Une famille Saint-Mard (1613 à nos jours)


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Généalogie et histoire des familles St Mard et alliées du comté de Chiny (Meuse (55) France, Gaume (Province de Luxembourg) Belgique).

«Le futur a un passé.
L' avenir a une mémoire!»

Chroniques de mes ancêtres St Mard

Sommaire :

Jean-Baptiste (1767-1816), le séminariste et le dragon

Première époque (1767-1794) : Le séminariste

Deuxième époque (1794-1815) : Dampicourt

Troisième époque (1814-1816) : L’exil

Quatrième époque (1816-1830) : Anne Marie Simon et ses fils à Velosnes

Cinquième époque (1830-1847) : Le retour à Dampicourt

Jean-Baptiste (1767-1816), le séminariste et le dragon


Informations généalogiques :

Jean Baptiste SAINT MARD voit le jour le mercredi 28 octobre 1767 à Thonne-les-Prés. Il est le fils légitime de Jean SAINT MARD, Laboureur, bourgeois, âgé de 35 ans et de Marie Magdelaine JOANNES, âgée de 33 ans.
Le mardi 9 août 1796 à Montquintin - Dampicourt, il épouse Anne Marie SIMON, Ménagère, la fille légitime de Pierre SIMON et de Hélène COLLIGNON.
Jean B. SAINT MARD est décédé le vendredi 19 juillet 1816, à l'âge de 48 ans, à Velosnes (550544).

Jean Joseph SAINT MARD voit le jour le mardi 7 décembre 1773 à Thonne-les-Prés.
Il est le fils légitime de Jean SAINT MARD, Laboureur, bourgeois, âgé de 41 ans et de Marie Magdelaine JOANNES, âgée de 39 ans.
Jean J. SAINT MARD est décédé le dimanche 26 août 1821, à l'âge de 47 ans, à Montmédy.

Première époque (1767-1794) : Le séminariste

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Jean-Baptiste Saint-Mard (1767/1816) et Jean Joseph Saint-Mard (1773/1821) fils de Jean St Mard et Magdelaine Joannes eurent un destin particulier. Un roman pourrait conter leur vie pendant la Révolution française de 1789 et le premier Empire napoléonien. Tout nous laisse penser que Jean-Baptiste devait devenir prêtre.

Le 24 mars 1788, Marie Magdelaine Joannes, mère de Jean-Baptiste, veuve en première noce de Jean St Mard et femme en seconde de Nicolas Le Roy laboureur demeurant à Thonne-les-Prés, décède. De sa première union, elle laisse trois enfants : Anne-Marie, Jean-Baptiste et Joseph St Mard. Le 31 du même mois, un conseil de famille est réuni. Il se compose de Jacques St Mard laboureur à Petit-Verneuil oncle du coté paternel, Jean Gillardin prêtre vicaire cousin germain aux enfants mineurs, Nicolas Joseph Joannes demeurant à Manteville oncle maternel, Jean Franchet laboureur à Thonne-les-Prés bel-oncle maternel à cause de Marguerite Joannes sa femme. Après en avoir délibérer entre eux, Jacques St Mard est nommé tuteur aux dits mineurs et Nicolas Joseph Joannes leur curateur.

Thonne-les-Près

Thonne-les-Près
Thonne-les-Près

Thonne-les-Près

Orphelin de père et de mère, pendant quelques mois, il loge peut-être chez sa tante Joannes épouse Franchet à Thonne-les-Prés pu chez un oncle à Verneuil-Petit.

Le premier septembre 1788, alors âgé de 21 ans, il entre chez les Récollets1 de Virton pour y suivre une année d'éloquence. Thonne-les-Prés étant construit au pied de la citadelle de Montmédy, il a peut-être fréquenté une école de la ville basse avant de poursuivre sa scolarité à Virton, à dix-huit kilomètres de son village natal. C'est un bon élève, il fréquente avec assiduité les cours et réussit avec « grand fruit. » Aurélien, son professeur de poésie et de rhétorique remarque son intégrité de vie, sa fraîcheur de mœurs et ses bons rapports avec les éducateurs. Il dit de lui : « Il mérite d’être recommandé par nous. »

Le 3 mars 1789, sa sœur Anne-Marie épouse François Montlibert et part vivre à Thonne-la-Long.

L'été 1789 marque un tournant dans l'histoire de France mais avant tout dans la sienne. Le 14 juillet débute la Révolution française et le 4 août les privilèges sont abolis. Jean-Baptiste Saint-Mard passe probablement l'été au près de son frère Jean-Joseph âgé de 16 ans.

La route de Jean-Baptiste croise celle de Jean Nicolas de Hontheim2 (Febronius), évêque in partibus de Myriophite suffragant de Trêve en exil dans son château de Montquintin dont il est le seigneur temporel. Le dimanche 9 août, une cérémonie de sacrement de confirmation3 à lieu en l'église paroissiale de Thonnelle. Le même mois, une deuxième cérémonie se déroule en la chapelle castrale de Montquintin. Jean-Baptiste reçoit de monseigneur de Hontheim la première tonsure4.

Château de Montquintin

Château de Montquintin
Eglise et ferme de la dîme à Montquintin

Eglise et ferme de la dîme à Montquintin

Fin août, Jean-Baptiste Saint-Mard quitte sa Lorraine natale pour se rendre à Paris et entrer au Séminaire du Saint-Esprit. Grâce à un réseau de diligences, Montmédy est deux journées et demie de Paris5. Le chemin passe par Château-Thierry, petite ville à côté de Reims, où il est vu le 28 août. Durant deux années, il étudie la philosophie et la théologie. Ses professeurs remarquent ses qualités de mœurs et de vie.

Les années 1790 et 1791 voient se dégrader le climat politique. Le clergé est soumis à une constitution. Sous la protection du général de Bouille, Roi Louis XVI fuit avec sa famille. Il est arrêté à Varenne-en-Argonne le 21 juillet 1791 alors que des troupes de secours étaient prêtes à attaquer pour le libérer. Le convoi royal était attendu dans la région de Montmédy où plusieurs endroits avaient étés préparés pour les accueillir dont le château de Thonnelle6 sur la route de Montmédy à Sedan. En cas de danger, les troupes autrichiennes, quinze milles hommes dont les dragons de Latour, stationnées de l’autre côté de la frontière auraient pu plus facilement retenir les armées révolutionnaires et permettre l’exil du Roi.

Le 11 juillet 1791, lorsque Jean-Baptiste reçoit une lettre de réussite et de recommandation du Séminaire du Saint-Esprit7 car il « a participé avec simplicité, régulièrement aux exercices du séminaire et fréquenté les sacrements et a toujours été de bonnes mœurs. » Il est grand temps de quitter Paris pour Trèves. Les routes reliant les deux villes lui permettent de repasser dans la région de Montmédy pour revoir sa famille, son frère Jean-Joseph et sa sœur Anne-Marie. Passe-t-il l'été dans la région ou part-il le plus rapidement possible à Trèves, nous ne le savons pas.

En septembre, il fréquente les cours de théologie du Collège de la Sainte Trinité de Trèves8. Novembre 1791, les Révolutionnaires français somment les Emigrés de rentrer en France et en décembre, Louis XVI demande à l'Electeur de Trèves d'interdire les rassemblements Emigrés.

Parvis de l'église de la Trinité à Trèves

Parvis de l'église de la Trinité à Trèves
(Photo : Stefan Kühn, Wikimedia commons, 2007,
GNU Free Documentation License)
Le séminaire diocésain de Trèves

Le séminaire diocésain à Trèves
(Photo : Stefan Kühn, Wikimedia commons, 2007,
GNU Free Documentation License)

Jean-Baptiste n'est point impressionné par ces menaces et poursuit sa scolarité à Trèves. Aux yeux des Révolutionnaires français, il pourrait être considéré comme un ennemi. En effet, quelles que soient les actions qu’il a faites ou n’a pas faites, les apparences sont contre lui. Futur prêtre pouvant connaître des personnes impliquées dans la fuite de Louis XVI. Futur prêtre fréquentant peut-être des Emigrés à Trêves. Une seule certitude, le Comité révolutionnaire de Montmédy ne l’inscrira pas comme Emigré9.

Le même mois de décembre, en la chapelle Palatine de Trèves, Monseigneur Cuchot d'Herbain organise une cérémonie « secrète »10 durant laquelle quatre séminaristes, dont Jean-Baptiste, reçoivent les quatre ordres mineurs11. Le 20 avril 1792, les Girondins obligent Louis XVI a déclaré la guerre. Les armées révolutionnaires françaises envahissent les Pays-Bas, Virton est pillé, Luxembourg défendu par des garnisons autrichienne résiste.

Le 14 septembre 1792, Jean-Baptiste Saint-Mard reçoit une lettre de réussite et de recommandation. Il a terminé son année avec fruit. Joanny Gestr, professeur de la faculté, le recommande à être promu à un état supérieur car il est « de bonnes mœurs, très soucieux de l'observance et prudent. » Au passage, nous constatons que Jean-Baptiste est un élève brillant. Dans toutes les écoles qu'il fréquente, il reçoit des louanges et une lettre de recommandation très favorable.

