Une famille Saint-Mard (1613 à nos jours)


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Généalogie et histoire des familles St Mard et alliées du comté de Chiny (Meuse (55) France, Gaume (Province de Luxembourg) Belgique).

«Le futur a un passé.
L' avenir a une mémoire!»

Chroniques de mes ancêtres St Mard

Sommaire :

Des origines incertaines : la nébuleuse St Mard dans le comté de Chiny

La prévôté d’Etalle : les origines communes

Un foyer : Nicolas et ses enfants

L’ancêtre commun : Pierre l’ainé (+ 1693), à Buzenol

Jean (+ 1725), le censier de l’abbaye d’Orval

Buzenol, une vie discrète

Le dix-huitième siècle à Verneuil-Petit : Censier de l’abbaye d’Orval et laboureur

Pierre (1701-1762) époux de Marguerite Genin (1704-1774) : Une maison « envahissante »

Jean (1732-1775) à Thonne-les-Prés : La fin du dix-huitième siècle

Des origines incertaines : la nébuleuse St Mard dans le comté de Chiny

  • Carignan, anciennement Yvois, n° INSEE 08090, département des Ardennes, France

  • La Ferté-sur-Chiers, n° INSEE 08380, département des Ardennes, France

  • Les-Deux-Villes, n° INSEE 08138, département des Ardennes, France


comté de Chiny

Extrait : Archéologie entre Semois et Chiers. Bulletin : Crédit communal - 1987, sous la dirrection de G. Lambert. Reprit dans «Abbé Yves Rozet, Comprendre Avioth, 2000»
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L'an de grâce 1593, Grégoire de Saint-Mard exerce la fonction de lieutenant prévôt à Yvois1. Cette place forte Luxembourgeoise était une des plus grandes villes du Comté de Chiny dont la capitale était Montmédy2. Depuis 1213, Yvois était affranchi et battait monnaie. Des remparts bastionnés la protégeaient.

Par la suite, Grégoire exerce les mêmes fonctions à La Ferté3, petite forteresse entre Yvois et Montmédy. Il est clerc juré (1601), lieutenant prévôt de La Ferttez et procureur des vénérables Abbé et religieux de Saint-Hubert en leur seigneurie de Chauvency (1603) et commandant prévôt de La Ferté (1605).

Yvois, Montmédy, Damvillers et Thionville formaient la couronne défensive de la capitale, Luxembourg qui avait été prise par les Français en 1558. La paix de Cateau-Cambrésis, en 1559, avait rendu ces places au Duché de Luxembourg4.

En 1616, Grégoire déclare au Conseil Provincial du Luxembourg avoir fait des études à l'université de Cologne en Allemagne alors qu'il était âgé de 18 et 20 ans. Il a 64 ans, nous pouvons donc en déduire qu'il est né vers 1552. Peut-être est-il le petit-fils de Claude Saintmard de La Ferté, âgé d'environ 60 ans, déposant le 29 mars 1563, lors d’un procès sur le bois du prince, opposant les habitants de Margut, La ferté, Herbeuval contre le sieur Poncelet, maître de forge à Gérouville.

Cinq ans plus tard, en 1621, un autre Saint-Mard exerce une fonction de clerc juré à La Ferté (Jean de Saint-Mard).

En mai 1635 débute la guerre Franco-espagnole. Louis XIV, Roi de France envahit une partie du Comté de Chiny. « En 1637, les Français sous la direction du maréchal de Châtillon assiègent et conquièrent Damvillers, ville la plus méridionale des Pays-Bas après Thionville (...) ainsi que Ivois et Chauvency-le-Château5.» La ville est presque entièrement rasée, les habitants sont expulsés et l'église démolie à coups de canon. Plusieurs autres villes tombent aux mains des Français : Stenay (1641), Thionville (1643), Longwy (1646), Mouzon (1653), Marville (1655).

Jean d'Allamont, gouverneur de Montmédy
Jean d'Allamont, gouverneur de Montmédy

Restait Montmédy, citadelle stratégique pour les Espagnols sur l'axe Milan-Bruxelles. Le siège commence le 11 juin 1657 et se termine le 6 août de la même année. « La ville avait pour Gouverneur Jean d'Allamont6, Seigneur de Malendes, qui s'acquit une gloire immortelle par la vigoureuse défense qu'il fit durant ce siège, qui dura deux mois entiers, quoique le Gouverneur n'eût que sept cent trente-six hommes de garnison. Les Français y perdirent cinq mille hommes ; et si le Gouverneur n'avait pas été blessé à mort par un coup de canon qui lui fracassa la cuisse et lui enfonça dans le bas ventre un éclat de bois d'un pied de long, avec le pommeau de son épée, elle aurait résisté plus longtemps.

Après sa mort, la garnison capitula et sortit de la place avec tous les honneurs de la guerre7

Le Traité des Pyrénées (7 novembre 1659) accorde définitivement à la France la partie du Luxembourg qu'elle a conquis. Yvois perd son nom et devient Carignan.

Dans un dénombrement de feux de 1656, Jean de Saint-Mard est laboureur aux Deux-Villes (entre Carignan et Florenville). Est-ce le clerc juré de La Ferté ou une autre personne ? N'ayant pas dépouillé les archives de cette période, nous ne pouvons dire si Grégoire et Jean sont des ancêtres de nos Saint-Mard même si l'hypothèse est défendable.

localisation des saint Mard isolés

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Que sont devenus les notables et les militaires d'Yvois et La Ferté après les défaites et l'annexion à la France ? Sont-ils restés sur place en exerçant une autre profession (laboureur) ? Pourquoi pas ! Ce sont des pistes à étudier, mais prenons garde à ne pas prendre nos rêves pour des réalités.

La prévôté d’Etalle : les origines communes

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Buzenol, commune d’Etalle
N° INS 85009
Belgique
Population en 1938 : 234 habitants

Village de la province de Luxembourg séparé d’Etalle en l’an 1892.
Sa population aurait été anéantie lors d’une épidémie de peste en 1636.

Dès 1507, un premier haut fourneau est construit dans la vallée de Montauban Buzenol. Montauban sera une des plus importantes usines sidérurgiques gaumaise. Elle fermera en 1858.
Lors de la fusion des communes en 1977, le village est rattaché à la commune d’Etalle.

