Généalogie et histoire des familles St Mard et alliées du comté de Chiny (Meuse (55) France, Gaume (Province de Luxembourg) Belgique).
«Le futur a un passé.
L' avenir a une mémoire!»
Grade de Jean-Joseph Saint-Mard : Chef d’Escadron
Le 18 juin 1815, il est blessé au-dessus de la ferme manoir d'Hougoumont (Martinien A., Tableaux par Corps et par Batailles des Officiers Tués et Blessés pendant les Guerres de l’Empire 1805-1815, Paris, 1899).
Batailles et combats :
1815 : Quatre-Bras, Waterloo
Après un exil de plusieurs mois à l’Ile d’Elbe, Napoléon entre à Paris le 20 mars 1815. Les troupes envoyées par Louis XVIII pour l’arrêté depuis son débarquement à Canne se sont rallié à lui. Le Roi s’enfuit aux Pays-Bas.
Le 25 mars, les Alliés forment la septième alliance et s’engage à fournir 250.000 hommes. Napoléon avait une armée régulière de 224.000 hommes dont seulement 50.000 étaient prêt à partir en guerre. Cette armée était composée de vétérans et de jeunes volontaires inexpérimentés.
Deux armées alliées, l’une commandé par Wellington (Anglais, Hollandais et Allemand), l’autre par Blücher (Prussien) se déployèrent en Belgique (Royaume des Pays-Bas). Les autrichien concentraient des troupes le long du Rhin et les Russes envoyaient 200.000 hommes par la Pologne.
Estimant que les Alliés seraient près début juillet, Napoléon décida d’attaquer en juin les deux armées alliées dispersées en Belgique. Il espérait profiter de l’effet de surprise.
Le 3 juin, l’Empereur donne l’ordre de concentrer l’armée du Nord Le 15 juin, une partie de l’armée française passe la Sambre à Marchiennes et Charleroi. Il n’y a pas de combat. Le 16 juin, l’Empereur attaque les prussiens à Saint-Amand et Ligny. Les prussiens sont défaits et s’enfuit vers Wavre.
La journée du 17 juin est relativement calme.
Aile gauche : Ier et IIème corps d’Armée
Aille droite : III et IVème corps d’Armée
Armée de Réserve : Garde Impériale, VI corps d’Armées, Ier, III, III et IVème Corps de Cavaleries
IIIéme corps de cavalerie
Général de division François Etienne Kellermann (fils), Comte de Valmy commande 3.856 hommes dont 3539 cavaliers.
Chef d’état-major : Adjudant-commandant Tancarville
11éme Division
de cavalerie
Général
de Division Baron Samuel François l’Héritier
commande 2.062 hommes
Chef d’état-major :
Adjudant-commandant Charles Soubeiran
1ère
Brigade
Général
de Brigades Baron Picquet
1.110 hommes
2ème
Brigade
Général
de Brigade Baron Guiton
791 hommes
Division d’Artillerie commandé par le Capitaine de Marcillac
2ème d’artillerie à cheval 3ème compagnie : 4 canons de 6 livres et 2 obusiers de 5,5 pouces
12ème
Division de Cavalerie
Général
de Division Baron Roussel d’Hurbal commande 1.794 hommes.
1ère
Brigade
Général
de Brigade Baron Blancard
847 hommes
2ème
Brigade
Général
de Brigade Chevalier Donop
791 hommes
Division d’Artillerie
2ème d’artillerie à cheval 2ème compagnie : 4 canons de 6 livres et 2 obusiers de 5,5 pouces
Prélude :
Le 17 juin, au carrefour des Quatre-Bras, à l’aube, le Duc de Wellington constate une inaction des français, ces derniers doivent attendre l’arrivée des isolés et recevoir des munitions. Vers 10 h 30, il apprend le repli sur Wavre des prussiens défait à Ligny. Il décide de se replier sur Mont-Saint-Jean pour y livrer bataille à Napoléon.
Vers midi, l’armé anglaise quitte les lieux et montent vers Genappe, sauf une partie de la cavalerie. Le temps est à l’orage. Milieu de l’après-midi, l’orage éclate. La cavalerie anglaise détalle vers Bruxelles, c’est du moins ce que pense l’Empereur furieux de constater que l’écrasement de Wellington lui échappe. Sous une pluie torrentielle, l’armée française prend la route de Bruxelles, à Genappe, un court combat oppose les deux parties. Le sol est détrempé, l’avance de l’infanterie est ralentie dans les champs. Vers 18 h 30, Napoléon arrive au lieu dit « la Belle Alliance ». Il ne pleut plus. Il fait tirer quelques salves par des pièces du Ier corps sur la crête. Riposte rapide des anglais. Napoléon constate leur arrêt.