Pendant deux années, nous perdons sa trace. Nous ne pouvons nous empêcher de rêver à un destin contre-révolutionnaire. Mais peut-être, s'est-il fait simplement oublier pour éviter les ennuis ? A t-il continué ses études ? Nous n’en savons rien.

Le 21 janvier 1793, Louis XVI est assassiné.

Quelques mois plus tard, le 1er avril 1793, Jean Joseph Saint-Mard, son frère, devient militaire. Il est probablement « victime » de la conscription mais ce « choix » judicieux le met à l'abri des Révolutionnaires.

Nous ne pouvons ignorer le destin de Jean Joseph car il influence celui de son frère Jean-Baptiste. Nous nous trouvons en présence de destins croisés ; liés, sacrifiés. Elément troublant, la fin des études de Jean-Baptiste à Trèves coïncide à quelques mois près, avec l'engagement militaire de Jean-Joseph. La continuité de la branche généalogique ne peut plus reposer sur lui N’ayant pas d’autre frère Jean-Baptiste doit sacrifier « son destin de curé. »

En quelques années la France a vu s'effondrer la royauté mais aussi son nouveau régime politique. Durant trois années, le Duché de Luxembourg subit les incursions des armées françaises. En juin 1793, le général Loison pille et détruit méthodiquement l’abbaye d’Orval. La nouvelle abbatiale est bombardée. C’est une vengeance, les Abbés d’Orval auraient aidé Louis XVI dans sa fuite et aurait caché son trésor.

Le 26 juin 1794, les armées autrichiennes sont battues. Paris, juillet 1794, Robespierre12 est renversé et guillotiné, c’est la fin de la Terreur. Néanmoins, les guerres révolutionnaires continuent. Les villages de Belmont, Ethe, les châteaux de Laclaireau, Latour, Montquintin sont incendiées. La ville de Luxembourg est assiégée et capitule le 7 juin 1795. Le premier traité de Bâle du 5 mars 1795 et le deuxième traité du 22 juillet met fin à la première coalition contre la France.

Deuxième époque (1794-1815) : Dampicourt

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Dampicourt, commune de Rouvroy
N° INS 85047
Belgique

Composition de l’ancienne commune de Dampicourt : Aigremont, Couvreux, Dampicourt, Beauregard (ferme), Mathon, Montquintin, moulin d’Aigremont.
Population en 1938 : 599 habitants

Village de la province de Luxembourg, situé sur la route de Virton à Montmédy, construit à la confluence de la Chevratte ou ruisseau des Forges et du Ton. Si de nos jours, Dampicourt est un seul village, il n’en a pas toujours été le cas. Début du 19ème siècle, la séparation en deux unités distinctes (Dampicourt < > Mathon et les Aigremont) était toujours inscrite dans la répartition du bâti.

Jusqu’en 1794, Jean-Baptiste a pu rester en toute sécurité à Trèves. Cette année là, la ville est conquisse par les armées révolutionnaires françaises. Nous ne pouvons pas dater avec précision son arrivé dans le village de Dampicourt. Néanmoins, le 10 décembre de ladite année 1794, il est parrain de Marie Jeanne Thiry fille de Guillaume Thiry et Marie Jeanne Jacques. Il est dit résidant à Dampicourt. L’institution de baptême étant sacrée, le choix des parrain et marraine répond à une logique. Dans ce cas ci, dans l’état actuel de la recherche, il n’existe aucun lien généalogique entre Jean-Baptiste et sa filleule. Par contre Marie Jeanne Thiry est la cousine issue de germain d’Anne Marie Simon, future épouse de Jean-Baptiste St Mard.

Le 1er octobre 179513, la Convention annexe les Pays-Bas autrichiens, la principauté de Liège à la France et crée le département des Forêts qui englobe la majorité du Duché de Luxembourg.

Le 13 mars 1796, il est à nouveau parrain. Sa filleule est Marie Brasseur, nièce de sa fiancée Anne Marie Simon. Le mardi 9 août 1796 à Dampicourt, paroisse de Montquintin, Jean-Baptiste épouse Anne Marie Simon fille de Pierre et Hélène Collignon.

Dampicourt

Dampicourt, début 20ème siècle

Le choix de Dampicourt n’est pas anodin. Il n’a presque plus de famille à Thonne-les-Prés (une tante) par contre de nombreux cousins et oncles habitent à Verneuil-Petit, peut-être trop s’il veut rester discret. A Dampicourt, il n’est pas ou peu connu des habitants. Il y a de la famille. Philippe St Mard, cousin germain de son grand-père est décédé en 1789. Sa fille Anne est mariée à Jean-Baptiste Guillaume. Marie Françoise Joannes épouse de Guillaume Simon et Jean-François Joannes, tante et oncle de part sa mère, résident avec certitude dans le village. Tous ceci reste faible pour expliquer le choix de Dampicourt et l’importance de Pierre Simon son beau-père. La tradition familiale raconte que Jean-Baptiste St Mard épousa la fille de son hôte.

Pierre Simon fils de Jean et Jeanne Chesnois, beau-frère par alliance de Philipe St Mard à raison de son épouse Hélène Collignon, sœur d’Anne Collignon, la seconde épouse dudit Philippe, semble être le personnage le plus important dans cette histoire.

Pierre Simon est beau-frère par alliance à Magdelaine Joannes, mère de son gendre Jean-Baptiste Saint-Mard. En effet son frère Guillaume Simon est l’époux de Marie Françoise Joannes, la sœur de Magdelaine. Le 5 avril 1766, le couple Simon-Joannes fut parrain et marraine de Marie Françoise St Mard, petite sœur de Jean-Baptiste. Elle ne vécut qu’un mois et demi.

Par deux fois, Pierre Simon est lié de manière directe ou indirecte aux St Mard. Le 9 septembre 1774, le couple Simon –Collignon hypothèquent ses biens à Dampicourt pour garantir un prêt de cinquante Louis d’or lui accordé par Jean St Mard, bourgeois marchand demeurant à Verneuil-Petit. En voici la transcription :

« Ce jourd’hui treizième 9br mil sept cent septante quatre

Est comparu par devant nous maire et gens de justice de la seigneurie de Dampicourt Jean St Mard bourgeois marchand demeurant à Petit-Verneuil France lequel nous a déclaré qu’il prête à Pierre Simon bourgeois laboureur résidant à Dampicourt la somme de cinquante Louis d’or neuf argent au cours de France à vingt-quatre livre chaque premier (prononcé)

que le dit St Mard a déboursé audit Pierre Simon à nos présence dis de justice le tous en bon espèce d’or, le dis St Mard a déclaré que c’est pour et au noms de Pierre Jacquemin et de Marie son épouse bourgeois résidant à Vigneul France la quelle somme de cinquante Louis d’or neuf les dit Pierre Simon s’oblige de rendre audit St Mard au noms qu’il agit en deux termes égal Savoir la moitié le premier 9br prochain et le restant à pareil pour l’année 1776 le dit Pierre Simon et sa femme Hélène Collignon s’oblige et hypothèque tous leurs biens meuble et immeuble présent et avenir en quel lieu où il puisse être situé le tous sous les obligations ordinaires et de droits déclarant qu’il n’y a aucune hypothèque sur les biens de dit Pierre Simon en qui de soi à mettre connaissance

Fais et passé au dit Dampicourt le trois octobre 1774. »

Jean St Mard, grand-oncle Jean-Baptiste Saint-Mard, agit comme intermédiaire au bénéfice de son gendre Pierre Jacquemin et de sa fille Marie St Mard. Du point de vue de la filiation, Jean St Mard père de Jean-Baptiste et Anne St Mard épouse de Pierre Jacquemin sont cousin germain.

En juillet 1791, Anne Collignon veuve de Philippe St Mard, belle-sœur de Pierre Simon, fonde à perpétuité une grande messe à chanter et célébrer à la chapelle de Dampicourt tous les troisièmes jeudi de chaque mois de l’année. « Pour la sûreté de ladite fondation à perpétuité ladite comparante fondatrice cède, donne, et transporte part les présentes un capital de 500 desdits florins créé à constitution de rente à son profit par Pierre Simon laboureur résidant à Dampicourt et Hélène Collignon sa femme… »14 Le même jour, elle « donne » un capital de 500 florins à Pierre Simon et Hélène Collignon qui s’obligent à lui payer une rente annuelle de 25 florins15. Pour terminer, Anne Collignon vend cinq parcelles de terre et de pré moyennant une somme de 36 Louis Vertugadins à 14 florins 8 sols au couple Simon-Collignon16.

Des liens de clientèle unissaient Pierre Simon et les St Mard de Verneuil-Petit et Dampicourt avant l’arrivée de Jean-Baptiste à Dampicourt. Pierre Simon a pu aider et héberger Jean-Baptiste tout comme les Joannes ou Anne St Mard dont la petite-fille épousera un fils de Jean-Baptiste. Toutes les hypothèses restent ouvertes.