Un foyer : Nicolas et ses enfants

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Affranchi à la loi de Beaumont en 12608, Buzenol est un petit village de la vallée de l’Eau Rouge. Construit à flanc de coteau, les maisons épousent harmonieusement la déclivité du terrain.

Buzenol - église

Buzenol
centre du village et église
Buzenol - bas du village et forêt d'Etalle

Buzenol
bas du village et forêt d'Etalle

Village de la prévôté d’Etalle et du Comté de Chiny est le village souche9 des St Mard de Gaume et du département de la Meuse.

La racine de notre arbre généalogique s’appelle Nicolas St Mard époux de Marguerite. En 1655, le dénombrement de feux10 d’Etalle nous apprend qu’il a quarante-deux ans, soit une naissance estimée en 1613. Un autre dénombrement de feux11, en 1613, mentionne un Nicolas St Mard à Malendry, ville fortifié gardant la frontière du comté, seigneurie haut-justicière et fille d’Yvois12. Simple coïncidence. Est-ce un oncle, son parrain ? Peut-être le saurions-nous un jour ? Mais la destruction des archives rend la chose peu probable.

Nicolas et son épouse Marguerite13 fondent une famille. Ils auront trois fils et une fille : Pierre l’aîné, bourgeois de Buzenol ; Frémine à Udange épouse d’Adam Guillaume; Guillaume époux de Marguerite Maréchal; Pierre le jeune époux de Jeanne Lethun.

Pierre Saint-Mard époux de Jeanne Maillet, né avant 1650 est l'ancêtre commun des Saint-Mard de la paroisse de Montquintin (Dampicourt...) et Verneuil-Petit.

Pierre le jeune époux de Jeanne Lethun ont eu un fils Pierre né le 30 mars 1677 à Buzenol. Il a pour parrain Pierre Lethun et marraine Elisabeth Letun de Baranzy. Nous ne connaissons pas sa descendance.

Guillaume époux de Marguerite Maréchal ont eu trois enfants dont nous ne connaissons pas la descendance. Ils ont baptisé à Buzenol : Rémy le 21 novembre 1677, Thomas le 14 mars 1679 et Elisabeth le 14 juillet 1681. Elisabeth épouse le 1er juin 1711 à Longwy Jean Dominique Robbe, Sergent dans la compagnie de Monsieur de Montesquau14.

L’ancêtre commun : Pierre l’ainé (+ 1693), à Buzenol

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La découverte de nombreuse procédure au seing de la justice prévôtale d’Etalle a permis de mieux connaître Pierre St Mard, sa femme Marie Maillet, ses enfants et les liens unissant les différentes familles St Mard. D’un point de vue généalogique, beaucoup d’inconnues demeurent. Les registres paroissiaux d’Etalle dont Buzenol dépend ne sont conservés qu’à partir 1677 et ne répondent pas a toutes les questions car il y a visiblement de lacunes.

Le couple a eu au moins sept enfants :

Août 168815, Maître Gicourt fermier des amendes de la province de Luxembourg, et conté de Chiny, demande devant les juges de la prévôté d’Etalle la condamnation de Pierre St Mard, et Jean Thiry demeurant à Buzenol, à une amende de chacun douze florins. Il leur reproche d’avoir conduit leurs chevaux aux étangs d’Etalle. Touchant les limites des villages de Buzenol, Fratin et Sainte-Marie, les Grands Etangs d’Etalle était un ensemble de plans d’eau, de marais, de chauwières16, de viviers ; D’une superficie d’environ quarante hectares, « il appartenait autrefois à l’abbaye d’Orval et servait à la multiplication des poissons17. »

Pierre St Mard « convient avoir été aux étangs avec quatre chevaux du moins son fils », « mais que fut été par permission du sieur Herine détendeur dudit étang qui lui en a donné son billet de permission daté du premier mai dernier. »

Maître Gicourt accuse Pierre et Herine de s’être accommodé pour une « chevée » de bois. Le billet d’autorisation a été antidaté. En conséquence, le prévôt royal et gruerie de la prévôté d'Etalle, ordonne que le demandeur justifie que le billet en question a été antidaté.

Le 29 novembre 168818, Pierre St Mard est condamné au nom de son fils à une amende de trois florins brabant, et aux dépens de l'instance. Jacques Ottelet et le fils St Mard s’en serait pris à un bœuf conduit par les nommés Claude Leuerays valet domestique à Jean Haubrenal de Fratin et Nicolas Mathieu fils à la ferme d'Albert Harbinal dudit Fratin. Ils auraient mis la main sur la corne du bœuf, sans force ni violence.

Année 169019, Pierre St Mard se trouve dans le village de Fratin, voisin à celui de Buzenol. Quatre cochons divaguent. Pierre a peut-être cru qu’il s’agissait des siens. Toujours est-il qu’il les enlève, au dire des plaignants Nicolas la Hurve et Nicolas le Claucas bourgeois de Sainte-Marie ; et les emmènent chez lui à Buzenol.

Enquête est ordonnée, Pierre devra conduire son troupeau de cochons qu’il a dans le bois, à Fratin, afin de le faire inspecter par les témoins. Le dit jour, Pierre se rend à Fratin. Trois cochons sont reconnu « par demoiselle Catherine Dorsainfaing veuve de feu le sieur François Lescamoussier, Nicolas le Hure, et Nicolas le Clercq demeurant à Sainte-Marie demandeurs laquelle reconnaissance a été ainsi faite tant par lesdits demandeurs que part la plus part des témoins ouïes en l'information tenue à ce sujet et lesdits trois cochons reconnu ont été en même temps relaxé par ledit St Mard, audit demandeurs et à l'égard du quatrième qui n'a pas retrouvé parties s'en sont accommodé comme aussi les frais de la procédure, qui sont demeurés à la charge dudit St Mard. Lesquelles parties ont laissé le procureur du Roi entier à poursuivre son action. »20

Hivers 1690 – 1691, pendant treize semaines, suivant ses dires, Martin Braan, laboureur, héberge dix bœufs appartenant à Pierre St Mard. François semble avoir accompagné le troupeau et logé chez Martin Braan. A la suite de cet hivernage, Martin Braan réclame le paiement d’une somme et le remboursement de six cents gerbes de paille d'avoine pour la nourriture des dits bœufs. Pierre St Mard, le défendeur, « est bien surpris d'une pareille demande », il dénie lui devoir quoique ce soit et affirme lui avoir « payé en espèce d'un écu d'or et demi écus en argent. »

Le 12 septembre 169121, à Fratin, le Prévôt royal des villes, et prévôté d'Etalle, et ses assesseurs, appointent « le demandeur à justifier que le nommé François St Mard fils du défendeur a été pendant l'hiver dernier avec dix bœufs chez ledit demandeur l'espace de treize semaine », « et combien on donne ordinairement pour le logement de pareils bestiaux à leur voisinage. »

Pierre décède à Buzenol le 10 décembre 1693.

