Une famille Saint-Mard (1613 à nos jours)


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Généalogie et histoire des familles St Mard et alliées du comté de Chiny (Meuse (55) France, Gaume (Province de Luxembourg) Belgique).

«Le futur a un passé.
L' avenir a une mémoire!»

Dampicourt 

« 1823 - Composition de la commune : Aigremont, Couvreux, Dampicourt, Beauregard (ferme), Mathon, Montquintin, moulin d’Aigremont.

Superficie = 1.149 hectares 22 ares.
Situation 3 kilomètre SSO de Virton ; 30 kilomètre SO d’Arlon, sur la route de Virton à Montmédy.
Sol argileux, accidenté.
Bois communaux : 80 hectares.
Anciens registres paroissiaux remontant à 1612.
Altitude : Seuil de l’église 206,36 m.» 1 

Si de nos jour, Dampicourt est un seul village, il n’en a pas toujours été le cas. Début du 19ème siècle, la séparation en deux unités est toujours inscrite dans la répartition du bâti. La carte des Pays-Bas Autrichien levée à l’initiative du Comte de Ferraris (vers 1770), d’une grande précision pour l’époque, permet de se rendre compte que la village n’a pas réellement évolué. Les principaux bâtiments y sont bien visible mais la séparation entre Dampicourt (bas du village) d’un côté et Maton Aigremont de l’autre y est moins visible que dans le cadastre du début 19ème siècle (Impérial puis Royaume des Pays-Bas).

La mésentente et rivalité entre les Dampicourtois et Mathonais remontrait à 15452. Les habitants de Mathon refusèrent de participer à une procession en l’honneur de l’empereur Charles Quint. Ils furent mis à l’amende pour avoir manqué d’égard à leur souverain. La rancœur perdura plusieurs siècles En 1761, les biens de feu Mademoiselle Marie-Claire de Suys, Dame de Dampicourt sont partagés entre les seuls habitants de Dampicourt qui crée une fondation au profit des pauvres de la commune. Les Mathonais en sont exclus.

Ayant un ancêtre, Philippe St Mard, laboureur, Maire de Dampicourt en 1755 et 1769, huit fois échevin, six fois premier échevin et une fois lieutenant maire ; ainsi qu’un autre Jean-Baptiste St Mard, cultivateur propriétaire à Mathon, adjoint maire de Dampicourt entre 1806 et 1815 ; la rivalité entre les deux parties me paraît dérisoire.



Début 19éme siècle : cadastre impérial
Vert vif : Bois (Bois de Dampicourt) et jardins (Dampicourt et Beauregard)
Vert pâle : Sart (à côté du Bois de Dampicourt)
Brun : Terres labourables
Beige : Prés et pâtures
Mauve : Vergers
Gris : Routes et chemins
Rouge : Bâti

La position de Dampicourt au sein de son territoire est très particulière. Les deux unités villageoises sont construites à la limite de ce dernier, à la confluence de la Chevratte ou ruisseau des Forges et du Ton. La rive ouest du Ton appartient aux territoires des villages de Saint-Mard et Harnoncourt. De nos jours, l’usine de pâtes à papier dite d’Harnoncourt se trouve psychologiquement dans les jardins de Dampicourt comme le montre cette photographie aérienne du quartier de Mathon.


Premier plan, le quartier de Mathon et Aigremont.
Les hangars (blanc) de l’entreprise Couset se trouvent dans les anciens jardins et vergers d’Aigremont.
Second plan : l’extrémité du site de l’usine à papier Burgo
Arrière plan : Virton

Classification des maisons

En 1793, la commune de Dampicourt comprend six maisons de première classe, neuf maisons de seconde et neuf de troisième.

L’expertise de la commune (1819-1822) en vue d’actualiser le cadastre, décrit le bâti Dampicourtois comme suit :

« Cette commune renferme cinquante quatre maisons d’habitation qui, d’après les variétés qu’elles offrent, sont susceptibles de division en sept classes.

On peut remarquer une maison qui peut être réputée bourgeoise et qui par son étendue et sa belle construction ne peut être comparée à aucune des autres, elle forme la première classe ; celle-ci et cinq, rangé dans les classe 2ème et 3ème classes, sont les seules couvertes en ardoise, les autres le sont en chaume ou en tuiles.

Aucune n’est louée, ainsi il n’existe aucune base de comparaison certaine pour établir leurs évaluations ; elles sont toutes occupées par leurs propriétaires, cultivateur ou manœuvre.

Dépourvu de baux, j’ai pris pour base de leur évaluation ; leur étendue, leur situation et le nombre de chambres dont chacune est composées : (…)3 »

L’affirmation qu’il n’existe aucune maison louée doit être modérée. Trois d’entre elle sont susceptible d’être occupée par des fermiers. Dans ce cas, les bâtiments seraient considérés comme accessoire aux terres et près prisent en fermages. Nous avons notamment le cas des fermes de Monsieur Machuray de Cobreville à Dampicourt, (+) Jean-Baptiste Saint-Mard en exil à Velosnes et de de Neunheuser, ces deux derniers à Mathon (voir carte des cultivateurs et rentiers ci dessous).