Le couple Saint-Mard – Simon exerce les activités de laboureur et de fermier. Jean-Baptiste loue la ferme de Paul Joseph Nonancourt propriétaire demeurant à Izel (25 hectares)17. Le 9 juillet 1798 naît leur premier fils Joseph. Coïncidence ou non, Joseph est le prénom usuel de son oncle Dragon.

Le 18 brumaire an VIII18, un petit général Corse finit par prendre le pouvoir, il s'autoproclama empereur sous le nom de Napoléon 1er et rétablit l'ordre. La grande histoire aura une importance capitale pour notre « petite histoire. »

Nous ne connaissons pas bien le statut social du couple avant le début du dix-neuvième siècle.

Le couple a peu de biens propres. En 1797, ils achètent 25 ares de terre sur lequel est construit un petit bâtiment19. Les parents de Jean-Baptiste étant des laboureurs, après leur décès en 1775 et 1788, leur patrimoine a dû être divisé en trois lots (Jean-Baptiste, Jean-Joseph et Anne Marie). Jean-Baptiste a probablement revendu sa part d’héritage et a pu se constituer une cassette. Cette dernière lui permit de financer ses premiers achats. Dès 1801, Jean-Baptiste est conseiller municipal20.

En 1804, le bail à ferme liant Jean-Baptiste St Mard à Paul Joseph de Nonancourt, demeurant à Yzel, est à son terme21. Nous ne savons pas quant il a été conclu. Le 5 mais 181122, Jean-Baptiste St Mard est témoin dans un bail de mise en location pour 3-6-9 années consécutive d'un bien rural appartenant à Jacques Herbain et provenant de la vente faite par Jean Etienne Ferdinand Deprez, propriétaire à Dampicourt. Par analogie, si nous considérons que le bail a été conclu aux mêmes conditions, la signature doit avoir eu lieu au plus tôt en 1795. Sachant qu’il est arrivé au village en 1794, le scénario semble cohérent.

L’exploitation Nonancourt constituée de deux corps de ferme réunis en un seul, sis à Dampicourt et bans voisins consistant en terre, prés et chènevières a une superficie de 26 hectares 9 ares 73 centiares dont 22 hectares 49 ares 23 centiares (86 %) de terre et 3 hectares 60 ares 50 centiares (14 %).

A partir de 1800, le couple achète beaucoup plus de terre, leur exploitation agricole commence à prendre forme. Les cinq années suivantes, ils font l’acquisition d’un peux plus de 10 hectares dont 3 hectares de terre et 12 ares de prairies lors de la vente des biens de la succession de Paul Joseph Nonancourt en 1804.

Dimanche 14 septembre 1800, la famille s’agrandit. Anne Marie accouche d’un second garçon et le prénomme Jean-Baptiste comme son père qu’il remplacera dans la gestion de la ferme après son décès.

Mercredi 7 avril 1802, à l'âge de 68 ans, Anne Collignon la veuve de Philippe St Mard s’éteint à Dampicourt. Le décès est déclaré par son neveu par alliance Jean-Baptiste Brasseur. Jean-Baptiste Saint Mard est témoin et neveu par alliance de la défunte.

Vendredi 12 août 1803 ou 24 thermidor An XI, naissance du troisième fils du couple : Jean François Joseph.

La maison du couple se situe rue d’Aigremont, dans un îlot de quatre demeures, sur les terres de l’ancienne seigneurie foncière de Mathon, face à celle d’Aigremont, à équidistance d’Aigremont-la-Neuve et d’Aigremont-la-Vieille, « maison » de Jean Etienne Ferdinand de Prez de Barchon, ancien seigneur et maire de Dampicourt.

La demeure familiale a une surface au sol de 200 m², c’est une ferme tri-cellulaire lorraine comprenant un corps de logis avec deux pièces basses et deux pièces hautes, une cave, une écurie et une grange. Le jardin d’une superficie de 30 ares 20 centiares est plus large que la bâtisse et s’étend de la rue d’Aigremont à la Grand’Route ou route de Virton à Montmédy.

En 1805, l’exploitation familiale a une superficie de 5 hectares 21 ares. C’est encore un tout petit domaine, mais la majorité des laboureurs du village n’ont pas plus de terre que Jean-Baptiste.

Mercredi 2 avril 1806, naissance de Louis le dernier fils du couple. Jean-Baptiste est âgé de 38 ans, et s’est très bien intégré au village de Dampicourt. C’est un notable, un échevin23. Ayant des moyens financiers, en 1806, il prend à sa charge la succession de son oncle Jean-François Joannes24. Ce dernier est endetté et ses héritiers cèdent sous conditions leurs parts à Jean-Baptiste qui doit organiser la liquidation du patrimoine au travers d'une vente publique. Il devra payer toutes les charges et dettes dudit défunt, remettre à l'échéance de la vente 300 francs à Jean Baptiste Franchet, son oncle par alliance, cultivateur à Thonne-les-Prés, à la charge du sieur Machurai de Cobreville. Jean-Baptiste devra laisser un cheval à Jean-Baptiste Franchet qui le choisira à l'écurie du défunt. Ce dernier sera « partager » avec ses frères et sœurs. En cas de vente insuffisante, il devra rembourser les dettes avec ses propres deniers. Les choses se passent bien, la vente qu’il organise avec Pierre Joseph Simon et Pierre Simon rapporte la somme de deux mil deux cents six francs et quinze centimes. Les dettes et charges sont certaines couvertes par le produit de la dite vente et Jean-Baptiste St Mard rentre dans ses frais.

Repris dans l’état des vingt plus forts contribuables de la Mairie de Dampicourt en 1806, Jean-Baptiste ne devait pas avoir de problème financier, bien qu’il lui soit attribué la profession de manœuvre et la fonction de conseillé municipal25. L’état contenant des renseignements sur le Maire, l’Adjoint et les Membres du Conseil municipal du 4 ventôse an XI, nous le présente comme « fermier peu monnayé » et conseillé municipal depuis le 5 pluviôse an IX26.

Marson-Grandjan, Maire de Virton écrit le 17 mai 1806 à monsieur le Préfet Lacoste pour lui donner son « opinion sur le Sieur Pierre-Joseph Simon, candidat proposé pour remplir les fonctions d’adjoint de la Mairie de Dampicourt.» Considérant ledit Simon comme « un homme probe, (…) à la tête de l’exploitation de la métairie la plus conséquente de la commune, mais d’un caractère trop doux pour se faire craindre et sévir contre ceux qui oseraient se permettre des délits. » Il propose le choix de Jean-Baptiste Saint Mard, propriétaire à Dampicourt. «Il a sur l’autre l’avantage d’avoir fait son cours d’étude avec quelques distinctions, de pouvoir par conséquent entretenir une correspondance, s’instruire des lois dont il doit assurer l’exécution ; ce que le Sieur Simon ne pourrait faire qu’après une explication que les fonctions de son état ne comportent guères. D’ailleurs le Sieur Saint Mard est plus indépendant et a par conséquent moins de raisons de ménager tel délinquant. »27

Le 12 juin 1806, le Préfet nomme Jean-Baptiste à la fonction d’adjoint maire. Il s’agit peut-être de l’officialisation d’une situation de fait. Des indices laissent penser qu’il rédigeait des actes d’état civil et les signait pour le maire Jean Etienne Ferdinand Deprez. Les trois premiers actes de naissance de ses fils ont une caractéristique commune: la position de la signature de Jean Baptiste. Celle-ci est fine et constante. Elle est celle d’un personnage qui écrit facilement. La position de celle-ci sur l’acte, comme faite dans la foulée, nous incite à penser qu’il en est le rédacteur. De plus certains éléments se retrouvent dans la signature et dans l’acte. Par exemple, la manière d’écrire le « d » avec la barre verticale qui forme une boucle vers la gauche. Dans l’acte de naissance de Jean François Joseph, l’impression est encore plus forte lorsque l’on compare les différents « St-Mard » de l’acte et celui de la signature.

Février 1810, le maire Jean Etienne Ferdinand Deprez, ancien seigneur de Mathon et des Aigremont, propose trois candidats à sa succession28 : Joseph de Neunheuser (ancien seigneur), Jean-Baptiste St Mard et Henri Joseph Lambert. La fonction de maire étant la chasse gardée des anciens seigneurs, la logique sera respectée, un ancien seigneur transmet la mairie à un autre ancien seigneur, Joseph de Neunheuser, propriétaire de 27 hectares de terres, prairies, jardins et bois à Dampicourt. Le lettré reste l’adjoint.