Le 29 juin 169422, le sieur Lambert Pierre seigneur de Saint Ode et y demeurant, maître de forge de Buzenol s’oppose à Marie Maillet veuve de feu Pierre St Mard demeurant audit Buzenol assignée au nom de Philippe et Hubert les St Mard ses fils. Les deux parties ne sont pas d’accord sur les quantités de charrés de mines chargées par les deux chariots de la défenderesse et devant être livrées à l'usine de Montauban. Le prévôt royal lieutenant, et ses assesseurs des villes, et prévôtés d'Etalle, admettent, le sieur demandeur à justifier par témoins suffisants, et par-devant eux dans huitaine, des quantités de matières chargées par les chariots de bœufs, et de chevaux de la défenderesse. A cette époque, en Gaume, les cultivateurs du voisinage étaient les transporteurs des forges23. Cette activité les occupait à la morte saison.

Montauban - Buzenol, maison du facteur des forges

Montauban - Buzenol
maison du facteur des forges
Buzenol - bas du village et forêt d'Etalle

Montauban - Buzenol
halle aux charbons

En ses temps où les gens parlaient peu, où les mots étaient comptés, le moindre emportement verbal était très mal perçu, le « mot de trop, pire l’injure, atteignant profondément et efficacement, d’où des procédures pour insultes24 ». Régulièrement, Jean le Bourguignon est procureur (avocat) de la famille St Mard dans ses démêlés avec la justice locale mais en novembre 169425, il assigne par-devant le Prévôt, Marie Maillet veuve de feu Pierre St Mard demeurant à Buzenol, et Hubert St Mard son fils pour les « voir condamner à dire, et déclarer qu'ils tiennent ledit plaignant homme de bien, et d'honneur, et digne de ses vacations, en outre condamner à une amende chacun à leur égard à telle qu'il plaira que le sieur procureur du Roi de cette juridiction trouvera à conclure. »

Lors de sa comparution, Hubert St Mard affirme « qu'il n'a jamais injurié ni sa mère maître Jean le Bourguignon » et qu’ils le tiennent « pour honnête homme. »

Est-ce lié à la procédure entamé à leurs encontre pour non paiement d’une journée de fauchage à leur pré à la moisson dernière. Jean le Bourguignon défend le plaignant. Comme s’est souvent la règle dans ce genre de procédure, Hubert St Mard fils de Marie Maillet veuve de Pierre St Mard demeurant à Buzenol, « dénie de rien devoir au demandeur ni d'avoir fait aucun travail, ni avoir été employé par le comparant ni sa mère. »26

L’affaire ne semble pas avoir provoqué une longue mésentente entre Maître le Bourguignon et Marie Maillet. En février 1696, Maître le Bourguignon défend les intérêts des St Mard contre Philippe Hardy demeurant à Buzenol assigné par exploit de Jean Despaux Sergent de ladite prévôté d’Etalle. Nous n’en savons pas plus sur cette affaire27.

La même année, en mars, Marie Maillet séjourne chez son fils François à Dampicourt.

Jean (+ 1725), le censier de l’abbaye d’Orval

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Informations généalogiques :

Jean SAINT MARD est le fils légitime de Pierre L'Aîné SAINT MARD et de Marie MAILLET. Il épouse Marguerite HENRY, bonne, le mardi 11 janvier 1701 à Verneuil-Petit. Jean SAINT MARD est décédé le lundi 29 octobre 1725, à Verneuil-Petit.

Buzenol, une vie discrète

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A Buzenol, Jean semble relativement discret à l’exception de cette affaire.

Le 8 juillet 1693, le Prévôt royal des villes, et prévôté d'Etalle, et ses assesseur, appointent le demandeur, Regnault Montyer maréchal-ferrant demeurant à Etalle, à justifier, et par-devant eux dans le terme de l'ordonnance, que les fils des ajournés Pierre St Mard et Pierre de Longue ont pendant le mois de juin dernier, se saisi d'un cheval appartenant audit demandeur qui était égaré, et qu'ils lui ont mis des cordes, au col, le lie par les gambes et en même temps l'ont fait précipité dans une grande fosse lieu dit au Chaufoin, à l'entrée des bois communaux d'Etalle, au environ du chemin qui conduit dudit Etalle à Saint-Léger28.

Pierre St Mard au nom de son fils Jean St Mard dénie qu’il ait précipité le cheval en question dans une fosse.

Le dix-huitième siècle à Verneuil-Petit : Censier de l’abbaye d’Orval et laboureur

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Verneuil-Petit
N° INSEE 55547, France
Population en 1846 : 234 habitants

Village du département de la Meuse, affranchi en 1264 par Arnould III, comte de Chiny et par Ide de Montquintin, abbesse de Juvigny. Jusqu’au XIIIe siècle, le ban de Verneuil-Petit était propriété de l’abbaye de Juvigny.

Après la conquête par Louis VIX d’une partie du comté de Chiny, quartier roman du Duché de Luxembourg, les droits terriens passent à Philippe Louis de Zasse. Sa famille conservera ces droits jusqu’à la Révolution.

Verneuil-Petit

Verneuil-Petit
Le village
Verneuil-Petit

Verneuil-Petit
L'église

Huit années plus tard, après un séjour à Dampicourt, Jean s’installe à Petit-Verneuil, Royaume de France, petit village caché dans un vallon, éloigné des principaux axes de communications, jouxtant la paroisse de Montquintin. Deux collines et un vallon le séparent dudit village de Dampicourt. Jean de Saint-Mard y épouse le 11 janvier 1701 Marguerite Henry, veuve de Laurent Lambinet et mère de sept enfants. Le couple aura sept enfants.