Dans le dessin ci-dessus, les bâtiments se divisent en neuf catégories. En gris, les bâtiments qui ne sont pas des maisons. En mauve (vif, clair, « mortuaire » et « rose-mauve »), les maisons des quatre premières classes. En rouge, celle de la cinquième classe. En orange, la sixième et en jaune la septième. En noir, une dernière classe, deux masures à la sortie du village en direction de Rouvroy. En blanc, trois maisons dont je ne connais pas la classe.

D’une manière visuel, nous constatons une plus grande concentration de maisons de sixième et septième catégorie à Dampicourt et une plus grande concentration de maisons de classes une à cinq à Mathon et Aigremont. A l’exception de la sortie de Mathon (direction Virton), les petits gens semblent habiter Dampicourt et les plus gros cultivateurs et rentiers à Aigremont et Mathon (voir carte des cultivateurs et rentiers ci dessous) à l’exception de Machuray de Cobreville.

Carnets de statistiques : Les bâtiments
Carnets de statistiques : Les maisons
Maisons et propriétaires à Dampicourt en 1822

Les professions

« Dénombrement d’après les jointes des administrations de 1725 à 17924

Dampicourt, dit en partie Matton et Aigremont

Décanat de Longuyon, paroisse de Montquintin :



Vert : Cultivateurs propriétaires
Vert clair : Fermiers
Jaune : Journaliers
Rouge : Artisans
Noir : Charbonniers

En 1822, la majorité des habitants sont cultivateurs ou journaliers. Un jardinier et un militaire pensionné habitent Dampicourt. Les artisans au nombre de huit sont maçon (1), maréchal-ferrant (1), tonnelier (2), menuisier (2), fondeur en fer (1), tailleurs d’habits (1). Notons la présence de deux charbonniers à Dampicourt.

Carnets de statistiques : Les journaliers
Carnets de statistiques : Les charbonniers
Carnets de statistiques : Autres professions

Les cultivateurs propriétaires, les rentiers et les fermiers

Début 19ème siècle, il ne reste plus de trace du « château » de la famille de Suys. A la mort de Marie-Claire se Suys Dame de Dampicourt propriétaire de la moitié de la maison seigneuriale dudit lieu et des deux tiers de la haute, moyenne et basse justice du même lieu, la demeure « a été démolie et rebâtie pour servir de maison curiale »5.

Les deux seigneuries d’Aigremont sont propriétés de :

Une ferme rachetée plus tard par la famille Damoiseaux appartient à Guillaume Joseph de Neunheuser.

A Dampicourt, Pierre Antoine Machuray est qualifié de cultivateur mais dans le cadastre des communes limitrophe, il est dit rentier. Habitant Cobreville, il ne peut exercer la profession d’agriculteur à Dampicourt. Son statut est donc rentier.

La division sociale entre Dampicourt et Mathon est bien mise en valeur par la répartition des cultivateurs. Les deux plus gros agriculteurs habitent Mathon. Jean-Baptiste Saint-Mard propriétaire de plus de treize hectares, décédé à Velosnes en 1816 dont la veuve et les enfants y résident en attendant de revenir à Dampicourt. Les terres et prés sont mis en fermages. Leur retour à lieu fin 1830 début 1831. Jean-Baptiste Collignon est propriétaire d’un peu plus de 9 hectares.

La somme des biens propres des autres agriculteurs varient entre un à un peu plus de cinq hectares. Excepté deux d’entre eux, ils sont tous regroupé à Dampicourt.

Carnets de statistiques : Les cultivateurs
Carnets de statistiques : Les propriétaires et rentiers

Les artisans

Les artisans habitent principalement à Dampicourt, l’un d’entre aux à Jean-Baptiste Deveaux est propriétaire d’une maison à Dampicourt et d’une à Mathon. Nous n’avons donc deux artisans habitant Mathon de manière permanente. Un fondeur en fer (Nicolas Dropsy) et un tailleur d’habits Jean Michel ayant une maison disproportionné eu égard de sa profession et de ses propriétés foncières (2 hectares 15 a)6. L’identification de la maison ne fait aucun doute.

Elle a une surface de 4 ares 40 centiares avec une partie habitation importante, une étable, une grange, une écurie et un hangar.


Relevé : R. Autphenne 7

Carnets de statistiques : Les artisans
Carnets de statistiques : Les artisans du bâtiment
Carnets de statistiques : Charron et maréchal-ferrant

Le moulin de Maton

Le moulin est construit à 800 mètres en amont de la jonction entre la Chevratte et le Ton. C’est l’ancien moulin banal qui dépendait des seigneurs de Montquintin.