Des doutes planent sur la santé mentale de Jean Etienne Ferdinand Deprez. Au plus tard, à l’époque de la fenaison de ladite année 1810, il est en état de démence et d’imbécillité. La qualité de la signature apposée sur la lettre précitée démontre qu’il n’a pas pu l’écrire. En soit, cela ne prouve rien. Constatant qu’il n’était plus capable de gérer ses affaires, ses domestiques Jacques Herbain et Marie Joseph Guillaume lui font signer deux actes de ventes à leur profit en employant des moyens illicites : « Marie Joseph Guillaume, après avoir employé différent moyen pour parvenir à son but, a menacé le sieur Jean Etienne Ferdinand Despré qu’il s’en repentirait, le traitant de Vieux Coquin, Vieille bête (….) et lui jetant au nez la porte de la chambre dans laquelle il était. » Ils lui font croire qu’ils épongeront ses dettes à hauteurs d’une somme de 18.000 francs. Trois mois avant les ventes, le trente juin, un troisième larron intervient. Jean Ferdinand Deprez rédige un nouveau testament instituant légataire universel Nicolas Joseph Charles de Beraud d'Arimont, propriétaire demeurant à Charleville. Après la mort du sieur Deprez, le trio s’affrontera par-devant le Tribunal de première instance de Neufchâteau29. Nicolas Joseph Charles de Beraud d'Arimont veut touts les biens, tout le gâteau.

De son côté, à des milliers kilomètre de là, Jean Joseph Saint-Mard poursuit une carrière militaire sans accro dans la cavalerie de ligne. En 1811, il est Capitaine 2ème classe au sein du 11ème Régiment de Dragons de Berry et reçoit la Légion d'Honneur. Le 1er janvier 1813, il a l'état de Légionnaire du Corps du 11ème Régiment30.

Dragon Dragons
Reconstitution de la bataille de Waterloo
Juin 2005
Plancenoit
Dragons (2ème Régiment)

Non content d’être à la tête d’une belle exploitation agricole, Jean-Baptiste associé à Albert Leroy demande en 1811 à pouvoir exploiter une mine de fer d’une superficie de 4 ares 15 centiares31. Elle est située à Dampicourt, lieu-dit Dessous Court (Soucou) et leur appartient en indivision. Le minerai exploité est la minette, fer de prairie ou fer tendre se trouvant sous une couche de deux à quatre mètres de terre sablonneuse que l’exploitant devait déblayer. La production dampicourtoise était essentiellement achetée par les forges de Berchiwé à Houdrigny. Au terme de l’exploitation, les propriétaires devaient être remettre le terrain en l’état32.

Jean-Baptiste Saint-Mard adjoint au Maire clôture les registres d’état civil de la commune de Dampicourt de l’année 1811, le1er janvier 1812. Monsieur le Maire est empêché.

Le 2 juin 181233, en compagnie de Antoine Jonnette, propriétaire et cultivateur, résidant audit Grandcourt, et Jean Toussaint, ex-maire et propriétaire, domicilié en la commune de Ruette, il prête serment par-devant nous Laurent Augustin Dupont, Juge de Paix du Canton de Virton. Ils sont nommés « expert, à l'effet de procéder, à l'estimation des immeubles, situés sur le territoire de Ruette, Grandcourt, Signeulx, Saint-Remy, Dampicourt, et Couvreux », provenant d’une succession. En outre, ils doivent indiquer « si les objets estimés peuvent être commodément partagés, de quelle manière, et fixe enfin, en cas de division, en cinq lots, chacune des parts qu'on peut en former et leur valeur. »

En juin 1813, Jean-Baptiste doit se rendre au tribunal de Neufchâteau pour témoigner34. L’affaire traitée remonte à 1810, Nicolas Joseph de Beraud d'Arimont veut faire annuler les ventes du 25 septembre et 18 octobre au profit de Jacques Herbain et son épouse Marie-Joseph Guillaume arguant que le vendeur Jean Ferdinand Deprez était sénile au moment des faits. Pour lui, il y a eu dol et violence35. L'affaire dura de longues années et ne semble jugée qu’en 1822. Entre-temps, le 24 mars 1814, Jean-Baptiste Saint-Mard fut nommé séquestre judiciaire des biens en litiges36.

Le 13 septembre 181437, Gilles Darge, cultivateur demeurant en la métairie de Beauregard et Pierre Brasseur, cultivateur, domicilié à Couvreux commune de Dampicourt « pour tourner la difficulté élevée devant le tribunal de Paix du canton de Virton » désigne expert Jean Baptiste St Mard, adjoint au maire. Le litige porte sur l’indemnité de la récolte d'un champ de 17 ares 15 centiares de terre, situé à la Ronde Table.

L'année 1813 n'est pas faste pour Jean Joseph Saint-Mard. Son régiment fait partie de l'Armée du Portugal. Il se bat en Espagne et les armées de Wellington leur rendent la vie dure.

Le 21 juin 1813, à Vittoria au Pays-Basques espagnol, c'est le choc. Face à l'armée de Wellington, l'armée française est désorganisée. La défaite est sanglante. Jean Joseph y perd son équipement et son cheval38. Dans quelque temps, la guerre se déroulera en France.

Troisième époque (1814-1816) : L’exil

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Néanmoins, en janvier 1814, Jean Joseph Saint-Mard est promu Capitaine de première classe. En février, il devient Chef d'Escadron39. Il commande cent vingt cavaliers.

En avril 1814, Napoléon abdique et part en exil à l'Ile d'Elbe en compagnie de sept cent volontaires de la Veille Garde. En juillet 1814, Jean Joseph est muté au Corps des Carabiniers à Nancy. Corps d’élite prestigieux de la grosse cavalerie.

Soldat 2ème Carabinier
Cavalier du 2ème Carabinier.
Les soldats portaient une cuirasse dorée, les officiers une cuirasse cuivrée.
Reconstitution de la bataille de Waterloo, 21 juin 2009, Ferme du Caillou, dernier QG de Napoléon.

La France n'administre plus les territoires conquis au cours des vingt dernières années. Le comté de Chiny, Duché de Luxembourg est rattaché au Royaume Unis des Pays-Bas.

En août 1814, Jean Baptiste Saint-Mard prend la casquette de l'expert immobilier pour trancher un conflit opposant Gilles Darge et Pierre Brasseur40.

L'année 1815 marque la fin d'une époque. Jean Joseph Saint-Mard est démobilisé dès février 1815 et jouit d'un traitement de demi-solde. Retiré à Sedan, sa retraite est de courte durée.

Jean Baptiste St Mard, né en France, de père français et exerçant un mandat d'adjoint au Maire à Dampicourt, perdit ses attributions lors du changement d'administration. Il n'est plus adjoint ni officier de l'état civil. Suprême vexation, les actes qu'il a signés furent contre signé par le nouveau mayeur. Sa signature ne devait plus avoir valeur légale. Dès le 27 janvier, de Neunheuser signe seul les actes et l’appellation « Maire » est remplacée par « Bourgmestre. »

Le 1er mars 1815, Napoléons Ier débarque à Golfe-Juan avec quatre canons et mil cent soldats. Ils prennent la direction de Paris Les armées envoyées pour l’arrêter se rallient. Louis XVIII s’enfuit à l’étranger, Napoléon entre à Paris le 20 mars sans violence. Le 25 mars, la septième coalition réunissant l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie, est formée pour l’abattre. Les quatre pays concentrent cent cinquante mil soldats en Belgique. Les coalisés ne veulent pas négocier, ils veulent la guerre et doivent assurer leurs arrières.

Dans ce contexte d’avant guerre, le 6 avril 1815, une circulaire du Directeur du Cercle de Neufchâteau oblige les habitants nés en France à signer une déclaration de renoncement à la France : « Je jure et promets fidélité aux hautes puissances alliées, de n’entretenir avec la France aucune communication quelconque ni verbale ni par écrit, de porter toujours et sur-le-champ à la connaissance de l’autorité locale, toutes les nouvelles et renseignements qui pourraient me parvenir et m’être adressé venu de la France, contraire aux intérêts des hautes Puissances, et en général de me soumettre et d’obéir en tout aux ordres émanées des hautes Puissances Alliées. »

Le 15 avril 1815, vingt habitants domiciliés à Dampicourt et nés en France signent cette promesse41. Jean-Baptiste ne peut en aucun cas respecter le serment. Sa sœur habite Thonne-la-Long (Meuse) et son frère est caserné à Nancy.

Fidèle à son Empereur, le 2e Régiment de Carabinier participe le 18 juin 1815 à la bataille de Mont-Saint-Jean dite de « Waterloo. » Jean Joseph, Chef d’Escadron est blessé tout comme le Chef d’Escadron Reynaud, les Sous-lieutenants Prudhomme et Fontaine42, du même Régiment. Malgré des pertes immenses, malgré l’abdication de Napoléon Ier le 22 juin, les deux Régiments de carabinier continuent de combattre les coalisés Anglos-prussiens jusqu’à l’Armistice du 4 juillet 1815. La défaite de Waterloo marque la fin de la campagne des cent jours. Le Duché de Luxembourg devient possession des Pays-Bas. Montmédy est assiégé par les Prussiens à partir du 15 août et capitule le 19 septembre de la même année. La ville sera occupée pendant 3 ans43. Napoléon Ier part en exil à Sainte-Hélène.