L'acte de mariage précise qu'il est paroissien de Montquintin. Avant son arrivé dans la paroisse, il n'y avait pas de Saint-Mard à Verneuil-Petit. Il ne semble pas conserver de contact avec le village de Buzenol. Peut-être n’y a-t-il plus d’intérêt. Seul les litiges et gestion de biens laissent des traces. Par contre, il a des contacts avec ses frères à Dampicourt.

Les trois premiers enfants du couple sont baptisés à Petit Verneuil : Pierre le 30 octobre 1701, Jean le 20 juillet 1703 et Marguerite le 20 juillet 1704.

Le 26 octobre 1704, Françoise fille d’Hubert et Anne Brasseur est baptisée. Elle a pour parrain Jean St Mard, bourgeois de Petit-Verneuil et Françoise St Mard sa sœur, à savoir la sœur de Jean et Hubert St Mard. Cette dernière épousera à 8 janvier 1709 à Sommethonne 29 Evrard Pierret et aura quatre fils.

En ce début du 18ème siècle, Charles II roi d’Espagne vient de mourir, Philippe V petit-fils du roi de France lui succède. Louis XIV dans la nuit du 5 au 6 février 1701 envahit les Pays-Bas Espagnol dont le Duché de Luxembourg en est une composante. Cette fois ci, la chance n’est pas de son côté. Battu, il signe le traité d’Utrecht30. Les Pays-Bas deviennent possession des Habsbourg d’Autriche.

Verneuil-Petit ne semble pas affecté par ces bouleversements ? Territoire français depuis 1659, il le reste. Mais au niveau spirituel, le village dépend du diocèse de Trèves, Saint-Empire Germanique31.

Suivant les registres paroissiaux, Jean St Mard est laboureur, agriculteur propriétaire des ses terres mais il est aussi censier de l’abbaye d’Orval. Cette communauté de cent trente moines cisterciens avait acquis au cour des années un vaste domaine agricole et forestier qui lui permettait de vivre selon son obédience32.

Dans une procédure du 19 mai 1704, Pierre curé d’Avioth affirme que la fabrique de ladite paroisse est propriétaire de sept quarts de pré au ban de Petit-Verneuil. Il le justifie par un ancien pied terre. Le dossier comprend trois pièces dont un billet mentionnant ce qui suit : « Jean de St Mard censier de l'abbaye d'Orval à Petit Verneuil a detenté, toujours après Jean Lambinet et Laurent Lambinet son fils fermiers de la dite cense un quart de terre a la couture du haut Lieu dit à (Cocqz) ... »33.

Avioth

Avioth
Avioth

Avioth

Pour la petite histoire, Avioth était un sanctuaire à répit. Les nouveaux nés morts avant d’avoir été baptisés ou ondoyés ne pouvaient être inhumés en terre chrétienne, ils étaient déposé dans une partie non consacrée du cimetière et leur âmes étaient condamnées à errer. Dans cette société fortement christianisée, « pour les parents, l’idée que les âmes de leurs enfants puissent errer jusqu’au Jugement dernier est insupportable.34» De plus, ils craignaient que ces âmes viennent les troubler. Baptiser un mort étant un sacrilège, ils les exposèrent dans des sanctuaires à répit dans l’espoir que l’enfant y manifeste quelques « signes de vie. » « Par les faveurs de la Sainte Vierge, souvent ces petits enfants, y apportés, y reçoivent le baptême35» Ces signes de vie n’étaient que des signes normaux d’une mort avancée (« chaleur fort sensible à son estomac », suintement de gouttes de sang, « chaleur au cœur et rougeur à la face », « effusion de son urine »36). Mais tous les baptêmes se faisaient sous la condition que l’enfant ait vécu.

Le Livre des pied-terriers de la maison d’Orval est un « immense inventaire » qui « déroulent longuement la liste et le sommaire des propriétés foncières, de toutes sortes, possédées, occupées ou défructuées par nos religieux : terres, prairies, pâturages, bruyères, étangs, moulins, brasseries, maisons, bâtiments, dîmes, cens, péages, rentes en argent, en grains, ou autres denrées ; avec expression des lieux de situation, des abouts et joignants, des quantités et importances ; avec enfin désignation des fermiers, receveurs ou débiteurs, etc.37» Il décrit un important domaine forestier et agricole fort « déchiqueté ». Les « granges », terres agricoles sur lesquelles étaient construites des bâtiments et dépendances, étaient au nombre de 60 en 1745. Elles étaient exploitées pars des frères convers38. Néanmoins, une partie du domaine était exploité par des laïcs.

Abbaye d'Orval

Maquette de l'abbaye d'Orval, situation fin du 18ème siècle
Premier plan : Monastère médiéval
Second plan : Abbaye du 18ème siècle

Devons-nous considérer Jean St Mard comme un vrai fermier ? Les biens de l’abbaye tels que décrit notamment dans le bail de 176739, prit par Marguerite Genin veuve de son fils Pierre, semble suffisent pour faire vivre une famille. Dans un premier temps, Jean est « censier de l’abbaye d’Orval. » La ferme était précédemment exploitée par Jean Lambinet le premier mari de Marguerite Henry. Dans un second temps, Jean acquière des terres et devient laboureur. Un contrat d’échange entre ses enfants Marie St Mard épouse Parmentier et Jean St Mard, en 1755, nous permet de savoir qu’il était propriétaire de terres, prés, maison, jardin, brasserie et huilerie40. Pour autant, a-t-il cessé d’exploiter la cense d’Orval ? Dans l’état actuel de ma recherche, je ne peux y répondre.

Les quatre autres enfants du couple sont baptisés à Petit Verneuil : Georges le 24 décembre 1705, Jacques le 20 juillet 1708, Jean le 3 février 1710 et Marie Marguerite le 27 mars 1714.

La fin de la vie de Jean St Mard sera marquée par un conflit l’opposant à Philippe Louis Dezasse, Seigneur de Petit-Verneuil.