Le Duc de Wellington a choisi le lieu de la bataille. « Il attendra les Français sur le plateau qui s'étend de Fichermont à Braine-l'Alleud et barre la route de Charleroi à Bruxelles. La pente est douce vers le nord, plus raide vers le sud; la crête, suivie par un chemin venant d'Ohain, bordé de grosses haies vives plantées sur des talus élevés. C'est le « chemin creux » rendu légendaire par l'imagination de Victor Hugo, et qui remonte vers l'ouest toujours bordé de haies et de talus jusqu'à Braine-l'Alleud.
En avant de cette courtine, trois bastions: Hougoumont, la Haie-Sainte, Papelotte, et un fossé composé de deux vallons. Au sud, court une crête à 1.200 mètres de celle de Mont-Saint- Jean, dominée par le cabaret de la Belle Alliance. »1
Toute le nuit, la pluie tombe. Les troupes françaises arrivent et prennent position.
Le 18 juin, Napoléon désire être opérationnel dès 9 heures du matin, mais cela ne sera pas possible. Son armée n’est pas prête, certaine division ne sont pas encore arrivée sur le champ de bataille.
Les Alliés (Anglais, Prussiens, Hollandais) se sont positionnés sur la crête du plateau entre Braine-l’Alleud et Fichermont. Côté Braine, le front s’infléchit vers la ferme d’Hougoumont qu’ils ont « fortifié ». Les fermes de la Haie Sainte et la Papelotte sont elles aussi fortifiées.
Malgré les avertissements du maréchal Soult et du général Reille qui ont combattu et été vaincu par Wellington en Espagne, Napoléon adopte une stratégie simple, détruire le centre, puis se rabattre pour détruite les ailes. Il sous-estime les défenses anglaises.
Les français occupent la crête passant par le carrefour de la « Belle Alliance ». Entre la chaussée de Nivelles et celle de Charleroi, flanc gauche, sur une distance de près de deux kilomètre, le IIer Corps d’Infanterie commandé par le général Reille. Il est flanqué à sa gauche par la cavalerie de Piré. Derrière lui, en seconde ligne, le IIIème Corps de Cavalerie du Général Kellerman fils.
L’aile droite est déployée sur deux kilomètre entre la Belle Alliance et le hameau de Fichermont. En première ligne se trouve le Ier Corps d’Infanterie du Général d’Erlon, flanqué à sa droite par la cavalerie de Jacquinot. En seconde ligne, la cavalerie de Milhaud, et en troisième celle de Lefebvre-Desnouëttes (Garde).
La bataille :
11 h 30 ou 12 h:
Deux batteries anglaises ouvrent le feu et visent quelques bataillons de Reille (IIème corps d’Armée) déployé entre la chaussée de Nivelles et celle de Charleroi, plus ou moins à hauteur du chemin de la Maison du Roi.
A la suite d’un ordre de Napoléon, son frère le Prince Jérôme Bonaparte (IIIéme Corps d’Armé 6ème division) attaque le bois d’Hougoumont sans connaître l’existence de la ferme manoir fortifiée par les anglais.
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Ferme d'Hougoumont porte arrière |
Toits de la ferme d'Hougoumont depuis le plateau (Armée de Reille) le bois n'existe plus de nos jours |
12 h 30 ou 13 h :
Les 80 canons de la grande batterie française de la Belle-Alliance (Ier Corps d’Armée, D’Erlon), déployée le long du chemin allant vers le hameau de la Marchache, bombardent les lignes anglaises. Wellington ayant placé ses hommes sur la contre-pente du plateau en direction de Mont-Saint-Jean, il ne subit que peu de perte car hors de tir.
13 h 30 ou 14 h :
A Hougoumont, quelques hommes ouvrent une brèche à coup de hache dans une des portes de la ferme, y pénètrent et se font massacrer.
Ayant intercepté une estafette prussienne, Napoléon apprend l’arrivée des troupes prussiennes de Bülow avant-garde de Blücher. Il envoie le VIème corps d’Infanterie (Général Mouton, Comte de Lobau) pour les arrêter.
Secteur de la Belle-Alliance : Quatre divisions du Ier Corps d’Armée (D’Erlon) avancent. La division Quiot située au flanc ouest avec l’aide de deux brigades de cuirassiers du IV corps de Cavalerie (Corps Milhaut) attaquent la ferme de la Haie Sainte, située le long de la chaussée de Charleroi dans une cuvette. L’attaque est un échec.