Bataille de Mont-St-Jean : Napoléon Ier au centre di dernier carré

Reconstitution de la bataille de Waterloo
Juin 2005
Plancenoit
Napoléon 1er au centre du dernier carré

Sachant qu'il devrait dans un délai relativement court quitter le village, Jean-Baptiste organise la gestion de son patrimoine. Le 25 avril 1815, il met en location44 pour une durée de six ou neuf années, 2 hectares 16 ares 48 centiares de prés et 2 hectares 34 ares 40 centiares de terre, soit un total de 4 hectares 50 ares 88 centiares. Le 28 mars 1816, Jean-Baptiste procède à une deuxième mise en location publique45. Cette dernière concerne 3 hectares 44 ares 76 centiares de terre.

A cette époque, l’exploitation familiale a atteint une taille respectable de 14 hectares et demie. Le labour est l’activité principale, il représente 90´% de la superficie agricole mais l’inventaire des biens du couple après le décès de Jean-Baptiste laisse penser qu’il élevait des chevaux.

Les événements ont du s’enchaîner rapidement. Son départ ressemble à une fuite. En 1796, Jean-Baptiste pouvait être considéré comme contre-révolutionnaire. En 1815, pour les nouvelles autorités hollandaises, il est peut-être considéré comme ennemi. D’une manière certaine, il a refusé d’appliquer le « Serment de haine à la France. » La participation de son frère Jean-Joseph à la bataille de Waterloo est une circonstance aggravante. Une fois de plus le destin des deux frères est lié. L’action de l’un a des répercussions sur la vie de l’autre. De grande zone d’ombre persiste malgré mes différentes recherches. Nous ne connaissons pas la date de son départ pour Velosnes, premier village français après Torgny. S’est-il réfugié chez sa sœur à Thonne-la-Long ou s’est-il rendu directement à Velosnes. Nul ne le sait.

Quatre mois plus tard, il décède (19 juillet 1816). L’ « année sans été », un volcan a explosé en Asie, ses cendres masquent le soleil46. Une disette s’installe.

Jean-Joseph Saint-Mard est Officier de l'Ordre Royal et Militaire de la Légion d'Honneur47. Il devient subrogé tuteur de ses quatre neveux mineurs48 et entretient de bon rapport avec Anne Marie Simon veuve de son frère.

Quatrième époque (1816-1830) : Anne Marie Simon et ses fils à Velosnes

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Velosnes
N° INSEE 55544, France
Population : 292 en 1836, 327 en 1851.

Village du département de la Meuse mentionné dès 1096 dans une bulle du Pape Urbain II. En 1301, Velosnes est affranchie par Henry II, Comte de Luxembourg et Pierre de Bar.
Avant le traité des Limites en 1769, Velosnes dépendait de la prévôté de Saint-Mard, comté du Chiny, Duché de Luxembourg.

La rivière la Chiers marque la frontière entre la France et les Pays-Bas, de part et d’autre de la vallée, à cinq cent mètres deux villages frères se regardent : Torgny le Luxembourgeois, construit à mi-hauteur de la cuesta bajocienne et Velosnes le Meusien.

Velosnes - église

Velosnes - église
Velosnes - entrée du village

Velosnes - entrée du village

Jean-Baptiste avait compris qu’il ne pourrait pas revenir de sitôt à Dampicourt. Peut-être avait-il le projet de vendre ses biens ? Mais en attendant, il fallait vivre ! Les mois ou semaines précédant sa mort, Jean-Baptiste et Anne Marie avaient conclu un bail verbal avec Madame de Marche pour exploiter un domaine agricole. De laboureur, ils devenaient fermiers. Une situation provisoire qui dura quinze ans.

Le bâtiment de ferme habitée par le couple est typiquement Nord meusienne : un habitant comprenant une cuisine et deux chambres, des écuries, une grange, un grenier et une cave ainsi qu'un poêle. En vis-à-vis de la maison, une cour. Dans la cuisine, le coin cuisson comprend une poêle à feu, un soufflet à canon, une pincette et une paire de croupe à cendre. Anne-Marie a à sa disposition un gros pot en fer, quatre pots ordinaires, deux marmites en fer blanc, quatre gamelles en terre, une douzaine d'assiettes en faïence, un saladier et des pots et cuvettes à lait. Le pèle à côté de la cuisine est à la fois une pièce de vie et de nuit, nous y trouvons une table et une armoire. Mais principalement des lits : trois lits de plumes, deux paillasses, un matelas, trois oreillers, quatre couvertures en laine. Dans la "chambre" donnant entrée et prenant entrée dans la cuisine, différents ustensiles sont entreposés dont un pétrin. L'autre "chambre" (vis-à-vis de la cuisine) semble être un débarra dans lequel il y a un tonneau à lessive, vingt-quatre kilos de chaume, quatre kilos et demi de fil, deux poêles à frire, un chandelier et une lanterne. Les deux pièces classées comme chambre ne sont donc pas des pièces de nuit comme nous l'entendons de nos jours.

Sous la maison, une cave comprend notamment la réserve de pommes de terres. Au-dessus de la maison, le grenier abritent quatre essuies de voitures et un poêle avec les bûches. Dans les écuries, les animaux de la ferme à savoir treize chevaux, cinq vaches, un taureau, sept veaux, quatre cochons et 17 poulets ainsi que douze colliers garnis en mauvais état. La grange sert de lieux de stockage pour douze tonnes de mauvais foin, 4000 gerbes de blé, 1000 gerbes d'avoine, 2500 gerbes d'orge et six fourches.

Dans la cour, deux chariots montés, deux charrues montées, quatre herses, une brouette et un vieux dressoir devant la cuisine. Plusieurs objets, non précisés dans l’inventaire du 11 novembre 1816, appartiennent à Madame de Marche.

Le décès de Jean-Baptiste ne modifie pas la donne, Anne Marie et ses enfants sont bloqués à Velosnes. Quatre mois après, le 11 novembre 1816, Maître Thièbault de Montmédy procède à l'inventaire des biens du défunt en compagnie de son frère Jean Joseph Saint-Mard et de sa veuve. La situation financière de la veuve Saint-Mard est loin d'être bonne. Le déménagement « improvisé » à Velosnes a entraîné des frais. La famille est endettée mais elle n’est pas ruinée. Anne Marie doit faire face à des difficultés de trésorerie. Elle doit réorganiser la gestion des terres à Dampicourt et avoir des revenus à Velosnes. Trois jours plus tard, Anne-Marie conclut un contrat de vente à réméré49 avec son beau-frère Jean-Joseph St Mard. Les 1300 francs de la « vente » serviront à régler les dettes de la communauté.

Le dit jour, par-devant Maître Bernard Papier, notaire à Virton, elle lui donna plein pouvoir pour gérer et administrer, tant activement que passivement tous les biens immobiliers et mobiliers tant dans le Royaume des Pays-Bas qu'en celui de France. Jean Joseph a le droit de louer, vendre, céder et transporter avec toute garantie de droit, à toute personne, pour le prix, aux charges, clauses et conditions qu'il avisera bien être, tous les biens tant mobiliers qu'immobiliers. Son pouvoir de gestion est très étendu.

Dans le cadre de cette gestion, il met en location plusieurs pièces de terres et de près, situés sur le finage de Dampicourt, pour une superficie totale de 5 hectares 30 ares 66 centiares (21 juin 1817).

Jean Joseph n’intervient pas dans une vente le 25 janvier 1818 de trois pièces de prairies à Dampicourt mettant fin à une indivision entre les héritiers de Pierre Simon, père d’Anne-Marie.

Jean-Baptiste St Mard avait été nommé séquestre judiciaire par un jugement du tribunal de première instance de Neufchâteau en 1814 dans le cadre d'un litige opposant Nicolas Joseph de Beraud d'Arimont et Anne Marie Deprez à Jacques Herbain époux de Marie Joseph Guillaume. Le 28 janvier 1818, le tribunal de première instance de Montmédy (Meuse) condamne Anne Marie Simon à rendre compte à Philippe Lambert, propriétaire à Dampicourt, dans un délai de un mois de la gestion que feu son mari avait eu en qualité de séquestre judiciaire des dits biens. L’affaire se clôt par, une quittance de 1.367 francs 65 centimes montant des ventes et locations du 12 février 1815 à Dampicourt

En 1820, Anne Marie Simon a repris en main la gestion du patrimoine de Dampicourt. Jean Joseph est toujours vivant mais il n'apparaît ni dans l'acte de location de 186 perches 553 aunes quarrées de prairie à Dampicourt du 18 juin 1820 (bail de 1 an) ni le 21 juin 1821 (bail de 1 an portant sur 178 perches 253 aunes quarrées). Le dimanche 26 août 1821, à l'âge de 47 ans, Jean-Joseph Saint-Mard meurt à Montmédy et est inhumé dans le petit cimetière à l'entrée de la citadelle.