Depuis des temps immémoriaux, le chemin dit la Ruelle de Jean de L’Hostel était ouvert et libre pour les servitudes rustiques. Ils permettaient aux cultivateurs du village d’avoir accès aux terres voisines dudit chemin. Vers 172041, le sieur Dezasse s’est « mis en devoir de fermer l’entré dudit chemin, n’ayant aucun droit de la faire.42 » Pour avoir accès à leurs terres et portion de couture, les villageois doivent « chercher un grand détour de trois quarts de lieu.43»

Le 6 avril 1724, Jean St Mard comparait par Maître Debehaigne son procureur44 par-devant la justice de la prévôté de Montmédy. En effet, Philippe Louis Dezasse l’avait assigné par requêtes et exploit du 17 janvier, 28 mars de la présente année.

Entre 1724 et 1728, Maître Debehaigne comparaît régulièrement afin de défendre les droits de Jean et puis de sa veuve Marguerite Henry, car il décède en 1725. Ni Jean, ni sa veuve ne se laissent impressionné et le 28 mai 1726, un jugement interlocutoire ordonne « que la partie de Debehaigne justifiera par-devant nous, dans le délai de l’ordonnance, tant par titre que par témoins qu’avant le démembrement de la seigneurie de Petit-Verneuil du Domaine du Roi et anciennement l’usage était de passer librement par le chemin dont est question, nommé Ruelle de Jean de L’Hostel pour laboureur et cultiver, voiturer les fumiers sur les terres voisines de la dite ruelle et pour les moissons, ensemble pour les autres servitudes rustiques sauf le preuve contraire par la partie de Thenevin dans pareil délais45 » Le jour de l’enquête, le 4 juin, maître Jean Thenevin, procureur de Philippe Dezasse, « a protesté de nullité de ladite enquête » car « il serait passé outre au préjudice de l’appel qu’il a interjeté » et s’est retiré46. Pour la partie défenderesse, sous le respect qu’elle doit à la Cour de nos seigneurs du parlement de Metz, ledit Seigneur Dezasse n’a « recourt à cet appel qu’afin de cacher la vérité et d’échapper à la justice.47 »

Les témoins prêtent serment. Jean Joseph Chambeau, Avocat en Parlement, Conseiller du Roi, Lieutenant en la prévôté royale et bailliage de Montmédy instruit l’enquête et fait rédiger les dépositions dans un cahier contenant dix-huit pages. Elément rarissime dans une enquête, tous les témoins affirment la même chose, le chemin, depuis des temps immémoriaux, a servi pour les servitudes rustiques sans exception, ni restriction de temps ni de saisons.

La déposition de Jacques Genin, laboureur demeurant à Petit-Verneuil, âgé de cinquante-trois ans, ancien fermier des seigneurs de Petit-Verneuil résume bien l’ensemble des témoignages : « A dit et déposé qu’il demeure depuis vingt-cinq ans à Petit-Verneuil où il est venu habiter pour exploiter une ferme qui appartenait pour lors à la mère dudit sieur Dezasse. Laquelle ferme, il a tenu sept à huit ans pendant lequel temps (..) il a toujours passé et vu passer librement touts les habitants de Petit-Verneuil par le chemin nommé vulgairement Ruelle de Jean d’l’Hotel pour voiturer sans distinction de saison, ni de temps les fumiers des maisons, que même les bestiaux y passaient avant la fenaison et en touts temps pour aller en pâture. Les particuliers ayant seulement attention de planter sur les deux côtés et le long dudit chemin pour se garantir du dommage des bestiaux qui y passaient. Le déposant déclare que libre usage dudit chemin pour toutes les servitudes rustiques selon le rapport qui lui en a été fait par les anciens du village, jamais été interrompu ni contesté que depuis quatre ou cinq ans par le sieur Dezasse Seigneur moderne dudit lieu. Lequel n’a aucun droit ni titre valable de pour faire fermer et barrer avec des clôtures ledit chemin ! Les quelles clôtures ont été quelque fois brisées et arrachées soit par feu Jean St Mard, ses enfants ou autre.48 »

L’affaire continue. Le 5 avril 1728, Nicolas Debehaigne procureur de Marguerite Henry veuve de Jean St Mard, défenderesse, dépose une nouvelle production au nombre de sept pièces contre le sieur Dezalle. Après cette date, nous ne trouvons ni acte de procédure ni jugement dans les registres de sentences de la prévôté de Montmédy.

Une des parties a-t-elle « jetée l’éponge », l’affaire est-elle passé au Parlement de Metz ? Je ne peux y répondre.

De la vie de Jean, nous ne connaîtrons donc que ces quelques brides. Une enfance discrète à Buzenol, un bref passage à Dampicourt, un mariage à Petit-Verneuil. Les fils de Jean Saint-Mard y firent souche et eurent une large descendance.

Cette partie de la famille reste mal connue. Les sources à notre disposition sont les registres paroissiaux et d'états civils, de rares actes passés devant les notaires de Virton, les baux à ferme de l’abbaye d’Orval, les actes de la justice de Verneuil-Petit et de la prévôté de Montmédy.

Un autre problème se pose. Les archives étudiées ne me permettent pas de distinguer avec certitudes les différents Pierre et Jean.

Verneuil-Petit, maison saint-mard

Verneuil-Petit, maison Saint-Mard
JSM-1751
Verneuil-Petit, maison saint-mard

Verneuil-Petit, maison Saint-Mard
JSM-1751

En plus de leurs activités de laboureur et de fermier, les Saint-Mard ont probablement exercés d'autre activité. A la sortie du village (Grand Rue n° 28 bis et 30), en direction de Thonne-la-Long, nous pouvons voir une maison austère avec un linteau daté de 1751 dont le cartouche comporte les initiales JSM. Cette maison appartenait à Jean Saint-Mard. Elle est la plus ancienne du village et suivant la tradition orale était une brasserie et l’endroit où était perçue la dîme49.

