de ma grand-mère paternelle.

Depuis lors, j'ai beaucoup de sympathie pour ce personnage qui a eu pour seul mérite de mourir centenaire et de servir de symbole.

Destin d'un antihéros

D'après Raymond Draize, Qui sont ces personnages dont on a donné le nom à des rues et à des places de Saint-Mard ? , 1992. Pages 87-100

Tout commence en 1828. La commune de Saint-Mard faisait partie du Royaume des Pays-Bas Unis, Grand-Duché-de-Luxembourg, canton de Virton. En 1815, le gouvernement hollandais maintien le système de la conscription par tirage au sort.

Jean-Philippe Lavallé est incorporé le 1er mai 1828 et est caserné à Namur, citadelle au confluent de la Meuse et de la Sambre. Il avait tiré un mauvais numéro.

En septembre 1830, la Révolution belge éclate. Il garde la Porte de Fer avec d'autres soldats wallons. Cette dernière, élevée fin 14ème siècle, était une ouverture dans les murailles de la ville de Namur. Elle servait de porte d'octroi et fut démolie en 1863. La citadelle était dirigée par des officiers hollandais à l'exception d'un, le lieutenant-colonel Dupont, namurois. A la suite d'une attaque des révolutionnaires namurois, les soldats se retirent dans la citadelle. Mais la porte où se trouvait Jean-Philippe Lavallé se rend sans combattre. Après avoir été fêté par la population namuroise, les soldats wallons sont renvoyés dans leurs foyers. Ils désertent l'armée hollandaise.

Porte de Fer - Plan relief de Namur Porte de Fer - Démolition en 1863

Pour contrer la menace hollandaise, le Gouvernement provisoire de la Belgique rappelle les miliciens (octobre 1830). Le 12 novembre 1830, Jean-Philippe Lavallé incorpore le 2ème régiment de ligne qui fait campagne contre les Hollandais. Il tombe malade à Venloo où son unité est assiégée. Caserné à Gand, Ypres puis Mersch (GDL), il participe à la bataille de Louvain et au siège de Maastricht. Le 1er juillet 1834, il reçoit un chevron et est démobilisé en 1839.

De retour à la vie civile, il travaille comme terrassier à la construction du canal de Donchéry (Meuse) en 1840. Il y rencontre son épouse et s'installe dans son village (Rumont, Meuse).

Dans les années 1870, il revient à Saint-Mard pour travailler au chantier du chemin de fer. Puis il se retire à Rumont.

En 1812, le journal "L'indépendance" annonce la mort du dernier combattant de 1830, Philipe Demoulin d'Arquennes (province de Hainaut). Intrigué par une rumeur qui court à Saint-Mard, François Joseph Piessevaux (1855-1937), bourgmestre de Saint-Mard (1906-1932) consulte les archives communales. Il constate que Jean-Philippe Lavallé, combattant de 1830, est toujours renseigné comme vivant.

Cette information est relayée par différents journaux.

La même année, le bourgmestre Piessevaux accompagné par Louis Georges Auguste Lorand (1860-1918), député libéral de Neufchâteau-Virton, se rend à Rumont. Il veut le convaincre de revenir dans son village natal.

Jean-Philippe, 103 ans, songeait revenir au pays pour dormir son dernier sommeil à Saint-Mard. A Rumont, il habitait chez un de ses enfants. A la mort de ce dernier, il décide de rentrer à Saint-Mard et de loger chez une de ses nièces. Le notaire Hubert le ramène dans son automobile et la population le fête.

Le 4 février 1813, une fête est organisée pour son anniversaire (104 ans). Il reçoit un subside de 200 francs pour couvrir ses frais de rapatriement. IL est décoré de la croix de chevalier de l'Ordre de la Couronne (arrêté du 3-02-1913). Deux semaines plus tard, le 19-02-1913, il décède d'une mauvaise grippe (congestion pulmonaire).

Ses funérailles

Les funérailles nationales eurent lieu le 22 février 1813 à 11 h 30 en présence de différentes délégations. La levée du corps se fait à la maison communale de Saint-Mard.

Le cercueil est recouvert du drapeau du 2ème de ligne, régiment représenté par le colonel Descamps et une députation d'officiers.

Les honneurs militaires sont rendus par 100 hommes du 10ème de ligne et la musique de ce régiment.

Les délégations :

Point de vue

Si nous pouvons dire que la commune de Saint-Mard a "acheté" l'enterrement de Jean-Philippe Lavallé, les deux parties étaient gagnantes.

A l'exception de Jean-Philippe, les Lavallé étaient restés à Saint-Mard, il était donc loin des siens. Lorsque le bourgmestre Piessevaux vint le voir, Jean-Philippe avait le désir de mourir au pays. L'accord fut vite trouvé et il déclara : "En ce cas, j'irons mouri d'in m'biau païs qu'est la Belgique".

Jean-Philippe Lavallé est un personnage ordinaire au destin extraordinaire. Il ne fit pas parler de lui sa vie durant et mena une vie d'ouvrier. Centenaire, il est devenu un symbole car il fut le dernier à mourir. Jean-Philippe est un sympathique antihéros.



Parenté entre Thierry Saint-Mard et :

Accueil


Copyright © 2003; Thierry Jean Saint-Mard
Révisé le : 24-09-2003