Velosnes

Velosnes
Velosnes

Velosnes

La vie s’organise, un procès-verbal du 31 juillet 1820 du garde champêtre Henry Benoît laisse penser qu’Anne Marie, fermier de Madame de Marche, a peut-être acheté quelques biens à Velosnes : « A la réquisition de la veuve Saint-Mard et son fils, que ce jour (...) vers sept heures du matin (...) en la contrée dit le Rasyée Bau du dit Velosnes, dans le pré appartenant à la veuve Saint-Mard, fermier à madame de Marche, a trouvé les deux garçons du vieux Jean Orquevaux, et deux de ces manœuvres qui coupait des lieux le long de la rivière dans le dit pré. Le dit garde leur ayant demandé pourquoi ils coupaient ces lieux, ils lui ont répondu qu'ils ne les avaient pas, mais qu'ils auront les lieux qu'ils leur appartenaient et qu'ils avaient le moyen de les défendre, en outre venant avec sa voiture (attelage) a passé dans le dit pré, sans être fauché, pour aller chercher les [lieux]. »

Durant l’année 1822, le Royaume des Pays-Bas inventorie les propriétés foncières en vue d’établir une nouvelle matrice cadastrale. Les propriétaires sont invités à consulter et vérifier leurs bulletins de propriétés pour y déceler d’éventuelles erreurs. Ces dernières sont corrigées sur le bulletin ou font l’objet d’une procédure de réclamation.

L’exploitation de feu Jean-Baptiste St Mard a une superficie de 13 hectares 63 ares et 65 centiares comprenant un terrain d’habitation de 2 ares, un jardin de 30 ares 20 centiares, des terres labourables pour un total de 11 hectares 5 ares 65 centiares et des prairies pour un total de 2 hectares 1 ares. Elle s’étend sur trois sections cadastrales : Dampicourt 11 hectares 40 ares 35 centiares, Montquintin 1 hectares 98 ares 50 centiares et Villers-la-Loue 24 ares 80 centiares.

Les baux à ferme ne portent pas sur l’entièreté de l’exploitation, plus exactement ils portent sur une faible partie de celle-ci. Nous devons envisager l’existence de baux verbaux dont les preneurs seraient des personnes de confiance. La majeure partie du domaine aurait pu être exploité par des Simon, des Joannes ou des Guillaume à titre d’exemple.

Un dernier acte portant sur une location de prairie à Dampicourt (bail de 1 an portant sur 120 perches 129 aunes quarrées) est conclu le 9 juin 1822 par-devant Maître Joseph Edouard Marson, notaire à Virton. Après cette date, nous ne trouvons plus de baux, par contre en 1828, Anne Marie Simon achète quelques biens audit Dampicourt. Un projet de retour commence à prendre forme. Elle donne congé à son fermier Thomas Magnette. Quelques différents entraîneront des procédures en justice de paix mais la ferme sera libérée pour le 23 avril 1827.

En 1827, Anne Marie Simon a 60 ans. Deux de ses fils n'ont pas le même projet qu'elle et désirent rester à Velosnes. Joseph Saint-Mard (1798/1873) et Jean François Joseph Saint-Mard (1803/1846) engrossent deux filles du village.

En décembre 1827, Jean François épouse Catherine Benoît qui accouche en avril 1828 d'un fils Jean-Baptiste (1828/1895). En août 1827, Joseph épouse Marie Benoît qui accouche moins de deux mois plus tard d'une fille nommée Catherine. Les deux frères ont donc mis leur mère devant le fait accompli et seul le mariage pouvait sauver l'honneur.

Dernier acte connu à Velosnes, le 30 octobre 1829, le baron de Marche, tuteur de sa sœur, signe une quittance de 150 francs pour acompte de 1830 sur le canon de la ferme détenue le tout sans préjudice des récoltes de 1829 et à ce qui peut être du sur le canon de 1828.

Cinquième époque (1830-1847) : Le retour à Dampicourt

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En septembre 1830, éclate à Bruxelles une révolte contre l'occupation hollandaise. Le mouvement s'étend à tout le pays. Les Néerlandais sont chassés. Le 4 octobre 1830, le Gouvernement provisoire déclare l'indépendance de la Belgique. Touts les obstacles au retour de la famille à Dampicourt semblent définitivement levés.

Anne Marie quitte Velosnes pour Dampicourt avec ses fils Jean-Baptiste et Louis St Mard. Le 4 avril 1831, au domicile de Mathieu Collignon, cabaretier à Houdrigny, Anne Marie Simon, veuve de Jean-Baptiste St Mard, demeurent à Dampicourt, acceptant par son fils Jean-Baptiste St Mard achète un champ. Le retour d’exil s'est fait dans un délai réduit à six mois.

Dampicourt - église

Dampicourt - église
Mathon (Dampicourt) : ferme Joannes et ancienne seigneurie (en ruine)

Mathon (Dampicourt) : ferme Joannes
et ancienne seigneurie (en ruine)

Face à la difficulté de trouver un souverain qui serait accepté tant par les Belges que part les gouvernements voisins, le baron Erasme Louis Surlet de Chokier (1769/1839) est nommé Régent et forme un gouvernement le 26 février 1831. Afin de mettre un terme à la Révolution belge, les puissances européennes séparent la Belgique des Pays-Bas. Le 26 juin 1831, le Traité des XVIII articles crée le Royaume de Belgique. Le 21 juillet 1831, Léopold de Saxe Cobourg Gotha, prince allemand, "jure fidélité à la Constitution belge et de maintenir l'intégrité du territoire" et devient le premier Roi des Belges50.

Huit années seront nécessaires pour résoudre la question luxembourgeoise. La Belgique révolutionnaire avait décrété le Luxembourg partie intégrante de son territoire, mais Guillaume Ier n’entendait pas se faire ravir le Duché possession lui appartenant en propre et non-partie du Royaume des Pays-Bas. Le 14 octobre 1831, les mêmes puissances européennes tranchent le conflit. La partie occidentale du Grand-Duché de Luxembourg de langue romane et francophone sera rattachée à la Belgique, la partie orientale de langue germanophone restera possession de Guillaume Ier.

Guillaume Ier refuse la séparation, la Belgique contrôle le territoire luxembourgeois mais la ville de Luxembourg reste sous le contrôle de la garnison prussienne fidèle à son roi. Résigné, Guillaume Ier accepte le démembrement du Grand-Duché. Réunis à Londres, le 18 avril 1839, le Traité de partage fixe la frontière entre les deux états. « Les Luxembourgeois protestent avec vigueur. » « L’intégrité territoriale du Luxembourg est sacrifiée sur l’autel de l’intérêt général de l’Europe et des intérêts particuliers des Etats voisins.51» A la Chambre des représentants (belge), le député luxembourgeois Berger s’indigne : « Messieurs, par le fatal traité de séparation, on ravit au Luxembourg son indépendance et sa nationalité, on détruit sa richesse territoriale, on ruine ses industries, après cela, on devrait au moins respecter le seul bien qui lui reste, et ne pas méconnaître son patriotisme et son attachement pour la Belgique, même ingrate.52 » Depuis qu’il s’appelle Grand-Duché, le Duché de Luxembourg n’a jamais été aussi petit.

Jean Baptiste fils, célibataire de 39 ans, ne semble pas être destiné à fonder une famille et donne l’impression d’être l’enfant « sacrifié » de la fratrie de Dampicourt et Velosnes. Sa mère Anne-Marie Simon ne s’est pas remariée après le décès de son époux Jean-Baptiste mais elle doit faire fonctionner l’exploitation familiale depuis son retour à Dampicourt. Elle a besoin d’aide pour y arriver. Louis, son benjamin, se maria en octobre 1836 avec Anne Agathe Guillaume, fille d'un cultivateur propriétaire. Pour autant quitte-t-il la maison familiale ? Nous ne le savons pas. Toujours est-il, le 6 septembre 184653, Anne-Marie Simon veuve Saint-Mard fait donation de la nue-propriété de sa maison à ses enfants. Elle conserve l'usufruit le reste de « sa vie durant. » Par un jeu d’échange et de rachat de part, Jean-Baptiste Saint-Mard, deuxième fils du couple St Mard-Simon, devient l'unique propriétaire de la maison. Une conclusion peut s’imposer. Louis n’habite plus dans la dite maison. Il est soit chez ses beaux-parents, soit le couple s’est installé dans sa propre demeure. Jean-Baptiste fils reste donc seul avec sa mère mais la maison lui appartenant, il aurait pu y fonder famille sans pour autant abandonner sa mère. A la fin de sa fille, la cohabitation avec son neveu et sa nièce prouveront que cela était possible. L’absence de mariage est un non sens tant pour lui que pour sa mère. En se mariant, il aurait respecté les us et usages de son époque, aurait consolidé son réseau de relation familiale et sociale. Le mariage a aussi une vocation économique, chez les laboureurs, il permet de maintenir la taille des exploitations. Le célibataire n’héritera que de ses parents. De son côté, l’épouse qu’il n’a eue aurait pu aider Anne-Marie vieillissant pour les taches d’entretien de la maison. Prisonnier de ses responsabilités, Jean-Baptiste n’a peut être pas pris le temps de conter fleurette et s’est retrouver vieux garçon à ses dépens. Néanmoins, Jean-Baptiste ne sera pas un célibataire marginale. Je me plains à penser que sa nièce Marie-Joseph, a peut-être été comme nous le verrons plus loin la fille qu’il n’a pas eue.