Pierre (1701-1762) époux de Marguerite Genin (1704-1774) :
Une maison « envahissante »

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Informations généalogiques :

Pierre SAINT MARD est le fils légitime de Jean SAINT MARD, laboureur et de Marguerite HENRY. Il est baptisé à Verneuil-Petit, le 30 octobre 1701. Le mardi 11 mai 1728 à Verneuil-Petit, il épouse Marguerite GENIN, la fille légitime de Jacques GENIN et d'Anne Marie PICARD. Pierre SAINT MARD est décédé avant le 12 mars 1762, à l'âge de 60 ans, à Rouvres-en-Woëvre.

Pierre St Mard et Marguerite Genin s’unissent le mardi 11 mai 1728 en l’église paroissiale de Petit Verneuil. Douze enfants naîtront de cette union : Jacques le 2 mai 1729, Marie Scholastique Charlotte 2 octobre 1730, Jean le 23 juin 1732, Jacques le 21 février 1734, Jeanne le 3 novembre 1736, Didier le 20 mars 1738, Pierre le 2 juillet 1740, Anne Marie 29 avril 1742, Catherine 4 janvier 1744, Pierre le 6 mai 1745, Marie Scholastique le 29 janvier 1747, Marguerite 3 mars 1750. Didier et Marie Scholastique mourront à l’âge de 20 ans. Cette dernière épouse de François Pillot laissera un orphelin, Jean Pillot (o 1767) dont le tuteur sera Jacques St Mard, son oncle.

Quelle mouche a-t-elle piqué Pierre ?

En 1742, Pierre St Mard et son épouse achète une masure. En 1750, ils achètent une deuxième petite maison réduite à l’état de masure. Se sentant peut-être à l’étroit, il entreprend d’agrandir le bâtiment en faisant monter un étage à sa grange. Au passage, il bouche quelques fenêtres et une porte de la maison voisine. Cette dernière appartient à un milicien de Grand-Maison, lieutenant dans la milice d’Artois à garnison à Sedan.

Le 12 mars 175750, le maire et les gens de justices de Petit-Verneuil rédigent procès-verbal. Ils visitent la dite maison, constatent l’état d’un pignon du côté de Pierre St Mard bourgeois laboureur dudit lieu. Dans la cuisine, ils reconnaissent l’entrée d’une porte avec son jambage rebouchée de pierres et de mortier. Dans les chambres et le grenier, la situation est plus cocasse, les fenêtres ne sont point bouchées mais « regarde dans la grange dudit St Mard. » Deux tirants surmontant le pignon bouchent le jour d’une cheminée et de plus ledit pignon penche d’un pied vis-à-vis de ladite cheminée. D’autres infractions sont constatées. Nous ne connaîtrons jamais la fin de l’histoire car les archives de la justice de Petit-Verneuil se limitent à une liasse de +- 15 cm. Ne nous en plaignons pas, pour d’autre village, il n’y a plus rien.

Pierre St Mard est décédé le vendredi 12 mars 1762, à l'âge de 60 ans, à « Rouvre village situé près d’Etingt en bon chrétien muni de tous les sacrements de notre mère la Sainte Eglise. » Il est inhumé le lendemain au cimetière de la paroisse de Rouvres-en-Woëvre51 à cinquante-quatre kilomètres au sud-sud-est de Petit-Verneuil. En 1742, son frère Jean (1710-1794) exploitait la cense de Leslogette dans la paroisse d’Etain, ville à quatre kilomètres de Rouvres. A cette époque Rouvres et Etain font partie du duché de Lorraine qui deviendra officiellement français en 1766.

En mai 1767, Marguerite Genin veuve de Pierre loue une ferme appartenant à l’abbaye d’Orval situé à Petit-Verneuil, « consistant en trois petites masures, trois jardins, deux chènevières, en terres labourables dont plusieurs sont exemptes de terrage, en prés fauchables… » Le prix annuel de la location est « la quantité de cinquante quartels de froment, pareille quantité d’avoine mesure à pelles de Montmédy et un quartel comble de froment pour la crosse, deux livres de cire, deux chapons vif (..) et pour les vins du marché du présent bail trente-six livres une fois seulement dans le cours des trois années.52 »

Marguerite Genin décède en 1774. Pour la conservation de Jean Pillot, fils mineur issu du mariage d’entre François Pillot, maréchal-ferrant à Avioth et de défunte Scholastique St Mard, fille de Marguerite Genin, Jean-Baptiste Charlet, officier de la haute justice de la terre et seigneurie de Petit-Verneuil appose scellés sur les meubles et effets délaissés par ladite défunte. Un inventaire est dressé. Il s’agit d’une véritable photographie pièce par pièce de la maison de Marguerite au moment de son décès53. A titre d’exemple, dans le poêle (salle à manger), nous trouvons une table de bois sur quatre pieds tourné avec deux bancs de chêne, dix vielles chaises tapissées, un fauteuil couvert de cuir noir, une pendule avec sa boite, une armoire, un saloir appartenant à Jean Gillardin dans lequel il y a quatre quartiers de lard, quatre jambons et deux bajoues. Toujours dans la même pièce, une grande armoire bois de chêne fermée à clefs. Malheureusement, l’inventaire est très difficile à lire et ne me permet pas de décrire toute la maison avec cette précision.

La maison n’a pas d’étage. Au rez-de-chaussée, nous trouvons une cuisine prenant jour sur le jardin, une salle à manger (poêle) prenant jour au midi et au couchant, une chambre prenant jour sur la rue et une petit chambre à côté de la cuisine prenant jour sur la cour. La maison possède un grenier, une écurie et une grange. Le cheptel se compose de neuf chevaux, deux juments, un hongre, quatre vaches, deux génisses, trois moutons ou agneaux, une chèvre, neuf oies, dix poules et un coq. Dans la grange se trouve la récolte de froment, orge, avoine et foin.

Jean (1732-1775) à Thonne-les-Prés : La fin du dix-huitième siècle

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Thonne-les-Près
N° INSEE 55510, France

Population au début du 20ème siècle : 274 habitants

Village du département de la Meuse affranchi en 1239 ou 1244. Il dépend de la prévôté de Marville jusqu’en 1603, pourtant il est voisin de la citadelle de Montmédy. En 1659, le village devient français (Traité de Pyrénées).