Vers 15 h :
La grande batterie de la Belle-Alliance est attaquée par deux brigades de cavalerie anglaise qui sont décimée par la cavalerie française restée en arrière.
Réorganisation du Ier Corps d’Armée.
Tir de préparation de la grande batterie, nouvelle attaque de la Haie Sainte.
Vers 16 h : La grande charge de la cavalerie française
Wellington fait replier son centre, le Maréchal Ney croit à un repli général anglais et fait charger la totalité des cuirassiers de Milhaut (IV Corps de Cavalerie) entre les fermes d’Hougoumont et de la Haie Sainte. La distance entre le verger de la première et les bâtiments de la deuxième est de +- 1 kilomètre, mais la cavalerie ne peut se déployer que sur un front de maximum 800 mètre. Néanmoins, quatre mille cavaliers, dans leur amures d’acier, sabres levés, attaquent en échelon d’escadrons, les carrés anglais et écossais.
La terre gorgée de boue et la pente empêchent les cuirassiers de se lancer au galop, permettant aux anglais de massacrer à distance les cavaliers français. Les carrées anglais et écossais sont disposés en damier et composé d’hommes disciplinés. Ils ne rompent pas et la cavalerie française se trouvent piéger dans un labyrinthe de carrés. Ils sont exposés sans protection aux feux croisés des lignes anglaises.
Lorsque les cuirassiers de Milhaut battent en retraite, Wellington ordonne aux Life Guards, soutenu par des dragons hollandais, de les poursuivre. La cavalerie de Lefèbvre-Desnouettes (Division de cavalerie légère de la Garde (chasseur et lancier)) charge pour les dégager. Une fois l’attaque anglo-hollandaise dispersée, la cavalerie de Lefèbvre-Desnouettes et les cuirassiers survivants chargent à nouveau les lignes de Wellington.
Au même moment, fait rarissime. Un officier déserte. Le capitaine Du Barail du 2ème régiment de carabinier (III Corps de Cavalerie) trahit et se rend auprès de Wellington.
Vers 16 h 45 :
Napoléon donne l’ordre au IIIème corps de Cavalerie du général Kellerman (fils) et à la cavalerie de Guyot (cavalerie lourde : grenadier et dragons de l’impératrice) de renforcer l’attaque de la Haie Sainte. Le général l’Héritier exécute l’ordre et engage treize escadrons.
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Ferme de la Haie Sainte les combats ont lieux de l'autre côté des bâtiments |
Ferme de la Haie Sainte arrière plan, la butte du Lion |
La cuvette de la Haie Sainte2 est saturée, Kellerman comprend le danger d’une telle situation. Il n’approuve pas l’ordre et arrive à faire stopper le général Blancard et ses carabiniers (1er et 2ème régiment). « Le Comte de Valmy3 (…) préserva la brigade de carabiniers, forte de près de mille chevaux, de cet entraînement fatal. Elle fut placé par lui près d’une batterie de la Garde, avec défense la plus expresse de faire aucun mouvement sans ordre immédiat du Comte de Valmy.»4
Le général Kellerman, comte de Valmy, rejoint le général L’Héritier mais ne peut dégager sa cavalerie de cette situation. Leur retrait pourrait entraîner une débandade. Ils ne peuvent donc pas se battre de manière efficace ni reculer.
Après deux heures de combats acharnés, la moitié de la cavalerie française était blessée ou tuée.
Vers 18 h :
Fou de colère, le Maréchal Ney ordonne aux carabiniers5 qu’il trouve en « inaction » d’attaquer des carrés anglais sur la pente de la « colline » près du bois d’Hougoumont et flanqué de nombreuses batteries. D’après le plan de Craan, les carabiniers se trouvent se trouve sur le côté ouest du verger d’Hougoumont, soit le flanc gauche de la grande charge de la cavalerie française. « C’est à une barrière de Gomont près de là, que le Maréchal Ney à pied, ayant son cheval tué, l’épée à la main, les excitait à faire la dernière charge.»6
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Lieu de la charge des carabiniers ligne d'horizon position des batteries anglaises |
Lieu de la charge des carabiniers vu depuis les positions anglaises |
« Tout à coup, on aperçoit dans l'éloignement les casques rouges des carabiniers en mouvement. Le comte de Valmy, pressentant un malheur, courut pour l'arrêter. Il ne put arriver à temps. Ce superbe corps, en peu d'instants, fut détruit à moitié. On serait tenté de dire que le mauvais destin de la France dirigeait toutes les fausses mesures de la journée. Cette brigade de carabiniers était donc dans la plaine et le maréchal l'aperçoit, court à elle et s'indigne de son inaction. Il lui ordonne de se précipiter sur sept ou huit carrés anglais placés en échelons sur la pente de la colline, près du bois d'Hougoumont, et flanqués de nombreuses batteries d'artillerie. Les carabiniers durent obéir. Soit impuissance, soit maladresse, leur charge n'eut aucun succès. La moitié de cette brigade fut couchée par terre. Quelques heures plus tard, s'il fut resté intact et dans sa position, ce corps eut pu renouveler le miracle de Marengo sur les Gardes anglaises ou au moins sauver l'armée d'une déroute complète.