Anne Marie Simon décède le 30 août 1847. Les héritiers prennent leur temps pour introduire la déclaration de succession. Ce sera fait cinq mois plus tard, le 18 janvier 1848. En décembre 1817, les 15 hectares 17 ares appartenant au couple Jean-Baptiste St Mard et Anne Marie Simon avaient été partagés en quatre lots revenant à leurs enfants. Le troisième lot échu à défunt Jean François Saint Mard revient à ses enfants mineurs.

Le rameau généalogique dampicourtois est un accident de l’histoire. Jean-Baptiste (1767-1816) Saint Mard époux d’Anne Marie Simon n’aurait pas dû devenir cultivateur, il était destiné à la prêtrise. Néanmoins, cette tradition agricole perdurera durant tout le dix-neuvième siècle.

L’exploitation Saint-Mard-Simon n’est ni une petite, ni une grande propriété, elle se classe dans une tranche intermédiaire de sept propriétaires ayant entre 10 et 20 hectares54. Jean-Baptiste est le dixième plus gros agriculteur de la basse vallée du Ton entre Saint-Mard et Lamorteau, mais suivant la reconstitution du son patrimoine, il devait être le neuvième plus gros cultivateur des dits villages avant son exil en 1815. Si nous nous limitons au village de Dampicourt, il est le plus gros cultivateur du village. Pour les cinq villages, il est aussi le vingt-et-unième plus gros propriétaire55 toutes professions et qualités comprises y compris les communautés des habitants.

Si l’activité de « laboureur » était sa profession principale, à sa mort en 181656 à Velosnes, il est propriétaire de treize chevaux qu’il a emporté avec lui dans son exil. La tradition familiale affirme qu’il élevait des chevaux et les vendait aux garnisons militaires.

Un relevé des vingt plus forts contribuables de Dampicourt en 1806 apporte des renseignements complémentaires. Sa contribution de vingt-deux francs six centimes fait de lui le douzième contribuable. Deux autres cultivateurs le surpassent, Jean-Baptiste Guillaume (72 francs 5 centimes) gros fermier et Jean Philippe Genin (93 francs 34 centimes). Le rapport entre la contribution de Jean-Baptiste et celle des anciens seigneurs (les deux plus forts contribuables) est de 1 à 11 ; de 1 à 4 entre Jean-Baptiste et Jean Philippe Genin ; et de 1 à 3 entre Jean-Baptiste et Jean-Baptiste Guillaume.

Si en terme de superficie, Jean-Baptiste est le plus gros cultivateur-propriétaire, appelé anciennement laboureur, il n’est que le troisième en terme de revenu.

Incontestablement, Jean-Baptiste Saint-Mard, le plus atypique de nos ancêtres, est un notable aisé qui s’est très bien intégré dans son village d’adoption. Sa destiné a été influencé par la grande histoire et le parcours de son frère militaire.

> Poursuivons du côté de Louis et Jean-Baptiste à Dampicourt >

Sommaire :

Jean-Baptiste (1767-1816), le séminariste et le dragon

Première époque (1767-1794) : Le séminariste

Deuxième époque (1794-1815) : Dampicourt

Troisième époque (1814-1816) : L’exil

Quatrième époque (1816-1830) : Anne Marie Simon et ses fils à Velosnes

Cinquième époque (1830-1847) : Le retour à Dampicourt


1 Archives privées : Mercredi 22 juillet 1789 : lettre de recommandation du Collège de Récollets de Virton

2 "Evêque suffragant de Trèves, il publie en 1763 un traité contestant l'autorité du pape Clément XIII. Il écrivit sous le pseudonyme de Justin FEBRONIUS, emprunt fait à sa nièce Justine qui était religieuse à Juvigny-sur-Loison (France). Sa publication fut mise à l'index par le pape. Il dut se rétracter mais resta soutenu par l'empereur autrichien Joseph II qui fit appliquer le fébronisme dans ses états. Mgr Jean Nicolas de Hontheim, fut soutenu dans sa lutte contre l'autorité du pape par l'échevinat de Trèves et les évêques allemands."
In Ecole Les Sources (Virton) plaquette "Une des richesses de la Gaume. Le site classé de Montquintin. Rouvroy", janvier à juin 1995.

3 Archives privées : Dimanche 9 août 1789 : lettre de confirmation de sacrement (paroisse de Thonne-les-Près)

4 Archives privées : 6 août 1789 : diplôme en latin de l'évêché de Trèves

5 Depuis 1730, un vaste mouvement a imposé la construction de "route royale" en France. C'est une véritable "révolution routière". En 1789, 40.000 km de route fonctionnent et autant sont en construction. Des lignes régulières de diligences desservent la France depuis 1780. Sedan est à deux journées de Paris et Verdun à deux journées et demie. La ligne Paris - Verdun passe par Château-Thierry.
Serge Bianchi, Michel Biard, Alan Forrest, Edouard Gruter, Jean Jacquart, La terre et les paysans en France et Grande-Bretagne du début du 17ème à la fin du 18ème siècle, Armand Collin, Paris, 1999. Pages 143 et 156

6 "Le château, Grand Rue n° 4 à Thonnelle : En cette demeure de l'abbé de Coubreville, aurait dû s'achever dans la nuit du 21 au 22 juin 1791, le voyage de Louis XVI et de la famille royale interrompu à Varennes.
Offert par l'Association de Louis XVI en juin 1991".
Quant au roi, il devait arriver à Thonnelle vers cinq heures du matin. Pour sa sécurité, un camp militaire était installé sur le plateau du "Haut de Forêt"."
In Christian Toussaint, Gérard Cady, Pays de Montmédy, Thonne-les-Prés, Thonnelle, village de la vallée de la Thonne, SI Montmédy, 1993
De l’autre côté de la frontière, dans le village de Lamorteau à mi-distance de Montmédy et Virton, la légende raconte que le Louis XVI aurait du passer une nuit dans le « château » de Monsieur de Franque. In Bernard Joannes, Et si Lamorteau m’était conté…, Les Editions de la Joyeuseries, 2001.
D’autres lieux sont évoqués : Le relais d’Orval dans la citadelle de Montmédy, la maison du notaire Petit Jean près de Virton…

7 Archives privées : Lundi 11 juillet 1791 : lettre de recommandation du Séminaire du Saint Esprit de Paris

8 Archives privées : Vendredi 14 juillet 1792 : lettre de recommandation du Collège de la Sainte Trinité à Trèves

9 Source : Courriel des Archives Départementale de la Meuse  du lundi 26 mai 2008, de "LACORDE Vincent" lacorde.v@cg55.fr, objet : RE: Inventaires Prévôté de Montmédy : « L'inventaire de la série L mentionne des archives du comité de surveillance du district de Montmédy sous la cote L 1685.
Le nom de Saint-Mard n'apparaît pas dans les listes d'émigrés cotées Q 836 à Q 991. »

10 Cérémonie secrète ou discrète ?
11 Source : Bistumsarchiv Trier, Jesuitenstrasse 13b, D 54290 Trier, Marita Kohl (Archivarin), lettre du 3 septembre 1998

12 Maximilien ROBESPIERRE (de) : Homme politique français (Arras le 6 mai 1758 - Paris le 28 juillet 1794).
Avocat d’Arras, député à la Convention « le 20 septembre 1792. Il se signale par son intervention du 3 décembre 1792 à la tribune de l'assemblée avant le procès de Louis XVI. Il organise ensuite l'élimination de la Gironde, un parti coupable de s'opposer à la Terreur.
L'«Incorruptible» va personnifier la Révolution à partir de son entrée au Comité de Salut Public (le gouvernement révolutionnaire), le 27 juillet 1793.
Dictateur de fait après l'exécution de son principal rival Danton, le 5 avril 1794, il relance précisément la Terreur et tente même d'imposer l'éphémère culte de l’être suprême en remplacement du christianisme. Gagnés par la lassitude et la peur, rassurés par les victoires des armées françaises sur le front, les députés de la Convention finissent par s'insurger et décrètent l'arrestation de Robespierre et de ses proches le 9 thermidor An II (27 juillet 1794). L'«Incorruptible» est exécuté le lendemain. » in www.herodote.net .

13 6 vendémiaire An IV

14 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Notariat de Virton, Notaire François Joseph DUPONT, Carton VI (1790-1795), minute du 1er juillet 1791.

15 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Notariat de Virton, Notaire François Joseph DUPONT, Carton VI (1790-1795), minute du 1er juillet 1791.

16 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Notariat de Virton, Notaire François Joseph DUPONT, Carton VI (1790-1795), minute du 1er juillet 1791.

17 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Notariat de Virton, Notaire Michel MICHEL, minute n° 81 du 16 floréal An XII (6 mai 1804) : « vente par hausse publique et en détail de deux corps de ferme réunie en un seul appartenant aux exposant situés sur le territoire dudit Dampicourt et aux voisins, consistant en terre, prés et chènevières ainsi que le tout était détenté par Jean Baptiste Saintmard, cultivateur demeurant audit Dampicourt qui est à fin de bail ».