Informations généalogiques :

Jean SAINT MARD, fils légitime de Pierre SAINT MARD, laboureur et de Marguerite GENIN, est baptisé à Verneuil-Petit, le 23 juin 1732. Le mardi 26 août 1760 à Dampicourt, il épouse Marie Magdelaine JOANNES, la fille légitime de Pierre JOANNES et de Jeanne GRAVET. Jean SAINT MARD est décédé le jeudi 10 août 1775, à l'âge de 43 ans, à Thonne-les-Prés.

Thonne-les-Prés est un charmant village construit sur un versant et en fond de vallée, presque sous la citadelle de Montmédy. Tout comme Verneuil-Petit, le village devient possession de la France en 1659 par le Traité des Pyrénées. Les Saint-Mard y firent un bref passage qui ne laissa que peu de traces.

Thonne-les-Près

Thonne-les-Près
Thonne-les-Près

Thonne-les-Près

Jean Saint-Mard, né à Verneuil-Petit en 1732, troisième fils de Pierre et Marguerite Genin. Il s’installa Thonne-les-Prés avec son épouse Magdelaine Joannes. Le mariage avait été célébré le 26 août 1780 à Dampicourt, Comté de Chiny, village natal de la fiancée.

Bourgeoise et laboureur comme ses parents, frères et cousins de Verneuil-Petit, Jean semble mener une vie discrète. Mais une ombre rode sur la famille, la mort s’empare de cinq de ses huit enfants :

Leur père, Jean meurt le jeudi 10 août 1775, à l'âge de 43 ans. Sa veuve Magdelaine Joannes aura un peu plus de chance, elle mourra à l'âge de 54 ans.

Devenu adulte, sa fille Anne Marie (o 1764) s'établit à Thonne-la-Long et y épouse François Montlibert. Ses deux fils sortent du lot. Ils ne sont pas des simples laboureurs.

> Poursuivons du côté de Jean-Baptiste et de son frère Jean Joseph >

Sommaire :

Des origines incertaines : la nébuleuse St Mard dans le comté de Chiny

La prévôté d’Etalle : les origines communes

Un foyer : Nicolas et ses enfants

L’ancêtre commun : Pierre l’ainé (+ 1693), à Buzenol

Jean (+ 1725), le censier de l’abbaye d’Orval

Buzenol, une vie discrète

Le dix-huitième siècle à Verneuil-Petit : Censier de l’abbaye d’Orval et laboureur

Pierre (1701-1762) époux de Marguerite Genin (1704-1774) : Une maison « envahissante »

Jean (1732-1775) à Thonne-les-Prés : La fin du dix-huitième siècle


1 Aujourd'hui Carignan, département des Ardennes (France)

2 France, département de la Meuse (55)

3 La Ferté-sur-Chière, département des Ardennes (France). Le tracé de l’ancienne douve inondée par la rivière est facilement visible de nos jours notamment sur les cartes d’état-major et les photographies aériennes

4 Sous la direction de Gilbert Trausch, Histoire du Luxembourg. Le destin européen d’un « petit pays », Edition Privat, 2002, page 312

5 In Guillaume de Waha, Le fidèle et vaillant gouverneur Jean d'Allamont, Nouvelle édition présentée et annotée par Daniel Garrot, augmentée de divers documents touchant le siège de Montmédy de 1657, Edition de la Joyeuserie, 1999. Introduction de Daniel Garrot, pages 16 et 17.

6 Jean V d'Allamont, Seigneur de Montmédy, Malandry, Villécloye, baron de Busy. Gouverneur, capitaine et prévôt de Montmédy. Né le 19 octobre 1626 en la Maison du Roi à Montmédy, décédé le 4 août 1657 à Montmédy. Fils de Jean III d'Allamont et Philiberte marquise de Lenoncourt. Source : Waha – Garrot. Pages 27,75 et 162.

7 In Guillaume de Waha, Le fidèle et vaillant gouverneur Jean d'Allamont, Nouvelle édition présentée et annotée par Daniel Garrot, augmentée de divers documents touchant le siège de Montmédy de 1657, Edition de la Joyeuserie Marie Hittlet-Hubin, La terre d’Etalle, page 122, 1999. Page 152-153, extrait de Don Calmet, Notice de Lorraine, 1756

8 Marie Hittlet-Hubin, La terre d’Etalle, page 122

9 Village souche provisoire car les St Mard semble être originaire de la région de Carignan dans le département des Ardennes (France). L’état des archives rend l’étude du 16 et 17ème siècle particulièrement difficile.

10 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Archives des Institutions de droit public (Ancien Régime), Conseil de Luxembourg, Dénombrements de feux et d’habitants, Recensement des habitants capables de porter les armes (1655), Registre n° 137 anciennement n° IV 6

11 Grand-Duché-de-Luxembourg, Archives Nationales du Luxembourg : Cote A XII - 7 dénombrements de feux de 1613

12 Gérald Dardart, Manuel Tejedo-Cruz, 2000 ans d’histoire entre Chiers et Meuse, chronologie détaillée, Balan-Sedan, 2001, page 39

13 Dans un acte du 2 mai 1661, Marguerite est dite veuve de Nicolas St Mard ; Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Buzenol et Fratin, Registre n° 463, folio 3 recto

14 Dépouillement généalogique consulté aux Archives de Meurthe-et-Moselle (auteur inconnu).

15 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Prévôté d’Etalle, Rôles aux causes (1686-1696), Registre n° 988, folio 22 verso à 23 recto

16 Chènevière ?

17 An XIII documents statistiques de la période française, in Marie Hittelet-Hubin, La terre d’Etalle, page 87

18 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Prévôté d’Etalle, Rôles aux causes (1686-1696), Registre n° 989, folio 11 verso à 12 verso

19 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Prévôté d’Etalle, Rôles aux causes (1686-1696), Registre n° 990, folio 41 verso à 42 recto

20 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Prévôté d’Etalle, Procédure (1688-1696), Portefeuille n° 964

21 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Prévôté d’Etalle, Rôles aux causes (1686-1696), Registre n° 991, folio 53 verso à 55 recto

22 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Prévôté d’Etalle, Rôles aux causes (1686-1696), Registre n° 994, folio 3 verso à 5 recto

23 Edmond Fouss, La Gaume, quelques aspects de la terre et des hommes, Collection Wallonie, Art et Histoire, Duculot, Paris-Gembloux, 1979, page 34