De haut en bas :
La Chevratte ou ruisseau des Forges
La scierie
Le bief
Le Moulin
La remise

« Le moulin de Dampicourt, situé sur le ruisseau dit des Forges par lequel il est activé, est à deux tournants et comprend une scierie à un tournant à une lame ; il est à observer que celui-ci doit chômer lorsque les deux premier sont activés, attendu que le cours d’eau n’est pas assez fort pour faire tourner simultanément les trois systèmes.

Ces usines sont en bon état et ne manquent jamais d’eau ; mais les glaces entravent quelques fois leur activité ; elles appartiennent au sieur Dehay Joseph qui depuis quelques années a acquis les 7/8 dont était propriétaire Monseigneur de Hontheim ; avant cette époque, le nouvel acquéreur louait ce moulin, avec quelques propriétés qui en dépendent, par acte sous seing privé du 29 décembre 1800, pour 3, 6 ou 9 ans ; bail qui a été renouvelé et continué à l’expiration des neuf années, aux mêmes conditions et charges (…) »8

Four à cuire le pain

« Il existe un four où une partie des habitants font cuire le pain ; cette propriété est en bon état ; mais elle est loin d’avoir le même rapport que la tenue de la banalité, par ce que plusieurs laboureurs en ont fait construire dans l’intérieur des maisons pour leur usage domestique. Il n’est pas loué.9»

Dans le bulletin de propriété n° 93 de 1822, un petit bâtiment de 97 ares est présenté comme un four. Il fait partie d’un petit îlot comprenant la maison d’un charbonnier et de celle d’un maréchal-ferrant, situé sur une la partie la plus haute de Dampicourt et regardant le côté de l’église. Il appartient la veuve de François Guillin de Saint-Mard. Peut-être s’agit-il de l’ancien four banal ?

Les jardins

Les jardins, parcelle de terre joignant la plupart du temps les habitations, sont « cultivés par des laboureurs ou manœuvres en chanvre, lin et différents légumes ; quelques uns sont arborés et produisent des fruits de bonne qualité.»

Ils sont divisés en deux classes cadastrales :

  1. Jardins situé sur une situation favorable tel un fond de terre appartenant aux labourables de même classe.
  2. Jardins exposés aux débordements du Ton, humides et pierreux 

Dans les différentes représentations du village de Dampicourt, les jardins sont coloriés en vert vif, le vert plus sombre correspond aux vergers.

Carnets de statistiques : Les jardins

Beauregard10

Beauregard est un écart de Dampicourt qualifié par certain de « château ». Sous l’ancien régiment un des deux seigneurs d’Houdrigny, village voisin, résidait à Beauregard. En 1608, un haut fourneau y existe. Il est exploité par Pierre Tamison, maître de forges natif de la région de Chimay.

Les bulletins de propriétés du cadastre de 1822 laissent penser que Beauregard est propriété des héritiers de Gilles Darges. Avant 1827, Pierre Joseph Simonet en est propriétaire. En 1833, Louis Bradfer de Houdrigny y construit un moulin.



AEA, Expertises des communes, 1819-1823



1 Emile Tandel, Les communes luxembourgeoises, tome III, l’arrondissement de Virton, Institut archéologique du Luxembourg, Arlon, 1890

2 Bernard Joannes, Et si Dampicourt et Mathon m'était conté..., Les éditions de la Joyeuserie, 2005, pages 141-142.

3 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Archives des Institutions de droit public (époque contemporaine), Cadastre du Royaume des Pays-Bas, Grand-Duché de Luxembourg, Expertises des communes, 1819-1823, Dampicourt.

4 Emile Tandel, Les communes luxembourgeoises, tome III, l’arrondissement de Virton, Institut archéologique du Luxembourg, Arlon, 1890

5 Emile Tandel, Les communes luxembourgeoises, tome III, l’arrondissement de Virton, Institut archéologique du Luxembourg, Arlon, 1890

6 La demeure est en indivision. Nous pouvons envisager que la partie agricole étaient principalement utilisée par les consorts.

7 R. Autphenne, L'ancienne commune de Dampicourt - Histoire de l'habitat des origines à la fusion des communes, 1981, planche XII.

8 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Archives des Institutions de droit public (époque contemporaine), Cadastre du Royaume des Pays-Bas, Grand-Duché de Luxembourg, Expertises des communes, 1819-1823, Dampicourt.

9 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Archives des Institutions de droit public (époque contemporaine), Cadastre du Royaume des Pays-Bas, Grand-Duché de Luxembourg, Expertises des communes, 1819-1823, Dampicourt.

10 Bernard Joannes, Et si Dampicourt et Mathon m'était conté..., Les éditions de la Joyeuserie, 2005, pages 279 à 283.


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Revise le: 11-11-2006
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