18 9 novembre 1799

19 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Notariat de Virton, MICHEL Michel (1772-1846), minute n° 10 du 27 pluviôse An V (15 février 1797)

20 Bernard Joannes, Et si Dampicourt et Mathon m’étaient contés…, Les Editions de la Joyeuserie, 2005, page 120.

21 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Notariat de Virton, MICHEL Michel (1772-1846), minute n° 81 du 6 mai 1804. Vente par hausse publique et en détail de deux corps de ferme réunis en un seul, appartenant aux héritiers de feu Paul Joseph Nonancourt propriétaire demeurant à Yzel, situés sur le territoire de Dampicourt et voisins

22 Archives privées, Bail à ferme conclu entre Jacques Herbain, bailleur, André Simon et Maximilien Lambert, les preneurs, enregistré à Virton le 09/06/1811 (Volume 13, recto, case 3)

23 Bernard Joannes, Et si Dampicourt et Mathon m’étaient contés…, Les Editions de la Joyeuserie, 2005, pages 121.

24 Archives privées : Succession Joannes. Actes : mercredi 16 avril 1806 : Cession d'une succession, dimanche 20 avril 1806 : Cession de la succession de François Joannes (dettes), mercredi 23 avril 1806 : Cession de succession (François Joannes), 29 avril 1806 : Vente publique des meubles de François Joannes, mercredi 30 avril 1806 : Dettes de François Joannes, dimanche 27 juillet 1806 : Acte de vente d'une succession (François Joannes)

25 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Administration du département des Forêts, Mairie de Dampicourt, 425a-1 Renseignement statistique (An XII-1812), Etat des vingt plus forts contribuables de la mairie de Dampicourt en 1806.

26 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Administration du département des Forêts, Mairie de Dampicourt, 425a-2 Personnel de l'autorité locale (an IX-1811), Etat contenant des renseignements sur le Maire, l’Adjoint et les Membres du Conseil municipal (An XI).

27 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Administration du département des Forêts, Mairie de Dampicourt, 425a-2 Personnel de l'autorité locale (an IX-1811)

28 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Administration du département des Forêts, Mairie de Dampicourt, 425a-2 Personnel de l'autorité locale (an IX-1811), Lettre du Maire de Dampicourt, Deprez, proposant trois candidats (Neunheuser, St Mard, Lambert) aux fonctions de Maire (1810)

29 Belgique, Archives de l'Etat à Arlon, Archives des institutions de droit public (époque contemporaine),Tribunaux, Tribunal de première instance de Neufchâteau (1800-1970) - Affaires civiles, Rôles 4444 et 4254, cotes : TPI NEUF B n° 55-57, 671, 672, 677, 678

30 Archives privées : Samedi 25 février 1815, Armée française, arriéré de solde

31 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Administration du département des Forêts, Mairie de Dampicourt, 425b-28 Exploitation de la mine de fer (1811), Tableau des propriétaires de la commune de Dampicourt qui se proposent d'exploiter des mines de fer sur le surface de la terre pendant le cour de l'année 1812 (1811).

32 Bernard Joannes, Et si Dampicourt et Mathon m’était comtés…, Les éditions de la Joyeuserie, 2005, pages 2261-266.

33 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Archives des Institutions de droit public (époque contemporaine), Tribunaux, Justice de Paix du canton de Virton, Juridiction gracieuse, Minutes d’actes civils, carton n° 35, minute n° 121

34 Archives privées : samedi 12 juin 1813, citation à comparaître comme témoin à la Chambre du Conseil de Neufchâteau ; mercredi 1 juin 1814, citation à comparaître comme témoin à la Chambre du Conseil de Neufchâteau.

35 Belgique, Archives de l'Etat à Arlon, Archives des institutions de droit public (époque contemporaine),Tribunaux, Tribunal de première instance de Neufchâteau (1800-1970) - Affaires civiles, Rôles 4444 et 4254, cotes : TPI NEUF B n° 55-57, 671, 672, 677, 678

36 Archives privées : mercredi 28 janvier 1818 : Tribunal de 1ère instance de Montmédy - Jugement se rapportant à un séquestre judiciaire à Dampicourt

37 Archives privées. Procédure introduite « au tribunal de Paix du canton de Virton, sur citation que Gilles Darge a fait signifier à Pierre Brasseur, le 23/08/1814 »

38 Archives privées : lundi 1er août 1814, Armée de terre française, Indemnité de perte d’un cheval à Vittoria et indemnités de pertes de son équipement (2 actes)

39 Archives privées : Samedi 25 février 1815, Armée française, arriéré de solde

40 Archives privées : mardi 13 septembre 1814 : Désignation d'un expert pour trancher un conflit immobilier

41 Belgique, Archives de l’Etat à Arlon, Administration du département des Forêts, Mairie de Dampicourt, 425a-7 Police générale. Surveillance. Passeports. Ports d'armes (an III-1815), Prestation de serment aux Puissances Alliées des personnes nées en France et domiciliées à Dampicourt (Avril 1815), Etat des individus domiciliés dans la commune de Dampicourt, nés en France (Avril 1815)

42 Martinien A., Tableaux par Corps et par Batailles des Officiers Tués et Blessés pendant les Guerres de l’Empire 1805-1815, Paris, 1899

43 Pierre Adnet, Montmédy, citadelle de l'histoire, 1999. Pages 41-43

44 Archives privées : 25 avril 1815 : Location publique d'un bien immeuble en terre et pré lui appartenant à Dampicourt

45 Archives privées : 28 mars 1816 : Bail public de terre lui appartenant à Dampicourt

46 In Le Figaro du 11 septembre 2002, Emmanuel Le Roy Ladurie, En 1815, une secousse tellurique aux conséquences économiques et sociales incalculables. L’effroyable explosion du mont Tambora
« Le volcan Tambora est situé à l’est de Java (Indonésie) dans la presqu’île de Sanggar (..) On le tenait jusqu’en 1811 pour un volcan éteint depuis belle lurette. (…) Au 10 avril (1815), à 19 heures, le paroxysme eut lieu. » Le mont explosa, son altitude passa de 4300 m à 2850 mètres. 150 kilomètres cubes de cendres et de divers débris furent expulsés dans l’atmosphère. « Le voile de poussières ainsi répandu autour du globe alla jusqu’à obscurcir l’éclipse lunaire de juin 1816 (un an après) devenu impossible à observer tant à Londres qu’en Saxe. L’an 1816, c’est « l’année sans été » ; ou bien c’est ce que les écolos pacifistes de notre temps appelleront « l’hiver nucléaire », mais paradoxalement logé en pleine saison estivale.

47Archives privées : Inventaire après décès du 11 novembre 1816 (Décès de son frère Jean-Baptiste St Mard).
Paris, CARAN, Base de données Léonore, Dossier de Légion d'Honneur, cote : L 243 80 24

48 Archives privées : lundi 11 novembre 1816 : Inventaires après décès des biens de Jean-Baptiste St Mard époux Anne Marie Simon.

49 « Réméré : Clause par laquelle on se réserve le droit de racheter dans un certain délai la chose qu’on vend, en remboursant à l’acquéreur le prix principal et les frais de son acquisition. » In Dictionnaire Petit Larousse, Librairie Larousse, 1972, pages 790-791

50 Le Roi est « Roi des Belges » et non « Roi de Belgique. »

51 Sous la direction de Gilbert Trausch, Histoire du Luxembourg. Le destin européen d’un « petit pays », Edition Privat, 2002, page 211

52 Histoire parlementaire du traité de paix du 19 avril 1839 entre la Belgique et la Hollande, tome 2, Bruxelles 1839, In Histoire du Luxembourg. Le destin européen d’un « petit pays », page 211

53 Archives privées, Acte de donation entre vif fait et passé le 6 septembre 1846 à Virton, en l'étude du notaire Lambinet, Enregistré à Virton, le 07-09-1846 (volume 86, folio 42 verso, case 5)

54 N’ayant pas de points de comparaisons pour étudier le statut social des Saint-Mard, j’ai encodé l’inventaire immobilier de 1767 dit cadastre de Marie-Thérèse, les bulletins de propriétés ayant servi à la confection de la matrice cadastrale en 1822 et 1844, des villages de la vallée du Ton aval (1822 : Dampicourt, Montquintin, Couvreux, Vieux-Virton, Saint-Mard ; 1844 : Rouvroy, Harnoncourt, Lamorteau, Torgny). J’ai calculé différentes statiques.

55 Propriétaires résidents ou assimilés. Assimilés = successions non liquidés ou siège principal de l’activité.

56 Archives familiale, Inventaires après décès du 11 novembre 1816

Chroniques : [1]  [2]  [3]  [4] 

Du côté de la descendance de François St Mard (+ 1715)
Du côté de la descendance d'Hubert St Mard (vers 1666-1706)
Du côté de la descendance de Jean (+1735) 

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Revise le: 09-10-2009
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