24 Gabriel Audisio, Isabelle Bonnot-Ranbaud, Lire le français d’hier, Manuel de paléographie moderne XVe – XVIIIe siècle, Deuxième édition, Armand Collin, 1997, page 18

25 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Prévôté d’Etalle, Rôles aux causes (1686-1696), Registre n° 995, folio non numéroté

26 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Prévôté d’Etalle, Rôles aux causes (1686-1696), Registre n° 995, folio non numéroté

27 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Prévôté d’Etalle, Rôles aux causes (1686-1696), Registre n° 996

28 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Justices subalternes, Prévôté d’Etalle, Rôles aux causes, Registre n° 992, folio non numéroté

29 En 1659, par le Traité des Pyrénées, la France annexe officiellement Avioth, Damvillers, Marville, Montmédy, Thionville et Yvois. Le village de Sommethonne est aussi annexé ; mais il redevient Luxembourgeois en 1769 à la suite du Traité de Versailles qui trace des frontières stables entre la France et les Pays-Bas. In Edmond P. Fouss, La Gaume, quelques aspects de la terre et des hommes, Collection Wallonie, Art et Histoire, Duculot, 1979, page 20

30 Paul Roger, Notice historiques sur Virton, 1932, page 61

31 Gérard Cady, Christian Toussaint, Verneuil-Grand, Verneuil-Petit, Villages du pays de Montmédy, collection Promenade du patrimoine, 1995, page 49

32 Anonyme, Virton, Soleil de Gaume, Maison du tourisme de Gaume, 2005, page 171

33 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Abbaye d’Orval, Patrimoine : Villes et villages, Boite Olizy – Prouilly : farde Petit-Verneuil, 16 mai 1704, Pierre Curé d’Avioth contre l’Abbaye d’Orval

34 Scarlet Beauvalet-Boutouyrie, La démographie de l’époque moderne, Belin, 1999, page 191

35 Citation anonyme, In Jean Delhotel, Deux suppléments au « Bref Recueil (1668)» de l’état de l’église Notre-Dame d’Avioth, Edition S.A.E.P., deuxième édition, 1992, page 3

36 Jean Delhotel, Deux suppléments au « Bref Recueil (1668)», liste de 136 baptêmes sous condition d’enfants mort-nés.

37 M. Jeantin, Les Ruines et Chronique de l’Abbaye d’Orval, 2e édition, Paris, Jules Tardieu Libraire Editeur, 1857, page 61 et suivantes (In Google Book). Le livre pied-terriers de la maison d’Orval mentionné à la page 61, daterai de 1745. Il ne peut donc nous renseigner sur Jean St Mard mais bien sur ses fils et petit-fils. En 1857, ce livre pied-terriers était en la possession de M. Lefort, juge de paix à Villers-devant-Orval, qui le tenait de son beau-père, M. Alexandre, juge civil de l’abbaye. Les archives de l’abbaye déposées aux Archives de l’Etat à Arlon étant classée mais non inventorié, retrouver le dit livre risque d’être très compliqué.

38 Catalogue des Journées du patrimoine 2003, Les forges d’Orval, in Aurea Vallis et Vilare…Les Amis du Patrimoine asbl.

39 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Abbaye d’Orval, Patrimoine : Villes et villages, farde Petit-Verneuil, bail à ferme du 27 mai 1767.

40 France, Archives Départementales de la Meuse, Justice de Verneuil-Petit, Procès-verbaux et actes divers (1740-1789), cote Bp 5759 : Contrat d’échange du 29 septembre 1755.

41 France, Archives Départementales de la Meuse, Prévôté de Montmédy, cote Bp 4321, enquête du 4 juin 1726. Suivant les témoins déposant, le chemin à été fermé il y 4 ou 5 ans soit en 1721-22 (Jacques Genin, page 13), pour d’autre 13 ou 14 ans soit en 1712-13 (Guillaume Marest, page 8). Mais dans le registre des sentences (Bp 4355), à l’audience du 23 mai 1724, il est dit : « Entre le Sieur Philippe Louis Dezasses Escuier Seigneur du Petit Verneuil haut fortier du Comté de Chiny demandeur aux fins de Son libel du 23 août 1720… ». L’affaire semble donc commencer en 1720.

42 France, Archives Départementales de la Meuse, Prévôté de Montmédy, cote Bp 4321, enquête du 4 juin 1726, déposition de Jean Didier, manœuvre à Avioth, 4ème et 5ème page.

43 Idem, enquêtes du 4 juin 1726, déposition de Jean Adent, laboureur demeurant à Sommethonne, page dix à douzième.

44 Procureur = Avocat

45 France, Archives Départementales de la Meuse, Prévôté de Montmédy, cote Bp 4355, jugement interlocutoire du 28 mai 1726.

46 France, Archives Départementales de la Meuse, Prévôté de Montmédy, cote Bp 4321, enquête du 4 juin 1726.

47 Idem, enquête du 4 juin 1726.

48 France, Archives Départementales de la Meuse, Prévôté de Montmédy, cote Bp 4321, enquête du 4 juin 1726, pages 12 et 13ème

49 Gérard Cady, Christian Toussaint, Verneuil-Grand, Verneuil-Petit, Villages du pays de Montmédy, collection Promenade du patrimoine, 1995, page 65

50 France, Archives Départementales de la Meuse, Justice de Verneuil-Petit, Procès-verbaux et actes divers (1740-1789), cote Bp 5759.

51En 1922, la commune de Rouvres prit le nom de Rouvres-en-Woëvre. INS : 550443, département de la Meuse, Lorraine, France

52 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Abbaye d’Orval, Patrimoine : Villes et villages, farde Petit-Verneuil, bail à ferme du 27 mai 1767.

53 S’agit-il de la maison de Pierre St Mard et Marguerite Genin ou s’agit-il de la ferme de l ‘Abbaye d’Orval à Verneuil-Petit ?

Chroniques : [1]  [2]  [3]  [4] 

Du côté de la descendance de François St Mard (+ 1715)
Du côté de la descendance d'Hubert St Mard (vers 1666-1706)
Du côté de la descendance de Jean (+1735) 

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Revise le: 08-11-2008
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