L'infanterie épuisée de fatigue n'en voulait plus. La cavalerie réduite à rien, pliait forcément et cédait peu à peu le terrain. On pouvait prévoir le résultat de la journée. Un désastre paraissait inévitable avec des conséquences plus ou moins terribles. Les boulets du corps de Bülow étaient venus jusque sur nos derrières et c'est dans ce moment que Napoléon, usant de ses ruses ordinaires, prétendit que c'étaient les boulets de Grouchy et envoyait annoncer partout!' arrivée de ce maréchal et le gain de la bataille. » (Relation des événements par le général Kellernann)7
Echec de l’attaque, perte de la moitié des deux régiments.
Entre 18 h et 18 h 30 :
Le village de Plancenoit tombe aux mains des alliés. Le VIème corps d’Infanterie (Lobau) se replie. Envoi de la Jeune Garde (Duchesne) en renfort, puis envoi de deux bataillons de la Vieille Garde pour déloger les Prussiens à la baïonnette.
18 h 30 :
Le Corps de Reille (IIème Corps) à l’exception de la division du Prince Jérôme bloquée à Hougoumont, attaquent le front principale (emplacement de la butte du lion).
La ferme de la Haie Sainte tombe aux mains du Maréchal Ney.
19 h :
En réserve, il ne reste plus que neuf bataillons de la Garde. Il n’a plus de cavalerie, elle a été sacrifiée à la Haie Sainte. Les deux régiments de carabiniers restés en resserve ont été massacré dans une charge inutile menée par le Maréchal Ney au dessus du bois d’Hougoumont.
19 h 30 :
Napoléon fait donner sa Vieille Garde sur les positions alliées.
21 h :
Déroute française. La Garde Impériale recule. A la Haie Saint, Napoléon tente de former un carré avec trois bataillons de Vieille Garde, pour quitter le champ de bataille. Mais ce dernier carré est débordé, c’est la débandade.
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Reconstitution de la bataille de Waterloo Juin 2005 Plancenoit Napoléon 1er au centre du dernier carré |
Wellington gagne la bataille qu’il croyait avoir perdue. Le 19 juin, il écrit : « C’est l’affaire la plus désespérée où je me suis trouvé ; je n’ai jamais pris tant de peine pour une bataille ; je n’ai jamais été si près d’être vaincu. »8
1
Henry Lachouque, Waterloo 15, 16, 17 et 18 juin 1815,
collection : Wallonie, Art et Histoire, Edition J. Duculot,
Gembloux, 1972, page 24
2
Cuvette de la Haie Sainte = Espace compris entre le verger de la
ferme d’Hougoumont, la ferme de la Haie Sainte et l’actuel
Lion de Waterloo. Une grande partie de la charge des cuirassiers
s’est déroulée au chemin des Vertes Bornes.
3
Le général Kellerman fils est Comte de Valmy, sur père
le vainqueur de Valmy est Duc.
4
3 Jean-Philippe Tondeur, Patrice Courcelle, Jean-Jacques Pattyn,
Paul Magank, Les Vertes Bornes, les grandes charges de la cavalerie
française, Waterloo 1815, collection Les Carnet de Campagne,
n°5, Editions de la Belle Alliance, 2002, page 40
5
Le 2e régiment de carabinier était
reconnaissable à leurs cuirasses d’or et aux chenilles
rouges de leurs casques.
6
Carnet de campagne n° 5, page 13
7
Carnet de campagne n° 5, page 59
8
Lachouque, page 40.
Jean-Joseph Saint-Mard, Dragon et Carabinier
L'Aigle conquérant
Histoire et figurines (ordres de batailles, cartes, récits de batailles...)
Marsouin 1918 (nombreux récits de batailles - très intéressant mais le site n'est plus accessible)
Napoléon Bonaparte
The Napoleon Series (ordres de batailles, cartes, récits ... en anglais)
Napoleon, His Army and Enemies (en anglais)
BritishBattles (toutes les batailles anglaise en anglais...of course)
Copyright © 2006-2009; Thierry Jean Saint-Mard
Revise le: 22-06-2009
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